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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2002475

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2002475

jeudi 26 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2002475
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3 ème Chambre
Avocat requérantAUNAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 juillet 2020 et 3 février 2021, Mme B A, représentée par la SCP Claude Aunay, demande au tribunal :

1) de condamner le département de la Seine-Maritime à lui verser une indemnité de 29 524,80 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison du défaut d'entretien normal d'une plaque d'égout appartenant au domaine public départemental sur laquelle elle a chuté ;

2) de mettre à la charge du département de la Seine-Maritime la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la prescription n'était pas acquise ;

- le département ne rapporte pas la preuve de l'entretien normal de l'ouvrage ;

- elle justifie de ses préjudices.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 octobre 2020 et 25 juin 2021, le département de la Seine-Maritime représenté par Me Absire conclut au rejet de la requête, au rejet des demandes de la caisse primaire d'assurance maladie et à titre subsidiaire à ce que les prétentions indemnitaires soient ramenées à de plus justes proportions.

Il fait valoir que :

- la requête est tardive ;

- la prescription quadriennale est acquise ;

- il a correctement entretenu l'ouvrage ;

- Mme A a la qualité de tiers et non d'usagère de l'ouvrage public en cause ;

- le dommage est exclusivement imputable à une faute de la victime.

Par des mémoires enregistrés les 18 mai et 1er juillet 2021, la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, représentée par Me Bourdon, demande au tribunal :

1) de condamner le département de la Seine-Maritime à lui verser une indemnité de 1 570,35 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du jugement à intervenir, au titre des débours qu'elle a exposé pour son assurée, Mme A ;

2) de condamner le département de la Seine-Maritime à lui verser l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;

3) de condamner le département de la Seine-Maritime aux dépens ;

4) de mettre à la charge du département de la Seine-Maritime la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle justifie de ses débours ;

- l'éventuelle prescription qui attendrait les créances de Mme A est sans incidence sur ses propres créances.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n°68-1250 du 31 décembre 1968 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Mulot, premier conseiller ;

- les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Lahay, avocat du département de la Seine-Maritime.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A soutient avoir été victime d'une chute, survenue le 19 avril 2012, alors qu'elle circulait à pied au niveau d'un carrefour giratoire au croisement de deux routes départementales, sur le territoire de la commune de Manéglise, du fait du soulèvement d'un tampon d'assainissement. Par la présente requête, elle recherche la responsabilité du département de la Seine-Maritime.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le département de la Seine-Maritime :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ", et aux termes du premier alinéa de l'article L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation ".

3. Il résulte, par ailleurs, du principe de sécurité juridique que le destinataire d'une décision administrative individuelle qui a reçu notification de cette décision ou en a eu connaissance dans des conditions telles que le délai de recours contentieux ne lui est pas opposable doit, s'il entend obtenir l'annulation ou la réformation de cette décision, saisir le juge dans un délai raisonnable, qui ne saurait, en règle générale et sauf circonstances particulières, excéder un an. Toutefois, cette règle ne trouve pas à s'appliquer aux recours tendant à la mise en jeu de la responsabilité d'une personne publique qui, s'ils doivent être précédés d'une réclamation auprès de l'administration, ne tendent pas à l'annulation ou à la réformation de la décision rejetant tout ou partie de cette réclamation mais à la condamnation de la personne publique à réparer les préjudices qui lui sont imputés. La prise en compte de la sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause indéfiniment des situations consolidées par l'effet du temps, est alors assurée par les règles de prescription prévues par la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics.

4. Mme A a saisi à plusieurs reprises le département de la Seine-Maritime de demandes d'indemnisation ; ces demandes n'ont donné lieu, ainsi que le défendeur l'indique d'ailleurs lui-même, à aucune réponse ni aucun accusé de réception. Par suite, il résulte de ce qui précède que la fin de non-recevoir opposée par le département de la Seine-Maritime, tirée de la tardiveté de la requête, doit être écartée.

