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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2004382

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2004382

jeudi 2 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2004382
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4 ème Chambre
Avocat requérantGRUAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 novembre 2020, 30 septembre 2021, 1er juillet 2022, 11 août 2022 et 16 septembre 2022, et un mémoire récapitulatif enregistré le 20 octobre 2022, produit à la demande du tribunal en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, Mme C B, représentée par Me Gruau, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande du 30 juillet 2020 adressée le 3 août 2020 à la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent tendant au paiement de la somme totale de 3 689,60 euros au titre du complément indemnitaire d'activité (CIA) pour les années 2019 et 2020 ;

2°) de condamner la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent à lui verser la somme totale de 3 689,60 euros au titre du CIA pour les années 2019 et 2020, assortie des intérêts au taux légal à compter du 30 juillet 2020, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent de réexaminer sa situation concernant son CIA pour les années 2019 et 2020 ;

4°) de condamner la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent à la somme de 10 000 euros au titre du préjudice subi résultant du manque à gagner au titre de sa retraite complémentaire du régime de retraite additionnelle de la fonction publique et à la somme de 10 000 euros au titre du harcèlement moral qu'elle estime avoir subi ;

5°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que :

- la décision de rejet de sa demande du 30 juillet 2020 est illégale dès lors que l'arrêté du 18 décembre 2018 portant attribution de son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise ne comporte aucune disposition concernant le CIA contrairement à ce que prévoient la délibération du conseil municipal du 10 décembre 2018 et le procès-verbal du comité technique du 3 décembre 2018 ;

- le manque à gagner au titre de sa retraite complémentaire du régime de retraite additionnelle de la fonction publique est évalué à hauteur de 10 000 euros ;

- le préjudice résultant du harcèlement moral qu'elle estime avoir subi, du fait du refus par la commune de lui communiquer l'étude de poste réalisée par un ergothérapeute le 14 août 2018, du refus par celle-ci de prendre en considération ses demandes relatives au paiement de ses primes, du maintien en congé maladie de façon illégale et de la délivrance de fausses informations sur l'instruction de son dossier ainsi que du défaut d'aménagement de son poste de travail à son état de santé, s'élève à hauteur de 10 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 mai 2021, 13 juin 2022, 14 juillet 2022, 2 septembre 2022 et le 4 octobre 2022, et un mémoire récapitulatif enregistré le 22 novembre 2022, produit à la demande du tribunal en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, le maire de la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent, représenté par la SELARL Huon et Sarfati, conclut à l'irrecevabilité de la requête, à son rejet et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- l'ensemble des conclusions indemnitaires est irrecevable dès lors qu'elles sont tardives ;

- les conclusions aux fins de paiement à la somme de 3 689,60 euros au titre du CIA pour l'année 2020 sont irrecevables au regard de l'absence de liaison du contentieux et de leur tardiveté dès lors que la demande indemnitaire préalable portait sur les années 2019 et 2020 alors que la requête demande le paiement au titre des années 2018 et 2019 ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par courrier du 2 février 2023, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de l'exception d'illégalité de l'arrêté du 18 décembre 2018, décision individuelle devenue définitive au jour de la requête.

Des observations sur le moyen susceptible d'être soulevé d'office, enregistrées le 6 février 2023, ont été produites pour Mme B.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n°91-875 du 6 septembre 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de Mme Delacour, rapporteure publique,

- et les observations de Me Gruau, représentant Mme B et de Me Garceries, représentant le maire de la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a été recrutée le 15 novembre 2007 par la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent par contrat d'accompagnement dans l'emploi avant d'être titularisée le 18 janvier 2011 en qualité d'adjoint administratif au service accueil de la commune. À la suite d'une réorganisation des services, l'intéressée a exercé à compter de novembre 2014 les fonctions d'aide bibliothécaire à la médiathèque municipale. Par un jugement n° 1900522, le tribunal a renvoyé Mme B devant la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent pour qu'il soit procédé au calcul et au versement de l'indemnité d'exercice des missions de préfecture au titre de l'année 2016. Mme B a été placée en congé de maladie ordinaire pour accident de service du 24 août 2018 jusqu'au 28 février 2021 avant d'être réintégrée à mi-temps thérapeutique à compter du 1er mars 2021 puis à plein temps à partir du 1er mars 2022 sur des fonctions d'assistante de gestion administrative en médiathèque. Par un courrier du 30 juillet 2020 notifié le 3 août 2020, Mme B a adressé au maire de la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent une demande tendant au paiement de la somme de 3 689,60 euros au titre du CIA pour les années 2019 et 2020, au versement de la somme de 10 000 euros au titre du préjudice subi résultant du manque à gagner au titre de sa retraite complémentaire du régime de retraite additionnelle de la fonction publique et de la somme de 10 000 euros au titre du harcèlement moral qu'elle estime avoir subi, laquelle a été rejetée par décision implicite. Mme B maintient ses demandes lors de la présente instance.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Mme B soutient que la décision de rejet de sa demande du 30 juillet 2020 adressée le 3 août 2020 est illégale dès lors que l'arrêté du 18 décembre 2018 portant attribution de son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise ne comporte aucune disposition concernant le CIA contrairement à ce prévoient la délibération du conseil municipal du 10 décembre 2018 et le procès-verbal du comité technique du 3 décembre 2018. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 18 décembre 2018, qui ne revêt pas de caractère règlementaire, a été notifié à la requérante le 10 février 2019 avec l'indication des voies et délais de recours. A supposer même que la demande indemnitaire du 30 juillet 2020 puisse également s'analyser comme un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, ce dernier était devenu définitif à la date d'exercice d'un tel recours. Ainsi, il doit être regardé comme étant définitif au jour de la présente requête. La requérante n'est, par suite, pas recevable à exciper de son illégalité.

