LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2201887

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2201887

jeudi 30 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2201887
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge Unique 1
Avocat requérantSUXE HERVE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I./ Par une requête enregistrée le 2 mai 2022 sous le n° 2201887, M. B C, représenté par l'AARPI BGL Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 novembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active socle de 6 358,48 euros afférent à la période d'août 2019 à octobre 2021 ;

2°) d'annuler la décision du 1er mars 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Maritime a rejeté son recours contre l'indu de revenu de solidarité active socle de 6 358,48 euros ;

3°) d'enjoindre au président du conseil départemental de lui restituer sans délai les sommes retenues, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge du département de la Seine-Maritime la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision :

- a été prise par une autorité incompétente ;

- a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière et en méconnaissance des exigences des articles L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale, faute de communication du rapport de contrôle de la caisse d'allocations familiales ;

- repose sur un contrôle n'ayant pas pris en compte les éléments qu'il a produit ;

- repose sur des faits matériellement inexacts, dès lors que son activité professionnelle ne lui a procuré aucun revenu et que les sommes versées sur son compte personnel ne constituent que des remboursements d'avances consenties à la société SAS Andelle Auto dont il est le gérant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 décembre 2022 et un mémoire en production de pièces enregistré le 30 janvier 2023, non communiqué, le président du conseil départemental de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

II./ Par une requête enregistrée le 2 mai 2022 sous le n° 2201888, M. B C, représenté par l'AARPI BGL Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 novembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a mis à sa charge un indu ING 001 de 152,45 euros pour le mois de décembre 2019 au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année, un indu ING 002 de 228,67 euros pour le mois de décembre 2020 au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année, un indu INQ 001 de 150 euros pour le mois de mai 2020 au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité et un indu INQ 002 de 150 euros pour le mois de novembre 2020 au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a rejeté son recours contre ces indus ;

3°) d'enjoindre au directeur de la caisse d'allocations familiales de lui restituer sans délai les sommes retenues, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision :

- a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière et en méconnaissance des exigences des articles L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale, faute de communication du rapport de contrôle de la caisse d'allocations familiales ;

- elle repose sur un contrôle n'ayant pas pris en compte les éléments qu'il a produit ;

- repose sur des faits matériellement inexacts, dès lors que son activité professionnelle ne lui a procuré aucun revenu et que les sommes versées sur son compte personnel ne constituent que des remboursements d'avances consenties à la société SAS Andelle Auto dont il est le gérant.

Par un mémoire, enregistré le 29 décembre 2022, le président du conseil départemental de la Seine-Maritime informe le tribunal qu'il n'est pas compétent pour répondre à la requête.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 2023, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.

III./ Par une requête enregistrée le 17 mai 2022 sous le n° 2202131, M. B C, représenté par l'AARPI BGL Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 novembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a mis à sa charge un indu IM4 001 de 4 885 euros pour la période de juillet 2019 à octobre 2021 au titre de l'allocation au logement à caractère familial, un indu IN1 001 de 1 718,59 euros pour la période de janvier 2021 à octobre 2021 au titre de l'allocation de base et un indu IM3 001 de 980,49 euros pour la période de décembre 2020 à mai 2021 au titre de la prime d'activité ;

2°) d'annuler la décision implicite de rejet de son recours contre ces indus ;

3°) d'enjoindre au directeur de la caisse d'allocations familiales de lui restituer sans délai les sommes retenues, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision :

- a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière et en méconnaissance des exigences des articles L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale, faute de communication du rapport de contrôle de la caisse d'allocations familiales ;

- elle repose sur un contrôle n'ayant pas pris en compte les éléments qu'il a produit ;

- repose sur des faits matériellement inexacts, dès lors que son activité professionnelle ne lui a procuré aucun revenu et que les sommes versées sur son compte personnel ne constituent que des remboursements d'avances consenties à la société SAS Andelle Auto dont il est le gérant.

