jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2104071 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 4 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 octobre 2021, M. B C doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 septembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Seine-Maritime a refusé de lui accorder une remise de sa dette de prime d'activité d'un montant de 758,11 euros.
2°) de lui accorder une remise totale de sa dette.
Il soutient que :
- il conteste avoir effectué une déclaration tardive de sa situation ;
- eu égard à la modicité de ses ressources l'aide lui est due ;
- la CAF a pratiqué des retenus sur sa prime d'activité alors qu'il avait exercé un recours devant la commission, sans attendre la décision de cette dernière.
Par un mémoire enregistré le 8 novembre 2022, la caisse d'allocation familiales de Seine-Maritime conclut au rejet de sa requête laquelle n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
' le code de la sécurité sociale ;
' le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Boyer, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 17 septembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a refusé de lui accorder une remise de sa dette de prime d'activité d'un montant de 758,11 euros et de prononcer à son égard la remise gracieuse sollicitée.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service " et aux termes du septième alinéa de cet article : " La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Le requérant qui ne conteste pas le bien-fondé de l'indu, fait valoir qu'il n'a pas tardé à déclarer sa situation et que compte tenu de son salaire de 1600 euros mensuel l'aide lui est due. Toutefois, la caisse d'allocations familiales (CAF) n'a pas remis en cause sa bonne foi. Si M. C produit une quittance de loyer de 890 euros, il ne démontre pas être en situation de précarité et ne conteste au demeurant pas le quotient familial de 814,93 euros retenu par la CAF. En outre, il ne résulte d'aucune disposition législative ou règlementaire que la demande de remise gracieuse adressée à la CAF ferait obstacle à la récupération d'un indu de prime d'activité en application des dispositions rappelées au point 2. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que la situation de M. C serait telle qu'il y aurait lieu de lui accorder la remise de dettes qu'il demande.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la caisse d'allocation familiale de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La magistrate désignée,
C. A
Le greffier,
J-L. Michel
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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