vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2200805 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 février 2022 et régularisée le 14 mars 2022 ainsi qu'un mémoire complémentaire enregistré le 2 janvier 2024, Mme A B, doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la contrainte émise le 31 janvier 2022 par le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Eure d'un montant de 381,12 euros tendant au recouvrement d'indus de primes exceptionnelles.
Elle soutient que :
* par jugement du 11 mars 2021, le tribunal administratif a annulé sa dette à l'égard de la CAF ;
* il a été fait opposition du jugement du 22 mars 2021 et elle a été relaxée par jugement du tribunal judiciaire d'Évreux du 28 février 2023.
Par un mémoire, enregistré le 2 mai 2022, le département de la Seine-Maritime, représenté par le président du conseil départemental, indique qu'il n'est pas compétent pour défendre.
Par un mémoire, enregistré le 15 mars 2023, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime, représentée par son directeur, indique qu'elle n'est pas compétente pour défendre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2023, et un mémoire enregistré le 16 janvier 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Eure, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu :
* la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Deflinne en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
* la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
* les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de l'action sociale et des familles ;
* le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Deflinne, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
À l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B bénéficiait d'un droit au RSA depuis sa demande du 26 janvier 2016. Suite au constat d'incohérences relevées dans le cadre d'un contrôle de ses ressources, celle-ci s'est vu réclamer la somme de 18 684,63 euros au titre d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) ainsi que deux indus de prime exceptionnelle au titre de décembre 2017 et décembre 2018. Le 31 janvier 2022, le directeur de la CAF de l'Eure émettait une contrainte à l'encontre de Mme B tendant au recouvrement des indus de prime exceptionnelle. Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal l'annulation de cette décision.
2. Il résulte de l'instruction, d'une part, que, par jugement du 11 mars 2021, le tribunal de céans a annulé la décision du 25 septembre 2019 par laquelle le président du département de 1'Eure a rejeté le recours administratif de Mme B dirigé contre la décision interrompant le versement de son RSA et lui notifiant un indu d'un montant de 18 624,63 euros au motif qu'elle résidait hors de France et avait fait une fausse déclaration à ce propos. D'autre part, par jugement du 28 mars 2023, le tribunal judiciaire d'Évreux a relaxé l'intéressée d'avoir entre le 1er janvier 2017 et le 30 juin 2019, fourni sciemment de fausses déclarations relatives au lieu de sa résidence ou des déclarations incomplètes en vue d'obtenir ou de tenter d'obtenir, de faire obtenir ou de tenter de faire obtenir du département de l'Eure le bénéfice du RSA pour un montant total de 18 684,63 euros. Ainsi, Mme B ne peut pas être regardée comme n'ayant pas eu sa résidence en France et n'ayant, pour ce motif, pas eu droit au bénéfice du RSA au cours de la période comprise entre le 1er janvier 2017 et le 30 juin 2019. Par suite, la CAF de l'Eure ne peut solliciter le remboursement des primes exceptionnelles versées au titre de décembre 2017 et décembre 2018 au motif tenu de l'absence de droit au bénéfice du RSA de la requérante. Mme B, bénéficiaire du RSA au titre des mois de décembre 2017 et décembre 2018, est ainsi fondée à demander l'annulation de la décision en litige.
DECIDE :
Article 1er : La contrainte émise le 31 janvier 2022 par le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Eure d'un montant de 381,12 euros tendant au recouvrement d'indus de primes exceptionnelles mis à la charge de Mme B est annulée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, et à la caisse d'allocations familiales de l'Eure.
Rendu public par mise à disposition au greffe 7 juin 2024
Le magistrat désigné,
signé
T. DEFLINNE
Le greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200805
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