3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite rejetant la demande du 30 juillet 2020 par Mme B à la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent tendant au paiement de la somme totale de 3 689,60 euros au titre du CIA pour les années 2019 et 2020, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction de procéder au réexamen de sa situation à ce sujet, seront écartées.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne le manque à gagner au titre de sa retraite complémentaire du régime de retraite additionnelle de la fonction publique :

4. Mme B allègue que la carence de la commune à lui verser ses primes au titre du CIA lui a causé un préjudice dès lors que les primes servent de base de cotisation dans le calcul de la retraite complémentaire du régime de retraite additionnelle de la fonction publique.

5. Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 applicable au litige : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. ()". Aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, applicable au litige : " Les organes délibérants des collectivités territoriales () fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. Ces régimes indemnitaires peuvent tenir compte des conditions d'exercice des fonctions, de l'engagement professionnel et, le cas échéant, des résultats collectifs du service. ()". Aux termes de l'article 2 du décret du 6 septembre 1991 pris pour l'application du premier alinéa de l'article 88 précité : " L'assemblée délibérante de la collectivité () fixe, dans les limites prévues à l'article 1er, la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités applicables aux fonctionnaires de ces collectivités () ". Aux termes de la délibération du conseil municipal de Saint-Sébastien-de-Morsent de la séance du 10 décembre 2018 : " L'institution du CIA étant obligatoire, son versement reste cependant facultatif. / Il peut être versé annuellement en une ou deux fois. / Il est non reconductible de manière automatique d'une année sur 1'autre. / Le versement du CIA est apprécié au regard de 1'investissement personnel de l'agent dans 1'exercice de ses fonctions, sa disponibilité, son assiduité, son sens du service public, son respect de la déontologie, des droits et obligations des fonctionnaires tels qu'ils ressortent de la loi n° 2016- 483 du 20 avril 2016, sa capacité à travailler en équipe et sa contribution au collectif de travail. / Ainsi, la capacité à s'adapter aux exigences du poste, à coopérer avec des partenaires internes et/ou externes, son implication dans les projets ou sa participation active à la réalisation des missions rattachées à son environnement professionnel sont des critères pouvant être pris en compte pour le versement du CIA. / II sera proposé à l'organe délibérant que le CIA s'appuie sur les fondements précités. () / Enfin, le régime indemnitaire susmentionné constitue un complément de rémunération. Son montant est maintenu pendant les congés annuels et durant les congés maternité, paternité ou adoption. I1 est lié à la quotité de traitement lors des congés de maladie ordinaire. Lorsqu'un congé pour longue maladie ou de longue durée est pris à la suite d'un congé de maladie ordinaire alors les primes versées lors de ce dernier demeurent acquises pour l'agent. ".

6. D'une part, Mme B conteste l'absence de notification par arrêté du montant du CIA lui ayant été attribué pour les année 2019 et 2020. Toutefois, si la délibération du 10 décembre 2018 prévoit que l'institution du CIA est obligatoire, son versement reste facultatif. Aucun exigence législative ou règlementaire n'impose que la décision par laquelle une administration fixe le montant du CIA soit formalisée par arrêté, ni même par une décision expresse. Il résulte de l'instruction que les décisions par lesquelles la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent a fixé à 0% le taux de CIA attribué à Mme B pour les années 2019 et 2020 ont été révélées du seul fait de l'absence de versement d'un CIA à l'agent. En tout état de cause, une décision expresse de rejet de versement du CIA pour les années 2019 et 2022 est intervenue suite à sa demande du 30 juillet 2020.

