mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2200890 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | HORRIE & ASSOCIES SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er mars 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Alliance MP Cléon, représentée par la SELARL Horrie et Associés, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2014 au 30 novembre 2016 et des pénalités afférentes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
La SARL Alliance MP Cléon soutient que :
- la déduction de la TVA afférente aux prestations administratives réalisées par la société financière du Val-de-Reuil est justifiée dès lors qu'elle-même ne compte aucun personnel administratif et que, notamment, des prestations de vérifications de l'application de la politique de qualité et de paiement des intérimaires ont été effectivement réalisées dans son intérêt propre ;
- la déduction de la TVA afférente aux prestations de refacturation de frais réalisées par la société financière du Val-de-Reuil est justifiée dès lors que ces frais ont été exposés par la société financière du Val-de-Reuil dans son intérêt propre ;
- les intérêts de retard fondés sur l'article 1727 du code général des impôts ne sont pas justifiés dès lors que les rappels d'imposition ne le sont pas ;
- la majoration de 40 % de l'article 1729 n'est pas fondée dès lors que les rappels d'imposition ne le sont pas et qu'elle n'a commis aucun manquement délibéré.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2022, la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête.
La directrice soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jeanmougin, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Alliance MP Cléon, qui exerce une activité d'agence de travail temporaire, demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de TVA mis à sa charge, à l'issue d'une vérification de comptabilité, au titre de la période du 1er janvier 2014 au 30 novembre 2016, et des pénalités afférentes.
2. En premier lieu, le service fait valoir que la réalité des prestations administratives qu'aurait fournies, à la société requérante, la société financière du Val-de-Reuil, sa société mère, n'est pas établie dès lors qu'aucune facture afférente à ces prestations ni message électronique ou tout autre document n'a été produit pour justifier de la réalité et de la consistance de ces prestations, que la nature exacte de ces prestations n'est pas démontrée dès lors que la SARL Alliance MP Cléon a fait appel à des entreprises tierces pour des prestations entrant dans le champ de la convention signée avec la société financière du Val-de-Reuil sur les prestations administratives susceptibles d'être réalisées à son profit, que cette dernière société ne dispose d'aucun personnel pour effectuer des prestations de paiement des intérimaires et que la circonstance qu'elle a eu, jusqu'en juillet 2014, une salariée pour exercer des fonctions de responsable qualité ne suffit pas à établir que celle-ci aurait travaillé dans l'intérêt de la société vérifiée. Celle-ci produit la convention passée avec la société financière du Val-de-Reuil et des preuves qu'une responsable qualité travaillait pour celle-ci entre 2010 et juillet 2014 mais n'apporte aucun document, ce qu'elle est seule en mesure de produire, de nature à préciser les tâches qu'aurait réalisées la société mère au profit de sa filiale ou à établir le caractère effectif des prestations alléguées de vérifications de l'application de la politique de qualité et de paiement des intérimaires. En outre, la gérante de la SARL Alliance MP Cléon, à laquelle incombe en principe ces tâches, est directrice commerciale de la société financière du Val-de-Reuil. Faute de preuve de la réalité des prestations qui auraient été effectuées au profit de la SARL Alliance MP Cléon par la Société financière du Val-de-Reuil, le service était donc fondé à remettre en cause la TVA déduite à raisons de ces prétendues prestations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 271 du code général des impôts doit être écarté.
3. En second lieu, le service fait valoir que la SARL Alliance MP Cléon ne pouvait pas déduire la TVA afférente aux prestations refacturées par la société financière du Val-de-Reuil dès lors que les prestations facturées par la société Infor correspondent à celles facturées par une société tierce dénommée Groupement d'initiative économique, membre du groupe, et que rien ne démontre l'intérêt de la SARL Alliance MP Cléon concernant les prestations de fourniture d'abonnement internet facturées par la société Completel alors que la société vérifiée dispose d'autres abonnements téléphoniques et internet. De plus, si la société requérante produit une facture de 578,33 euros qui lui a été adressée par la société financière du Val-de-Reuil pour la location d'un copieur, elle comporte un numéro de contrat 706594 qui ne correspond pas au contrat de location de copieur qui aurait été conclu, selon la société requérante, pour son compte, par la société financière du Val-de-Reuil. Dans ces conditions, après que l'administration a apporté aux débats suffisamment d'éléments de nature à douter de la réalité des prestations facturées, la SARL Alliance MP Cléon n'apporte pas, pour sa part, les justifications permettant d'établir cette existence. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir, sur le fondement des dispositions de l'article 271 du code général des impôts, qu'elle avait droit de déduire la TVA afférente aux prestations qui lui ont été refacturées par la société financière du Val-de-Reuil.
Sur les pénalités :
4. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les rappels de TVA étant justifiés, l'administration était fondée à mettre à la charge de la SARL Alliance MP Cléon, sur le fondement de l'article 1727 du code général des impôts, des intérêts de retard.
5. En second lieu, l'administration fait valoir que la société vérifiée a exercé son droit à déduction de la TVA afférente au prix de prestations qu'elle ne pouvait ignorer comme dépourvues de réalité, compte tenu notamment des liens existants entre sa gérante et la société financière du Val-de-Reuil où celle-ci exerçait les fonctions de directrice commerciale. Le service établit, par suite, le caractère délibéré des manquements déclaratifs de la SARL Alliance MP Cléon et le bien-fondé de la majoration de 40 % prévue par les dispositions du a) de l'article 1729 du code général des impôts.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL Alliance MP Cléon n'est pas fondée à demander la décharge des rappels de TVA mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2014 au 30 novembre 2016 et des pénalités afférentes. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Alliance MP Cléon est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Alliance MP Cléon et à la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
La rapporteure,
H. JEANMOUGIN
Le président,
P. MINNE
Le greffier,
N. BOULAY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026