mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2100304 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 1 |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2021, Mme B A et M. C D, représentés par Me Desfarges, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable a rejeté le recours formé à l'encontre de la décision du 15 juin 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime leur a notifié un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 370 euros ;
2°) de les décharger de l'obligation de payer la somme de 370 euros au titre de l'indu d'allocations de logement sociale ;
3°) de leur accorder la remise gracieuse totale de leur dette ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime la somme de 1 500 euros sur le fondement du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Ils soutiennent que :
La requête est recevable :
La décision attaquée :
- est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis de la commission de recours amiable n'a pas été sollicité ;
- est entachée d'incompétence de son auteur ;
- méconnaît les droits de la défense ;
- l'absence de décompte de la créance ne lui permet pas de contester utilement son montant ;
- il n'est pas établi que le contrôle a été effectué par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors que Mme A n'entretient aucune vie maritale avec M. D ;
- aucune fraude n'a été commise ;
- leur situation financière est précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2022, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le recours a été explicitement rejeté le 17 septembre 2020 et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision du 8 décembre 2020 admettant Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle la président du tribunal a désigné Mme E pour statuer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a informé Mme A, par courrier du 15 juin 2020, qu'elle était redevable, notamment, d'un indu de l'allocation de logement sociale (ALS) de 370 euros pour la période de janvier 2020 à mai 2020. Mme A et M. D demandent au tribunal d'une part, l'annulation de la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable a rejeté le recours formé à l'encontre de cette décision et de les décharger de l'obligation de payer, et, d'autre part, de leur accorder la remise gracieuse de la dette.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () comprennent : () 2° Les allocations de logement : () b) l'allocation de logement sociale. " Aux termes de l'article L. 825-2 du même code : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de prime de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable obligatoire devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. " Aux termes de l'article R. 825-1 de ce code : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée () " et aux termes de l'article R. 825-2 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs mentionnés à l'article R. 825-1, après l'avis de la commission de recours amiable. "
3. Il résulte de ces dispositions que la personne qui entend contester une décision relative à l'allocation de logement sociale doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable devant la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales compétente, qui donne son avis avant que le directeur de la caisse d'allocations familiales ne statue sur ce recours. La décision prise à la suite du recours préalable par le directeur de la caisse d'allocations familiales est seule susceptible d'être déférée au juge de la légalité en ce qu'elle se substitue à la décision initiale.
4. La décision explicite prise le 17 septembre 2020 par le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime après avis de la commission s'est substituée à la décision implicite de rejet du recours, sur laquelle il n'y a plus lieu de statuer. Par suite, les conclusions de la requête doivent être regardées comme dirigées contre la seule décision par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales a, explicitement, rejeté le recours administratif préalable obligatoire présenté par Mme A en contestation de l'indu d'ALS, et non contre une prétendue décision prise par la commission de recours amiable.
Sur la contestation de l'indu :
5. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision, qui remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'allocation de logement social, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défenseur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte-tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
6. Aux termes de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale : " Les directeurs des organismes chargés du service des allocations et prestations mentionnées au présent code confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale ou par arrêté du ministre chargé de l'agriculture, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations, le contrôle du respect des conditions de résidence et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles. () "
7. Il ressort de ces dispositions que l'absence d'assermentation des agents de droit privés désignés par les caisses d'allocations familiales pour conduire des contrôles sur les déclarations des bénéficiaires de prestations sociales sont de nature à affecter la validité des constatations des procès-verbaux qu'ils établissent à l'issue de ces contrôles et à faire ainsi obstacle à ce qu'elles constituent le fondement d'une décision déterminant pour l'avenir les droits de la personne contrôlée ou remettant en cause des paiements déjà effectués à son profit en ordonnant la récupération d'un indu. En outre, la valeur probante attachée par les dispositions précitées de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale aux procès-verbaux dressés par ces agents ne saurait s'étendre aux mentions qu'ils comportent quant à l'agrément et à l'assermentation de leur auteur.
8. Par suite, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, à la suite d'un contrôle de l'organisme chargé du versement de prestations sociales, a pour objet soit de mettre fin au droit de l'allocataire soit d'ordonner la récupération d'un indu de prestation et que le requérant soulève un moyen tiré du défaut d'agrément ou d'assermentation de l'agent chargé du contrôle, le juge ne saurait se fonder sur les seules mentions du procès-verbal relatives à la qualité de son signataire pour écarter cette contestation. Dans un tel cas, l'administration étant seule en mesure d'établir l'agrément et l'assermentation des agents qu'elle désigne pour effectuer les contrôles, il appartient au juge, si cette qualité ne ressort pas des éléments produits en défense, de mettre en œuvre ses pouvoirs généraux d'instruction et de prendre toutes mesures propres à lui procurer, par les voies de droit, les éléments de nature à lui permettre de former sa conviction, en particulier en exigeant de l'administration compétente la production de tout document susceptible de permettre de vérifier les allégations du demandeur.
9. Alors que M. D et Mme A soutiennent que, contrairement aux exigences de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, l'administration n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, que le contrôle dont ils ont fait l'objet a été effectué par un agent assermenté, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime s'est bornée à produire, en réponse à la mesure d'instruction diligentée par le tribunal le 7 septembre 2022, la carte professionnelle de l'agent ayant réalisé le contrôle, laquelle ne fait état d'aucune date d'assermentation et elle ne produit aucun autre élément de nature à établir la réalité et la date de cette assermentation.
10. Il résulte de l'instruction que l'indu d'ALS en litige est fondé sur les constatations de fait relevées par le contrôleur, comme la décision de rejet du recours préalable. Dès lors, les requérants sont fondés à soutenir que le défaut de preuve de l'assermentation de l'agent de contrôle fait obstacle à ce que les constatations de son rapport de contrôle constituent le fondement de la décision d'indu en litige.
11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. D et Mme A sont fondés à demander l'annulation de la décision du 17 septembre 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a rejeté le recours formé contre la décision du 15 juin 2020 leur notifiant un indu d'ALS.
12. Il en résulte que les requérants sont fondés à demander la décharge de l'obligation de payer la somme de 370 euros qui leur est réclamée par la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime au titre du trop-perçu d'ALS pour la période de janvier 2020 à mai 2020.
13. Il en résulte, en tout état de cause, que la demande tendant à la remise gracieuse de cet indu a perdu son objet et qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande que Mme A présente au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 17 septembre 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a rejeté le recours de Mme A formé contre la décision du 15 juin 2020 lui notifiant un indu d'allocation de logement social de 370 euros est annulée.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de remise gracieuse de l'indu d'ALS.
Article 3 : M. D et Mme A sont déchargés de l'obligation de payer la somme de 370 euros qui leur est réclamée par la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime au titre du trop-perçu d'ALS pour la période de janvier 2020 à mai 2020.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à M. C D, à Me Pierre-Henry Desfarges et à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
La magistrate désignée,
H. E
La greffière,
F. HAY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026