LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2200781

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2200781

vendredi 21 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2200781
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4 ème Chambre
Avocat requérantCHERRIER BODINEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 18 février 2022, le 24 août 2022 et le 27 septembre 2022, Mme A E, agissant en son nom, et M. B et Mme A E, agissant en leur qualité de représentants légaux de D E et C E, représentés par Me Cherrier, demandent au tribunal :

1°) de condamner le département de la Seine-Maritime à leur verser la somme de 12 000 euros en réparation du préjudice moral subi par Mme A E, la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice moral subi par D E et la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice moral subi par C E, du fait de l'accident de service subi par M. B E;

2°) de mettre à la charge du département de la Seine-Maritime, outre les entiers dépens, une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la responsabilité sans faute de la collectivité est engagée du fait de l'accident de service subi par M. E ;

- D E, particulièrement affecté psychologiquement par l'accident de son père, a subi un préjudice moral qui doit être évalué à la somme de 10 000 euros ;

- C E, qui souffre de troubles multi-dys, a été confronté à l'indisponibilité de ses parents à la suite de l'accident de son père et suit désormais une psychothérapie, son préjudice moral doit être indemnisé à hauteur de 10 000 euros ;

- Mme A E a été contrainte de prendre en charge son mari et ses enfants à la suite de l'accident, lui imposant une réorganisation personnelle et professionnelle et a souffert psychologiquement de l'état de son mari ; son préjudice moral doit être évalué à 12 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 août 2022, le département de la Seine-Maritime, représenté par Me Gillet, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce que le montant de l'indemnisation soit limité à la somme totale de 1 100 euros et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- les conclusions indemnitaires sont irrecevables, dès lors qu'elles n'ont pas été précédées d'une réclamation préalable ;

- le préjudice invoqué n'est justifié ni dans son principe, ni dans son quantum ;

- subsidiairement, il en sera fait une juste appréciation en allouant les sommes de 500 euros au titre du préjudice moral subi par l'épouse de M. E et de 300 euros pour celui subi par chacun des enfants.

Par un mémoire, enregistré le 30 mars 2023, M. D E qui reprend l'instance en son nom à fin de régularisation, représenté par Me Cherrier, conclut à la condamnation du département de la Seine-Maritime à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice moral subi, du fait de l'accident de service subi par son père, M. B E, et à ce que soit mise à sa charge, outre les entiers dépens, la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il reprend les moyens soulevés dans la requête, en ce qui le concerne.

À fin de régularisation, C E, devenu majeur en cours d'instance, a déclaré reprendre l'instance en son nom en ce qui le concerne.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boucetta,

- les conclusions de Mme F,

- et les observations de Me Maleysson, représentant les consorts E.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, adjoint technique principal, a été victime d'un accident le 19 février 2018 sur son lieu de travail, à la suite duquel il a été amputé de trois doigts de sa main ouvrière. Par un arrêté du 15 mars 2018, le département de la Seine-Maritime a reconnu l'imputabilité de l'accident au service. Mme A E et M. et Mme E, en qualité de représentants légaux de C E, mineur à la date de la demande indemnitaire préalable, ont formulé une demande indemnitaire le 22 août 2022, rejetée par le département de la Seine-Maritime le 14 septembre 2022. Le 29 mars 2023, M. D E a formulé, en son nom, une demande indemnitaire restée sans réponse. Mme A E, M. D E et Mme et M. E, agissant en qualité de représentants légaux de leur fils, C E, devenu majeur en cours d'instance, demandent la condamnation du département de la Seine-Maritime à leur verser la somme totale de 32 000 euros en réparation du préjudice moral qu'ils ont subis du fait de l'accident de service dont M. B E a été victime.

Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".

3. Ces dispositions n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle. Par suite, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête, sans qu'il soit nécessaire que le requérant confirme ses conclusions et alors même que l'administration aurait auparavant opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'absence de décision.

4. Il ressort des pièces du dossier que les requérants ont formulé, par un courrier du 22 août 2022, pour ce qui concerne Mme A E et son fils mineur à la date de la demande, C E, et par un courrier du 29 mars 2023, pour ce qui concerne D E, une demande indemnitaire tendant à la réparation du préjudice moral qu'ils estiment avoir subi du fait de l'accident de service dont M. B E a été victime. Ces demandes ayant été rejetées ainsi qu'il a été dit au point 1 du présent jugement, la fin de non-recevoir opposée en défense ne peut qu'être écartée.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne le principe de la responsabilité :

5. Compte tenu des conditions posées à son octroi et de son mode de calcul, l'allocation temporaire d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions qui instituent ces prestations déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font en revanche pas obstacle à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice. Il en va de même s'agissant du préjudice moral subi par ses ayants droit ou par les membres de sa famille en cas d'invalidité.

6. Il résulte de l'instruction que, par arrêté du président du conseil départemental de la Seine-Maritime du 15 mars 2018, l'accident subi le 19 février 2018 par M. E a été reconnu imputable au service et que ce dernier a subi une amputation invalidante de trois doigts de sa main ouvrière. Par suite, les requérants sont fondés à rechercher la responsabilité sans faute du département de la Seine-Maritime pour l'indemnisation du préjudice moral qu'ils ont subis du fait de cet accident.

En ce qui concerne le préjudice moral de Mme E :

7. Il résulte de l'instruction que Mme E, dont il est constant qu'elle est mariée avec M. E, a subi des bouleversements dans sa vie quotidienne du fait de l'accident de son époux qu'elle a été contrainte d'assister physiquement et psychologiquement, notamment en l'accompagnant à ses rendez-vous médicaux et en l'aidant dans des gestes quotidiens. Il résulte également de l'instruction, et notamment des multiples attestations versées au dossier, qu'elle a été contrainte, afin de compenser les absences et le handicap de M. E, de s'occuper davantage de ses deux enfants, dont l'un souffre au demeurant de troubles multi-dys, et qu'elle a été affectée psychologiquement par cette situation ainsi que par l'état de santé de son époux, les douleurs qu'il a dû supporter et son handicap. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de son préjudice moral en lui allouant la somme de 800 euros.

En ce qui concerne le préjudice moral de D et C E :

8. Il résulte de l'instruction, et notamment des multiples attestations circonstanciées versées au dossier, que les deux fils de M. E, mineurs à la date de l'accident, ont été particulièrement affectés psychologiquement par l'accident ayant conduit à l'amputation des doigts de leur père et font l'objet depuis cette date d'un suivi psychologique. Eu égard à leur âge à la date de l'accident, il sera fait une juste appréciation de leur préjudice moral respectif en leur allouant respectivement la somme de 500 euros.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à demander la condamnation du département de la Seine-Maritime à verser à Mme A E la somme de 800 euros et à M. D et M. C E, la somme de 500 euros chacun en réparation de leur préjudice moral.

Sur les frais liés à l'instance :

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter les conclusions des parties présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Le département de la Seine-Maritime est condamné à verser à Mme A E la somme de 800 euros, à M. D E la somme de 500 euros et à M. C D E la somme de 500 euros.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à Mme A E, à M. D E et au département de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 4 juillet 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Boyer, présidente,

- M. Guiral, conseiller,

- Mme Boucetta, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2023.

La rapporteure,

Signé : H. BOUCETTA

La présidente,

Signé : C. BOYERLe greffier,

Signé : J.-B. MIALON

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions