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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2201942

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2201942

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2201942
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4 ème Chambre
Avocat requérantSIFFERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 mai 2022 et 10 février 2023, la commune de Quillebeuf-sur-Seine, représentée par Me Siffert, demande au tribunal :

1°) de condamner solidairement la SAS Sauval Couverture, la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics, son assureur, la SARL Couvertures artisanales, la société Axa France IARD SA, son assureur, la SELARL Ateliers 6.24, la Mutuelle des architectes et la société Axa France IARD SA, ses assureurs, et la SAS Dekra Industrial, à lui verser une somme de 102 864,17 euros au titre de la reprise des désordres affectant la couverture et l'intérieur des locaux du groupe scolaire Max-Pol Fouché ;

2°) de condamner solidairement la SARL SB Construction, la Caisse de réassurance mutuelle agricole du Centre Manche - Groupama Centre Manche, son assureur, la SELARL Ateliers 6.24, la Mutuelle des architectes et la société Axa France IARD SA, ses assureurs, et la SAS Dekra Industrial, à lui verser une somme de 1 998,19 euros au titre de la réparation des fissures apparues dans les locaux du groupe scolaire Max-Pol Fouché ;

3°) de mettre à la charge solidaire des défendeurs la somme de 17 726 euros au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ;

4°) de mettre à la charge solidaire des défendeurs une somme de 7 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les désordres constatés sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage et à le rendre impropre à sa destination ;

- la société Sauval Couverture, à qui a été confiée la réalisation des travaux de charpente et de couverture, et son sous-traitant, la société Couvertures artisanales, sont responsables des désordres liés aux infiltrations issues de la toiture ;

- la société SB Construction, à qui a été confiée la réalisation des travaux de gros œuvre, est responsable des désordres liés aux fissures dans la poutre d'entrée du bâtiment ;

- la société Ateliers 6.24, maître d'œuvre, et la société Dekra Industrial, chargée du contrôle technique, n'ont pas relevé la mauvaise qualité des soudures au niveau des chêneaux ;

- elle n'a pas fait preuve d'une inertie ayant conduit à l'aggravation des désordres ;

- elle a droit au versement d'une somme de 102 864,17 euros TTC correspondant au coût des travaux de reprise, dont 30 736,19 euros TTC pour le rétablissement de l'étanchéité du bâtiment, 1 998,19 euros TTC pour le traitement des fissures, et 72 127,98 euros pour les travaux de remise en état de l'intérieur des locaux ;

- les dépens s'élèvent à 17 726,15 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2022, la SAS Dekra Industrial, représentée par Me Loctin, associé du cabinet Loctin, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter de la requête de la commune de Quillebeuf-sur-Seine ;

2°) à titre subsidiaire, si sa responsabilité devait être retenue, qu'elle ne soit pas condamnée solidairement, et si elle devait l'être, à hauteur de 5 % au plus, de condamner à la garantir intégralement de toute condamnation prononcée à son encontre :

- pour ce qui concerne les infiltrations provenant de la toiture, la SAS Sauval Couverture, la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics, son assureur, la SARL Couvertures artisanales, la société Axa France IARD SA, son assureur, la SELARL Ateliers 6.24, la Mutuelle des architectes et la société Axa France IARD SA, ses assureurs ;

- pour ce qui concerne la fissure affectant la poutre d'entrée de l'école élémentaire, la SARL SB Construction, la Caisse de réassurance mutuelle agricole du Centre Manche - Groupama Centre Manche, son assureur, la SELARL Ateliers 6.24, la Mutuelle des architectes et la société Axa France IARD SA, ses assureurs.

