jeudi 14 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2201713 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | NORMAND & ASSOCIES |
Vu :
- l'ordonnance n° 2103345 du 18 mars 2022 du président du tribunal administratif de Rouen portant taxation et liquidation des frais de l'expertise du Dr B ;
- la décision du 22 juin 2022 du bureau d'aide juridictionnelle admettant Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°91-655 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ensemble le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bouvet, premier conseiller,
- les conclusions de M. Dujardin, rapporteur public ;
- les observations de Me Zaoui-Taieb, pour le Centre hospitalier intercommunal Elbeuf Louviers Val-de-Reuil ;
- les observations de Me Gillet, pour la commune de Saint-Pierre-lès-Elbeuf.
Considérant ce qui suit :
1. Adjointe technique titulaire de la commune de Saint-Pierre-lès-Elbeuf, Mme A C, alors âgée de 46 ans, a subi, le 17 octobre 2016, un accident de service, en se coupant avec une assiette fêlée alors qu'elle travaillait au sein de la cantine scolaire. L'intéressée a été prise en charge au sein du service des urgences du Centre hospitalier intercommunal Elbeuf Louviers Val-de-Reuil où une suture de la plaie et une injection antitétanique ont été effectuées. L'intéressée a ultérieurement bénéficié de séances de kinésithérapie. Devant l'absence de signes de récupération fonctionnelle, des examens complémentaires ont été entrepris, à compter du mois de janvier 2017, lesquels ont révélé une rupture du tendon fléchisseur du carpe, à droite, lésion non détectée lors de sa prise en charge aux urgences. Aucune indication chirurgicale n'a été posée. L'état de santé de Mme C a été déclaré consolidé à compter du 31 août 2017. L'intéressée, qui demeure affligée d'une diminution de la force de flexion du poignet droit, consécutive à cet accident médical, a été placée en retraite anticipée pour invalidité à compter du 1er juillet 2020, le 22 juin 2020. Mme C a saisi, le 30 août 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Rouen d'une demande d'expertise portant sur les conditions de sa prise en charge médicale au sein du Centre hospitalier intercommunal Elbeuf Louviers Val-de-Reuil. Désigné par une ordonnance du 3 décembre 2021, le Dr B, chirurgien orthopédique, a déposé son rapport le 26 janvier 2022, concluant à l'existence de manquements imputables à l'établissement. Mme C a adressé, le 8 mars 2022, une demande indemnitaire préalable au Centre hospitalier intercommunal Elbeuf Louviers Val-de-Reuil qui a été expressément rejetée, le 6 avril suivant. Par la présente instance, Mme C demande la condamnation de l'établissement à l'indemniser des conséquences dommageables de sa prise en charge médicale.
Sur les conclusions de la commune de Saint-Pierre-lès-Elbeuf tendant à sa mise hors de cause :
2. Aux termes de l'article L. 825-1 du code général de la fonction publique : " L'Etat, les collectivités territoriales et les établissements publics à caractère administratif disposent de plein droit contre le tiers responsable du décès, de l'infirmité ou de la maladie d'un agent public, par subrogation aux droits de ce dernier ou de ses ayants droit, d'une action en remboursement de toutes les prestations versées ou maintenues à l'agent public ou à ses ayants droit et de toutes les charges qu'ils ont supportées à la suite du décès, de l'infirmité ou de la maladie ". Aux termes de l'article L. 825-6 du même code : " L'agent public victime ou ses ayants droit engageant une action contre le tiers responsable doivent appeler en déclaration de jugement commun la personne publique intéressée () à peine de nullité du jugement fixant l'indemnité. ".
3. En application de ces dispositions, la commune de Saint-Pierre-lès-Elbeuf a été appelée en la cause afin qu'elle puisse, le cas échéant, solliciter le remboursement de prestations éventuellement versées à son agent. Par suite, il n'y a pas lieu de la mettre hors de cause. Ses conclusions formées en ce sens doivent être rejetées.
Sur la responsabilité :
4. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
5. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du Dr B, que les soins prodigués à Mme C au sein du service des urgences du Centre hospitalier intercommunal Elbeuf Louviers Val-de-Reuil, où elle avait été admise pour une plaie par objet en verre sur l'avant-bras-droit, n'ont pas été attentifs, diligents et conformes aux règles de l'art médical, dans la mesure où l'équipe médicale s'est abstenue de procéder à une exploration de la plaie, pourtant requise devant un tableau clinique tel que celui présenté par la patiente. Faute d'une telle exploration, l'équipe médicale n'a pas détecté la rupture tendineuse à l'origine des dommages et s'est bornée à réaliser une suture cutanée. Cette abstention, qui présente un caractère fautif, est de nature à engager la responsabilité de l'établissement, qui n'en conteste d'ailleurs pas le principe. L'expert relève cependant qu'une perte de chance de 50% d'éviter les dommages permanents doit être retenue dans la mesure où, même lorsqu'une suture tendineuse est réalisée, le patient présente des séquelles dans 50% des cas. Il y a lieu, dès lors, de retenir un tel taux de perte de chance, s'agissant des dommages subis par Mme C à compter de la date de consolidation de son état de santé.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :
Quant à l'assistance par tierce personne :
6. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
7. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise précité, qu'en l'absence même de manquement dans sa prise en charge, les besoins en assistance par tierce personne de Mme C auraient été d'une heure par jour, durant la période de déficit fonctionnel temporaire de classe 3, soit durant un mois à compter du 18 octobre 2016, et de 3 heures par semaine durant la période de déficit fonctionnel temporaire de classe 3, soit durant deux mois, de sorte que, sur la base d'un taux horaire de 18 euros et d'une année de 412 jours, pour tenir compte des congés payés et jours fériés, ceux-ci se seraient élevés à la somme de 1 116 euros. Les besoins d'assistance par tierce personne effectivement constatés résultant des manquements dans la prise en charge de la requérante, étaient d'une heure par jour, durant un mois, de 3 heures par semaine durant la période de déficit fonctionnel temporaire de classe 2, soit jusqu'à la consolidation, fixée au 31 août 2017, soit durant 288 jours, et, enfin, de 2 heures par semaine durant cinq ans, à compter de la date de consolidation, soit durant 1 826 jours. Ainsi sur la base d'un taux horaire de 18 euros et d'une année de 412 jours, ceux-ci s'élevaient à la somme de 13 734 euros. Il convient, par suite, de soustraire de ces besoins effectivement constatés, les besoins qui auraient existé, même en l'absence de faute. Ceci conduit à la fixation d'un préjudice indemnisable s'élevant à la somme de 12 618 euros, dont Mme C est fondée à solliciter l'indemnisation.
S'agissant des préjudices patrimoniaux permanents :
Quant aux pertes de gains professionnels futures :
8. Il résulte de l'instruction que Mme C n'a pas été en mesure de reprendre son poste, à la suite de l'accident médical fautif qu'elle a subi, le 17 octobre 2016, à l'âge de 46 ans. La commission de réforme, au terme de sa séance du 23 janvier 2020, a déclaré l'intéressée inapte à toutes fonctions, y compris dans l'hypothèse d'un reclassement. Dans son rapport en date du 26 janvier 2022, l'expert judiciaire a cependant indiqué que la reprise d'activité de l'intéressée sur un poste adapté était possible, l'état de santé de Mme C ne relevant pas, selon lui, " d'une mise en invalidité et encore moins d'une mise en retraite ". En outre, le procès-verbal de la commission de réforme du 9 novembre 2017, établi alors que l'état de santé de Mme C, âgée de 47 ans, était consolidé, fait état de ce que l'intéressée est inapte à son poste " mais pas à toutes les missions du grade ". Toutefois, l'absence de poste de reclassement envisageable, évoquée par l'expert, constitue une cause exogène à l'accident médical litigieux, qui n'est nullement imputable au Centre hospitalier intercommunal Elbeuf Louviers Val-de-Reuil. Il est constant, enfin, que Mme C, qui s'est vue fixer un taux d'invalidité s'élevant à 15%, a été placée en invalidité de première catégorie, laquelle, en vertu de l'article L. 341-4 du code de la sécurité sociale, correspond aux invalides capables d'exercer une activité rémunérée. A cet égard, aucune pièce versée aux débats ne tend à établir l'existence d'une tentative de reprise d'activité professionnelle de la part de la requérante, tentative qui n'est, d'ailleurs, pas alléguée. Dans ces conditions, Mme C n'est pas fondée à se prévaloir de l'existence d'un préjudice de pertes de gains professionnels futurs résultant de la faute commise par l'établissement hospitalier défendeur.,
