jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2103748 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | NOEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2021, M. A D, représenté par Me Noel, demande au tribunal :
1°) d'ordonner la remise immédiate de son permis de conduire ;
2°) d'annuler les amendes forfaitaires relatives aux infractions routières commises par le conducteur du véhicule immatriculé DN-140-NF à compter du 12 avril 2019 ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices subis du fait du retrait de son permis le 22 novembre 2019 ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- lors de la commission de l'infraction le 22 mai 2019 à 2 heures 23 à Rouen, il n'était plus en possession de son véhicule et le retrait de points doit donc être annulé ;
- il en va de même en ce qui concerne l'infraction commise le 23 juin 2019 à 21 heures 47 à Rouen ;
- à la suite du retrait de son permis, il a été licencié ; il a subi un préjudice professionnel qu'il convient d'évaluer à 20 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au non lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- Les conclusions indemnitaires sont irrecevables ;
- Subsidiairement, l'administration n'a commis aucune faute et n'est pas à l'origine du préjudice allégué ; en outre, le préjudice n'est pas justifié ;
- Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 décembre 2021.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaillard,
- les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique,
- et les observations de Me Amand, pour M. D.
Considérant ce qui suit :
1.M. A D était propriétaire du véhicule immatriculé DN-140-NF qu'il a cédé le 12 avril 2019. Par une première décision 48 SI en date du 22 novembre 2019, le ministre de l'intérieur a informé M D qu'il avait commis le 22 mai 2019 à Rouen une infraction entraînant la perte de quatre points sur son permis de conduire et que, compte tenu des retraits de points déjà effectués, son permis de conduire avait perdu sa validité et devait être restitué à l'administration. Par courrier reçu le 6 décembre 2019, M. D a indiqué au ministre de l'intérieur qu'il n'était pas l'auteur de l'infraction du 22 mai 2019 commise avec le véhicule qu'il avait cédé et qu'il n'était pas davantage l'auteur de l'infraction commise le 23 juin 2019 à Rouen avec le même véhicule. Le ministre de l'intérieur a tenu partiellement compte du courrier de M D puisqu'une seconde décision 48 SI a été prise le 30 avril 2020 qui ne fait plus mention de l'infraction du 22 mai 2019 mais retient, en revanche, celle du 23 juin 2019, entraînant un retrait de quatre points, pour prononcer de nouveau l'invalidation du permis de conduire. A la suite de l'invalidation de son permis de conduire par la décision 48 SI du 22 novembre 2019, M. D, chauffeur livreur, a été licencié par décision du 4 décembre 2019.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'annulation :
2. Les conclusions de M. D aux fins qu'il soit enjoint à l'administration de lui remettre son permis de conduire et aux fins que soient annulées les amendes relatives aux infractions routières commises par le propriétaire du véhicule immatriculé DN-140-NF à compter du 12 avril 2019, date de la cession de ce véhicule par M. D doivent être regardées comme tendant à l'annulation des décisions 48 SI du 22 novembre 2019 et du 30 avril 2020 et des décisions de retrait de quatre points du permis de conduire de M. D prises à la suite des infractions commises à Rouen le 22 mai 2019 et le 23 juin 2019.
3. Le relevé d'information intégral du permis de conduire de M. D en date du 9 décembre 2021 produit à l'appui des écritures en défense, s'il indique que le solde de points du permis de conduire de l'intéressé est de zéro en raison notamment d'infractions commises au cours de l'année 2021, ne fait plus apparaître les décisions 48 SI du 22 novembre 2019 et du 30 avril 2020 et ne mentionne plus non plus de retrait de points consécutif aux infractions commises les 22 mai et 23 juin 2019 à Rouen. Dès lors, le ministre doit être regardé comme ayant retiré les décisions 48 SI et les décisions de retrait de points en litige et les conclusions de M. D aux fins d'annulation de celles-ci sont donc devenues sans objet.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. Aux termes de l'article R 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ". La condition tenant à l'existence d'une décision de l'administration doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle, régularisant ce faisant la requête.
5. En l'absence, au jour du présent jugement, de toute décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer rejetant la demande indemnitaire de M. D, les conclusions de ce dernier aux fins que l'Etat soit condamné à lui verser la somme de 20 000 euros doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
6. Il résulte des dispositions de l'article 75 de la loi du 10 juillet 1991, codifiées à l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et des articles 37 et 43 de la même loi, que le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle ne peut demander au juge de mettre à la charge, à son profit, de la partie perdante que le paiement des seuls frais qu'il a personnellement exposés, à l'exclusion de la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle confiée à son avocat. Mais l'avocat de ce bénéficiaire peut demander au juge de mettre à la charge de la partie perdante la somme correspondant à celle qu'il aurait réclamée à son client, si ce dernier n'avait eu l'aide juridictionnelle, à charge pour l'avocat qui poursuit le recouvrement à son profit de la somme qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
7. D'une part, M. D, pour le compte de qui les conclusions de la requête relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être réputées présentées, n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée. D'autre part, l'avocat de M. D n'a pas demandé que lui soit versée par l'Etat la somme correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait bénéficié d'une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. D.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Me Etienne Noel et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
MM C et B, premiers conseillers,
Assistés de M Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La présidente-rapporteur,
signé
A. GAILLARD
L'assesseur le plus ancien,
signé
C. C Le greffier,
signé
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
signé
S. Combes
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026