3°) dire et juger que, dans ses rapports avec les constructeurs, le montant de sa contribution devant rester à sa charge, en particulier en cas de défaillance de l'une des parties, ne pourra excéder 5 % du montant total des condamnations prononcées ou à tout le moins, du montant des condamnations prononcées à son encontre, en application du second alinéa de l'article L. 111-24 du code de la construction et de l'habitation ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Quillebeuf-sur-Seine, in solidum avec toute partie succombante, une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa responsabilité est limitée au cadre prévu par l'article L. 111-24 du code de la construction et de l'habitation ;

- les désordres constatés ne sont pas en lien avec la mission confiée à la société Norisko Construction, aux droits de laquelle elle vient ;

- s'agissant des infiltrations en provenance de la toiture, l'origine des malfaçons dont elles résultent n'est pas rattachable à la mission de contrôle technique et n'aurait pu être détectée à l'occasion d'une visite de contrôle ;

- s'agissant des fissures affectant la poutre d'entrée, elle est apparue en cours de chantier et n'a fait l'objet d'aucune réserve ; il ne peut lui être reproché de ne pas avoir mentionné, dans son rapport final, l'absence de traitement de cette fissure, eu égard au référentiel au regard duquel elle exerce sa mission ;

- le cas échéant, elle ne pourra être condamnée solidairement à réparer les préjudices résultant de l'intégralité des désordres survenus, indépendants l'un de l'autre, en l'absence en outre de démonstration de sa participation à leur survenance ;

- à défaut, la société Sauval Couverture et son assureur, la société Couvertures artisanales et son assureur, et la société Ateliers 6.24 et ses assureurs, doivent être condamnés à la garantir intégralement de toute condamnation prononcée au titre des infiltrations en provenance de la toiture ; il en va de même de la société SB Construction et son assureur, et de la société Ateliers 6.24 et ses assureurs pour toute condamnation prononcée au titre des fissures affectant la poutre d'entrée ; à défaut, sa part de responsabilité ne pourra excéder 5 % des condamnations prononcées.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 septembre 2022, la SARL SB Construction et la Caisse de réassurance mutuelle agricole du Centre Manche - Groupama Centre Manche, son assureur, représentés par la SELARL Vermont - Trestard et Associés, demandent au tribunal :

1°) à titre liminaire, de rejeter les conclusions de la commune de Quillebeuf-sur-Seine en tant qu'elles sont dirigées contre Groupama Centre Manche comme étant présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître ;

2°) à titre principal, de rejeter la requête de la commune de Quillebeuf-sur-Seine ;

3°) à titre subsidiaire, de rejeter toute demande d'appel en garantie et de condamner la SELARL Ateliers 6.24, la Mutuelle des architectes et la SAS Dekra Industrial à garantir la société SB Construction à hauteur de deux tiers de toute condamnation prononcée à son encontre ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Quillebeuf-sur-Seine ou de toute partie succombante, le cas échéant in solidum, les entiers dépens ;

5°) de mettre à la charge de la commune de Quillebeuf-sur-Seine ou de toute partie succombante, le cas échéant in solidum, une somme de 7 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la juridiction administrative n'est pas compétente pour statuer sur les demandes formulées à l'encontre de Groupama Centre Manche ;

- la fissure " en escalier de la maternelle " est apparue en cours de chantier et n'a fait l'objet d'aucune réserve ; elle ne porte pas encore atteinte à la solidité de l'ouvrage alors que le délai de garantie est expiré, l'expert ne précisant en outre pas de délai de survenance ;

- la fissure apparue dans le préau de l'école, que l'expert n'a pas estimée inquiétante, ne porte pas atteinte à la solidité de l'ouvrage, ni ne le rend impropre à sa destination ;

- le cas échéant, la société Atelier 6.24, maître d'œuvre, qui a commis une faute dans son devoir de conseil au maître d'ouvrage, et la société Dekra Industrial, qui a commis une faute en ne mentionnant pas la fissure " en escalier de la maternelle " dans son rapport, doivent être condamnées à les garantir de toute condamnation prononcée à leur encontre, à hauteur de deux tiers.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 septembre 2022, la société Axa France IARD SA, représentée par la SELARL Hercé - Marcille - Poirot-Bourdain, demande au tribunal à être mise hors de cause et qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la commune de Quillebeuf-sur-Seine au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la juridiction administrative n'est pas compétente pour statuer sur les conclusions formées à son encontre ;

- en tout état de cause, elle n'était pas assureur de la société Ateliers 6.24 au moment des travaux.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 février 2023, la SELARL Ateliers 6.24 et la Mutuelle des architectes, son assureur, représentées par la SELARL Patrice Lemiegre, Philippe Fourdrin, Suna Guney et Associés, demandent au tribunal :

1°) à titre liminaire, de rejeter les conclusions de la commune de Quillebeuf-sur-Seine en tant qu'elles sont dirigées contre la Mutuelle des architectes, comme étant présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître ;

2°) à titre principal, de rejeter la requête de la commune de Quillebeuf-sur-Seine ;

3°) à titre subsidiaire, si la responsabilité de la société Ateliers 6.24 devait être retenue, qu'elle ne soit pas condamnée solidairement, et si elle devait l'être, à hauteur de 10 % au plus, de condamner à la garantir intégralement de toute condamnation prononcée à son encontre :

- pour ce qui concerne les infiltrations provenant de la toiture, la SAS Sauval Couverture, la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics, son assureur, la SARL Couvertures artisanales, la société Axa France IARD SA, son assureur, et la SAS Dekra Industrial ;

- pour ce qui concerne la fissure affectant la poutre d'entrée de l'école élémentaire, la SARL SB Construction, la Caisse de réassurance mutuelle agricole du Centre Manche - Groupama Centre Manche, son assureur, et la SAS Dekra Industrial ;

3°) de mettre à la charge de l'ensemble des requérants ou de toute partie succombante une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la juridiction administrative n'est pas compétente pour statuer sur les conclusions formées à l'encontre de la Mutuelle des architectes ;

- la commune de Quillebeuf-sur-Seine n'apporte aucun élément concernant l'imputabilité au maître d'œuvre du désordre lié à la mauvaise qualité des soudures au niveau des cheneaux ; elle ne prend en outre pas en compte le caractère conjoint de la maîtrise d'œuvre ;

- la fissure observée au niveau du préau, jugée non préoccupante, ne relève pas du champ de la garantie décennale ;

- il était impossible au maître d'œuvre de déceler la cause du désordre lié à la mauvaise qualité des soudures, alors qu'elle n'était pas identifiable au moment du chantier, qu'il lui appartient, non de surveiller, mais d'en assurer le suivi et la direction ;

- la commune de Quillebeuf-sur-Seine demande l'indemnisation de travaux, à hauteur de 72 127,98 euros, qui ne sont pas strictement nécessaires à la reprise des désordres ;

- le cas échéant, aucune condamnation solidaire ne peut être prononcée en l'absence de preuve d'une faute commise par la société Ateliers 6.24 ayant concouru à la réalisation de l'intégralité des désordres ;

- le cas échéant, la société Ateliers 6.24 est fondée à demander la condamnation de la société Sauval Couverture et de son assureur, la société Couvertures artisanales et son assureur, et la société Dekra Industrial, au titre du désordre lié aux infiltrations en provenance de la toiture, et celle de la société SB Construction et son assureur, et de la société Dekra Industrial, au titre du désordre lié à la fissure affectant la poutre d'entrée de l'école primaire, à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre, dont elle estime que 10 % au plus du montant des travaux de reprise retenu par l'expert doit rester à sa charge.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 février 2023, la SAS Sauval Couverture, et la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics, son assureur, représentées par la SCP Bali Courquin Jolly Picard, demandent au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter la requête de la commune de Quillebeuf-sur-Seine ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner la société Axa France IARD SA à indemniser la commune de Quillebeuf-sur-Seine à hauteur de la somme fixée par le tribunal ;

3°) à titre infiniment subsidiaire :

- de ramener la somme demandée par la commune de Quillebeuf-sur-Seine à hauteur de 54 152,99 euros TTC, dont 23 416,80 euros TTC correspondant aux travaux de reprise des salles intérieures, 20 % de cette somme, à savoir 4 683,36 euros TTC, devant rester à la charge de celle-ci ;

- de condamner in solidum la SELARL Ateliers 6.24, la Mutuelle des architectes et la société Axa France IARD SA, ses assureurs, à les garantir à hauteur de 40 % de toute condamnation prononcée à leur encontre au titre des désordres affectant la couverture ;

- de condamner in solidum la SARL Couvertures artisanales et la société Axa France IARD SA, son assureur, à les garantir intégralement de toute condamnation prononcée à leur encontre au titre de ces mêmes désordres ;

4°) en toute hypothèse, de rejeter toute demande d'appel en garantie formulée à leur encontre.