Sur les conclusions principales de la requête et de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme :

En ce qui concerne l'exception de prescription :

5. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 : " Sont prescrites, au profit () des départements () et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis () ", et aux termes de l'article 2 de ladite loi : " La prescription est interrompue par : Toute demande de paiement ou toute réclamation écrite adressée par un créancier à l'autorité administrative, dès lors que la demande ou la réclamation a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance () / Tout recours formé devant une juridiction, relatif au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, quel que soit l'auteur du recours () / Un nouveau délai de quatre ans court à compter du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l'interruption. Toutefois, si l'interruption résulte d'un recours juridictionnel, le nouveau délai court à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la décision est passée en force de chose jugée ".

6. D'une part, les dispositions précitées de l'article 1 de la loi du 31 décembre 1968 s'appliquent à toute créance indemnitaire détenue sur une collectivité publique au titre d'un dommage corporel engageant sa responsabilité. Le point de départ du délai de la prescription quadriennale est le premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les infirmités liées à ce dommage ont été consolidées. Il en est ainsi pour tous les postes de préjudice, aussi bien temporaires que permanents, qu'ils soient demeurés à la charge de la victime ou aient été réparés par un tiers, tel qu'un organisme de sécurité sociale, qui se trouve subrogé dans les droits de la victime. D'autre part, il résulte de l'article 3 de ladite loi que le délai de la prescription quadriennale ne commence à courir qu'à compter de la connaissance par la victime de l'existence et de l'étendue du dommage ainsi que de son origine.

7. Ainsi qu'il a été exposé, l'accident dont a été victime Mme A est survenu le 19 avril 2012. Le 13 septembre 2012, la protection juridique de Mme A adressait à l'assureur du département de la Seine-Maritime un courrier relatif à cet incident et sollicitant de la collectivité qu'elle reconnaisse sa responsabilité dans cet accident. Mme A a ensuite saisi le 27 février 2014 le juge des référés du tribunal de céans d'une requête sollicitant la désignation d'un expert, à laquelle il a été fait droit par une ordonnance du 16 juin 2014, qui a par ailleurs rejeté la demande de provision contenue dans la même requête. L'expert a remis son rapport le 27 août 2014. La requérante a ensuite saisi à plusieurs reprises, par l'intermédiaire de son conseil, le département de la Seine-Maritime de demandes tendant au versement d'une indemnité, par des courriers recommandés des 11 juillet 2016, 8 novembre 2017 et 14 mai 2018. Chacun de ces actes a, en application des dispositions citées ci-dessus, interrompu le délai de prescription. Celle-ci n'était, dès lors, pas acquise à la date à laquelle Mme A a saisi le tribunal administratif de sa requête en responsabilité.

8. Il résulte de ce qui précède que l'exception de prescription opposée par le département de la Seine-Maritime doit être rejetée.

En ce qui concerne la responsabilité :

9. Il résulte de l'instruction qu'au moment de sa chute, Mme A circulait à pied sur un accotement du rond-point situé à l'intersection de deux routes départementales, hors agglomération. La circonstance que ces routes soient affectées à la circulation automobile ne prive pas la requérante, contrairement à ce que fait valoir le département de la Seine-Maritime, de sa qualité d'usagère de l'ouvrage public en cause, dès lors que la plaque d'égout en litige est incorporée à la voie publique.

10. En pareil cas, il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et l'ouvrage. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.

11. Contrairement à ce que fait valoir le département de la Seine-Maritime, les circonstances de l'accident sont suffisamment établies par les pièces versées aux débats, notamment l'attestation du service départemental d'incendie et de secours, les documents médicaux, le courrier du procureur de la République près le tribunal de grande instance du Havre et les correspondances des assureurs respectifs des parties.

