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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2200934

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2200934

mardi 13 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2200934
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1 ère Chambre
Avocat requérantATLAN AVOCATS

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I./ Par une requête, enregistrée le 2 mars 2022 sous le n° 2200934, M. A B, représenté par Me Atlan, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens, ainsi qu'une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les charges afférentes aux biens immobiliers dont il était propriétaire à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) étaient déductibles au prorata de leur superficie affectée à son activité professionnelle, soit 60 % de 280 m² au sein du premier local et 75 % de 480 m² au sein du second local, acquis au milieu de l'année 2015 ;

- l'état des immobilisations de son activité et le nombre de salariés corroborent la nécessité de locaux professionnels d'une superficie importante ;

- la commission départementale a proposé de valider la déduction des charges afférentes à ces locaux à hauteur de 40 % ;

- il justifie suffisamment de la déductibilité des frais de réception, engagés à hauteur de 12 253 euros en 2014, correspondant à une fête organisée pour fêter les quinze ans de Juvanet ;

- la liste qu'il produit, corroborée par son agenda, permet de constater que les invités étaient des collaborateurs de Juvanet ou de Véolia, son principal client ;

- la seule concomitance avec le mariage d'un membre de sa famille ne saurait remettre en cause la réalité de l'événement ;

- les frais de restaurant à Saint-Germain-en-Laye ont été engagés dans l'intérêt de son activité professionnelle dès lors qu'il y rencontre de potentiels clients et qu'il y déjeune parfois avec des salariés ou des prestataires externes ;

- les frais de réception engagés les samedi et dimanche sont déductibles dès lors que son activité implique régulièrement des astreintes et interventions le week-end ;

- il justifie de l'objet professionnel du voyage aux Etats-Unis en août 2014, destiné à rencontrer des clients potentiels ;

- il justifie de l'objet professionnel des voyages au Qatar et à l'Île Maurice, destinés à la recherche de main-d'œuvre ;

- les frais correspondant aux factures du fournisseur d'accès à internet Numéricâble constituent des charges déductibles dès lors que son activité nécessite une connexion à internet ;

- il justifie de déplacements entre Saint-Germain-en-Laye et Saint-Etienne-du-Rouvray, commune à proximité de laquelle se trouvent divers services nécessaires à son activité, à raison de cinq aller-retour par semaine, ainsi que de déplacements entre Saint-Germain-en-Laye et les différents sites de la société Véolia en région parisienne, à la même fréquence ;

- la motivation de l'application de la majoration de 40 % pour manquement délibéré par la seule référence à la proposition de rectification n° 3924-V-SD relative aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est insuffisante et, en tout état de cause, stéréotypée ;

- la seule mention des manquements constatés au cours de périodes antérieures ne constitue pas non plus une motivation suffisante de cette majoration ;

- les manquements qui lui sont reprochés ne sont pas de nature à justifier l'application de cette majoration ;

- les intérêts de retard devront être déchargés par voie de conséquence de la décharge des droits au principal.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 septembre 2022, la directrice de contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

II./ Par une requête, enregistrée le 3 mars 2022 sous le n° 2200935, M. A B, représenté par Me Atlan, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de TVA auxquels il a été assujetti au titre de la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les charges afférentes aux biens immobiliers dont il était propriétaire à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) étaient déductibles au prorata de leur superficie affectée à son activité professionnelle, soit 60 % de 280 m² au sein du premier local et 75 % de 480 m² au sein du second local, acquis au milieu de l'année 2015 ;

- l'état des immobilisations de son activité et le nombre de salariés corroborent la nécessité de locaux professionnels d'une superficie importante ;

- la commission départementale a proposé de valider la déduction des charges afférentes à ces locaux à hauteur de 40 % ;

- il justifie suffisamment de la déductibilité des frais de réception, engagés à hauteur de 12 253 euros en 2014, correspondant à une fête organisée pour fêter les quinze ans de Juvanet ;

- la liste qu'il produit, corroborée par son agenda, permet de constater que les invités étaient des collaborateurs de Juvanet ou de Véolia, son principal client ;

- la seule concomitance avec le mariage d'un membre de sa famille ne saurait remettre en cause la réalité de l'événement ;

- les frais de restaurant à Saint-Germain-en-Laye ont été engagés dans l'intérêt de son activité professionnelle dès lors qu'il y rencontre de potentiels clients et qu'il y déjeune parfois avec des salariés ou des prestataires externes ;

