mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2004831 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | TOWERY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 septembre 2020 au greffe du tribunal administratif de Paris sous le n° 2015025, transmise par ordonnance du 1er décembre 2020 au tribunal administratif de Rouen où elle a été enregistrée le 2 décembre 2020 sous le n° 2004831, et des mémoires, enregistrés les 9 février 2023 et 2 mars 2023, Mme E C, épouse D et M. A D, représentés par la SELARLU Mercutio, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016, à concurrence, respectivement, de 25 359 euros et 16 937 euros en droits et pénalités ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme D soutiennent que :
- en l'absence de démonstration d'une confusion des patrimoines de M. D et l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) ACT4Lead Management, l'administration fiscale n'apporte pas la preuve de la qualification de maître de l'affaire ;
- aucun désinvestissement effectif n'est démontré pour la mise en œuvre de la présomption de distribution prévue par le 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts ;
- la doctrine fiscale exprimée dans la réponse ministérielle à M. B, député, publiée le 7 janvier 1954 sous le n° 8460, reprise au BOI-RPPM-RCM-10-20-20-50 n° 160 à jour au 12 septembre 2012, pose la condition préalable de bénéfices non demeurés investis dans la société soumise à l'impôt sur les sociétés ;
- aucune écriture comptable ne permet d'identifier des valeurs désinvesties et la société vérifiée a décidé d'affecter ses bénéfices en report à nouveau ;
- l'absence de souscription des déclarations de résultats au titre des exercices vérifiés ne permet pas, en soi, de caractériser un quelconque désinvestissement.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 septembre 2022, 28 novembre 2022 et 27 février 2023, le directeur régional des finances publiques de Normandie conclut au rejet de la requête.
Le directeur soutient qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu :
- l'ordonnance du 10 février 2023 fixant la clôture de l'instruction au 10 mars 2023 à 12 h ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de M. Minne, président de chambre ;
- et les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. L'EURL ACT4Lead Management, dont l'objet social est le conseil en ressources humaines et management, a pour gérant et associé unique M. D. Cette entreprise soumise à l'impôt sur les sociétés a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur ses exercices clos en 2015 et 2016. La société, qui n'avait pas souscrit ses déclarations de résultats dans les délais impartis par la loi, les a remises au vérificateur lors de sa deuxième intervention sur place. Les suppléments, notamment en matière d'impôt sur les sociétés, mis en recouvrement à l'issue du contrôle mené suivant la procédure de redressement contradictoire, n'ont pas été contestés par l'entreprise. Parallèlement, le foyer fiscal composé de M. D et de son épouse a fait l'objet d'un contrôle sur pièces de ses déclarations d'impôt sur le revenu des années 2015 et 2016. Le couple de contribuables, qui ne discute pas les chefs de redressement notifiés en matière de revenus fonciers et de traitements et salaires portés à sa connaissance par une proposition de rectification du 11 octobre 2018, conteste seulement l'imposition, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, des revenus distribués par l'EURL ACT4Lead Management.
2. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; () " Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. () " Aux termes de l'article 47 de l'annexe II au même code : " Toute rectification du bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés au titre d'une période sera prise en compte au titre de la même période pour le calcul des sommes distribuées. "
3. En premier lieu, en ayant remis à l'inspecteur ses déclarations de résultats postérieurement à la réception de l'avis de vérification, l'EURL ACT4Lead Management doit être regardée comme ayant omis de souscrire ses déclarations et non pas comme les ayant souscrites tardivement. L'administration, qui produit à l'appui de ses écritures la proposition de rectification du 11 octobre 2018 adressée à l'entreprise vérifiée, justifie que, pour les deux exercices 2015 et 2016 coïncidant avec les années civiles en cause, l'analyse des fichiers de ses écritures comptables a permis de corroborer ses résultats déclarés au cours des opérations de contrôle sur place. Les postes comptables de recettes et des charges d'exploitation correspondent à des produits et des dépenses courantes. Les charges sont, notamment, constituées de loyers, d'achats divers, de salaires et de cotisations sociales. M. et Mme D ne soutiennent pas que, pour déterminer les résultats de chacun des exercices en cause, le vérificateur a été conduit à corriger des écritures comptables, telles que des écritures de stocks ou d'actifs retraçant des opérations ayant conduit à maintenir des sommes investies dans l'entreprise. Par suite, compte tenu de la nature des rectifications opérées au niveau de la société vérifiée, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que les bénéfices de l'EURL ACT4Lead Management évalués à la clôture des exercices 2015 et 2016 ont été désinvestis par cette société soumise à l'impôt sur les sociétés.
4. En deuxième lieu, il résulte des termes mêmes des dispositions précitées de l'article 110 du code général des impôts que la présomption de distribution porte sur les bénéfices retenus pour le calcul de l'impôt sur les sociétés et non pas sur les résultats comptables de l'exercice. Même si le vérificateur s'est approprié sans les modifier le contenu des déclarations de résultats remises au cours du contrôle, les distributions ont, dans leur totalité, porté sur des bénéfices retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. La circonstance que, par deux décisions du 1er juillet 2019, postérieures aux opérations de vérification de comptabilité, l'associé unique de l'EURL ACT4Lead Management ait approuvé les comptes des exercices 2015 et 2016 et procédé à l'affectation des résultats est sans incidence sur l'existence, pour l'application de la loi fiscale, d'une distribution de ces bénéfices, présumée intervenue dès la clôture de ces deux exercices.
5. En troisième lieu, en faisant valoir que M. D est seul associé et gérant de l'EURL ACT4Lead Management, l'administration apporte la preuve de ce qu'il disposait seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société et était en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres. Les contribuables, qui ne contestent pas la réalité de l'exercice de ces prérogatives par M. D, ne contredisent pas utilement l'appréciation portée par le service en se bornant à évoquer une absence de confusion de patrimoines. M. D doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire. Par suite, il est présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par l'EURL ACT4Lead Management qu'il contrôle.
6. En dernier lieu, l'interprétation concernant le désinvestissement des bénéfices énoncée au BOI-RPPM-RCM-10-20-20-50 n°160 du 12 septembre 2012 et la réponse ministérielle à M. B, député, publiée au Journal officiel du 7 janvier 1954 sous le n° 8460, ne donnent pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle qui est faite par le présent jugement. Les contribuables ne sont donc pas fondés à les opposer à l'administration sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales.
7. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme D ne sont pas fondés à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016 dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, ainsi que des pénalités correspondantes. Par voie de conséquence, leurs conclusions présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C, épouse D, à M. A D et au directeur régional des finances publiques de Normandie.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2023 à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
P. MINNEL'assesseure la plus ancienne,
Signé
H. JEANMOUGIN
Le greffier,
Signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2004831
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026