12. En outre, il résulte de l'instruction et notamment du constat d'huissier dressé le 23 août 2012, de la note signée le 5 juin 2012 par le directeur des routes du département et de la notice de renseignements qui y était jointe, que la chute de Mme A a été provoquée par le descellement du tampon d'assainissement couvrant un avaloir, à l'origine d'une mobilité du couvercle dans son logement, qui, d'après les énonciations du constat d'huissier, se soulevait " en posant tout simplement un pied " dessus. En outre, ce danger pour les piétons n'était aucunement signalé et n'était pas prévisible. La seule circonstance que la direction des routes procède à des interventions régulières sur le réseau départemental ne suffit pas à rapporter la preuve, qui incombe au défendeur, de l'entretien normal de cet ouvrage. Enfin, dès lors que le descellement du couvercle de plaque d'égout n'était ni signalé ni prévisible, même pour un piéton normalement attentif, aucune faute imputable à Mme A ne peut être retenue à son encontre.

13. Il résulte de ce qui précède que le département de la Seine-Maritime doit être tenu pour responsable des dommages subis par Mme A et la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, subrogée dans les droits de son assurée.

En ce qui concerne les préjudices :

14. L'expert désigné par le juge des référés du tribunal de céans a fixé la date de consolidation de l'état de santé de Mme A au 26 juin 2012. Il y a lieu de retenir cette date, qui résulte suffisamment de l'instruction.

Quant aux préjudices de Mme A :

S'agissant des préjudices temporaires :

15. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la chute de Mme A a nécessité la prescription d'un arrêt de travail du 19 avril 2012 au 21 mai 2012, et une reprise à mi-temps thérapeutique du 22 mai au 29 mai 2012. La requérante est propriétaire d'un salon de coiffure, dans lequel elle exerce sa profession et emploie du personnel. A cet égard, il résulte de l'attestation établie le 8 juin 2012 par le cabinet d'expertise comptable de la requérante que la perte de chiffres d'affaires s'est élevée, pour la période, à la somme de 1 239,88 euros. La requérante n'est toutefois fondée à demander la réparation que de la perte d'exploitation correspondante, qui s'élève compte-tenu du taux de marge brut de 92 % figurant dans les documents comptables à la somme de 1 140,69 euros. Il convient d'y ajouter, en totalité, le surcout généré par les heures salariales de remplacement, soit la somme de 610,06 euros et d'en déduire les indemnités journalières perçues par Mme A sur cette même période, soit 321,31 euros. Par suite, les pertes de gains professionnelles actuelles de Mme A s'élèvent à la somme de 1 429,44 euros.

16. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport de l'expert que Mme A a subi un déficit fonctionnel temporaire total de trois jours de sa chute jusqu'au 22 avril 2012, date de retour à son domicile, puis un déficit de 50 % du 23 avril 2012 au 7 mai 2012, puis un déficit de 25 % du 8 mai 2012 au 26 juin 2012, date de sa consolidation. Sur la base d'un montant journalier de 20 euros, il sera fait une juste appréciation de son préjudice en condamnant le département de la Seine-Maritime à lui verser une somme de 470 euros.

17. En troisième lieu, l'expert désigné par le juge des référés a coté les souffrances endurées par Mme A avant la consolidation de son état de santé à 1 sur 7. Il sera fait une juste appréciation de son préjudice en condamnant le département de la Seine-Maritime à lui verser la somme de 1 000 euros, à ce titre.

18. En quatrième lieu, l'expert désigné par le juge des référés a coté le préjudice esthétique subi par Mme A avant la consolidation de son état de santé à 1,5 sur 7, compte-tenu des deux cicatrices en forme de V qui ont nécessité respectivement sept et neuf points de suture. Il sera fait une juste appréciation de son préjudice en condamnant le département de la Seine-Maritime à lui verser la somme de 1 200 euros, à ce titre.

S'agissant des préjudices permanents :

19. En premier lieu, Mme A produit une contre-expertise d'un médecin, établie à son initiative, indiquant qu'un déficit fonctionnel permanent de 2 % devrait être retenu compte-tenu de la persistance de douleurs et d'une pénibilité plus importante de la station debout. Toutefois, l'expert désigné par le juge des référés a écarté l'existence d'un tel préjudice, retenant qu'après consolidation, l'accident ne laissait " aucune limitation d'un quelconque mouvement ". La doléance de la requérante relative à la pénibilité de la station debout ne résulte pas suffisamment de l'instruction. Par suite, ce chef de préjudice n'étant pas établi dans son principe, Mme A n'est pas fondée à demander l'indemnisation d'un déficit fonctionnel permanent.

