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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2003457

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2003457

mardi 22 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2003457
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4 ème Chambre
Avocat requérantLENGLET, MALBESIN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 août 2020 et le 17 janvier 2022, la commune de Petit-Quevilly, représentée par la Selarl Huon et Sarfati, demande au tribunal :

1°) de condamner in solidum le cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges, la société Prisme Ingénierie, la société Dekra Industrial et la société GTM Normandie Centre à lui verser la somme de 192 000 euros TTC, assortie des intérêts au taux légal à compter de l'introduction de la requête et de la capitalisation de ces intérêts, en réparation des désordres affectant la dalle en béton du centre technique municipal ;

2°) de condamner in solidum le cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges, la société Prisme Ingénierie, la société Dekra Industrial et la société GTM Normandie Centre à lui verser la somme de 6 074,25 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de l'introduction de la requête et de la capitalisation de ces intérêts, au titre de son préjudice d'usage ;

3°) de mettre à la charge in solidum du cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges, de la société Prisme Ingénierie, de la société Dekra Industrial et de la société GTM Normandie Centre les frais de l'expertise ordonnée par le juge des référés du tribunal administratif de Rouen qui ont été taxés et liquidés à la somme de 7 849,34 euros ;

4°) de mettre à la charge in solidum du cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges, de la société Prisme Ingénierie, de la société Dekra Industrial et de la société GTM Normandie Centre la somme de 3 000 euros au titre de L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la juridiction administrative est compétente pour connaître de l'action relative à l'engagement de la responsabilité décennale des constructeurs ;

- le délai de garantie décennale n'est pas expiré ;

- l'expertise a été menée de manière contradictoire et l'absence de communication aux parties de la note du sapiteur d'août 2019 préalablement au dépôt de la note complémentaire n'est pas de nature à entacher de nullité le rapport d'expertise ;

- l'existence des désordres affectant la dalle du centre technique municipal n'était pas connue à la date de la réception des travaux ;

- les fissurations de la dalle, préjudiciables à moyen et à long terme pour la destination du centre technique, rendent l'ouvrage impropre à sa destination, la notice du pont élévateur précisant d'ailleurs qu'il doit être installé sur une dalle sans joint de dilatation et sans fissure ;

- la maîtrise d'œuvre, qui avait une mission complète de conception et d'exécution, a approuvé les plans et les notes de calculs établis par l'entreprise de travaux et a méconnu les règles de l'art, de sorte que la responsabilité décennale du cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges et de la société Prisme Ingénierie est engagée ;

- la responsabilité décennale du contrôleur technique est engagée sur le fondement de l'article L. 111-23 du code de la construction et de l'habitation ;

- la société GTM Normandie Centre était chargée de la réalisation des planchers en béton et peut voir sa responsabilité décennale engagée du fait de l'apparition des fissures ;

- elle entend solliciter la condamnation in solidum de l'ensemble de ces intervenants et, à titre subsidiaire, s'en remet aux évaluations de l'expert, soit 1 % pour le contrôleur technique, 19 % pour la société Prisme Ingénierie et 80 % pour la société GTM Normandie Centre ;

- les travaux nécessaires pour rendre l'ouvrage conforme à sa destination

consistent en une reprise de la totalité du sol et représentent un montant de 192 000 euros TTC, la commune n'étant pas assujettie à la TVA ;

- l'immobilisation du pont élévateur lui a causé un préjudice qui s'élève à la somme de 6 074,25 euros ;

- les dépens de l'instance doivent être mis à la charge solidaire des constructeurs.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 novembre 2021, la société GTM Normandie Centre, représentée par Me Malbesin, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la commune de Petit-Quevilly en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, à titre subsidiaire, à ce que le montant de l'indemnisation accordée à la commune soit limité à la somme de 8 943 euros, à ce que le cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges, la société Prisme Ingénierie et la société Dekra Industrial la garantisse de toutes les condamnations prononcées à son encontre et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de ces mêmes sociétés au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les fissures, peu préjudiciables au sens de la documentation technique, résultent d'un simple phénomène de retrait du béton qui n'atteint pas l'ouvrage dans sa solidité et ne peut nuire à sa destination, ce désordre ne pouvant présenter, de manière certaine et dans un délai prévisible, un caractère décennal ; l'atelier est parfaitement utilisé et le sapiteur a confirmé que le pont élévateur pouvait être remis en fonctionnement sans risque pour l'installation ; comme le note également le sapiteur, l'aggravation des fissures de retrait ne peut survenir que sous l'effet d'autres sinistres tels que des infiltrations ;

