lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2103861 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 1 |
| Avocat requérant | DETTORI JULIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2021, et deux mémoires, enregistrés le 17 novembre 2021 et le 2 novembre 2022, Mme B A, représentée par Me Dettori, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 septembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime l'a informée de la remise gracieuse partielle de sa dette de revenu de solidarité active d'un montant de 1 100,55 euros, à hauteur de la seule somme de 220,11 euros ;
2°) de lui accorder une remise totale de sa dette ou, à titre subsidiaire, de lui accorder un échéancier de remboursement à hauteur de 30 euros par mois jusqu'à complet remboursement de sa dette ;
3°) laisser les dépens à la charge des parties.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son auteur ;
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle est de bonne foi ;
- elle se trouve dans une situation financière précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2022, le département de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la décision attaquée est motivée ;
- l'auteur de la décision attaquée est compétent ;
- la bonne foi et la précarité de la situation du requérant, au sens de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, ne peuvent être caractérisées.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- la décision du 12 janvier 2022 admettant Mme A à l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée a présenté son rapport et entendu les observations de Me Vasseur, substituant Me Dettori, pour Mme A, qui reprend les conclusions et moyens de sa requête et soutient en outre que Mme A perçoit actuellement 191 euros de retraite, 132 euros d'APL et 104 euros de revenu de solidarité active, que ses charges de loyers sont de 401 euros et que sa bonne foi doit être reconnue.
A l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, bénéficiaire du revenu de solidarité active depuis novembre 2018, demande au tribunal, à titre principal, d'annuler la décision du 17 septembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime l'a informée de la remise gracieuse partielle de sa dette de revenu de solidarité active d'un montant initial de 1 100,55 euros à hauteur de la seule somme de 220,11 euros et de lui accorder une remise totale de sa dette ou, à titre subsidiaire, de lui accorder un échéancier de remboursement à hauteur de 30 euros par mois.
2. En premier lieu, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
3. Il en résulte que les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de la décision contestée et du défaut de motivation sont inopérants dans le cadre d'un litige dirigé contre une décision de remise gracieuse et tendant à l'obtention de cette dernière.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () "
5. Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
6. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soient accordées une remise ou une réduction supplémentaire. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé, ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
7. Il résulte de l'instruction que Mme A, qui ne conteste pas l'indu mis à sa charge, a bénéficié le 17 septembre 2021 d'une remise de dette de 220,11 euros et que le paiement de la somme restant due, de 880,44 euros a été laissé à sa charge. Si la requérante soutient être dans une situation financière précaire, il résulte de l'instruction qu'elle perçoit une pension de retraite de l'assurance retraite des commerçants d'environ 200 euros mensuels, en plus de celle admise d'environ 200 euros également. Elle admet en outre percevoir le revenu de solidarité active et une allocation de logement, ce qui porte ses ressources mensuelles à plus de 600 euros. Dès lors, Mme A, qui établit des charges inférieures à 450 euros, n'établit pas être dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourrait pas, au jour du jugement, faire face au paiement de sa dette. Sans qu'il soit besoin d'examiner la condition relative à la bonne foi, la demande de Mme A tendant à la remise de sa dette doit être rejetée.
8. Il n'appartient en tout état de cause pas au tribunal de prévoir un échéancier de paiement, lequel devra être demandé à la caisse d'allocations familiales.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 17 septembre 2021 de rejet partiel de sa demande de remise gracieuse de sa dette de revenu de solidarité active ni la remise totale ou partielle de cette dette. Par voie de conséquence et en tout état de cause, ses conclusions présentées au titre des dépens et de l'échéancier de paiement doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Julien Dettori et au département de la Seine-Maritime.
Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2022.
La magistrate désignée,
Signé
H. CLe greffier,
Signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2103861
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026