jeudi 9 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2102880 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 1 |
| Avocat requérant | EDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2021, M. D A, représenté par la SELARL Eden Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 juillet 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime lui a notifié un indu de revenu de solidarité active et un indu de prime d'activité pour un montant total de 7 702,99 euros ;
2°) d'annuler la décision du 15 février 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a rejeté son recours dirigé contre l'indu de revenu de solidarité active et de l'indu de prime d'activité ;
3°) d'annuler la décision du 15 février 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de remise gracieuse de son indu de revenu de solidarité active ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou à titre subsidiaire sur celui de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B A soutient que :
Les décisions relatives aux indus :
- ont été prises par une autorité incompétente ;
- ont été prises sans saisine de la commission de recours amiable ;
- ne sont pas motivées ;
- n'ont pas été prises après examen de la situation de M. B A ;
- sont entachées d'erreur de fait, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation quant aux ressources à prendre en compte ;
- la décision du 28 juillet 2020 n'est pas signée ;
Le refus de remise gracieuse :
- a été pris par une autorité incompétente ;
- n'est pas suffisamment motivé ;
- il est de bonne foi ;
- la décision est entachée d'erreur de fait, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 août 2022, le département de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que M. B A n'a pas exercé le recours obligatoire contre l'indu de revenu de solidarité active et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2022, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés et que les conclusions dirigées contre la remise de dette sont irrecevables dès lors que l'indu de prime d'activité est soldé.
Vu :
- la décision du 28 mai 2021 par laquelle M. B A a été admis à l'aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport et entendu les observations de Me Vérilhac, pour M. B A, qui persiste dans ses conclusions et moyens et s'étonne du montant de l'indu au regard de la seule absence de déclaration de la somme de 400 euros au titre d'indemnités de stage.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A demande au tribunal d'annuler d'abord, la décision du 28 juillet 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active et un indu de prime d'activité pour un montant total de 7 702,99 euros, ensuite, une décision du 15 février 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime aurait rejeté son recours dirigé contre l'indu de revenu de solidarité active et l'indu de prime d'activité et, enfin, la décision du 15 février 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime l'a informé du rejet de sa demande de remise gracieuse de son indu de revenu de solidarité active.
Sur les décisions relatives aux indus :
2. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ". Aux termes de l'article R. 262-88 du même code : " Le recours administratif préalable mentionné à l'article L. 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil départemental dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée. Il motive sa réclamation () ". Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. () "
3. Il résulte de l'instruction que par courriers du 30 juillet 2020 et du 10 août 2020, M. B A a demandé la seule remise gracieuse de sa dette de 7 545,09 euros et non l'annulation de cette-ci. Il n'établit pas avoir saisi le président du département de la Seine-Maritime et la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales d'un recours en annulation des indus de revenu de solidarité active et de prime d'activité. Par suite, faute d'exercice du recours préalable, il n'est pas recevable à demander au juge l'annulation de la décision du 28 juillet 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime lui a notifié un indu de revenu de solidarité active et un indu de prime d'activité pour un montant total de 7 702,99 euros. Il n'est pas non plus recevable à demander l'annulation d'une prétendue décision qui aurait été prise le 15 février 2021 et qui aurait rejeté son recours contre les indus de revenu de solidarité active et de prime d'activité mis à sa charge.
Sur le refus de remise gracieuse de l'indu de revenu de solidarité active :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ". Aux termes de l'article L. 262-13 du même code : " Le revenu de solidarité active est attribué par le président du conseil départemental du département dans lequel le demandeur réside ou a, dans les conditions prévues au chapitre IV du titre VI du présent livre, élu domicile. / Le conseil départemental peut déléguer l'exercice de tout ou partie des compétences du président du conseil départemental en matière de décisions individuelles relatives à l'allocation aux organismes chargés du service du revenu de solidarité active mentionnés à l'article L. 262-16. " Aux termes de l'article R. 262-89 du même code : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. () "
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
6. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence du directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime et de l'insuffisante motivation de la décision sont écartés comme inopérants comme ceux tirés de l'erreur de fait et de l'erreur de droit.
7. En second lieu, il n'est pas sérieusement contesté que l'indu de revenu de solidarité active restant en litige n'est pas lié à l'erreur commise par M. B A qui a inversé ses propres ressources et celles perçues par son épouse, mais à la prise en compte de revenus non déclarés et à la remise en cause du dispositif de neutralisation des ressources dont avaient bénéficié le foyer en application de l'article R. 262-13 du code de l'action sociale et des familles. Si le quotient familial du foyer, composé de deux adultes et de trois enfants mineurs, était de 583 euros le jour de l'examen de la demande de remise de dette, il n'est pas contesté qu'il était de 663 euros en juillet 2022 et que les époux n'ont plus de droit à valorisation du revenu de solidarité active depuis juin 2019 en raison de ressources trop élevées. En se bornant à produire la décision du bureau d'aide juridictionnelle leur accordant le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale au regard de ressources déclarées de 1 342 euros, sans produire aucune pièce relative à leurs ressources et à leurs charges, les requérants n'établissent pas être dans une situation de précarité telle qu'ils ne pourraient pas, au jour du jugement, faire face au paiement de leur dette. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit donc être écarté. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition relative à la bonne foi, les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 15 février 2021 de rejet de la demande de remise gracieuse de l'indu de revenu de solidarité active doivent être rejetées.
8. Il résulte de ce qui précède, d'une part, que M. B A n'est recevable à demander l'annulation ni de la décision du 28 juillet 2020 relative aux indus de revenu de solidarité active et de prime d'activité ni d'une prétendue décision du 15 février 2021 de rejet d'un recours contre les indus de revenu de solidarité active et de prime d'activité, et, d'autre part, qu'il n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 15 février 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de remise gracieuse de son indu de revenu de solidarité active. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à la SELARL Eden Avocats, à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime, au département de la Seine-Maritime et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2023.
La magistrate désignée,
Signé
H. C
Le greffier,
Signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui les concernent et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
O. PANNIER CRÉANT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026