jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2001850 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL VEVE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 3 juin 2020 et 2 février 2021, Mme C D, représentée par la SELARL GOMOND AVOCAT D'AFFAIRES, demande au tribunal :
- de condamner la chambre de commerce et d'industrie (CCI) territoriale Seine-Mer Normandie à lui verser la somme de 23 479,48 euros en vue de réparer son entier préjudice découlant de l'accident dont elle a été victime ;
- de condamner cette même CCI à lui verser la somme de 1000 euros au titre des honoraires de médecin expert dont elle a dû faire l'avance ;
- de mettre à la charge de cette CCI le versement d'une somme de 2000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Mme D soutient que :
- la chute dont elle a été victime le 28 juin 2015 sur le quai Henri IV, à Dieppe, est due à la présence de plots masquée aux usagers des lieux, provoquant un risque anormal dès lors que la foule ne permettait pas de les distinguer ;
- l'entière responsabilité de la CCI territoriale Seine-Mer Normandie est engagée, laquelle doit l'indemniser du préjudice patrimonial subi pour un montant de 1 995,98 euros d'une part, et du préjudice extrapatrimonial à hauteur de 21 483,50 euros d'autre part.
Par un mémoire, enregistré le 14 septembre 2020, la caisse primaire d'assurance maladie de Rouen demande au tribunal de condamner la chambre de commerce et d'industrie territoriale Seine-Mer Normandie à lui verser :
- la somme de 3832,53 euros au titre de ses débours, outre intérêts de droit à compter du jugement à intervenir, sous réserve d'autres paiements non encore connus ;
- 1091 euros au titre de l'indemnité forfaitaire prévue à l'article L. 376-1 du code de sécurité sociale.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 décembre 2020, la chambre de commerce et d'industrie territoriale Seine-Mer Normandie, représentée par Me Vève, conclut au rejet de la requête de Mme D, au rejet des demandes de la CPAM, et demande que soit mise à la charge de la requérante et de la CPAM de Rouen la somme de 1 000 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La CCI soutient que :
- la requête est mal dirigée dès lors qu'elle n'avait qu'un rôle de soutien administratif et logistique de l'événement et le défaut d'organisation allégué de la manifestation ne saurait lui être imputé ;
- la preuve de la matérialité des faits n'est manifestement pas établie, aucun témoignage ne permettant d'établir le lien de causalité certain entre le dommage évoqué et l'ouvrage public ;
- en tout état de cause, sa responsabilité ne peut en aucun cas être engagée quant à la survenance de l'accident, seule une faute d'inattention de la requérante étant à l'origine de la chute ;
- les sommes réclamées par la requérante aux fins d'indemnisation sont excessives ;
- les demandes de la CPAM sont mal fondées.
Par une ordonnance du 16 novembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 1er décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Leduc, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique,
Les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C D demande la condamnation de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) territoriale Seine-Mer Normandie à lui verser la somme de 23 479,48 euros en vue de réparer son entier préjudice découlant de la chute dont elle a été victime le 28 juin 2015, vers 12h00, alors qu'elle se promenait quai Henri IV à Dieppe, à l'occasion des festivités liées à la course nautique de la Solitaire du Figaro. Elle indique avoir " buté sur un des plots coniques en fonte qui jalonnent le quai, lequel non protégé ni signalé, était invisible en raison de la densité de la foule ". D'abord prise en charge par le poste de secours présent, elle a été acheminée vers une clinique rouennaise où elle a fait l'objet, le jour-même, d'une réduction-osthéosynthèse de la fracture du coude, avec installation de deux broches et d'une vis, l'hospitalisation ayant pris fin le 30 juin 2015. Sur sa demande, le tribunal de céans a désigné un expert le 2 novembre 2016, qui, dans son rapport établi le 1er février 2017, a fixé la date de consolidation de l'état de santé de la requérante au 22 octobre 2015. Le 29 octobre 2019, Mme D a adressé à la CCI mise en cause une demande d'indemnisation de ses préjudices, rejetée le 27 janvier 2020.
Sur les conclusions de Mme D :
2. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, d'apporter la preuve, d'une part, de la réalité de ses préjudices, et, d'autre part, de l'existence d'un lien de causalité direct entre cet ouvrage et le dommage. La collectivité en charge de l'ouvrage public peut s'exonérer de sa responsabilité en rapportant la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit de ce que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Il résulte de l'instruction que Mme D a chuté en se promenant en journée, alors qu'elle se déplaçait sur le quai Henri IV, à Dieppe, en heurtant, selon ses dires, l'un des plots coniques en fonte qui ont pour objet de séparer la chaussée du trottoir réservé aux piétons, sur toute la longueur du quai aménagé. Alors qu'il appartient à la requérante de prouver l'existence d'un lien de causalité direct entre cet ouvrage et le dommage subi, elle n'a versé au dossier aucun témoignage relatif aux circonstances de sa chute dans sa requête introductive d'instance, le témoignage de M. B A, daté du 20 août 2015, n'ayant été produit qu'à la suite du mémoire en défense de la CCI relevant l'absence de preuve concernant les faits. La requérante soutient qu'en raison du nombre très élevé de promeneurs sur le quai ce 28 juin 2015, les plots n'étaient pas visibles, et qu'ils auraient dû être coffrés " afin de les rendre inoffensifs en cas de chute ". Néanmoins, la présence de ces plots, qui, comme l'indique la requérante elle-même, jalonne le quai sur toute sa longueur, ne constitue nullement un danger excédant ceux auxquels pouvait s'attendre un piéton normalement attentif et prudent, en particulier au cours d'une journée où la densité de la foule était élevée. Dans ces conditions, la présence des plots en cause n'est pas constitutive d'un défaut d'entretien normal ou de conception de la voie publique de nature à engager la responsabilité de la CCI mise en cause. De même, la circonstance que le stand devant lequel se trouvait la requérante au moment de sa chute se trouvait " sur le parcours de ces plots ", ainsi que le relève Mme D, ne saurait être regardé comme un risque anormal provoqué par le défaut d'organisation des festivités.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par
Mme D doivent être rejetées.
Sur les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie de Rouen :
5. Dès lors que la responsabilité de la CCI mise en cause n'est pas reconnue par le présent jugement, les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie de Rouen tendant à la réparation du préjudice que lui a causé l'accident subi par Mme D ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de procédure :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées à ce titre par Mme D. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a par ailleurs pas lieu d'accorder à la chambre de commerce et d'industrie territoriale Seine-Mer Normandie le versement de la somme qu'elle demande sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à la caisse primaire d'assurance maladie de Rouen et à la chambre de commerce et d'industrie territoriale Seine-Mer Normandie.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
M. Leduc, premier conseiller,
M. Mulot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
C. LEDUC
La présidente,
Signé
A. GAILLARD Le greffier,
Signé
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
C. DUPONT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026