- les frais de réception engagés les samedi et dimanche sont déductibles dès lors que son activité implique régulièrement des astreintes et interventions le week-end ;

- il justifie de l'objet professionnel du voyage aux Etats-Unis en août 2014, destiné à rencontrer des clients potentiels ;

- il justifie de l'objet professionnel des voyages au Qatar et à l'Île Maurice, destinés à la recherche de main-d'œuvre ;

- les frais correspondant aux factures du fournisseur d'accès à internet Numéricâble constituent des charges déductibles dès lors que son activité nécessite une connexion à internet ;

- il justifie de déplacements entre Saint-Germain-en-Laye et Saint-Etienne-du-Rouvray, commune à proximité de laquelle se trouvent divers services nécessaires à son activité, à raison de cinq aller-retour par semaine, ainsi que de déplacements entre Saint-Germain-en-Laye et les différents sites de la société Véolia en région parisienne, à la même fréquence ;

- la motivation de l'application de la majoration de 40 % pour manquement délibéré par la seule référence à la proposition de rectification n° 3924-V-SD relative aux rappels de TVA est insuffisante et, en tout état de cause, stéréotypée ;

- la seule mention des manquements constatés au cours de périodes antérieures ne constitue pas non plus une motivation suffisante de cette majoration ;

- les manquements qui lui sont reprochés ne sont pas de nature à justifier l'application de cette majoration ;

- les intérêts de retard devront être déchargés par voie de conséquence de la décharge des droits au principal.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2022, la directrice de contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu :

- les ordonnances du 21 avril 2023 fixant la clôture de l'instruction au 9 mai 2023 à 12 h ;

- les autres pièces des dossiers, notamment celles produites par M. B à la demande du tribunal, enregistrées le 5 mai 2023 et le 16 mars 2023.

Des mémoires en réplique produits par M. B, enregistrés le 8 mai 2023 dans les instances n° 2200934 et n° 2200935, n'ont pas été communiqués.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Vaillant, conseiller,

- les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique,

- et les observations de Me Atlan, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B exerce à titre individuel, sous le nom commercial Juvanet Télévasion, une activité de prestation de services informatiques. Cette activité a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices clos en 2014 et 2015 et, en matière de TVA, sur la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015. M. B a également fait l'objet, au cours de l'année 2016, d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle. À l'issue de la vérification de comptabilité, le service a, notamment, remis en cause la déductibilité de frais de restauration, de réception, de déplacement et de voyage, d'indemnités kilométriques forfaitaires et de frais afférents à l'utilisation de locaux. Par une proposition de rectification du 26 octobre 2017, le service a notifié à M. B les conséquences de cette vérification de comptabilité en matière de TVA. Par une autre proposition de rectification du même jour, le contribuable s'est vu notifier les conséquences, en matière d'impôt sur le revenu, tant de l'examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle que de la vérification de comptabilité dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. Les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et les rappels de TVA correspondants ont été assortis de la majoration de 40 % prévue par le a) de l'article 1729 du code général des impôts. Le 20 février 2020, l'administration a maintenu les bases issues de la vérification de comptabilité en dépit de l'avis de la commission départementale des impôts rendu le 21 novembre 2019. Ces impositions supplémentaires ainsi que les pénalités correspondantes ont été mis en recouvrement, respectivement, le 30 septembre 2020 et le 14 août 2020. Les deux réclamations de M. B, en date, en dernier lieu, du 29 juillet 2021 et du 5 août 2021, relatives respectivement aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et aux rappels de TVA, ont été rejetées par l'administration fiscale. Par la requête enregistrée sous le n° 2200934, M. B demande la décharge, en droits et pénalités des cotisations supplémentaire d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015. Par la requête enregistrée sous le n° 2200935, il demande la décharge, en droits et pénalités, des rappels de TVA auxquels il a été assujetti au titre de la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015. Ces deux affaires, qui concernent un même contribuable et portent sur des impositions mises à sa charge au titre de la même période à l'issue d'une même procédure de contrôle, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre afin de statuer par un jugement unique.

