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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2003254

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2003254

jeudi 3 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2003254
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3 ème Chambre
Avocat requérantBOURDON VINCENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 17 août 2020, 22 avril 2022 et 28 juin 2022, Mme C A, représentée par la SELARL Baudeu et Associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'appeler en la cause la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie ;

2°) de déclarer la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie et la commune d'Evreux responsables in solidum de l'accident qu'elle a subi résultant du défaut d'entretien normal de l'ouvrage public ; à titre subsidiaire, de déclarer l'une ou l'autre, responsable de cet accident ;

3°) avant-dire-droit, d'ordonner une expertise médicale selon les termes exposés dans ses écritures ;

4°) de condamner la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie et la commune d'Evreux à lui verser une provision de 5 000 euros à valoir sur ses préjudices définitifs ; à titre subsidiaire, de condamner l'une ou l'autre à lui verser cette provision ;

5°) de déclarer le jugement opposable à la Caisse primaire d'assurance-maladie de l'Eure ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A soutient que :

- la responsabilité de la commune d'Evreux et la responsabilité de la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie sont engagées au titre du défaut d'entretien normal de l'ouvrage public dont elles avaient la charge, en l'espèce, une marche du trottoir de la place Armand Mandle à Evreux ;

- l'ouvrage, implanté entre la rampe d'accès destinée aux personnes à mobilité réduite et la chaussée était en effet insuffisamment signalé ;

- il présentait, de ce fait, un danger pour les piétons empruntant le trottoir ;

- elle a été victime d'un accident causé par cette marche qui l'a déséquilibrée puis fait chuter ;

- elle a subi deux fractures et est demeurée hospitalisée plusieurs semaines en raison de cet accident ;

- plusieurs témoins oculaires de l'accident sont en mesure de confirmer que sa chute est bien liée à la marche insuffisamment signalée ;

- cet ouvrage a d'ailleurs été modifié, après l'accident ;

- il existe ainsi un lien de causalité direct entre le défaut d'entretien normal de l'ouvrage public et la survenue de l'accident, à l'origine des dommages ;

- elle avait la qualité d'usager de l'ouvrage public ;

- la responsabilité de la commune d'Evreux et de la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie est dès lors engagée ;

- la responsabilité de la commune d'Evreux peut également être engagée au titre de la carence du maire à exercer ses pouvoirs de police ;

- le montant de l'indemnisation à laquelle elle peut prétendre ne peut être chiffré sans expertise médicale ;

- il y a lieu d'ordonner une telle expertise, avant-dire-droit ;

- elle est fondée, dans l'attente des résultats de l'expertise, à se voir accorder une provision d'un montant de 5 000 euros.

Par deux mémoires enregistrés les 18 janvier 2021 et 26 avril 2022, la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Eure, représentée par Me Bourdon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de déclarer la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie et la commune d'Evreux, ou l'une à défaut de l'autre, intégralement responsables de l'accident et de ses conséquences ;

2°) de dire ce que de droit sur l'expertise sollicitée par Mme A ;

3°) de dire ce que de droit sur la provision sollicitée par la requérante ;

4°) de condamner dès à présent la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie et la commune d'Evreux, ou l'une à défaut de l'autre, à lui verser à titre provisionnel une somme de 14 654,82 euros, assortis des intérêts et de la capitalisation, à compter du jugement à intervenir ;

5°) de condamner la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie et la commune d'Evreux, ou l'une à défaut de l'autre, à lui verser le montant maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion, tel que réglementairement fixé au jour du jugement à intervenir ;

6°) de condamner la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie et la commune d'Evreux, ou l'une à défaut de l'autre, aux entiers dépens ;

7°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie et la commune d'Evreux, ou l'une à défaut de l'autre, la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La CPAM de l'Eure soutient que :

- la responsabilité de la commune d'Evreux est engagée ;

- l'expertise sollicitée présente un caractère d'utilité ;

- la provision éventuellement versée devra être limitée aux postes de préjudices strictement personnels, insusceptibles de concours avec sa propre créance ;

- ses débours en lien avec l'accident, qui s'élèvent à la somme de 14 654,82 euros, sont intégralement constitués de dépenses de santé actuelles ;

