jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2103802 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | ALAIN BENSOUSSAN SELAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2021 et deux mémoires complémentaires enregistrés respectivement les 28 février et 27 septembre 2023, la société Viamedis, représentée par la SELAS Alain Bensoussan, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de rejeter les titres de recettes n°s 341631, 139509, 159842, 304936, 326202, 326211, 326213, 326216, 326220, 326232, 331131, 130105, 137322, 163306, visés dans la saisie administrative à tiers détenteur n°35064804432 d'un montant total de 13 924,27 euros, ainsi que les titres de recettes n°s 174368, 192251, 198496, 287819, 287911, 309744, 309745, 314926, 366222, 373782, 373911, 420548, 426081, 438058, 443939, 485113, 495151, 538264, 540789, 540864, 560280 visés dans la saisie administrative à tiers détenteur n°35064804532 d'un montant total de 12 869,58 euros ;
2°) d'annuler les titres de recettes n°s 279821, 314430, 188282, 221243, 235036, 261237, 270236, 282047, 292120, 304946, 312572, 315891, 318280, 318281, 323592, 323593, 326238, 328844, 332111, 335487, 335522, 335608, 335610, 335617, 335618, 341631, 341833, 342443, 120602, 126128, 126233, 126249, 126293, 133439, 133456, 133502, 137338, 143409, 145666, 148491, 148521, 153082, 155804, 155822, 157363, 159935 visés dans la saisie administrative à tiers détenteur n°35064804432 d'un montant total de 13 924,27 euros, ainsi que les titres de recettes n°s 174141, 179474, 244110, 263329, 263338, 272027, 274844, 277009, 293434, 295901, 334859, 344151, 346950, 368102, 368108, 373683, 383475, 385619, 388312, 393588, 421759, 452737, 473489, 482943, 485129, 492133, 492134, 495169, 498185, 502861, 513248, 519010, 519021, 520117, 536784, 549386, 552392, 559377, 562878 visés dans la saisie administrative à tiers détenteur n°35064804532 d'un montant total de 12 869,58 euros ;
3°) de la décharger du paiement des sommes afférentes ;
4°) d'ordonner la mainlevée totale des saisies administratives à tiers détenteur n°35064804432 d'un montant total de 13 924,27 euros et n°35064804532 d'un montant total de 12 869,58 euros ;
5°) de mettre solidairement à la charge de la Trésorerie du centre hospitalier du Havre et du Groupe hospitalier du Havre la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, avec intérêt au taux légal à compter de l'introduction de la requête .
La société Viamedis soutient que :
- le tribunal administratif est compétent pour connaître de ce litige ;
- la requête est recevable au fond ;
- les créances visées par les titres n°s 341631, 139509, 174368, 192251, 198496 sont prescrites ;
- la créance objet des différents titres et des commandements de payer n'est pas justifiée : certains titres ont été mis en paiement et soldés, d'autres supportent des montants non conformes ou portent sur des risques non-couverts ou non pris en charge, certains bénéficiaires des actes sont inconnus ou radiés, certains bénéficiaires ne disposaient pas de carte vitale à la date des soins, la facturation de certains actes est non conforme aux codes actes, la convention de tiers payant entre Viamedis et les mutuelles en cause avait pris fin lors de l'émission de certains titres.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2021, la Direction régionale des Finances Publiques de Normandie conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la demande de mainlevée des saisies administratives à tiers détenteur est irrecevable, faute de réclamation préalable ;
- le comptable public est incompétent pour répondre sur la contestation des titres ;
- certains titres de recettes ont été soldés et d'autres annulés par le Groupe hospitalier du Havre.
La requête a été communiquée au Groupe hospitalier du Havre qui n'a pas produit d'observations en défense malgré un rappel de conclusions qui lui a été adressé le 14 mars 2023 et une mise en demeure qui lui a été adressée le 12 mai 2023.
Par un courrier du 22 décembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office, tirés :
- de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de conclusions tendant au prononcé de la mainlevée d'une opposition à tiers détenteur ;
- de l'irrecevabilité des conclusions tendant au rejet des titres de recettes n°s 130105, 159842, 287819, 287911, 309744, 309745, 314926, 366222, 373782, 373911, 420548, 426081, 438058, 443939, 485113, 495151, 538264, 540789, 540864 et 560280, ceux-ci ayant été acquittés avant l'enregistrement de la requête ;
- du non-lieu à statuer sur les conclusions tendant au rejet des titres de recettes n°s 304936, 326202, 326211, 326213, 326216, 326220, 326232, 331131, 137322, 163306, ceux-ci ayant été acquittés en cours d'instance.
Des observations en réponse aux moyens relevés d'office ont été enregistrées le 3 janvier 2024 pour la société Viamedis et communiquées le 8 janvier suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bouvet, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société anonyme Viamedis assure, pour le compte d'organismes d'assurance maladie complémentaire, la gestion et le paiement aux professionnels de santé du tiers payant dû par les adhérents à ces organismes. Le 6 août 2021, deux saisies administratives à tiers détenteur lui ont été notifiées, d'un montant respectif de 13 924,27 euros et 12 869,58 euros. Par la présente instance, la société Viamedis demande l'annulation et le rejet des titres de recettes qu'ils visent.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. La personne bénéficiant de soins dispensés par un établissement public de santé est un usager d'un service public administratif et le rapport né de cette situation est un rapport de droit public. Par suite, les litiges susceptibles de s'élever entre l'établissement et le patient au sujet du paiement des frais qui en résultent relèvent de la juridiction administrative. Il en est de même, sauf si la loi en dispose autrement, des litiges relatifs au paiement de ces frais opposant l'établissement public de santé aux personnes et organismes tenus à ce paiement pour le compte de la personne hospitalisée.
3. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 6145-11 du code de la santé publique : " Les établissements publics de santé peuvent toujours exercer leurs recours, s'il y a lieu, contre les hospitalisés, contre leurs débiteurs et contre les personnes désignées par les articles 205, 206, 207 et 212 du code civil ". Si le second alinéa du même article dispose que " ces recours relèvent de la compétence du juge aux affaires familiales ", ces dispositions ont eu pour seul effet de transférer à la juridiction judiciaire compétence pour connaître des litiges relatifs au paiement des frais exposés opposant les établissements publics de santé aux personnes désignées par les articles 205, 206, 207 et 212 du code civil. Elles n'ont eu ni pour objet ni pour effet d'édicter de nouvelles règles de compétence relatives aux autres litiges pouvant naître des soins dispensés par les établissements publics de santé.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole () ". Aux termes de l'article L. 142-8 du même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 () ". Aux termes de l'article L. 160-10 de ce code : " La part garantie par les organismes servant les prestations () est versée au professionnel de santé dans le cadre du mécanisme du tiers payant ou elle est remboursée directement à l'assuré. ". Ces dispositions ne sont pas applicables au présent litige, qui ne concerne pas le remboursement par un organisme de sécurité sociale des soins dispensés aux assurés sociaux.
5. Ainsi qu'il a été dit au point n°1, la société Viamedis assure pour le compte d'organismes d'assurance maladie complémentaire le bénéfice du tiers payant pour une part de dépenses non couvertes par la sécurité sociale. La demande présentée par la requérante, qui tend à contester le bien-fondé d'une partie des créances hospitalières dont le paiement lui est réclamé, relève, par conséquent, de la compétence de la juridiction administrative
Sur l'acquiescement aux faits :
6. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant. ".
7. Lorsque le défendeur n'a produit aucun mémoire, le juge administratif qui n'est pas tenu de procéder à une telle mise en demeure avant de statuer, doit, s'il décide d'y procéder, en tirer toutes les conséquences de droit et il lui appartient seulement, lorsque les dispositions précitées sont applicables, de vérifier que l'inexactitude des faits exposés dans les mémoires du requérant ne ressort d'aucune pièce du dossier. L'acquiescement aux faits ne porte que sur les faits et non sur leur qualification juridique.
8. La requête de la société Viamedis a été communiquée le 12 octobre 2021 au Groupe hospitalier du Havre. Celui-ci a été mis en demeure le 12 mai 2023 de produire ses observations. Cette mise en demeure est toutefois restée sans effet. Dans ces conditions, le Groupe hospitalier du Havre doit, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, être réputé avoir admis l'exactitude matérielle des faits allégués par la société requérante. Cette circonstance ne saurait dispenser le juge, d'une part, de vérifier que les faits allégués par le demandeur ne sont pas contredits par les autres pièces versées au dossier et, d'autre part, de se prononcer sur les moyens de droit que soulève l'affaire.
Sur les conclusions aux fins de mainlevée des avis de saisie à tiers détenteur :
9. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics compétents mentionnés à l'article L. 252 doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. Les contestations ne peuvent porter que : 1° Soit sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° Soit sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de l'impôt. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés, dans le premier cas, devant le juge de l'exécution, dans le second cas, devant le juge de l'impôt tel qu'il est prévu à l'article L. 199. ". Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. () ". Il ressort de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances des établissements publics de santé est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
10. En application des dispositions précitées, il n'appartient qu'à l'autorité judiciaire, juge de l'exécution, de se prononcer sur une demande tendant à la mainlevée d'un avis à tiers détenteur. Par suite, à les supposer formées, les conclusions aux fins de mainlevée des avis à tiers détenteurs litigieux doivent en tout état de cause être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et de rejet :
11. Il appartient, en principe, à l'émetteur d'un titre exécutoire d'apporter les justifications de nature à établir le bien-fondé de ce titre. Ainsi, c'est en principe au Groupe hospitalier du Havre d'apporter des éléments permettant de démontrer que la société Viamedis était effectivement redevable des créances dont le paiement lui a été réclamé par les titres de recettes contestés, réserve faite des éléments de preuve que cette société est seule en mesure de détenir et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle.
12. La société Viamedis fait valoir qu'après réception des avis de saisie à tiers détenteur, elle s'est acquittée, entre le 27 août 2021 et le 6 septembre 2021, soit avant l'enregistrement de la requête, le 7 octobre 2021, des sommes à sa charge correspondant aux titres de recettes n°s 159842, 287819, 287911, 309744, 309745, 314926, 366222, 373782, 373911, 420548, 426081, 438058, 443939, 485113, 495151, 538264, 540789, 540864 et 560280. En outre, la société Viamedis fait valoir, sans être contestée, qu'elle s'était acquittée, le 3 août 2017, de la somme correspondant au titre de recettes n°130105. Enfin, la société requérante soutient s'est acquittée, le 6 septembre 2023, soit postérieurement à l'introduction de sa requête, des sommes à sa charge correspondant aux titres de recettes n°s 304936, 326202, 326211, 326213, 326216, 326220, 326232, 331131, 137322, 163306. Toutefois, la seule circonstance que ces titres aient été réglés ne permet pas, par elle-même, de démontrer le mal-fondé de la créance. Il s'ensuit que les conclusions tendant à l'annulation de ces titres et à la décharge des sommes à payer, doivent être rejetées.
13. La société Viamedis se prévaut par ailleurs de ce que l'action en recouvrement forcé des créances résultant des titres n°s 341631, 139509, 174368, 192251 et 198496 était prescrite à la date à laquelle les avis de saisies ont été émis. Cette contestation, relative à l'exigibilité des sommes dont le recouvrement était poursuivi par les saisies administratives à tiers détenteur, relève de la seule compétence de la juridiction judiciaire. Les conclusions en " rejet " s'y rapportant doivent, dans cette mesure, être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
14. La société Viamedis fait valoir que les titres de recettes contestés, restant en litige, soit les titres de recettes n°s 279821, 314430, 188282, 221243, 235036, 261237, 270236, 282047, 292120, 304946, 312572, 315891, 318280, 318281, 323592, 323593, 326238, 328844, 332111, 335487, 335522, 335608, 335610, 335617, 335618, 341631, 341833, 342443, 120602, 126128, 126233, 126249, 126293, 133439, 133456, 133502, 137338, 143409, 145666, 148491, 148521, 153082, 155804, 155822, 157363, 159935 visés dans la saisie administrative à tiers détenteur n°35064804432 d'un montant total de 13 924,27 euros, ainsi que les titres de recettes n°s 174141, 179474, 244110, 263329, 263338, 272027, 274844, 277009, 293434, 295901, 334859, 344151, 346950, 368102, 368108, 373683, 383475, 385619, 388312, 393588, 421759, 452737, 473489, 482943, 485129, 492133, 492134, 495169, 498185, 502861, 513248, 519010, 519021, 520117, 536784, 549386, 552392, 559377, 562878 visés dans la saisie administrative à tiers détenteur n°35064804532 d'un montant total de 12 869,58 euros, soit ne lui ont jamais été notifiés, soit sont dépourvus de fondement en raison d'un montant non valide, non conforme à l'accord de prise en charge ou non conforme aux droits ouverts, ou se rapportent à une prise en charge ne relevant pas de la société requérante, à un risque ou à une garantie non-couvert ou non pris en charge, à un bénéficiaire inconnu ou radié, à une situation d'absence de carte Viamedis pour la période considérée, de la fin de convention avec la mutuelle ou enfin d'une facturation non conforme aux codes actes.
15. Au soutien de son moyen, la société Viamedis produit plusieurs tableaux identifiant de façon précise et détaillée les titres de recettes en cause et indiquant, pour chacun d'eux, le motif précis de sa contestation. Le Groupe hospitalier du Havre, à qui il revient pourtant de justifier des créances hospitalières dont il se prévaut, n'a pas produit d'observations dans la présente instance malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 12 mai 2023, ainsi qu'il a été dit au point n°8. Par conséquent, il doit être regardé comme ayant acquiescé aux faits exposés dans les écritures de la société requérante et non contredits par les pièces versées aux débats. Dans ces conditions, eu égard à la teneur des contestations émises par la société Viamedis et faute pour le Groupe hospitalier du Havre d'apporter une quelconque justification du bien-fondé des créances, il doit être fait droit à la demande de la société Viamedis tendant à l'annulation des titres litigieux, cités au point n°14, et à la décharge du paiement des sommes correspondantes.
Sur les frais liés au litige :
16. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la Trésorerie du centre hospitalier du Havre et du Groupe hospitalier du Havre, la somme de 1 500 euros, demandée par la société Viamédis au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions aux fins de mainlevée des oppositions à tiers détenteur formées par la société Viamédis sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Les conclusions relatives aux titres visés au point 13 du présent jugement sont également rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 3 : Les titres de recettes visés au point n°14 du présent jugement sont annulés et la société Viamédis, déchargée de l'obligation de payer les sommes correspondantes.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Viamédis, à la Direction régionale des finances publiques de Normandie et au Groupe hospitalier du Havre.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
M. Bouvet, premier conseiller,
M. Mulot, premier conseiller,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.
Le rapporteur,
C. BOUVET
La présidente,
A. GAILLARD
Le greffier,
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2103802
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026