Par courrier du 31 janvier 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur les conclusions concernant l'allocation de base.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 2023, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que la juridiction administrative n'est pas compétente pour statuer sur l'allocation de base et que les moyens ne sont pas fondés.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme E en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

- la décision par lesquelles la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;

- les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;

- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire aux ménages les plus précaires ;

- le décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à la crise sanitaire aux ménages et aux jeunes de moins de vingt-cinq ans les plus précaires ;

- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique à laquelle aucune partie n'était présente ou représentée, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté ses rapports.

A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 4 novembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a mis à sa charge un indu de 4 885 euros pour la période de juillet 2019 à octobre 2021 au titre de l'allocation au logement à caractère familial, un indu de 1 718,59 euros pour la période de janvier 2021 à octobre 2021 au titre de l'allocation de base, un indu de 980,49 euros pour la période de décembre 2020 à mai 2021 au titre de la prime d'activité, un indu de 152,45 euros au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année 2019, un indu de 228,67 euros au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année 2020, deux indus de 150 euros chacun au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité de mai et novembre 2020 et un indu de revenu de solidarité active socle de 6 358,48 euros afférent à la période d'août 2019 à octobre 2021. Il demande aussi d'annuler la décision du 1er mars 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Maritime a rejeté son recours contre l'indu de revenu de solidarité active et les décisions implicites de rejet de ses recours dirigés contre les autres indus mis à sa charge.

2. Les requêtes enregistrées sous les n°s 2201887, 2201888 et 2202131 sont présentées par le même allocataire, posent des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur l'étendue du litige :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 531-1 du code de la sécurité sociale : " Ouvrent droit à la prestation d'accueil du jeune enfant l'enfant à naître et l'enfant né dont l'âge est inférieur à un âge limite. Cette prestation comprend : () 2° Une allocation de base, versée dans les conditions définies à l'article L. 531-3, visant à compenser le coût lié à l'entretien de l'enfant () ". Aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Les prestations familiales comprennent : 1°) la prestation d'accueil du jeune enfant () ". Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole () ". Aux termes de l'article L. 142-8 du même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 () ".

4. Il résulte de ces dispositions que les litiges relatifs à l'allocation de base, comprise dans la prestation d'accueil du jeune enfant, relèvent du contentieux général de la sécurité sociale et, par suite, de la compétence du tribunal judiciaire, juridiction de l'ordre judiciaire. Les conclusions de la requête afférentes à cette prestation doivent dès lors être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () " Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. () " Aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. " Aux termes de l'article R. 825-1 de ce code : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. () " Aux termes de l'article R. 825-2 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs mentionnés à l'article R. 825-1, après l'avis de la commission de recours amiable. () "

6. Il résulte de l'instruction que la décision du 1er mars 2022 par laquelle le président du conseil départemental a rejeté le recours exercé par M. C contre l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge s'est substituée à la décision du 4 novembre 2021 en tant que celle-ci elle portait cet indu à sa connaissance. La décision du 4 novembre 2021 avait donc disparu de l'ordonnancement juridique avant même que le juge ne soit saisi, en tant qu'elle concernait l'indu de revenu de solidarité active. Il résulte également de l'instruction que M. C a saisi la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime d'un recours contre l'indu de prime d'activité mis sa charge par la décision du 4 novembre 2021. Le silence gardé par la commission sur ce recours de janvier 2022 a fait naitre une décision implicite de rejet qui s'est substituée à la décision du 4 novembre 2021, qui avait disparu de l'ordonnancement juridique avant même que le juge ne soit saisi, en tant qu'elle concernait l'indu de prime d'activité. Il résulte enfin de l'instruction que M. C a saisi la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime d'un recours contre l'indu d'allocation de logement à caractère familial. Le silence gardé sur ce recours de janvier 2022 a fait naître une décision implicite de rejet du directeur de la caisse d'allocations familiales qui s'est substituée à la décision du 4 novembre 2021, qui avait disparu de l'ordonnancement juridique avant même que le juge ne soit saisi, en tant qu'elle concernait l'allocation de logement familial.

Sur le bien-fondé des conclusions :

7. En premier lieu, la décision du 1er mars 2022 de rejet du recours exercé par M. C concernant l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge a été prise par Mme D A, " responsable de l'unité allocations RSA par intérim ", qui disposait, en vertu d'un arrêté du président du département n° 2021-448 du 5 juillet 2021, d'une délégation " à l'effet de signer dans le cadre de ses attributions et compétences, les actes et documents relatifs au domaine () du revenu de solidarité active ", notamment en matière de " recours administratifs préalables obligatoires ".

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale : " Le droit de communication permet d'obtenir, sans que s'y oppose le secret professionnel, les documents et informations nécessaires : () 3° Aux agents des organismes de sécurité sociale pour recouvrer les prestations versées indûment () " et aux termes de l'article L. 114-21 du même code : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande. "

9. Il résulte de l'instruction que M. C a été informé, lors de l'entretien avec le contrôleur de la caisse d'allocations familiales du 23 juin 2021, de l'exercice du droit de communication auprès de la banque dans laquelle il a un compte personnel et mis en mesure d'y répondre et de discuter des crédits bancaires y figurant. Il n'est pas contesté que M. C n'a pas fait valoir d'observations écrites lorsque les conclusions du contrôle lui ont été communiquées en juillet 2021 et qu'il a été destinataire du rapport d'enquête en mai 2022 lorsqu'il en a fait la demande. Enfin, M. C ne fait état d'aucune observation nouvelle qu'il aurait pu soumettre au contrôleur et qui aurait été de nature à influer sur le sens ou la teneur des décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure suivie et de la méconnaissance des exigences des articles L. 114-19 et de la sécurité sociale doit être écarté.

10. En troisième lieu, si M. C soutient qu'il a communiqué au contrôleur de la caisse d'allocations familiales des éléments relatifs à son activité professionnelle, il ne conteste pas sérieusement qu'il n'a pas produit l'ensemble des éléments demandés et qui auraient été de nature à expliquer ses crédits bancaires. Le moyen tiré de ce que les décisions contestées reposeraient sur un contrôle n'ayant pas pris en compte les éléments qu'il a produits doit donc être écarté.

11. En dernier lieu, par les pièces qu'il présente et ses allégations imprécises, M. C, qui ne produit pas la comptabilité de la SAS Andelle Auto dont il est le gérant ni le relevé exhaustif de ses opérations bancaires personnelles et sociales, n'établit pas de corrélation entre les achats qu'il a fait de son compte personnel et les versements sur celui-ci faits par la société. Il ne démontre dès lors pas par la seule attestation d'un expert-comptable, selon laquelle il ne s'est pas versé de rémunération, que les sommes versées sur son compte personnel ne constitueraient que des remboursements d'avances consenties à la société et non des revenus qui devaient être pris en compte pour le calcul de ses droits aux prestations sociales. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que les indus reposeraient sur des faits matériellement inexacts.

12. Il résulte de tout ce qui précède que M. C ne peut saisir le tribunal administratif de conclusions relatives à l'indu d'allocation de base et n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions prises concernant l'indu d'allocation de logement familiale, l'indu de prime d'activité, les indus de primes exceptionnelles de fin d'année au titre des années 2019 et 2020, les indus d'aides exceptionnelles de solidarité au titre des mois de mai et novembre 2020 au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité et de l'indu de revenu de solidarité active socle. Par voie de conséquence, les conclusions qu'il présente à fin d'injonction sous astreinte et au titre des frais d'instance doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête afférentes à l'allocation de base sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Le surplus de la requête n° 2202131 de M. C est rejeté.

Article 3 : Les requêtes n° 2201887 et n° 2201888 sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au département de la Seine-Maritime, à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.

La magistrate désignée,

Signé

H. ELe greffier,

Signé

O. PANNIER CRÉANT

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui les concernent et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N. BOULAY

N°s 2201887, 2201888, 2202131

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions