mardi 17 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2102673 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | WIBLAW |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 7 juillet 2021 et le 1er février 2022, M. B A, représenté par la SELARL Wiblaw, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure d'imposition de la SARL Meubles A, dont il était associé minoritaire, est irrégulière dès lors que la vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet s'est déroulée sur une période supérieure à trois mois ;
- le principe d'indépendance des procédures ne fait pas obstacle à ce que cette irrégularité entache également la procédure d'imposition à son égard dès lors que les impositions supplémentaires en cause n'auraient pas pu être mises à sa charge dans le cadre d'un simple contrôle sur pièces ;
- parmi les 32 311,74 euros figurant au crédit du compte courant d'associé ouvert à son nom dans les comptes de la SARL Meubles A en 2015, un total de 20 812,74 euros correspond à des sommes inscrites au crédit de ce compte au cours de l'année 2014, qui n'étaient dès lors pas imposables en tant que revenus réputés distribués, au titre de l'année 2015 ;
- l'administration n'est pas fondée à faire application du coefficient multiplicateur prévu au 2° du 7 de l'article 158 du code général des impôts dès lors que les revenus réputés distribués réintégrés dans son revenu imposable ne résultent pas d'une rectification des résultats de la société distributrice ;
- l'administration ne rapporte pas la preuve de son intention délibérée d'éluder l'impôt.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 19 novembre 2021, le 11 avril 2022 le 25 avril 2022, la directrice régionale des finances publiques de Normandie conclut :
1°) au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement accordé le 18 novembre 2021 ;
2°) au rejet du surplus de la requête.
Elle soutient :
- qu'il n'y a plus lieu à statuer à concurrence de la somme de 15 839 euros, dont le dégrèvement a été accordé par décision du 18 novembre 2021 ;
- que les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- l'ordonnance du 17 mai 2022 fixant la clôture de l'instruction au 19 septembre 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Vaillant, conseiller,
- et les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, qui exerçait jusqu'en 2014, à titre individuel, une activité de vente de meubles sur les foires et marchés, est associé minoritaire de la SARL Meubles A depuis sa constitution le 1er mars 2014. Cette société de capitaux, qui exerçait une activité identique, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er mars 2014 au 30 juin 2015. Ces opérations de contrôle ont révélé l'inscription au crédit du compte courant d'associé ouvert au nom de M. A d'une somme totale de 66 548,94 euros. Si l'entreprise vérifiée a démontré qu'un crédit de 34 237,20 euros correspondait à la rétrocession du stock de meubles de l'entreprise individuelle exploitée antérieurement par M. A, elle n'a apporté aucune justification de la somme restante de 32 311,74 euros. Cette somme a été regardée comme un revenu réputé distribué sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts et a été réintégrée dans le revenu imposable de M. A au titre de l'année 2015. Ce dernier a été informé de ce rehaussement et s'est vu notifier les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales correspondantes, assorties notamment de la majoration de 40 % pour manquements délibérés, par une proposition de rectification du 12 février 2018. Sa réclamation du 29 décembre 2020 étant restée sans réponse de l'administration, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, de ces impositions supplémentaires.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 18 novembre 2021, l'administration a accordé à M. A le dégrèvement des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de contributions sociales en litige, à hauteur de 15 839 euros, correspondant à la prise en compte des sommes inscrites en 2014 au crédit du compte courant d'associé ouvert à son nom dans les comptes de la SARL Meubles A, qui n'étaient pas imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers au titre de l'année 2015. Le litige est, dans cette mesure, devenu sans objet.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
3. Eu égard à l'indépendance des procédures relatives à l'imposition de la SARL Meubles A et à l'imposition personnelle de M. A, ce dernier ne peut utilement invoquer, au soutien de sa demande de décharge de suppléments d'impôt sur le revenu et de contributions sociales en litige, l'irrégularité de la vérification de comptabilité de la société de capitaux vérifiée, passible de l'impôt sur les sociétés. La circonstance dont se prévaut le requérant selon laquelle les impositions en litige n'auraient pas pu être mises à sa charge au terme d'un contrôle sur pièce est sans incidence à cet égard.
Sur le bien-fondé des impositions :
4. Aux termes du 7 de l'article 158 du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " Le montant des revenus et charges énumérés ci-après, retenu pour le calcul de l'impôt selon les modalités prévues à l'article 197, est multiplié par 1,25. Ces dispositions s'appliquent : / 2° Aux revenus distribués mentionnés aux c à e de l'article 111, aux bénéfices ou revenus mentionnés à l'article 123 bis et aux revenus distribués mentionnés à l'article 109 résultant d'une rectification des résultats de la société distributrice ; () " Aux termes de l'article 109 du même code : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. () "
5. L'administration a appliqué le coefficient multiplicateur prévu par le 7 de l'article 158 du code général des impôts aux revenus distribués résultant de l'inscription, notamment, de la somme 11 499 euros demeurant en litige en l'espèce, au crédit du compte courant d'associé de M. A dans la SARL Meubles A. Cette somme correspond à une charge de la SARL Meubles A que l'administration fiscale a regardée comme non justifiée, ce qui a conduit au rehaussement du résultat de l'entreprise au titre de l'exercice 2015. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que, faute de résulter de la rectification de la société distributrice, cette somme ne pouvait être soumise au coefficient multiplicateur du 7 de l'article 158 du code général des impôts.
Sur la pénalité :
6. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () "
7. L'administration, pour établir l'existence d'un manquement délibéré, a retenu les circonstances que M. A avait la qualité d'associé, qu'il disposait d'un mandat pour représenter la société dans le cadre des opérations de contrôle, au cours de laquelle il n'a pas répondu aux demandes du service, qu'il a cédé à la société le stock de meubles de son activité individuelle et que les écritures portées au crédit de son compte courant d'associé dans cette société sont répétées et représentent des montants importants. Néanmoins, d'une part, il est constant que M. A n'était pas le gérant de la SARL Meubles A et ne disposait que de 10 % de son capital social. L'administration n'apporte aucun autre élément de nature à établir que le fils de M. A, gérant et associé majoritaire, n'exercerait pas, en fait, pleinement ses pouvoirs au sein de cette société et s'en serait dessaisi au profit du requérant. D'autre part, l'administration ne pouvait se fonder, pour caractériser l'existence d'un manquement délibéré, sur des circonstances relatives aux opérations de contrôle, l'existence d'un mandat pour représenter la société dans ce cadre ne révélant au demeurant pas un mandat plus large consenti à M. A pour la gestion de cette société. Enfin, si le service se prévaut de l'importance des montants et du caractère répété des crédits inscrits sur le compte courant d'associé de M. A, elle n'apporte aucune précision, alors, par ailleurs, qu'une partie significative des sommes ont été justifiées. Par suite, l'administration ne rapportant pas la preuve, qui lui incombe, de l'existence d'un manquement délibéré, elle n'était pas fondée à faire application de la majoration de 40 % prévue par le a) de l'article 1729 du code général des impôts.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander la décharge de la somme correspondant à l'application, aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti et restant à sa charge au titre de l'année 2015, de la pénalité de 40 % prévue par le a) de l'article 1729 du code général des impôts.
Sur les frais liés au litige :
9. L'Etat étant la partie principalement perdante à la présente instance, il y a lieu de mettre à sa charge la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions à fin de décharge de la requête de M. A à concurrence de la somme de 15 839 euros.
Article 2 : M. A est déchargé du paiement de la somme correspondant à l'application, aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti et restant à sa charge au titre de l'année 2015, de la pénalité de 40 % prévue par le a) de l'article 1729 du code général des impôts.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur régional des finances publiques de Normandie.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2023.
Le rapporteur,
Signé
A. LE VAILLANT
Le président,
Signé
P. MINNELe greffier,
Signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, de la relance et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. BOULAY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026