Elles soutiennent que :

- la somme demandée par la commune de Quillebeuf-sur-Seine au titre de la reprise des volumes intérieurs doit être ramenée à 23 416,80 euros TTC, selon l'évaluation de l'expert ;

- par son inaction à réaliser les travaux de reprise des désordres pour lesquels elle a été indemnisée par son assureur dommage-ouvrage, la commune de Quillebeuf-sur-Seine a contribué à son aggravation, 20 % du montant des travaux de reprise évalué par l'expert devant rester à sa charge ;

- un devis pour la reprise des cheneaux a été régularisé le 28 septembre 2022 avec une prise en charge de l'assureur dommage-ouvrage de la commune ;

- le cas échéant, la société Sauval Couverture est fondée à demander la condamnation de la société Ateliers 6.24 et de ses assureurs, et de la société Dekra Industrial à la garantir, à hauteur de 40 % de toute condamnation prononcée à son encontre ;

- la société Constructions artisanales, son sous-traitant pour les travaux de couverture, dont la défaillance est établie, ainsi que son assureur, doivent garantir intégralement la société Sauval Couverture de toute condamnation prononcée à son encontre.

La requête a été communiquée à la SARL Couvertures artisanales, représentée par la SELAS MJS Partners, en sa qualité de mandataire chargé de sa liquidation judiciaire, qui n'a pas produit d'observations.

Par courrier du 22 février 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office suivants :

- absence de qualité de constructeur de la société Couvertures artisanales, sous-traitante de la société Sauval Couverture, au sens des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs ;

- incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions à fin d'indemnisation présentées par la commune de Quillebeuf-sur-Seine dirigées contre la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics, assureur de la société Sauval Couverture, au titre de ses obligations de droit privé ;

- incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions à fin d'appel en garantie présentées par la société Ateliers 6.24 et la Mutuelle des architectes, son assureur, et par la société Dekra Industrial, à l'encontre de la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics, assureur de la société Sauval Couverture, au titre de ses obligations de droit privé ;

- incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions à fin d'appel en garantie présentées par la société Sauval Couverture, titulaire du marché, et la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics, son assureur, à l'encontre de son sous-traitant, la société Couvertures artisanales, les deux entreprises étant liées par un contrat de droit privé ;

Vu :

- le rapport du M. A B, expert, enregistré le 1er juillet 2021 ;

- l'ordonnance du 9 septembre 2021 par laquelle le président du tribunal administratif de Rouen a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 17 726,15 euros TTC, dont 2 954,36 euros au titre de la taxe sur la valeur ajoutée, sous déduction de l'allocation provisionnelle de 5 000 euros accordée par ordonnance du 12 mars 2020 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cotraud, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Delacour, rapporteure publique,

- et les observations de Me Siffert, représentant la commune de Quillebeuf-sur-Seine, de Me Alphonse, représentant la société SB Construction et de Me Huet, substituant Me Loctin, pour la société Dekra Industrial.

Les autres parties n'étaient pas présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Par un acte d'engagement du 16 avril 2009, la commune de Quillebeuf-sur-Seine a confié, dans le cadre de la construction du groupe scolaire Max-Pol Fouché, à la société Sauval Couverture, ayant pour sous-traitant la société Couvertures artisanales, le lot " travaux de charpente et de couverture ", à la société SB Construction le lot " gros œuvre " et à la société Norisko Construction, aux droits de laquelle est venue la société Dekra Industrial, le lot " contrôle technique ", la maîtrise d'œuvre ayant par ailleurs été attribuée à la société Ateliers 6.24. Après avoir constaté, au cours de l'année 2015, des infiltrations d'eau, en provenance de la toiture, à l'intérieur des locaux et l'apparition de fissures, la commune de Quillebeuf-sur-Seine a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Rouen qui a, par ordonnance n° 1803886 du 5 février 2019, prescrit une expertise. L'expert a remis son rapport le 1er juillet 2021. La commune de Quillebeuf-sur-Seine demande au tribunal, sur le fondement de la garantie décennale, la condamnation de la société Sauval Couverture, de la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics, son assureur, de la société Couvertures artisanales, de la société Axa France IARD SA, son assureur, de la société Ateliers 6.24, de la Mutuelle des architectes et de la société Axa France IARD SA, ses assureurs, à lui verser une somme de 102 864,17 euros au titre de la reprise des désordres affectant la couverture et l'intérieur des locaux du groupe scolaire Max-Pol Fouché. Elle demande également, sur le même fondement, la condamnation de la société SB Construction, de la Caisse de réassurance mutuelle agricole du Centre Manche - Groupama Centre Manche, son assureur, du maître d'œuvre et de ses assureurs et de la société Dekra Industrial à lui verser une somme de 1 998,19 euros au titre de la réparation des fissures apparues dans les locaux du groupe scolaire Max Pol Fouché.

Sur la compétence de la juridiction administrative :

En ce qui concerne les conclusions à fin d'appel en garantie dirigées contre la société Couvertures artisanales :

2. La société Sauval Couverture demande la condamnation de la société Couvertures artisanales, son sous-traitant, à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre.

3. Toutefois, la compétence de la juridiction administrative, pour connaître des litiges nés de l'exécution d'un marché de travaux publics et opposant des participants à l'exécution de ces travaux ne s'étend pas à l'action en garantie du titulaire du marché contre son sous-traitant avec lequel il est lié par un contrat de droit privé.

4. Il résulte du principe précité, et ainsi que le tribunal l'a relevé d'office, que les conclusions à fin d'appel en garantie présentées par la société Sauval Couverture à l'encontre de son sous-traitant, la société Couvertures artisanales, ne peuvent qu'être rejetées comme étant présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre les assureurs :

5. La commune de Quillebeuf-sur-Seine demande au tribunal que la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics, la société Axa France IARD SA, la Mutuelle des architectes et Groupama Centre Manche soient condamnées solidairement avec leurs assurées respectives à réparer les préjudices résultant des désordres affectant le groupe scolaire Max-Pol Fouché.

6. Si l'action directe ouverte par l'article L. 124-3 du code des assurances à la victime d'un dommage ou à l'assureur de celle-ci subrogé dans ses droits, contre l'assureur de l'auteur responsable du sinistre, tend à la réparation du préjudice subi par la victime, elle se distingue de l'action en responsabilité contre l'auteur du dommage en ce qu'elle poursuit l'exécution de l'obligation de réparer qui pèse sur l'assureur en vertu du contrat d'assurance. Il s'ensuit qu'il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par un assureur au titre de ses obligations de droit privé, alors même que l'appréciation de la responsabilité de son assuré dans la réalisation du fait dommageable relèverait de la juridiction administrative.

7. En premier lieu, il résulte du principe précité, ainsi que l'opposent la société Axa France IARD SA, la Mutuelle des architectes et Groupama Centre Manche, que les conclusions dirigées contre elles par la commune de Quillebeuf-sur-Seine sont présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître. Il en va de même, pour le même motif et comme le tribunal l'a relevé d'office, des conclusions dirigées contre la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics. Il en va également de même des conclusions dirigées, à titre subsidiaire, contre la société Axa France IARD par la société Sauval Couverture.

8. En second lieu, il résulte également du principe précité et ainsi que l'opposent la société Axa France IARD SA, la Mutuelle des architectes et Groupama Centre Manche, que les conclusions à fin d'appel en garantie présentées à leur encontre sont présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître. Il en va de même, comme le tribunal l'a relevé d'office, des conclusions à fin d'appel en garantie dirigées contre la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics.

Sur les désordres constatés :

9. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans.

10. En premier lieu, si la société SB Construction oppose que la fissure affectant le préau, dépourvue de dangerosité et de caractère évolutif, n'a pas été considérée comme inquiétante par l'expert, et qu'elle n'est ainsi pas de nature à porter atteinte à la solidité de l'ouvrage, une telle circonstance est sans incidence dès lors que la commune de Quillebeuf-sur-Seine n'a formé aucune conclusion tendant à ce qu'elle soit indemnisée, sur le fondement de la garantie décennale, au titre de ce désordre.

11. En second lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que la fissure en escalier affectant la maçonnerie de l'école maternelle est apparue pendant le chantier, sans que ce point fasse l'objet d'une quelconque réserve lors de la réception des travaux le 8 février 2011, et qu'elle est, à terme, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage en l'absence de réparation. Si la société SB Construction oppose qu'aucune atteinte de cette nature n'est apparue pendant le délai de dix ans et que l'expert n'a pas été en mesure de préciser une échéance pour sa survenance, elle n'apporte aucun élément de nature à contredire les conclusions de l'expert quant à sa prévisibilité, en dépit de ce que son étendue n'a pas été révélée avant l'expiration du délai de dix ans. Le désordre ne saurait dès lors, pour ce motif, être regardé comme apparent au moment de la réception des travaux.

12. Il résulte de ce qui précède que le désordre décrit au point précédent est de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage. Il présente dès lors, contrairement à ce que soutient la société SB Construction, un caractère de nature à engager la responsabilité décennale du constructeur. Enfin, il n'est au demeurant pas contesté que le désordre lié aux infiltrations d'eau, en provenance de la toiture, affectant les locaux intérieurs, qui est de nature à rendre impropre l'ouvrage à sa destination, présente un même caractère.

Sur l'imputabilité :

13. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la société Couvertures artisanales :

14. La commune de Quillebeuf-sur-Seine demande au tribunal que la société Couvertures artisanales soit condamnée solidairement avec la société Sauval Couverture, la société Ateliers 6.24, la société SB Construction, leurs assureurs respectifs et la société Dekra Industrial à réparer les préjudices résultant des désordres affectant le groupe scolaire Max-Pol Fouché.

15. Toutefois, la société Couvertures artisanales, entreprise sous-traitante de la société Sauval Couverture, pour le lot " travaux de charpente et de couverture ", n'a pas, pour ce motif et ainsi que le tribunal l'a relevé d'office, la qualité de constructeur au sens des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs. Les conclusions présentées par la commune de Quillebeuf-sur-Seine tendant à sa condamnation sur ce fondement ne peuvent dès lors qu'être rejetées.

En ce qui concerne la responsabilité des constructeurs :

S'agissant du désordre lié aux infiltrations en provenance de la toiture :

16. La société Sauval Couverture ne peut utilement soutenir, pour être exonérée de sa responsabilité décennale, qu'il n'est pas établi que l'origine du désordre relève de sa responsabilité exclusive. Il résulte en outre de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, qui n'est pas sérieusement contredit sur ce point en particulier par la société Ateliers 6.24, qui se borne à soutenir que la commune ne démontre pas que les malfaçons étaient décelables lors des travaux, qu'un lien direct a été établi entre les infiltrations d'eau dans les locaux et les malfaçons constatées dans l'exécution de certains éléments de la couverture en zinc de l'ouvrage, causes exclusives du désordre. Dans ces conditions, eu égard aux missions qui leur étaient respectivement confiées, consistant d'une part, en la réalisation des travaux de couverture, et d'autre part, à la maîtrise d'œuvre, le désordre en cause doit être regardé comme imputable à la société Sauval Couverture et à la société Ateliers 6.24.

17. Il résulte en revanche de l'instruction et comme elle le fait valoir, que la société Dekra Industrial s'est seulement vue confier les missions LP et LE, lesquelles ont pour seul objet la vérification de la solidité des ouvrages et des éléments d'équipements dissociables et indissociables. Eu égard au caractère limité, dans cette mesure, de ses missions et dès lors que, ainsi qu'il a été dit au point 12, le désordre en cause a pour effet, non de compromettre la solidité de l'ouvrage, mais de le rendre impropre à sa destination, il ne peut être regardé comme imputable à la société Dekra Industrial.

S'agissant du désordre lié à la fissure affectant la poutre d'entrée de l'école maternelle :

18. La société Dekra Industrial ne peut utilement soutenir, pour être exonérée de sa responsabilité décennale, qu'aucune faute ne peut lui être reprochée dans l'accomplissement de sa mission, laquelle se bornait à vérifier la conformité des travaux aux normes applicables. Eu égard à la mission LP qui lui était confiée, le désordre en cause doit être regardé comme lui étant imputable. Il en va de même pour la société SB Construction, chargé des travaux de gros œuvre, qui ne le conteste d'ailleurs pas.

