jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2104319 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 1 |
| Avocat requérant | LANGUIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 novembre 2021, deux mémoires, enregistrés le 4 septembre 2022 et le 19 décembre 2022, et des mémoires en production de pièces, enregistrés le 5 avril 2022, le 10 septembre 2022, le 4 octobre 2022, le 8 octobre 2022, le 30 novembre 2022, le 3 décembre 2022 et le 13 janvier 2023, Mme C A, représentée par Me Languil, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 25 juin 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales l'a informée d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) socle INK 005 d'un montant initial de 1 785 euros au titre de la période du 1er octobre 2019 au 31 décembre 2020 ;
2°) d'annuler la décision du 19 octobre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de remise de dette ;
3°) de lui accorder la remise totale ou partielle de sa dette ;
4°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge du département de la Seine-Maritime en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative et les dépens.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision du 25 juin 2021 notifiant un indu de RSA :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- les bénéfices de la SCI dont elle est porteuse de parts ne lui ayant pas été distribués, ils ne peuvent pas être regardés comme des ressources.
S'agissant de la décision du 19 octobre 2021 rejetant la demande de remise de dette :
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle est de bonne foi ;
- elle se trouve dans une situation financière précaire.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 août 2022 et le 4 janvier 2023, le département de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requérante n'a pas contesté pas le bien-fondé de l'indu ;
- la bonne foi et la précarité de la situation de la requérante, au sens de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, ne peuvent être caractérisées.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- la décision du 19 octobre 2022 admettant Mme A à l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport et entendu les observations de Me Languil, pour Mme A, qui soutient qu'elle n'a pas été informée de l'obligation de former un recours préalable contre l'indu et que les loyers non perçus ne peuvent pas être pris en compte comme des ressources.
A l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, bénéficiaire du revenu de solidarité active depuis avril 2013, demande au tribunal, d'une part, d'annuler la décision du 25 juin 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime l'a informée d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) socle INK 005 d'un montant initial de 1 785 euros au titre de la période du 1er octobre 2019 au 31 décembre 2020 et, d'autre part, d'annuler la décision du 19 octobre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de remise de dette. Elle demande également la remise gracieuse totale ou partielle de sa dette.
Sur l'indu :
2. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () "
3. Les courriels des 9 et 21 juillet 2021 de Mme A doivent être regardés, compte tenu de leur contenu, à la fois comme des demandes d'annulation de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge et comme des demandes tendant à la remise gracieuse de cette dette. La fin de non-recevoir tirée de ce que la requérante n'aurait pas exercé le recours administratif obligatoire auquel elle était tenue doit par suite être écartée.
4. En premier lieu, la décision du 25 juin 2021 mettant à la charge de Mme A un indu de revenu de solidarité active de 1 785 euros ne comporte aucune des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée et notamment ni le motif ni la période sur laquelle porte la récupération. Elle est donc insuffisamment motivée et doit être annulée.
5. En second lieu, si Mme A soutient que malgré la détention de parts dans la société civile immobilière (SCI) " Les Magnolias " jusqu'en octobre 2020, elle n'a perçu aucun revenu de cette société, non soumise à l'impôt sur les sociétés, à hauteur de ses parts dans la société percevant elle-même des loyers, elle ne l'établit pas par la seule production d'une attestation manuscrite de la gérante de la SCI, qui est sa sœur, et alors qu'elle ne conteste pas être titulaire d'un second compte bancaire pour lequel elle ne produit aucun relevé. La requérante n'apporte donc pas la preuve, qu'elle est seule en mesure de produire, qu'elle n'a pas perçu de ressources de la SCI dont elle était porteuse de parts.
6. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 25 juin 2021 mettant à sa charge un indu de revenu de solidarité active de 1 785 euros.
7. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision. Partant, elle n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse.
Sur la remise gracieuse :
8. Compte tenu de l'annulation de la décision du 25 juin 2021 mettant à la charge de Mme A un indu de revenu de solidarité active, il n'y a pas lieu, au jour du jugement, de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 19 octobre 2021 refusant de lui accorder la remise gracieuse de cet indu et de lui accorder la remise gracieuse de cet indu, les demandes de la requérante ayant perdu leur objet.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme A est seulement fondée à demander l'annulation de la décision du 25 juin 2021 mettant à sa charge un indu de RSA socle INK 005.
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département de la Seine-Maritime une somme au titre des frais d'instance. Aucun dépens n'ayant été engagé dans la présente instance, la demande présentée au titre des dépens ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision du 19 octobre 2021 de refus d'une remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active.
Article 2 : La décision du 25 juin 2021 mettant à la charge de Mme A un indu de revenu de solidarité active socle INK 005 d'un montant initial de 1 785 euros au titre de la période du 1er octobre 2019 au 31 décembre 2020 est annulée.
Article 3 : Le surplus de la requête de Mme A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à Me Anaëlle Languil et au département de la Seine-Maritime.
Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La magistrate désignée,
signé
H. BLe greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2104319
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026