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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2101902

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2101902

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2101902
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantEDEN AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 mai 2021, M. A B, représenté par Me Dauge, demande au tribunal :

1°) d'annuler le commandement de payer émis à son encontre le 15 avril 2021 par le comptable du centre des finances publiques de Déville-lès-Rouen en vue du recouvrement de créances dues à l'égard de la commune de Canteleu résultant des titres exécutoires émis les 23 juillet 2018 et 26 août 2019 concernant respectivement des travaux d'entretien de la propriété cadastrée BC 63 A à Canteleu et des travaux de mise en sécurité de la falaise ;

2°) subsidiairement, s'agissant de la créance résultant du titre exécutoire du 26 août 2019, transmettre avant dire-droit au tribunal judiciaire de Rouen, la question de la propriété de la falaise ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Canteleu la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2024, la commune de Canteleu, représentée par Me Vérilhac de la Selarl Eden avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : / () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () ".

2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. ().".

3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable depuis le 1er janvier 2019 : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 ; b) Pour les créances non fiscales de l'Etat, des établissements publics de l'Etat, de ses groupements d'intérêt public et des autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, devant le juge de droit commun selon la nature de la créance ; c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution. ".

4. Il résulte de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.

5. M. B demande au tribunal d'annuler la mise en demeure valant commandement de payer émise à son encontre le 15 avril 2021 par le comptable public de la direction générale des finances publiques de Déville-lès-Rouen pour le recouvrement de la somme de 125 896,64 euros au profit de la commune de Canteleu, correspondant à des travaux entretien de la propriété cadastrée BC 63 A à Canteleu et des travaux de mise en sécurité de la falaise. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent qu'il n'appartient qu'à la juridiction judiciaire de connaître des conclusions dirigées contre cette mise en demeure. Par suite, les conclusions de M. B se rapportent à un litige qui ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative et doivent être rejetées, en toutes ses conclusions, en application des dispositions du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative comme portées devant un ordre de juridiction manifestement incompétent pour en connaître.

Sur les frais liés au litige :

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la commune de Canteleu au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Canteleu présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Canteleu.

Fait à Rouen, le 23 juillet 2024.

La présidente de la 4ème chambre

Signé : C. VAN MUYLDER

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

J.-B. MIALON

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