- elle est fondée à demander le versement du montant maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion eu égard au montant des débours exposés pour le compte de son assurée.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 avril 2021, un mémoire complémentaire enregistré le 20 mai 2022, non communiqué, et un mémoire complémentaire enregistré le 22 août 2022, la commune d'Evreux, représentée par la SELARL Juriadis, conclut :

1°) à titre principal au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à la condamnation de la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;

3°) à la condamnation in solidum de Mme A et la CPAM de l'Eure à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune d'Evreux soutient que :

- elle n'est plus compétente en matière de voirie depuis le transfert de cette compétence à la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie, au 1er janvier 2017 ;

- la place Mandle où s'est déroulé l'accident litigieux constitue une voie d'intérêt communautaire ;

- les travaux d'aménagement de la place ont, d'ailleurs, été entrepris sous la maîtrise d'ouvrage de la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie et réceptionnés par cette collectivité, le 17 décembre 2019 ;

- sa responsabilité ne saurait donc être engagée au titre de l'entretien d'un ouvrage, qui ne lui incombait pas ;

- à titre subsidiaire, le lien de causalité entre l'ouvrage et l'accident n'est pas démontré ;

- les circonstances exactes de l'accident ne sont pas précisées ;

- l'ouvrage est bien visible et ne présente pas de danger nécessitant une signalisation particulière ;

- il constitue un accessoire normal et courant de la voirie ;

- les travaux dont fait état la requérante n'ont pas été ordonnés en raison de son accident mais étaient prévus dès l'origine ;

- il n'existe ainsi nul défaut d'entretien de cet ouvrage ;

- il n'existe pas davantage de carence du maire dans l'exercice de son pouvoir de police au sens de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales ;

- l'accident résulte exclusivement de l'inattention de Mme A qui a chuté, en pleine journée, à 11 heures ;

- cette faute de la victime est de nature à l'exonérer totalement de sa responsabilité ;

- la demande d'expertise est, dès lors, mal fondée ;

- à supposer que le tribunal fasse droit à cette demande de la requérante, rejointe par la CPAM, les frais d'expertise devront être mis à la charge des requérantes ;

- en tout état de cause, elle est fondée à solliciter la condamnation de la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 mai 2022, la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie, représentée par la SCP Saïdji et Moreau, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie soutient que :

- le lien de causalité entre l'ouvrage public et l'accident n'est pas démontré, eu égard, notamment, à l'imprécision et à la date des témoignages produits ;

- l'ouvrage, parfaitement visible, n'est affecté d'aucun défaut d'entretien normal ;

- l'accident résulte d'une faute d'inattention de la victime, de nature à l'exonérer totalement de sa responsabilité ;

- la demande de provision formée par Mme A n'est pas cohérente avec sa demande d'expertise et doit être rejetée ;

- il ne saurait être fait droit aux demandes de la CPAM de l'Eure en l'absence de tout élément susceptible d'engager sa responsabilité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bouvet, premier conseiller ;

- les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique ;

- les observations de Me Duval, pour Mme A ;

- les observations de Me Vincent, pour la commune d'Evreux.

Considérant ce qui suit :

1. Le 14 janvier 2019 à onze heures quinze, Mme C A, alors âgée de 65 ans, a fait une chute sur le trottoir de la place Mandle à Evreux. Cet accident lui a occasionné une fracture de la rotule droite et une fracture de l'astragale du pied gauche, à l'origine d'une incapacité totale de travail de 70 jours et nécessitant des séances ultérieures de rééducation. Estimant l'accident et les dommages en résultant, imputables à un défaut de signalisation d'une marche implantée sur la place, Mme A sollicite l'engagement de la responsabilité de la commune d'Evreux et celle de la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie, maîtres de l'ouvrage, et la condamnation de ces collectivités à l'indemniser, après expertise, des préjudices causés par sa chute.

Sur les conclusions en déclaration de jugement commun dirigées contre la CPAM de l'Eure :

2. La caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Eure a été appelée dans la présente instance en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et y a présenté ses observations et conclusions. Le présent jugement lui est donc opposable, sans qu'il soit besoin de le lui déclarer commun.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité :

3. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et l'ouvrage. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.

4. Il résulte de l'instruction que Mme A a chuté en trébuchant sur une rampe en pente douce spécialement aménagée pour favoriser l'accès des personnes à mobilité réduite à la station de bus située sur la place Mandle. Mme A fait valoir que l'ouvrage n'était pas suffisamment visible des usagers de la voie publique, son coloris ne permettant pas de le distinguer du reste de la chaussée, en l'absence de toute bande de protection ou de signalisation lesquelles ont été mises en place postérieurement à l'accident. Mme A produit, notamment, quatre attestations de témoins directs de sa chute, une attestation d'une commerçante de la place Mandle confirmant la configuration dangereuse de la voie publique à cet endroit, le rapport d'intervention du Service départemental d'incendie et de secours de l'Eure et, enfin, le certificat médical descriptif rédigé le jour des faits, lors de son admission au service des urgences du Centre hospitalier intercommunal Eure-Seine. En outre, l'article du journal La Dépêche de l'Eure en date du 29 mars 2019 versé aux débats par la requérante, et l'attestation précédemment évoquée établie par Mme B, responsable d'une boutique située sur la place, permettent d'établir que l'aménagement de la place Mandle est " un véritable piège à piétons ", à l'origine de chutes " quotidiennes " d'usagers de la voie publique en raison de la mauvaise visibilité de la rampe en pente douce sur lequel Mme A indique avoir trébuché. La requérante établit ainsi suffisamment la matérialité des faits litigieux ainsi que l'existence d'un lien de causalité entre l'ouvrage public, objet d'un défaut d'entretien normal eu égard à sa conception même, et l'accident. Il résulte cependant de l'instruction, d'une part, que l'ouvrage constitue un accessoire normal et courant de la voirie, qu'il était, en outre, bien visible, compte tenu, notamment, de l'heure de l'accident, qui s'est produit en plein jour, et, d'autre part, que la requérante n'a pas emprunté le passage piétons pour traverser la rue de sorte que l'intéressée peut être regardée comme n'ayant pas fait preuve de la prudence normalement requise pour tout usager de la voie publique. Ainsi, l'inattention de la requérante et son imprudence sont constitutives de fautes de nature à exonérer partiellement la collectivité maître d'ouvrage de sa responsabilité à hauteur de 50%. Par suite, la responsabilité de la collectivité maître d'ouvrage à raison des dommages subis par Mme A sera fixée à 50%.

5. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques () ".

6. Au cas d'espèce, Mme A n'apporte pas éléments de nature à démontrer que la commune d'Evreux aurait été informée des nombreuses chutes survenues sur la place Mandle, qui auraient nécessité que le maire prenne les mesures de sécurisation adaptées pour prévenir les accidents. Il sera relevé, à cet égard, que l'article précité de La Dépêche de l'Eure, daté du 29 mars 2019 est postérieur aux faits litigieux, survenus le 14 janvier 2019. En outre, la création de la rampe d'accès était très récente à la date de l'accident, la place ayant été inaugurée en décembre 2018. Il suit de là que la requérante n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, d'une carence fautive du maire d'Evreux dans l'exercice de ses pouvoirs de police, ni plus, au demeurant, que de la communauté d'agglomération. La responsabilité de ces collectivités ne peut dès lors être engagée pour ce motif.

7. Au regard de l'ensemble de ces éléments, il doit être tenu pour établi que l'ouvrage litigieux présente un défaut de conception susceptible de le rendre dangereux pour les usagers de la voie publique et constitutif d'un défaut d'entretien normal de nature à engager la responsabilité de la collectivité maître de l'ouvrage, comme dit au point 4.

8. Enfin, il ressort des statuts de la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie annexés à un arrêté du 28 décembre 2018 portant modification des statuts, applicables depuis le 1er janvier 2019, qu'au titre des compétences optionnelles prévues par l'article L. 5216-5 du code général des collectivités territoriales alors en vigueur, la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie exerce, au lieu et place des communes membres, la compétence " Création ou aménagement et entretien de voirie d'intérêt communautaire ". En outre, la communauté d'agglomération s'est dotée d'un plan de déplacements urbains approuvé le 17 décembre 2019 qui s'applique à l'ensemble du territoire d'Evreux Porte de Normandie. Il n'est pas contesté, enfin, que l'ouvrage à l'origine de l'accident a été construit sous la maîtrise d'ouvrage de la communauté d'agglomération en vertu d'un marché public conclu avec la société Eurovia. Dès lors, la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie est compétente pour l'aménagement et l'entretien de la place Mandle qui relève entièrement de l'intérêt communautaire. Par suite, seule sa responsabilité peut être recherchée au titre d'un défaut d'entretien normal de l'ouvrage.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la responsabilité de la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie est engagée, dans son principe, au titre de 50% des dommages de travaux publics subis par Mme A.

En ce qui concerne les préjudices :

10. Le tribunal ne trouve pas au dossier de l'instruction les éléments permettant d'apprécier la réalité et l'étendue des préjudices subis par Mme A du fait de l'accident dont elle a été victime le 14 janvier 2019. Il y a lieu, dès lors, avant dire droit, de désigner un expert dont la mission sera précisée à l'article 2 du présent jugement.

En ce qui concerne les demandes de provision :

11. Mme A n'apporte pas le moindre élément permettant d'établir la consistance du préjudice subi, que l'expert devra déterminer. Dans ces conditions, nonobstant la circonstance qu'elle a subi des dommages corporels engendrés par l'accident, la provision sollicitée ne peut lui être allouée. Il y a lieu, en revanche, d'octroyer à la CPAM de l'Eure, qui a versé aux débats le relevé des débours exposés pour le compte de son assurée, une indemnité provisionnelle d'un montant de 2 000 euros.

D É C I D E :

Article 1er : La responsabilité de la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie est engagée, à hauteur de 50%, à raison de l'accident survenu le 14 janvier 2019.

Article 2 : Il sera procédé, avant dire droit, à une expertise portant sur la réalité et l'étendue des préjudices subis par Mme A à la suite de son accident.

L'expert aura pour mission :

1°) de convoquer l'ensemble des parties ;

2°) de se faire communiquer l'ensemble des éléments qu'il estimera utiles au bon accomplissement de sa mission et d'entendre tout sachant ;

3°) de procéder à l'examen médical de Mme A et de décrire son état de santé, en particulier de décrire la nature des lésions présentées par cette dernière en lien avec l'accident dont elle a été victime le 14 janvier 2019, de les distinguer de l'état qu'elle présentait éventuellement antérieurement, ainsi que les soins qui lui ont été prodigués et ses conditions de vie actuelles ;

4°) de fixer, le cas échéant, la date de consolidation de l'état de santé de Mme A ou, à défaut, de donner son avis sur la date prévisible de consolidation ;

5°) d'évaluer les chefs de préjudices suivants :

a. Préjudices patrimoniaux temporaires :

- Dépenses de santé actuelles ;

- Pertes de gains professionnels actuels ;

- Frais liés au handicap, notamment les besoins en aide d'une tierce personne ;

- Frais divers.

b. Préjudices patrimoniaux permanents :

- Dépenses de santé futures ;

- Frais de logement adapté ;

- Frais de véhicule adapté ;

- Besoins d'assistance par une tierce personne ;

- Pertes de gains professionnels futurs ;

- Incidence professionnelle ;

- Préjudice scolaire, universitaire ou de formation.

c. Préjudices extrapatrimoniaux temporaires :

- Déficit fonctionnel temporaire ;

- Souffrances endurées ;

- Préjudice esthétique temporaire.

d. Préjudices extrapatrimoniaux permanents :

- Déficit fonctionnel permanent ;

- Préjudice d'agrément ;

- Préjudice sexuel ;

- Préjudice d'établissement;

- Préjudice esthétique permanent ;

- Préjudices permanents exceptionnels.

6°) de prendre connaissance et/ou de se faire communiquer le relevé des débours de l'organisme de sécurité sociale auquel est affiliée Mme A et d'indiquer si les frais qui y sont inclus sont en relation directe avec les préjudices subis.

Article 3 : L'expert sera désigné par le président du Tribunal. Il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il rendra son rapport dans un délai fixé par le président du Tribunal dans sa décision le désignant.

Article 4 : Par application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, une ordonnance du président du tribunal fixera les frais de l'expertise et désignera la ou les parties qui en assumeront la charge.

Article 5 : La demande de provision formée par Mme A est rejetée.

Article 6 : Une provision d'un montant de 2 000 euros sera versée par la communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie à la CPAM de l'Eure.

Article 7 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la Caisse primaire d'assurance-maladie de l'Eure, à la commune d'Evreux, à la Communauté d'agglomération Evreux Portes de Normandie et à l'expert.

Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Gaillard, présidente,

M. Leduc, premier conseiller,

M. Bouvet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.

Le rapporteur,

C. BOUVET

La présidente,

A. GAILLARD

Le greffier,

N. BOULAY

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