Quant aux frais de véhicule adapté :
9. La gêne fonctionnelle du poignet droit présentée par Mme C résultant des manquements fautifs imputables au centre hospitalier rend nécessaire l'adaptation du véhicule de l'intéressée par l'équipement d'une boîte de vitesses automatique. Dans les circonstances particulières de l'espèce, et alors même qu'elle ne fournit aucun justificatif, la somme demandée par la requérante au titre de ce préjudice, justifié dans son principe, ne paraît pas sérieusement contestable. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en octroyant, tout d'abord, à la requérante, une indemnité de 2 000 euros au titre des frais d'adaptation à la date de consolidation de l'état de santé, soit au 31 août 2017. Il y a lieu, par ailleurs, de calculer la rente viagère devant lui être versée sur la base d'un renouvellement de véhicule tous les sept ans, soit un premier renouvellement au 31 août 2024, date à laquelle l'intéressée était âgé de 54 ans. Après application du barème du référentiel d'indemnisation de l'ONIAM fixant un coefficient de 29,811 pour une femme de cet âge, une rente viagère d'un montant de 8 517,42 euros sera ainsi obtenue. Il convient toutefois de faire application du taux de perte de chance de 50% retenu par l'expert à ce poste de préjudice dans la mesure où, même en l'absence de manquement fautif tenant à l'absence de suture tendineuse, Mme C aurait pu présenter des séquelles nécessitant l'adaptation du véhicule. Par suite, l'indemnité versée par le Centre hospitalier intercommunal Elbeuf Louviers Val-de-Reuil au titre des frais de véhicule adapté, doit être fixée à 5 258,71 euros.
Quant aux frais d'avocat :
10. Si Mme C demande l'indemnisation d'une somme de 3 000 euros au titre de frais d'avocat exposés en lien avec les instances introduites dans le cadre de son accident médical, ainsi que ceux exposés lors des opérations d'expertise judiciaire, ni le montant ni le principe de ce préjudice ne font l'objet d'un commencement de justification. En se prévalant de frais exposés au titre des opérations d'expertise, la requérante doit être regardée comme demandant la condamnation de l'établissement aux dépens, au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative. En outre, les honoraires d'avocat exposés postérieurement à l'introduction de la requête doivent, en principe, être pris en compte au titre de la demande relative aux frais exposés et non compris dans les dépens, présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et ne peuvent pas donner lieu à indemnisation au titre des frais divers.
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
11. Il ressort du rapport d'expertise du Dr B qu'en l'absence de manquement dans sa prise en charge, Mme C aurait subi un déficit fonctionnel temporaire total durant une journée, un déficit de 50% pendant un mois, un déficit de 25% pendant deux mois et un déficit de 10% pendant sept mois. Ainsi, en tenant compte d'une base d'indemnisation journalière forfaitaire de 20 euros, Mme C aurait subi un préjudice s'élevant à la somme de 1 059 euros. L'expert judiciaire a retenu, en considération des manquements fautifs commis lors de la prise en charge, que Mme C avait effectivement subi un déficit fonctionnel temporaire de classe 2 (25%) du 17 octobre 2016 au 31 août 2017, soit durant 319 jours s'élevant, sur la base d'une indemnisation journalière de 20 euros, à la somme de 1 595 euros. Par suite, il y a lieu de soustraire de ce préjudice effectivement constaté, le déficit fonctionnel temporaire qui aurait été subi, même en l'absence de faute. Ceci conduit à la fixation d'un préjudice indemnisable s'élevant à la somme de 536 euros, dont Mme C est fondée à solliciter l'indemnisation
Quant aux souffrances endurées :
12. Il résulte de l'instruction que Mme C a enduré des souffrances évaluées à 1,5 sur une échelle de 1 à 7, par l'expert. L'expert judiciaire retient toutefois qu'en l'absence de manquements fautifs, la victime aurait enduré des souffrances d'une intensité supérieure, évaluées à 3/7. Dans ces conditions, le préjudice, qui n'est pas fondé dans son principe, ne saurait donner lieu à indemnisation.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux permanents :
Quant au déficit fonctionnel permanent :
13. Mme C, âgée de quarante-sept ans à la date de consolidation de son état de santé, subit un déficit fonctionnel permanent évalué par l'expert à 15%. Toutefois, le Dr B souligne que même en l'absence de manquement fautif, la patiente présentait 50% de chance d'être affligée de séquelles résultant de sa lésion tendineuse de sorte qu'il y a lieu d'appliquer un taux de perte de chance de 50% au titre de ce préjudice. Par suite, il en sera fait une juste appréciation du préjudice subi par Mme C en lui allouant une somme de 12 500 euros, par référence au barème ONIAM précité.
14. Il résulte de tout ce qui précède que le Centre hospitalier intercommunal Elbeuf Louviers Val-de-Reuil doit être condamné à verser à Mme C une somme totale de 30 912,71 euros en indemnisation de ses préjudices.
Sur les droits de la Caisse des dépôts :
15. Ainsi qu'il a été dit au point n°8, le préjudice tenant aux pertes de gains professionnels futures n'est pas établi dans son principe. L'impossibilité de tout retour à l'emploi de Mme C, qui résulterait directement et exclusivement des séquelles de sa prise en charge au sein du Centre hospitalier intercommunal, n'est pas davantage établie. Dans ces conditions, nonobstant la circonstance que l'intéressée présente un déficit fonctionnel permanent, les prestations versées ou à verser par la CNRACL au titre des préjudices professionnels futurs, d'un montant de 31 154,48 euros et 64 166,42 euros, soit un montant cumulé de 95 320,90 euros, ne peuvent être tenues pour imputables à l'établissement. Ces débours, qui, ainsi que l'a jugé le Conseil d'Etat (CE, 346334, Centre hospitalier d'Elbeuf) ne sauraient être imputés sur les sommes versées au titre du déficit fonctionnel permanent, ne peuvent dès lors donner lieu à indemnisation.
Sur les dépens :
16. Les frais de l'expertise du Dr B, liquidés et taxés à la somme de 1 800 euros par l'ordonnance susvisée du 18 mars 2022 sont mis à la charge du Centre hospitalier intercommunal Elbeuf Louviers Val-de-Reuil, partie perdante, dans la présente instance. Il remboursera ce montant au Trésor public, conformément aux dispositions de l'article 121 du décret du 28 décembre 2020 susvisé, Mme C ayant bénéficié de l'aide juridictionnelle totale dans l'instance n°2103345, au vu du titre de perception émis par l'ordonnateur compétent.
Sur les frais liés à l'instance :
17. D'une part, Mme C, pour le compte de qui les conclusions de la requête relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être réputées présentées, n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée. D'autre part, l'avocat de Mme C n'a pas demandé que lui soit versée par le centre hospitalier défendeur la somme correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamée à sa cliente si cette dernière n'avait bénéficié d'une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit mis à la charge Centre hospitalier intercommunal Elbeuf Louviers Val-de-Reuil une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
18. Enfin, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'établissement le versement d'une somme à la Caisse des dépôts au titre des mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : Le Centre hospitalier intercommunal Elbeuf Louviers Val-de-Reuil est condamné à verser une somme de 30 912,71 euros à Mme C en indemnisation de ses préjudices.
Article 2 : Les conclusions formées par la Caisse des dépôts au titre de l'indemnisation de ses débours sont rejetées.
Article 3 : Les frais et honoraires du Dr B, liquidés et taxés à la somme de 1 800 euros, sont mis à la charge du Centre hospitalier intercommunal Elbeuf Louviers Val-de-Reuil.
Article 4 : Les conclusions formées par la Caisse des dépôts au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à la Caisse des dépôts, à la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Rouen Elbeuf Dieppe Seine-Maritime, à la commune de Saint-Pierre-lès-Elbeuf et au Centre hospitalier intercommunal Elbeuf Louviers Val-de-Reuil.
Pour l'application des articles 115, 116 et 124 du décret du 28 décembre 2020 susvisé, copie en sera adressée au premier président de la cour d'appel de Rouen et au procureur général près cette cour, à qui il appartiendra de recouvrer les frais d'expertise avancés par l'Etat auprès du Centre hospitalier intercommunal Elbeuf Louviers Val-de-Reuil.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
M. Bouvet, premier conseiller,
M. Mulot, premier conseiller.
Assistés de M. Boulay, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2024.
Le rapporteur,
C. BOUVET
La présidente,
A. GAILLARD
Le greffier,
N. BOULAY
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026