Sur le bien-fondé des impositions en litige :

En ce qui concerne les rehaussements en matière de bénéfices non commerciaux :

2. Aux termes de l'article 93 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice à retenir dans les bases de l'impôt sur le revenu est constitué par l'excédent des recettes totales sur les dépenses nécessitées par l'exercice de la profession. () "

3. En premier lieu, le siège social de l'activité individuelle de M. B se situait, au cours des années en litige, à Saint-Etienne-du-Rouvray. Le requérant a indiqué, au cours des opérations de contrôle, avoir pris à bail, à compter du mois d'octobre 2013, un local à Saint-Germain-en-Laye qu'il a affecté à un usage mixte d'habitation et professionnel. Il a par la suite, au mois de juillet 2015, pris à bail un local d'une superficie plus importante, dans la même commune. Il a déduit, dans la comptabilité de son activité, les montants de loyers ainsi que diverses charges afférentes à ces locaux, dont certaines seulement au prorata d'une superficie affectée à un usage professionnel. Le service, qui était en droit de demander à l'entreprise tous les éléments d'information en sa possession susceptibles de justifier de la réalité et de la valeur des prestations, a remis en cause l'ensemble de ces charges, en faisant valoir que les baux, conclus conjointement avec une amie de M. B, font état d'un usage exclusif d'habitation principale et que la composition de ces locaux correspond à celle d'une maison d'habitation. M. B soutient que 60 % du premier local et 75 % du second ont été affectés à l'activité de son entreprise afin d'accueillir ses salariés et de stocker du matériel informatique. Il se prévaut des bulletins de paie de ses salariés, qu'il indique être au nombre de 35 au cours de cette période, ainsi que de l'état des immobilisations de son activité. L'administration fait cependant valoir, d'une part, que l'intéressé ne produit aucun justificatif de la présence de ses salariés au sein de ces locaux ni d'une assurance professionnelle et, d'autre part, que l'état des immobilisations n'est pas, à lui-seul, de nature à établir la surface nécessitée par le matériel informatique qu'il prétend y stocker. Si M. B soutient par ailleurs que le bail conclu pour la location du second local comportait, en son paragraphe 2.2, des stipulations relatives à un usage mixte, l'administration fait valoir que celles-ci doivent être lues à la lumière de l'option formalisée par la case cochée en amont, entre " habitation principale ", case cochée en l'espèce, et " professionnel et habitation principale ". Si le requérant soutient également que l'usage professionnel de ces locaux est attesté par les conditions de son activité, dont il est constant qu'elle est exercée presque exclusivement en région parisienne, cette seule circonstance, alors qu'il a lui-même déclaré au cours des opérations de contrôle être essentiellement amené, ainsi que ses salariés, à se déplacer sur les sites de ses clients, n'est pas de nature à établir cet usage, dont elle ne permet au demeurant pas de déterminer une proportion par rapport à l'usage personnel. Enfin, la circonstance que la commission départementale des impôts a proposé de retenir un usage professionnel de ces locaux à hauteur de 40 % est sans incidence sur l'appréciation portée par le présent jugement sur la valeur, dans un premier temps, des éléments apportés par l'administration pour douter de l'existence de la contrepartie des dépenses inscrites en comptabilité et, dans un second temps, sur la pertinence des explications fournies respectivement par l'administration et le contribuable. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a regardé comme n'étant pas déductibles les frais relatifs à l'usage de ces locaux.

4. En deuxième lieu, M. B a inscrit en comptabilité et déduit des bénéfices non commerciaux les frais relatifs à une réception le 12 juillet 2014, qu'il a présentée comme étant une fête organisée pour le quinzième anniversaire de Juvanet, ayant rassemblé des anciens et actuels collaborateurs et employés de Véolia, son principal client. L'administration fait valoir que les frais en cause portaient sur la livraison de repas pour 80 personnes et 5 enfants ainsi qu'un menu " lendemain de fêtes " pour 42 personnes, que M. B ne justifie pas de l'identité des invités et que cet événement était concomitant avec le mariage d'un membre de sa famille. Le requérant produit pour sa part ce qu'il présente comme une liste d'invités, qui consiste en un tableau élaboré par ses soins à une date indéterminée et ne comporte au demeurant qu'une cinquantaine de noms, dont des membres de sa famille sans éléments provenant de tiers permettant de corroborer ces informations. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a considéré que ces frais ne pouvaient pas constituer des charges déductibles.

5. En troisième lieu, d'une part M. B a porté en déduction de son bénéfice imposable des frais de restauration, exposés notamment dans des restaurants à Saint-Germain-en-Laye. L'administration a remis en cause la déduction de ces frais au motif qu'il n'était pas établi qu'ils n'avaient pas été engagés dans l'intérêt de l'activité du contribuable, alors que ce dernier avait déclaré lors des opérations de contrôle que Véolia était son unique client et que son activité l'amenait à se déplacer sur les sites de cette entreprise, dont aucun n'est situé à Saint-Germain-en-Laye. M. B soutient que Véolia n'était pas son unique client, qu'il développait son activité et qu'il rencontrait de potentiels clients à Saint-Germain-en-Laye. Il n'apporte toutefois aucune justification suffisante ni de ses relations d'affaires avec d'autres clients que la société Véolia, ni par ailleurs de l'identité des personnes avec qui il a déjeuné à Saint-Germain-en-Laye. Il résulte au surplus du point 4 que l'utilisation professionnelle des locaux situés sur le territoire de cette commune n'est pas établie. D'autre part, M. B a également déduit de son bénéfice imposable des frais de restauration exposés les samedi et dimanche au motif que son activité impliquait des interventions le week-end. Cependant, la seule production de quelques échanges de mail évoquant un travail le weekend et d'extraits parcellaires de son agenda ne sont pas de nature à établir que les frais en litige ont été engagés dans l'intérêt de son activité professionnelle. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a écarté le caractère déductible des frais de restauration exposés à Saint-Germain-en-Laye, ainsi que de ceux exposés les samedi et dimanche.

6. En cinquième lieu, M. B a déduit de son bénéfice imposable les frais afférents à des voyages aux Etats-Unis et au Qatar en 2014 ainsi qu'à l'Île Maurice en 2015. Pour remettre en cause le caractère déductible de ces frais, l'administration fait valoir, d'une part, s'agissant du voyage aux Etats-Unis, qu'il concernait six personnes, dont notamment la fille de M. B, que si ce dernier indiquait n'avoir déduit qu'une partie de ces dépenses il ne justifiait pas du prorata retenu et, de manière générale, que l'objet professionnel du voyage n'était pas établi. En se bornant à soutenir qu'il y aurait rencontré des clients potentiels et à produire un extrait de son agenda qui mentionne quelques rendez-vous aux Etats-Unis au cours de la période, sans faire état d'aucun autre justificatif contemporain émanant de tiers, M. B n'établit pas qu'une proportion des frais liés à ce voyage aurait été engagée dans l'intérêt de son activité. L'administration fait valoir, d'autre part, s'agissant des voyages au Qatar et à l'Île Maurice, que M. B n'apporte pas de justification de leur objet professionnel qui aurait, selon lui, consisté en la recherche de main-d'œuvre dès lors qu'il se borne à produire un reçu de la réservation de son vol pour le Qatar et n'apporte aucun élément de nature à établir l'objet de ces voyages. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a remis en cause le caractère déductible de ces frais de voyage.

7. En sixième lieu, M. B a déduit de son bénéfice imposable des frais relatifs à un abonnement souscrit auprès d'un fournisseur d'accès à internet. Le vérificateur a regardé ces charges comme non assorties de justificatifs. L'intéressé a produit, en réponse à la proposition de rectification, des factures établies par la société Numéricâble pour un abonnement au 6 boulevard Victor Hugo à Saint-Germain-en-Laye, qui correspond au local pris à bail d'octobre 2013 à juillet 2015. L'administration fait toutefois valoir que ces factures font état de montants qui ne correspondent pas à ceux inscrits en comptabilité, ont été adressées à M. B à son domicile, alors qu'il a constamment déclaré que le courrier relatif à l'activité de Juvanet était adressé au siège de Saint-Etienne-du-Rouvray et font apparaître, pour la plupart, des frais de location ou d'achat via un service de vidéo à la demande. M. B se borne à faire valoir que son activité nécessite une connexion à l'internet mais n'apporte aucun élément supplémentaire de nature à établir le caractère professionnel de ces frais. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a refusé d'en admettre la déductibilité.