20. En deuxième lieu, si Mme A demande la réparation d'un préjudice d'agrément constitué par la cessation de l'activité de gymnastique en salle, d'une part, elle ne produit aucune pièce de nature à établir qu'elle pratiquait effectivement cette activité avant l'accident en litige et, d'autre part, l'expert désigné par le juge des référés a expressément retenu que l'état de santé de Mme A ne s'oppose pas à la poursuite de cette activité. Par suite, elle n'est pas fondée à solliciter une indemnisation à ce titre.

21. En troisième lieu, l'expert désigné par le juge des référés a coté le préjudice esthétique permanent subi par Mme A à 0,5 sur 7, compte-tenu des deux cicatrices susévoquées. Il sera fait une juste appréciation de son préjudice en condamnant le département de la Seine-Maritime à lui verser la somme de 500 euros, à ce titre.

22. Il résulte de ce qui précède que le département de la Seine-Maritime doit être condamné à verser à Mme A la somme de 4 599,44 euros en réparation de son préjudice.

Quant aux demandes de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme :

23. La caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, a présenté ses débours, composés de dépenses de santé actuelles, pour un montant de 694,05 euros, et d'indemnités journalières versées à Mme A pendant ses périodes d'arrêt de travail, soit 876,30 euros. L'imputabilité de ces dépenses à l'accident subi par Mme A résulte suffisamment de l'instruction, notamment du rapport de l'expert.

24. Il résulte de ce qui précède que le département de la Seine-Maritime doit être condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme la somme de 1 570,35 euros.

Sur les autres conclusions :

25. En premier lieu, même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts du jour de son prononcé jusqu'à son exécution, au taux légal puis, en application des dispositions de l'article L. 313-3 du code monétaire et financier, au taux majoré s'il n'est pas exécuté dans les deux mois de sa notification. Par suite, les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme tendant à ce que les sommes qui lui sont allouées portent intérêts à compter de la date du jugement sont dépourvues de tout objet et doivent être rejetées.

26. En deuxième lieu, la même caisse a droit à l'indemnité forfaitaire de gestion mentionnée à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale. Compte-tenu du montant auquel le département de la Seine-Maritime a été condamné au point 24 ci-dessus, l'indemnité à laquelle a droit la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme s'élève à la somme de 522,45 euros.

27. En troisième lieu, les frais de l'expertise ont été taxés et liquidés à la somme de 400 euros par une ordonnance de la présidente du tribunal du 10 novembre 2014. Le département de la Seine-Maritime étant la partie perdante dans la présence instance, il y a lieu de le condamner aux dépens.

28. En dernier lieu, le département de la Seine-Maritime étant la partie tenue aux dépens, il y a lieu de mettre à sa charge la somme de 1 500 euros à verser à Mme A, d'une part, et de 1 000 euros à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, d'autre part, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er: Le département de la Seine-Maritime est condamné à verser à Mme A la somme de 4 599,44 euros.

Article 2 : Le département de la Seine-Maritime est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme la somme de 1 570,35 euros.

Article 3 : Le département de la Seine-Maritime versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme la somme de 523,45 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion mentionnée à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Article 4 : Les frais de l'expertise sont mis à la charge du département de la Seine-Maritime.

Article 5 : Le département de la Seine-Maritime versera à Mme A la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le département de la Seine-Maritime versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Les conclusions de la requête et de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme sont rejetées pour le surplus.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme et au département de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Gaillard, présidente,

MM. Leduc et Mulot, premiers conseillers,

Assistés de Mme Hussein, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.

Le rapporteur,

Robin Mulot La présidente,

Anne Gaillard

La greffière,

Amélie Hussein

La République mande et ordonne au préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2002475

ah

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