mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2101302 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | POISSON-BRASSEUR MARTINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mars 2021, M. D A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 20 janvier 2021 par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre l'arrêté du 9 mars 2020 et la fiche descriptive des infirmités portant décision d'attribution d'une pension militaire d'invalidité établie le 2 avril 2020 de la ministre des armées en tant qu'ils fixent à 10 % le taux d'invalidité définitif au titre des infirmités de cicatrices de thoracotomie.
Il soutient que :
- le taux de 10 % doit être révisé ; la fiche descriptive des infirmités ne fait pas mention de la cicatrice due à la pose du Pacemaker le 20 août 2016 ;
- ces cicatrices sont la conséquence directe des séquelles de la maladie de Hodgkin dont il est atteint, maladie qui s'est déclarée pendant son service militaire ; son état de santé lui impose d'être suivi médicalement et de ne travailler qu'à mi-temps.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2022, la ministre des armées conclut au rejet de la requête au motif que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 6 décembre 1965, a été incorporé le 7 août 1984 à l'Ecole de spécialisation du Matériel de l'armée de terre (ESMAT) et a été radié des contrôles le 13 juin 1985. Par un arrêté du 26 décembre 2017 et une fiche descriptive des infirmités portant décision d'attribution d'une pension militaire d'invalidité établie le 9 janvier 2018, la ministre des armées a évalué à 40 % le taux de l'infirmité temporaire résultant des séquelles de la maladie de Hodgkin au titre de la période du 24 février 2017 au 23 février 2020 et fixé à 10 % le taux temporaire pour cicatrices de thoracotomie au titre de la période du 24 août 2016 au 23 août 2019, portant ainsi le taux global d'invalidité à 50 %. Par un jugement du 28 décembre 2021, le tribunal a rejeté la requête de M. A tendant à contester la légalité de cet arrêté du 26 décembre 2017 et la fiche descriptive des infirmités du 9 janvier 2018 en tant qu'ils fixent à 40 % son taux d'invalidité temporaire et de déclarer que sa pension lui soit attribuée à titre définitif. Parallèlement, la ministre des armées a, par un arrêté du 9 mars 2020 et une fiche descriptive du 2 avril 2020, maintenu à 10 % le taux d'invalidité pour la période temporaire en cours puis converti à titre définitif au même taux de 10 % au titre des cicatrices de thoracotomie à compter du 24 février 2020 et confirmé le taux de 40 % de l'infirmité temporaire résultant des séquelles de la maladie de Hodgkin au titre de la période du 24 février 2017 au 23 février 2020. M. A a formé un recours administratif obligatoire contre cette décision en tant qu'elle fixe à 10 % le taux d'invalidité relatif à ses cicatrices de thoracotomie. Il demande, par la requête susvisée, l'annulation de la décision du 20 janvier 2021 par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté son recours.
2. Aux termes de l'article L. 121-8 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " La pension a un caractère définitif lorsque l'infirmité causée par la blessure ou la maladie est reconnue incurable. A défaut, la pension est concédée pour trois ans et peut être convertie en pension définitive dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. / En cas de pluralité d'infirmités dont l'une ouvre droit à pension temporaire, la pension indemnisant l'ensemble des infirmités est attribuée à titre temporaire, sans préjudice du caractère définitif qui peut être reconnu à une ou plusieurs infirmités. / Les conditions dans lesquelles la pension attribuée à titre temporaire à un pensionné âgé de plus de soixante-quinze ans peut être convertie en pension définitive, sont fixées par décret en Conseil d'Etat. ". En outre, selon l'article R. 121-4 du même code : " A l'issue du délai de trois ans, pour la ou les infirmités résultant uniquement de blessures, la situation du pensionné doit être définitivement fixée : / 1° Soit par la conversion de la pension temporaire en pension définitive à un taux supérieur, égal ou inférieur au taux primitif ; / 2° Soit, si l'invalidité a disparu ou est devenue inférieure au minimum indemnisable de 10 %, par la suppression de la pension. ". Enfin, l'article L. 121-5 du même code dispose : " Pour la ou les infirmités résultant de maladies, associée ou non à d'autres, la pension temporaire est, à l'expiration de chaque période triennale : 1° Soit renouvelée à un taux supérieur, égal ou inférieur au taux primitif ; / 2° Soit supprimée si l'invalidité a disparu ou est devenue inférieure au minimum indemnisable fixé à l'article L. 121-5. / A l'expiration d'un délai de neuf ans qui suit le point de départ défini à l'article L. 151-2, la situation du pensionné doit être définitivement fixée, soit par la conversion de la pension temporaire en pension définitive, soit par la suppression de toute pension. "
3. M. A soutient que le taux de 10 % au titre des cicatrices de thoracotomie est insuffisant dès lors que les cicatrices causées par la pose d'un Pacemaker le 15 août 2016 n'ont pas été prises en compte. Toutefois, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du 12 septembre 2019 et de celui du médecin agréé du 21 janvier 2020 que l'infirmité liée aux cicatrices de thoracotomie prend en compte une cicatrice " sous mamelonnaire gauche ", laquelle est consécutive à la pose d'un Pacemaker. En outre, M. A n'apporte aucun élément médical à l'appui de sa demande de nature à remettre en cause l'appréciation du taux d'invalidité définitif retenu au titre de cette infirmité. La commission de recours de l'invalidité ayant pu, sans méconnaître les dispositions précitées, estimer que le taux d'invalidité de l'infirmité au titre des cicatrices de thoracotomie devait être fixé définitivement à 10 %, les moyens soulevés doivent, par suite, être rejetés.
4. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 20 janvier 2021 de la commission de recours de l'invalidité.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 2 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- M. Guiral, conseiller,
- Mme Boucetta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
La rapporteure,
H. B
La présidente,
C. BOYER Le greffier,
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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