mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2100232 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | PATRICK FRANCOIS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2021, M. B A, représenté par la SCP Patrick François et associés, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens, ainsi qu'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le droit de reprise de l'administration, s'agissant de l'impôt sur le revenu dû au titre de l'année 2015, était prescrit à la date de la proposition de rectification du 28 novembre 2019 ;
- subsidiairement, il convient de retenir, pour la détermination du prix d'acquisition de l'immeuble dont la cession a généré une plus-value pour la SARL AR-MEN Finances Immobilières, le montant des dépenses de construction, reconstruction, agrandissement et amélioration que cette société a engagées pour cet immeuble, en application des dispositions du 4° du II de l'article 150 VB du code général des impôts ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2021, la directrice régionale des finances publiques de Normandie conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- l'ordonnance du 17 mai 2022 fixant la clôture de l'instruction au 1er juin 2022 à 12h;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Vaillant, conseiller,
- les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bonte, substituant la SCP Patrick François et associés, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est gérant et associé majoritaire de la SARL AR-MEN Finances Immobilières, qui exerce une activité de location meublée non professionnelle de studios. Cette société, soumise au régime fiscal des sociétés de personnes prévu par l'article 8 du code général des impôts, a fait l'objet d'une vérification comptabilité, du 4 mai 2017 au 13 juin 2017, portant sur la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015. Le service a, à cette occasion, remis en cause la nature de l'activité de la SARL AR-MEN Finances Immobilières et considéré qu'elle exerçait une activité de location meublée à caractère professionnel. Il a par conséquent remis en cause le régime d'imposition de la plus-value réalisée par cette société, au cours de l'année 2015, à l'occasion de la cession d'un immeuble lui appartenant. La SARL AR-MEN Finances Immobilières et son gérant ont été informés des rehaussements correspondants, conduisant à ce que soient mis à la charge de M. A des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2015, par une proposition de rectification du 25 juillet 2017. Un entretien avec le supérieur hiérarchique du vérificateur s'est tenu le 30 mars 2018, à l'issue duquel les impositions supplémentaires proposées le 25 juillet 2017 ont été dégrevées, par une décision du 6 mars 2018. L'administration a néanmoins informé M. A, le 4 juin 2018, que le dégrèvement ne traduisait pas l'abandon définitif de tout redressement et qu'elle se réservait le droit de procéder à une nouvelle mise en recouvrement des impositions. Par une proposition de rectification du 28 novembre 2019, l'administration a, cette fois, remis en cause les modalités de calcul de la plus-value réalisée par la SARL AR-MEN Finances Immobilières et par conséquent remis à la charge de M. A des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, au titre de l'année 2015. L'administration ayant rejeté sa réclamation préalable le 21 décembre 2020, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions supplémentaires.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 168 du livre des procédures fiscales : " Les omissions totales ou partielles constatées dans l'assiette de l'impôt, les insuffisances, les inexactitudes ou les erreurs d'imposition peuvent être réparées par l'administration des impôts ou par l'administration des douanes et droits indirects, selon le cas, dans les conditions et dans les délais prévus aux articles L. 169 à L. 189, sauf dispositions contraires du code général des impôts. " Aux termes du premier alinéa de l'article L. 169 de ce code : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due. " Aux termes de l'article L. 189 du même code : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification () " Pour produire un effet interruptif de prescription, en application de ces dispositions, une proposition de rectification doit indiquer la catégorie d'impôt en cause, l'année d'imposition, la nature et le montant des redressements envisagés, dans des termes suffisamment explicites pour permettre au contribuable d'engager une discussion contradictoire avec l'administration et de présenter utilement ses observations.
3. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification adressée à M. A le 27 juillet 2017 indiquait l'impôt sur lequel elle portait, l'année d'imposition, la nature et le montant des redressements envisagés, et était suffisamment motivée. Le courrier notifiant à l'intéressé cette proposition de rectification, adressé le 27 juillet 2017, a été retourné à l'administration après avoir été avisé le 28 juillet 2017 mais non réclamé. Le délai de prescription du droit de reprise s'agissant de l'impôt sur le revenu et des contributions sociales dus au titre de l'année 2015, qui expirait initialement le 31 décembre 2018, a par conséquent été valablement interrompu le 28 juillet 2017. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que la proposition de rectification du 28 novembre 2019, qui fonde les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales finalement mises à sa charge au titre de l'année 2015, lui aurait été notifiée postérieurement à l'expiration du droit de reprise de l'administration.
Sur le bien-fondé des impositions :
4. D'une part, aux termes du I de l'article 150 U du code général des impôts : " Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par () les sociétés ou groupements qui relèvent des articles 8 à 8 ter, lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis (), sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH. " Aux termes de l'article 150 VB de ce code : " I. - Le prix d'acquisition est le prix effectivement acquitté par le cédant, tel qu'il est stipulé dans l'acte () / II. - Le prix d'acquisition est, sur justificatifs, majoré : / () 4° Des dépenses de construction, de reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration, supportées par le vendeur et réalisées par une entreprise depuis l'achèvement de l'immeuble ou son acquisition si elle est postérieure, lorsqu'elles n'ont pas été déjà prises en compte pour la détermination de l'impôt sur le revenu et qu'elles ne présentent pas le caractère de dépenses locatives. () "
5. D'autre part, aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : / () 2° () les amortissements réellement effectués par l'entreprise, dans la limite de ceux qui sont généralement admis d'après les usages de chaque nature d'industrie, de commerce ou d'exploitation et compte tenu des dispositions de l'article 39 A, sous réserve des dispositions de l'article 39 B. () "
6. La SARL AR-MEN Finances Immobilières a acquis, le 20 décembre 2001, un immeuble sis 239 avenue du 14 juillet à Sotteville-lès-Rouen, au sein duquel elle a fait réaliser divers travaux, pour un montant de 839 517 euros et a installé du mobilier d'une valeur de 48 650 euros. M. A se borne à soutenir que ces dépenses devraient majorer, pour le calcul de la plus-value réalisée lors de la cession de cet immeuble, le prix d'acquisition de celui-ci. L'administration fiscale fait cependant valoir, sans être contestée, que ces dépenses ont fait l'objet d'immobilisations, qui ont été entièrement amorties par la SARL AR-MEN Finances Immobilières antérieurement à la cession de l'immeuble et qui, par conséquent, ont déjà été prises en compte pour la détermination de l'impôt sur le revenu de M. A. Au surplus, il résulte de la liasse fiscale établie par la SARL au titre de l'année 2015 que cette dernière a inscrit des montants d'immobilisations correspondant aux dépenses de travaux et de mobilier dont se prévaut le requérant, qu'elle a déclaré comme étant entièrement amorties ou reprises. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale n'a pas tenu compte des montants de ces dépenses dans le calcul de la plus-value imposable au titre de la cession par la SARL AR-MEN Finances Immobilières, en 2015, de l'immeuble dont elle était propriétaire.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015. Par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais liés à l'instance doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur régional des finances publiques de Normandie.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.
Le rapporteur,
A. LE VAILLANT
Le président,
P. MINNELe greffier,
N. BOULAY
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, de la relance et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026