8. En dernier lieu, M. B a déduit de son bénéfice imposable un montant forfaitaire au titre d'indemnités kilométriques correspondant à des déplacements effectués avec des véhicules dont il est propriétaire. Le service a remis en cause le caractère déductible d'une partie de ces frais au motif qu'ils n'étaient pas assortis de justificatifs suffisants. Il a en revanche admis la déduction d'indemnités kilométriques correspondant à un aller-retour par semaine entre le domicile de M. B, à Saint-Germain-en-Laye, et le siège social de son activité, à Saint-Etienne-du-Rouvray, considérant qu'une partie de services administratifs nécessités par cette activité se trouvait en Seine-Maritime. Le service a également admis la déductibilité des indemnités kilométriques correspondant aux trajets déclarés par M. B en région parisienne, entre Saint-Germain-en-Laye et les différents sites de la société Véolia au sein desquels il intervenait. M. B se borne à renvoyer aux justifications qu'il a fournies lors des opérations de contrôle, à savoir un document accompagné d'un tableau évaluant forfaitairement ses déplacements de manière uniforme sur toute la période contrôlée, sans justification de la réalité du nombre d'allers-retours réalisés entre les différents lieux présentés. D'une part, s'il soutient, dans sa requête, que l'administration aurait dû tenir compte de cinq aller-retours par semaine entre Saint-Germain-en-Laye et les différents sites de la société Véolia en région parisienne, il ressort des éléments dont il se prévaut lui-même, et dont l'administration a tenu compte pour admettre les charges liées à ces déplacements, qu'il a indiqué n'effectuer que deux allers-retours par semaine à ce titre. D'autre part, le requérant ne fait état d'aucun autre élément de nature à justifier plus d'un aller-retour par semaine entre Saint-Germain-en-Laye et Saint-Etienne-du-Rouvray.

En ce qui concerne les rappels de TVA :

9. Aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. / () II. - 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est, selon le cas : / a) Celle qui figure sur les factures établies conformément aux dispositions de l'article 289 et si la taxe pouvait légalement figurer sur lesdites factures ; () "

10. Si M. B a produit l'ensemble des factures relatives aux services énoncés aux points 3 à 8, l'administration, pour les motifs analysés aux mêmes points, remet sérieusement en cause la circonstance que ces services auraient été utilisés pour les besoins des opérations imposables ou feraient partie des frais généraux de l'activité individuelle de M. B. Pour sa part, ce dernier n'apporte aucun élément justificatif de nature à l'établir. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a refusé d'admettre la déduction de la TVA ayant grevé les éléments de prix des opérations mentionnées aux points 3 à 8.

Sur les pénalités :

11. En premier lieu, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; () "

12. D'une part, en reproduisant, dans la proposition de rectification relative aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, les termes de l'autre proposition de rectification adressée le même jour à M. B, relative aux rappels de TVA, quant aux justifications de l'application de la majoration de 40 % pour manquements délibérés, l'administration a suffisamment motivé sa décision d'infliger les majorations. Elle n'a, en outre, pas insuffisamment motivé ces deux propositions de rectification en justifiant l'application de cette majoration par le caractère réitéré des manquements constatés.

13. D'autre part, l'administration fait valoir que M. B a, au cours de la période en litige, réitéré des manquements qu'il avait déjà commis au titre des années 2007 et 2008 et des années 2010 et 2011 et dont il avait été informé par des propositions de rectification respectivement du 25 mai 2010 et du 15 mars 2013, quant à l'absence de justification du lien de certains frais avec son activité professionnelle. Dans ces conditions, alors au demeurant que M. B exerçait son activité à titre individuel depuis plus de quinze ans, l'administration rapporte la preuve, qui lui incombe, du caractère délibéré des manquements commis. M. B, qui ne conteste pas le caractère réitéré de ces manquements, se borne à reprendre ses arguments selon lesquels les charges remises en cause au terme des opérations de contrôle ont été engagées dans l'intérêt de la société. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a fait application, tant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu qu'aux rappels de TVA en litige, de la majoration de 40 % prévue par les dispositions précitées du a) de l'article 1729 du code général des impôts.

14. En second lieu, dès lors qu'il résulte des points 3 à 10 que les redressements sont justifiés en principal, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'application des intérêts de retard aux impositions supplémentaires mises à sa charge ne serait elle-même pas justifiée.

15. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est fondé à demander la décharge, en droits et pénalités, ni des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015, ni des rappels de TVA auxquels il a été assujetti au titre de la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015. Par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais liés à l'instance doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice de contrôle fiscal Nord.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Minne, président,

Mme Jeanmougin, première conseillère,

M. Le Vaillant, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.

Le rapporteur,

Signé

A. LE VAILLANT

Le président,

Signé

P. MINNELe greffier,

Signé

N. BOULAY

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, de la relance et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N. BOULAY

N°s 2200934, 2200935

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TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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