mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2003163 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | MENGUY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 août 2020, le département de la Seine-Maritime, représenté par Me Javelot, demande au tribunal :
1°) de condamner in solidum, à titre principal sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs et à titre subsidiaire sur le fondement de la responsabilité contractuelle, le groupement de maîtrise d'œuvre dont le mandataire est la société En Act Architecture, ainsi que la société Socotec Construction, à lui verser, à titre principal la somme totale de 398 808 euros TTC correspondant au coût de construction de la chaufferie à bois et, à titre subsidiaire la somme de 194 478,41 euros TTC correspondant au coût de réhabilitation de cette chaufferie, sur la base de la répartition des responsabilités dégagées par l'expert, soit 85 % pour le groupement de maîtrise d'œuvre et 15 % pour la société Socotec Construction au titre de la non-conformité de la hauteur du conduit de fumée et 90 % pour le groupement de maîtrise d'œuvre et 10 % pour la société Socotec Construction au titre de l'implantation de la chaufferie, ou sur la base de tout autre partage que le tribunal jugerait devoir fixer ;
2°) de condamner in solidum le groupement de maîtrise d'œuvre et la société Socotec Construction à lui verser la somme de 39 916,80 euros au titre de son préjudice immatériel résultant du coût d'exploitation de la chaufferie à gaz ;
3°) de condamner in solidum le groupement de maîtrise d'œuvre et la société Socotec Construction à lui rembourser les frais et honoraires d'expertise taxés et liquidés à la somme de 82 148,03 euros ;
4°) de mettre à la charge in solidum du groupement de maîtrise d'œuvre et de la société Socotec Construction la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la chaufferie à bois, inutilisable en l'état, occasionne, par les fumées qu'elle dégage, une gêne pour les riverains et les élèves ; l'impropriété de l'ouvrage à sa destination est ainsi caractérisée par l'impossibilité d'utiliser une chaufferie de nouvelle génération sur le plan environnemental ; ces désordres relèvent de la garantie décennale des constructeurs ;
- les nuisances occasionnées au voisinage sont dues à une non-conformité du conduit de cheminée et à une mauvaise implantation de la chaufferie et engagent la responsabilité décennale du maître d'œuvre et du contrôleur technique ;
- concernant la mauvaise implantation de la chaufferie, la responsabilité des constructeurs est engagée à hauteur de 60 % pour la société En Act Architecture pour un défaut de conception, de 30 % pour la société Sogeti Ingénierie pour un défaut de conseil lors de la conception et de 10 % pour la société Socotec Construction pour un défaut de conseil sur le fonctionnement des installations ; s'agissant de la non-conformité du conduit de fumée, la responsabilité des constructeurs est engagée à hauteur de 85 % pour la société Sogeti Ingénierie pour l'imprécision du cahier des clauses techniques particulières et de 15 % pour la société Socotec Construction pour un défaut de conseil sur le fonctionnement des installations ;
- le préjudice résultant de l'inutilisation de la chaufferie s'élève, déduction faite des subventions de la région et de l'ADEME, à la somme de 398 808,00 euros TTC correspondant au coût de construction de cet équipement ; à titre subsidiaire, il demande l'indemnisation du coût de réfection de la chaufferie évalué par l'expert à la somme de 194 478,41 euros TTC ainsi que l'indemnisation de son préjudice immatériel causé par l'utilisation de la chaudière à gaz qui, selon l'expert, s'élève sur neuf ans à la somme totale de 39 916,80 euros ;
- il demande enfin le remboursement des frais et honoraires d'expertise taxés et liquidés à la somme de 82 148,03 euros.
Par des mémoires enregistrés le 18 janvier 2021 et le 8 février 2022, les sociétés Socotec Holding et Socotec Construction, représentées par Me Menguy, concluent à ce que la société Socotec Holding soit mise hors de cause, que le département de la Seine-Maritime soit débouté de ses demandes, que l'appel en garantie formé par la société Sogeti Ingénierie soit rejeté, que la société Eiffage Construction, la société En Act Architecture, la société Sogeti Ingénierie soient condamnées in solidum à la garantir de toutes les condamnations prononcées à son encontre au bénéfice du département de la Seine-Maritime et, enfin, à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge du département de la Seine-Maritime ou de toute partie perdante sur le fondement des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la société Socotec Holding est une société de participation de sorte qu'elle est totalement étrangère à la cause ;
- dès lors que les fumées ne présentent, pour les riverains, aucune nocivité particulière, les désordres invoqués, qui ne sont d'ailleurs pas établis, ne sont pas de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination ;
- pour tenir compte de la nature très particulière de son intervention, le législateur n'a pas soumis le contrôleur technique à la présomption générale de responsabilité édictée par les articles 1792 et suivants du code civil, mais à un régime spécifique de responsabilité ;
- aucun dommage ne peut lui être imputé dès lors que les désordres invoqués ne relèvent pas des missions strictement définies qui lui ont été confiées ; la chaufferie était parfaitement fonctionnelle et il ne lui appartenait pas, au titre de sa mission dite F relative au fonctionnement des installations, de se prononcer sur les éventuels gênes ou troubles du voisinage ; la demande de condamnation solidaire doit dès lors être rejetée ;
- les travaux ayant été réceptionnés sans réserve, les demandes formulées par le maître d'ouvrage sur le fondement de la responsabilité contractuelle sont irrecevables ; en tout état de cause, aucun manquement contractuel au titre de sa mission dite F relative au fonctionnement des installations ne peut lui être reproché puisque la mise en service de la chaudière à bois s'est avérée concluante et que le tirage de la cheminée était opérationnel en ce qui concerne tant les rendements que les objectifs attendus par les documents contractuels ;
- elle est fondée à exercer un recours en garantie à l'encontre des autres constructeurs, y compris la société Eiffage Construction qui était tenue à une obligation de conseil et de résultat, sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle et à être ainsi garantie de toutes les condamnations prononcées à son encontre au bénéfice du maître d'ouvrage ;
- l'action dirigée contre la société Eiffage Construction n'est pas prescrite ;
- seul le remplacement du conduit de cheminée est nécessaire pour un coût évalué par l'expert à la somme de 194 478,41 euros TTC ;
- le préjudice immatériel résulte de la décision unilatérale du maître d'ouvrage d'arrêter à titre conservatoire la chaufferie à bois et n'est donc pas établi ;
- les frais d'expertise font partie des dépens et ne constituent pas un poste de préjudice indemnisable.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 novembre 2021, la société Eiffage Construction, représentée par Me Barrabé, conclut au rejet de l'appel en garantie formé par la société Socotec Construction, au rejet de toutes les demandes formulées à son encontre, et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Socotec Construction une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'appel en garantie formé par la société Socotec Construction n'est pas recevable dès lors que la prescription quinquennale était expirée lorsqu'elle a présenté son mémoire en intervention forcé ;
- aucune faute ne peut lui être imputée, les dommages étant dus exclusivement à une erreur d'implantation de l'ouvrage et à une erreur de conception.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 novembre 2021, la société En Act Architecture, représentée par Me Lemiegre, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la limitation de sa condamnation et, en tout état de cause, à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du département de la Seine-Maritime sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les désordres, que l'expert n'a d'ailleurs pas constatés, ne sont pas de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination ;
- ils ne lui sont pas imputables ; en l'absence de solidarité entre les membres du groupement de maîtrise d'œuvre, elle ne peut être tenue pour responsable de la non-conformité du conduit de fumée qui relève de la seule mission du bureau d'études ; aucune réglementation n'impose en outre de respecter une distance minimale entre le conduit de cheminée de la chaufferie et les immeubles voisins à usage d'habitation ;
- l'indemnisation du préjudice doit être limitée aux travaux de réfection ;
- le préjudice immatériel n'est pas établi.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 novembre 2021, la société Sogeti Ingénierie, représentée par Me Malbesin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge du département de la Seine-Maritime au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à titre subsidiaire, à ce que les sociétés En Act Architecture, Alpha BET, C3EC, Socotec Construction et Eiffage Construction soient condamnées in solidum à la garantir de l'intégralité des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre ou, à défaut, dans les proportions que le tribunal déterminera.
Elle fait valoir que :
- les travaux ayant été réceptionnés le 1er décembre 2010 sans réserve, le seul fondement juridique applicable est celui de la garantie décennale des constructeurs ;
- à supposer que la gêne causée aux tiers puisse constituer un désordre de nature décennale, les fumées ne présentent aucune nocivité ni ne peuvent être de nature à créer, pour les riverains, un désagrément que l'expert n'a au demeurant pas constaté ;
- le défaut lié à la hauteur du conduit de cheminée ne peut être imputé qu'à l'entreprise générale qui n'a pas respecté les plans d'exécution ;
- le défaut lié à l'implantation de la chaufferie ne peut lui être imputé dès lors qu'il ne lui appartenait pas de décider de cette implantation et qu'aucune réglementation n'impose une distance minimale entre une chaudière à bois et les propriétés riveraines ;
- le département ne peut réclamer le remboursement de la chaufferie dès lors que les principes applicables en matière de garantie décennale supposent la réparation du dommage et non le remboursement de l'ouvrage ;
- il ne peut davantage être indemnisé du coût de réfection évalué par l'expert dès lors qu'aucun désordre n'a été constaté par l'expert ; en outre, pour chiffrer le montant des travaux, l'expert s'est appuyé sur un devis qui n'a pas été discuté par les parties ; il convient enfin d'appliquer un coefficient de vétusté de 30 %, l'ouvrage ayant plus de dix ans ;
- le surcoût lié à l'utilisation de la chaufferie à gaz doit être supporté par le département dès lors que la décision d'arrêt de la chaufferie à bois lui revient ;
- l'ensemble des membres du groupement de maîtrise d'œuvre ayant contribué aux dommages, leur responsabilité peut être engagée à son égard ; en outre, le contrôleur technique aurait dû avertir les constructeurs sur les risques liés aux gênes pour les riverains et engage, lui aussi, sa responsabilité quasi-délictuelle ; enfin, la responsabilité quasi-délictuelle de la société Eiffage Construction est engagée pour un défaut de conseil sur l'implantation de la chaufferie et pour un défaut d'exécution dans la construction du conduit de cheminée.