- le montant du préjudice doit être limité à la reprise des sols au droit du pont élévateur conformément au devis produit par la commune, soit la somme de 8 943 euros TTC ; par ailleurs, l'immobilisation de cet équipement ne se justifiait absolument pas ;

- le positionnement des joints de dilatation dépend des plans d'exécution et relève

donc de la mission EXE laquelle pesait sur la maîtrise d'œuvre ; le contrôleur avait une mission " L " relative à la solidité de l'ouvrage ; elle est fondée à rechercher leur responsabilité quasi-délictuelle et à les appeler en garantie de toutes les condamnations prononcées à son encontre.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 novembre 2021, la société Dekra Industrial, représentée par Me Chautemps, conclut, à titre principal, à ce qu'elle soit mise hors de cause et à ce que la commune soit déboutée de l'intégralité de ses demandes et, à titre subsidiaire, à ce que sa responsabilité soit limitée à 1 %, à ce que le montant des travaux de reprise du dallage de la zone de garage soit limité à la somme de 52 000 euros, à ce que la société GTM Normandie Centre, le cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges et la société Prisme Ingénierie soient condamnés à la garantir des condamnations mises à sa charge et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la commune ou de toute partie perdante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le phénomène de fissuration, de nature purement esthétique, est parfaitement stabilisé ; les microfissures relevées sur les dalles basses sont causées par un phénomène de fissuration classique, et inévitable, dû au retrait du béton, étant précisé que le béton incriminé a été calculé avec des fissures peu préjudiciables ;

- à titre subsidiaire, la solidité des ouvrages n'étant pas compromise et la sécurité des occupants n'étant pas davantage remise en cause, sa responsabilité décennale ne peut, compte tenu de la nature des désordres et de l'objet de ses missions, être recherchée par la commune ; elle ne saurait être tenue pour responsable des erreurs commises lors des opérations de coulage du béton ; il ne lui appartenait pas non plus de demander ou de faire réaliser des analyses du béton coulé, notamment en ce qui concerne les plastifiants réducteurs d'eau ;

- à titre très subsidiaire, compte tenu de la nature de ses missions, elle ne peut être condamnée solidairement avec les autres constructeurs, d'autant que l'expert a retenu une part de responsabilité à hauteur de 1 % ;

- à titre infiniment subsidiaire, la société GTM Normandie Centre, le cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges et la société Prisme Ingénierie doivent être condamnés in solidum à la relever et à la garantir intégralement des condamnations mises à sa charge ;

- en tout état de cause, seule la zone du garage où se trouve le pont élévateur, peut, éventuellement, faire l'objet de travaux de réparation pour la somme de 52 000 euros TTC ; le préjudice lié aux frais d'immobilisation du pont élévateur n'est pas justifié.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 novembre 2021, la société Prisme Ingénierie, représentée par Me Vallet, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que le montant des travaux de reprise soit limité à la somme de 8 943 euros TTC, à titre très subsidiaire, à ce que la société GTM Normandie Centre, le cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges et la société Dekra Industrial soient condamnés à la garantir de toutes les condamnations prononcées à son encontre au-delà de 19 % et, en tout état de cause, à ce que la somme de 1 500 euros ainsi que les entiers dépens soient mis à la charge de la commune sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le rapport d'expertise est entaché de nullité ; la note du sapiteur d'août 2019, qui retient une insuffisance des joints de dilatation, n'a pas été discutée de façon contradictoire ; par ailleurs, cette note contient une erreur dès lors que la réglementation prévoit bien la pose de joints de dilatation tous les 50 mètres dans la région Ouest où est situé le bâtiment communal ;

- les désordres ne sont pas de nature décennale ;

- le préjudice de la commune doit être limité à la somme de 8 943 euros TTC correspondant au seul traitement d'une surface de 35 m² au niveau du pont hydraulique ;