7. D'autre part, Mme B soutient que l'absence de versement du CIA pour les années 2019 et 2020 est contraire à la délibération du conseil municipal du 10 décembre 2018 et le procès-verbal du comité technique du 3 décembre 2018 selon lesquels le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel applicable aux différents cadres d'emploi à compter du 1er janvier 2019 ne devait entraîner aucune perte financière pour les agents. La requérante ne peut utilement se prévaloir du montant de l'indemnité d'administration et de technicité ainsi que de l'indemnité d'exercice des missions en préfecture qui lui étaient préalablement versées dès lors que le CIA n'a pas vocation à se substituer aux primes reçues antérieurement et que le droit au maintien dans le cadre de la transition vers le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel évoqué dans la délibération du 10 décembre 2018 concerne uniquement l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise. Par ailleurs, en vertu de la délibération du 10 décembre 2018, si le montant du complément indemnitaire d'activité est maintenu lors des congés de maladie ordinaire, il est cependant lié à la quotité de traitement. Il résulte de l'instruction que Mme B a été placée en congé de maladie ordinaire pour accident de service du 24 août 2018 jusqu'au 28 février 2021 et qu'elle n'était pas auparavant bénéficiaire d'un tel complément de rémunération, lequel n'est entré en vigueur qu'à compter du 1er janvier 2019, et dont le versement suppose une appréciation de la manière de servir de l'agent. Enfin, la requérante ne peut utilement invoquer sa manière de servir au titre de l'année 2021 pour les années 2019 et 2020, dès lors que le versement du CIA se fait, conformément à la délibération précitée, annuellement, en fonction de la manière de servir de l'agent et est réévalué après les résultats des entretiens d'évaluation. Par suite, la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de verser à Mme B le CIA pour les années 2019 et 2020.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par la requérante tendant à la condamnation de la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait du manque à gagner au titre de sa retraite complémentaire du régime de retraite additionnelle de la fonction publique seront écartées.

En ce qui concerne le harcèlement moral :

9. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ".

10. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements, dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral, revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral.

11. En premier lieu, si la requérante invoque l'absence de réponse apportée par la commune à sa demande de communication de l'étude de poste réalisée par ergothérapeute le 14 août 2018 ainsi que le refus par la collectivité de prendre en considération les demandes de paiement de ses primes, ces circonstances, au demeurant non établies, ne suffisent pas à faire présumer des agissements constitutifs d'un harcèlement moral de la part de sa hiérarchie.

12. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que, suite à l'avis favorable du médecin de prévention donné le 25 juin 2019, Mme B a sollicité une reprise à mi-temps thérapeutique dès le 29 juillet 2019. Si la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent a saisi le comité médical puis la commission de réforme, le centre de gestion de l'Eure lui a indiquée le 29 novembre 2019 qu'il n'était pas nécessaire de saisir la commission de réforme dès lors que Mme B était en congé pour accident de service et que les avis concordants du médecin traitant et du médecin agréé étaient suffisants. Toutefois, la commune a informé son agent de la démarche à suivre à compter du 6 novembre 2020 alors même que les arrêts de travail que Mme B lui a transmis du 19 août 2019 au 3 février 2020 indiquaient qu'elle était en attente de l'avis de son employeur concernant la mise en place d'un mi-temps thérapeutique. Néanmoins, le manque de diligence de la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent dans la procédure de reprise de Mme B à mi-temps thérapeutique ne permet pas d'établir la volonté de la collectivité de ne pas la réintégrer avant sa retraite, comme le soutient la requérante. Par suite, ces éléments ne constituent pas des agissements constitutifs d'un harcèlement moral.

13. En troisième lieu, Mme B a été réintégrée à mi-temps thérapeutique à compter du 1er mars 2021 sur des fonctions d'assistante de gestion administrative en médiathèque. A la suite de l'avis du médecin de prévention du 23 juin 2022, l'avis du médecin expert du 4 juillet 2022 a indiqué que Mme B devait bénéficier d'un reclassement et d'un bureau personnel au calme. Il résulte de l'instruction que l'intéressée occupe un local aveugle, partagé avec deux autres collègues, à proximité de l'accueil et d'une salle accueillant occasionnellement des cours de batteries lors de son temps de travail. La collectivité, qui se borne à indiquer que ce local dispose d'une vitre séparative avec l'accueil, de cloisons bénéficiant d'une isolation phonique et d'un dispositif d'aération, que la présence des deux collègues de l'intéressée dans le local a été limitée à deux créneaux par semaine et que le bureau au 1er étage du bâtiment que Mme B a demandé à occuper le 21 septembre 2022 est mis à disposition d'une association, ne justifie pas que l'installation de Mme B permet de respecter entièrement les prescriptions de la médecine du travail quant à l'adaptation du poste de celle-ci. Si la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent fait également état de l'achat d'un casque antibruit pour l'agent le 28 septembre 2022, Mme B justifie par un certificat médical d'un médecin ORL du 10 octobre 2022 qu'elle ne peut porter un tel dispositif au regard de son état de santé. Néanmoins, la carence de la commune dans la prise en compte des préconisations émises par la médecine de travail concernant l'adaptation du poste de Mme B ne permet pas d'établir une volonté de la collectivité de la mettre à l'écart sur des missions inutiles comme le soutient la requérante, d'autant que, selon le compte-rendu d'entretien de reprise de ses fonctions du 1er avril 2021, l'intéressée s'est déclarée enthousiaste aux missions proposées. Par suite, ces éléments ne constituent pas des agissements constitutifs d'un harcèlement moral.

14. Il résulte ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à la condamnation de la commune suite au harcèlement moral qu'elle estime avoir subi doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

15. Il ne peut être mis à la charge de la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent présentées sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la commune de Saint-Sébastien-de-Morsent.

Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Boyer, présidente,

- M. Guiral, conseiller,

- Mme Favre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.

La rapporteure,

L. A

La présidente,

C. BOYER Le greffier,

J.-L. MICHEL

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

SG

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