Par des mémoires en défense enregistrés les 7 et 8 mars 2022, la société C3EC, représentée par Me Tassoumian, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'aucune condamnation solidaire ne soit prononcée et à ce que le montant des travaux soit réduit à la somme de 194 478,41 euros TTC et, en tout état de cause, à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du département de la Seine-Maritime ou de toute autre partie perdante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les désordres ne présentent pas un caractère décennal ;
- alors que le groupement de maîtrise d'œuvre n'est pas solidaire, elle ne peut être tenue pour responsable, compte tenu de ses missions, de la mauvaise implantation de la chaufferie et de la non-conformité du conduit de fumée ; les désordres ne lui sont donc pas imputables ;
- les demandes d'indemnisation ne sont pas justifiées et doivent dès lors être rejetées ; le quantum des demandes doit être réduit, en tout état de cause, à de plus justes proportions, sans pouvoir excéder la somme retenue par l'expert judiciaire, à savoir 194 478,41 euros TTC.
Vu :
- l'ordonnance n° 1503235 du 28 mai 2018 du président du tribunal administratif par laquelle les frais et honoraires de l'expertise, taxés et liquidés à la somme de 82 148,03 euros, ont été mis à la charge provisoire du département de la Seine-Maritime ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme B,
- et les observations de Me Javelot représentant le département de la Seine-Maritime.
Considérant ce qui suit :
1. Le département de la Seine-Maritime a décidé, au cours de l'année 2009, de réaliser des travaux de restructuration et d'extension du collège Rachel Salmona situé au Tréport, comprenant notamment la construction d'une chaufferie à bois et d'une chaudière à gaz en tant qu'unité d'appoint et de secours. La maîtrise d'œuvre de l'opération a été confiée à un groupement solidaire d'entreprises composé de la société En Act Architecture, mandataire du groupement, de la société Alpha BET, de la société Sogeti Ingénierie et de la société C3EC. La société Eiffage Construction était chargée de l'exécution des travaux, tandis que la société Socotec Construction assurait, en vertu d'un marché conclu le 12 mai 2006, la mission de contrôleur technique. Les travaux ont été réceptionnés par le département le 1er décembre 2010 sans réserve. Le 20 octobre 2012, en raison de plaintes de riverains incommodés par la présence de fumées, le département de la Seine-Maritime a décidé d'arrêter, à titre conservatoire, la chaufferie à bois et de recourir au chauffage au gaz. Par un courrier du 3 décembre 2013, la SMABTP, assureur du département, a refusé de prendre en charge ces désordres, estimant que les garanties du contrat de dommage-ouvrage n'étaient pas applicables. Par une ordonnance du 8 mars 2016, le juge des référés du tribunal administratif de Rouen a prescrit une expertise portant sur les nuisances occasionnées aux riverains de la chaufferie. Le rapport d'expertise a été déposé le 15 mai 2018. Par la présente requête, le département de la Seine-Maritime demande la condamnation in solidum, à titre principal sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs et à titre subsidiaire sur le fondement de la responsabilité contractuelle, du groupement de maîtrise d'œuvre et de la société Socotec Construction, à lui verser la somme totale de 398 808 euros TTC correspondant au coût de la construction de la chaufferie à bois ou de 194 478,41 euros TTC correspondant au coût de réhabilitation de cette chaufferie, en raison des nuisances causées aux voisins du collège par le fonctionnement de la chaudière.
Sur la responsabilité décennale des constructeurs :
2. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, affectant l'ouvrage dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, de nature à compromettre sa solidité ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité au titre de la garantie décennale, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans.
3. Le maître de l'ouvrage peut, à ce titre, rechercher la responsabilité décennale des constructeurs en raison des nuisances causées aux tiers par l'exploitation de l'ouvrage du fait d'un défaut de conception et d'exécution des travaux ayant pour conséquence d'empêcher le fonctionnement normal de l'ouvrage et, ainsi, de le rendre impropre à sa destination.
4. Le département de la Seine-Maritime soutient que les désordres dont il demande réparation se caractérisent par des odeurs incommodantes pour les riverains du collège dues à des dégagements de fumées de la cheminée de la chaufferie à bois et considère, au vu des conclusions de l'expert, qu'eu égard aux nuisances olfactives ressenties par les riverains, l'ouvrage ne répond pas à sa destination. Il résulte toutefois de l'instruction que l'expert, s'il a relevé l'existence d'une plainte des riverains, n'a personnellement constaté, au cours de l'expertise, aucune concentration de fumées de nature à pouvoir provoquer une gêne particulière pour le voisinage du collège et s'est simplement borné à émettre l'hypothèse que, sous certaines conditions météorologiques, à savoir des vents d'ouest, un plafond nuageux bas et un brouillard, dont la fréquence n'est au demeurant pas quantifiée, il était probable que les odeurs de combustion du bois fussent perçues par le voisinage en période de décendrage de la chaudière. Par ailleurs, et ainsi qu'en attestent les résultats du laboratoire mandaté par l'expert, l'émission des fumées s'échappant de la chaufferie, qualifiée de légère par l'expert, n'est pas nocive, le niveau des particules fines et autres polluants des différents composés des gaz brulés étant conforme à la réglementation et aux recommandations en vigueur. Enfin, contrairement à ce qu'expose le département, il ne résulte pas de l'instruction que la chaufferie à bois, qui est utilisable et ne provoque aucune gêne pour les usagers de l'établissement, ne répondrait pas aux performances énergétiques attendues. Dans ces conditions, compte tenu de l'innocuité des fumées, de l'absence de toute constatation des nuisances olfactives et de l'impossibilité d'en quantifier l'importance et la fréquence pour les riverains, les désordres dont le département demande l'indemnisation ne peuvent être regardés comme empêchant le fonctionnement normal de l'ouvrage. Dès lors, et ainsi que le fait valoir l'ensemble des défendeurs, ces nuisances, qui sont d'ordre purement hypothétique, ne rendent pas l'ouvrage impropre à sa destination et ne présentent pas le caractère de désordre décennal.
Sur la responsabilité contractuelle :
5. La réception des travaux met fin aux rapports contractuels entre le maitre de l'ouvrage et les constructeurs concernant la réalisation de l'ouvrage et interdit, par conséquent, au maître de l'ouvrage d'invoquer, après qu'elle a été prononcée, et sous réserve de la garantie de parfait achèvement, des désordres apparents causés à l'ouvrage ou des désordres causés aux tiers, dont il est alors réputé avoir renoncé à demander la réparation. La réception des travaux met également fin aux obligations contractuelles du maître d'œuvre en ce qui concerne la conception et la réalisation de l'ouvrage.
6. Il est constant que la réception des travaux, prononcée le 1er décembre 2010 par le du maître d'ouvrage, n'a pas fait l'objet de réserves. Dans ces conditions, la responsabilité contractuelle tant du contrôleur technique que du maître d'œuvre dans la conception de l'ouvrage ou la direction technique des travaux ne peut plus être recherchée par le département.
7. Il résulte de tout ce qui précède que le département de la Seine-Maritime n'est pas fondé à demander la condamnation in solidum des sociétés En Act Architecture, Sogeti Ingénierie, C3EC, Alpha BET et Socotec Construction.
Sur les appels en garantie :
8. Aucune condamnation n'étant prononcée à l'encontre de la société Socotec Construction et de la société Sogeti Ingénierie, leurs conclusions d'appel en garantie sont sans objet et doivent, par suite, être rejetées.
Sur les dépens :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à la charge définitive du département de la Seine-Maritime les frais et honoraires d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 82 148,03 euros par l'ordonnance n° 1503235 du 28 mai 2018 du président du tribunal administratif de Rouen.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter les conclusions de toutes les parties présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du département de la Seine-Maritime est rejetée.
Article 2 : Les frais et honoraires d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 82 148,03 euros, sont laissés à la charge définitive du département de la Seine-Maritime.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au département de la Seine-Maritime, à la société En Act architecture, à la société Alpha BET, à la société Sogeti Ingénierie, à la société C3EC, à la société Socotec Construction, à la société Socotec Holding et à la société Eiffage Construction.
Délibéré après l'audience du 15 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- M. Guiral, conseiller,
- Mme Favre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.
Le rapporteur,
S. A
La présidente,
C. BOYER
Le greffier,
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026