- la société GTM Normandie Centre, le cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges et la société Dekra Industrial doivent être condamnés à la garantir de toutes les condamnations prononcées à son encontre au-delà de 19 %.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 novembre 2021, le cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges, représenté par Me Lemiegre, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que sa condamnation soit limitée à la somme de 22 617,20 euros et, en tout état de cause, à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la commune de Petit-Quevilly au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les désordres correspondent à un phénomène normal et ne présentent pas un caractère décennal ; le caractère évolutif du désordre n'est pas certain et ne semble dépendre que de l'usage et de l'entretien du bâtiment ;

- il doit être mis hors de cause en raison de l'absence d'imputabilité dans les désordres et de l'absence de solidarité du groupement de maîtrise d'œuvre ;

- l'indemnisation doit être limitée à la réparation des fissures les plus importantes et dont l'évolution, en fonction de l'usage et de l'entretien normal, est prévisible ;

- sa condamnation doit, en tout état de cause, être limitée à 22 617,60 euros ;

- le préjudice d'usage n'est pas établi.

Vu :

- l'ordonnance du 16 janvier 2020 par laquelle les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés à la somme totale de 7 849,34 euros TTC, ont été mis à la charge provisoire de la commune de Petit-Quevilly ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de Mme B,

- et les observations de Me Lespes, représentant la commune de Petit-Quevilly, de Me Vallet, représentant la société Prisme Ingénierie, de Me Sadek substituant Me Chautemps, représentant la société Dekra Industrial, et de Me Léon substituant Me Malbesin, représentant la société GTM Normandie Centre.

Considérant ce qui suit :

1. Par un acte d'engagement du 17 octobre 2013, la commune de Petit-Quevilly a confié à la société GTM Normandie Centre, l'exécution du lot n° 1 " fondations profondes - gros-œuvre " du marché de travaux pour la construction d'un centre technique municipal et d'une salle de réception. La maîtrise d'œuvre des travaux était assurée par un groupement conjoint, composé notamment du cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges, mandataire, et de la société Prisme Ingénierie. La société Dekra Industrial était chargée de la mission de contrôle technique. Les travaux ont été réceptionnés le 3 novembre 2015. La commune de Petit-Quevilly, après avoir constaté en 2016 l'apparition de multiples fissures dans l'atelier, notamment au droit du pont élévateur, a saisi le juge des référés du tribunal administratif qui, par une ordonnance du 19 avril 2018, a prescrit une mesure d'expertise sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. L'expert a remis son rapport le 10 septembre 2019 et l'a complété, à la demande du juge des référés, les 14 octobre et 16 décembre 2019. Par la présente requête, la commune de Petit-Quevilly demande la condamnation in solidum, sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs, du cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges, de la société Prisme Ingénierie, de la société Dekra Industrial et de la société GTM Normandie Centre, à lui verser la somme totale de 198 074,25 euros en raison des fissures affectant la dalle en béton du centre technique.

Sur la régularité de l'expertise :

2. Le respect du caractère contradictoire de la procédure d'expertise implique que les parties soient mises à même de discuter devant l'expert les éléments de nature à exercer une influence sur la réponse aux questions posées par la juridiction saisie du litige. Lorsqu'une expertise est entachée d'une méconnaissance de ce principe ou lorsqu'elle a été ordonnée dans le cadre d'un litige distinct, ses éléments peuvent néanmoins, s'ils sont soumis au débat contradictoire en cours d'instance, être régulièrement pris en compte par le juge, soit lorsqu'ils ont le caractère d'éléments de pur fait non contestés par les parties, soit à titre d'éléments d'information dès lors qu'ils sont corroborés par d'autres éléments du dossier.

3. Si la société Prisme Ingénierie fait valoir que la note du sapiteur d'août 2019 n'a pas pu être discutée de façon contradictoire, il résulte toutefois de l'instruction que les parties ont pu prendre connaissance de cette note, laquelle diffère au demeurant très peu de la version précédente, lors de la communication par l'expert de ses conclusions et ont été mises à même de discuter, utilement et contradictoirement, du contenu de ce document avant que le rapport ne fût déposé au greffe du tribunal. Par suite, les opérations d'expertise n'ayant pas méconnu le principe du contradictoire, il n'y a pas lieu d'écarter des débats le rapport d'expertise.

Sur la responsabilité décennale des constructeurs :

4. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans.

5. Il incombe au juge administratif, lorsqu'est recherchée devant lui la responsabilité décennale des constructeurs, d'apprécier, au vu de l'argumentation que lui soumettent les parties sur ce point, si les conditions d'engagement de cette responsabilité sont ou non réunies et d'en tirer les conséquences, le cas échéant d'office, pour l'ensemble des constructeurs.

6. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise et des notes techniques établies par le sapiteur, que la dalle en béton, notamment au droit du pont élévateur, présentent des fissures dites de retrait qui constituent un phénomène naturel dû à la dilation du béton, largement connu des techniciens du bâtiment. Le sapiteur relève à cet égard que ces fissures, si elles pouvaient être limitées par l'ajout de joints de dilatation ou un coulage adapté du béton, ne sont ni structurelles ni préjudiciables pour la stabilité et la pérennité de l'ouvrage et que l'activité peut être maintenue dans l'atelier municipal sans risque pour les agents. Il expose également, en ce qui concerne plus particulièrement le pont élévateur, que la collectivité peut utiliser cet équipement sans risque d'aggravation des désordres existants, nonobstant le contenu de la notice technique du pont élévateur qui précise qu'il doit être installé sur une dalle sans fissure. Par ailleurs, si le rapport d'expertise retient la nature décennale des désordres ainsi que le fait valoir la commune qui expose que les fissures peuvent être préjudiciables à moyen et à long terme pour la destination du centre technique, les conclusions de l'expert précisent toutefois qu'il est impossible de " prédire et visualiser l'évolution des fissures " ni " d'en déterminer l'exacte évolution " et mentionnent, pour justifier l'indemnisation du dommage, que " le principe de précaution implique que ces fissures puissent être préjudiciables ". Ces conclusions, insuffisamment étayées et contradictoires, sont en outre contredites par la note du sapiteur qui, en l'absence d'usage inadapté de l'ouvrage, conclut au caractère hypothétique de l'évolution des désordres. Dans ces conditions, et contrairement à ce que soutient la commune qui reconnaît d'ailleurs ne pas utiliser de produits corrosifs pour le nettoyage des locaux, ces fissures, y compris celles au droit du pont élévateur, qui ne nécessitent, selon le sapiteur, qu'un simple traitement esthétique, ne sont pas de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ni à rendre, de manière certaine et prévisible, celui-ci impropre à sa destination. Par suite, les fissures dont l'indemnisation est demandée par la commune ne peuvent être regardées comme présentant la nature d'un désordre décennal.

7. Il résulte de ce qui précède que la commune de Petit-Quevilly n'est pas fondée à demander, sur le fondement de la garantie décennale, la condamnation du cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges, de la société Prisme Ingénierie, de la société GTM Normandie Centre et de la société Dekra Industrial. Par voie de conséquence, en l'absence de condamnation des constructeurs, les demandes d'appel en garantie doivent être rejetées.

Sur les dépens :

8. Par une ordonnance de la présidente du tribunal du 16 janvier 2020, les frais d'expertise ont été taxés et liquidés à hauteur de la somme de 7 849,34 euros TTC et mis à la charge provisoire de la commune de Petit-Quevilly. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser les dépens de l'instance à la charge définitive de la commune.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges, de la société Prisme Ingénierie, de la société GTM Normandie Centre et de la société Dekra Industrial, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme que la commune de Petit-Quevilly demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En outre, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune la somme que les parties défenderesses demandent en application de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la commune de Petit-Quevilly est rejetée.

Article 2 : Les frais et honoraires de l'expertise, taxés et liquidés à la somme de 7 849,34 euros, sont mis à la charge définitive de la commune de Petit-Quevilly.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Petit-Quevilly, au cabinet d'architecte l'Atelier des deux Anges, à la société Prisme Ingénierie, à la société GTM Normandie Centre et à la société Dekra Industrial.

Délibéré après l'audience du 2 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

- Mme Boyer, présidente,

- M. Guiral, conseiller,

- Mme Favre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.

Le rapporteur,

S. ALa présidente,

C. BOYER

Le greffier,

J.-L. MICHEL

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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