En ce qui concerne la faute du maître d'ouvrage :

19. La société Sauval Couverture soutient que les désordres sur la toiture ont été causés par le refus persistant de la commune de Quillebeuf-sur-Seine d'en réaliser les travaux de reprise. Toutefois, à la supposer même avérée, la carence de la commune ainsi décrite n'a pu être à l'origine du désordre lié aux infiltrations en provenance de la toiture. La société Sauval Couverture n'est dès lors pas fondée à opposer la faute commise par ce dernier pour s'exonérer de sa responsabilité.

Sur les préjudices :

20. Lorsque la responsabilité décennale des constructeurs est engagée, si le maître d'ouvrage doit recevoir la réparation intégrale des préjudices qu'il a subis, l'indemnisation qui lui est allouée ne doit pas dépasser le montant nécessaire à la réparation du dommage. Il ne peut dès lors être indemnisé que du montant des travaux strictement nécessaires pour rendre l'ouvrage conforme à sa destination.

En ce qui concerne le désordre lié aux infiltrations en provenance de la toiture :

21. La commune de Quillebeuf-sur-Seine fait valoir qu'elle a droit à être indemnisée du montant des travaux de reprise de la couverture, estimés à 30 736,19 euros, et des travaux de remise en état des locaux intérieurs, évalués à 72 127,98 euros TTC.

22. En premier lieu et d'une part, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que les travaux de reprise du pied de clin et de la couvertine sur l'acrotère à l'entrée de l'école maternelle, évalués à 3 252,56 euros TTC, visent à réparer les dommages causés par le désordre lié à la fissure affectant la poutre d'entrée, pour laquelle la société Sauval Couverture n'a pas été mise en cause par la commune. De tels travaux, qui ne concernent ainsi pas la reprise des malfaçons constatées dans la couverture, n'ont dès lors pas pour effet de remédier au désordre en cause. En tout état de cause, la société Sauval Couverture fait valoir qu'un nouveau devis, établi le 19 avril 2021, pour lesdits travaux, à hauteur de 4 015,20 euros TTC, a été accepté par la commune le 28 septembre 2022, avec une prise en charge de son assureur. Celle-ci n'est dès lors pas fondée à demander une indemnisation au titre de ces travaux.

23. D'autre part, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise que le montant des travaux de reprise du désordre lié aux infiltrations a été évalué, lors de l'expertise et de manière contradictoire, à la somme de 50 900,43 euros TTC, dont 27 483,63 euros TTC pour la reprise des malfaçons affectant la couverture et 23 416,80 euros TTC pour la remise en état des locaux intérieurs. La commune, qui ne conteste pas l'estimation des travaux de reprise des malfaçons, se borne, pour les travaux de remise en état des locaux, sans apporter aucune précision complémentaire, à solliciter une indemnisation 72 127,98 euros TTC, correspondant à l'estimation initiale, avant " rapport de vérification " réalisé par l'assureur de la société Sauval Couverture, ayant conduit à la réduction du périmètre des travaux à réaliser. Elle n'apporte ce faisant aucune contradiction à l'évaluation retenue à l'issue de l'expertise, dont il n'y a dès lors pas lieu de s'écarter.

24. La société Sauval Couverture et la société Ateliers 6.24 opposent toutefois que la commune a contribué à l'aggravation des dommages résultant du désordre en cause, d'une part, en ne mettant pas en œuvre les mesures conservatoires préconisées par l'expert et par ses refus réitérés de plusieurs propositions d'indemnisation de son assureur, faisant pourtant suite à des déclarations de sinistre de sa part, le 18 avril 2016 et les 30 novembre, 15 décembre et 26 mars 2018. Toutefois, dès lors que le comportement ainsi décrit de la commune, dont aucune faute n'a été retenue ainsi qu'il a été dit au point 20, a pu, non causer le désordre, mais seulement aggraver les dégradations en résultant à l'intérieur des locaux, il n'est pas de nature à réduire l'indemnisation auquel elle a droit en application du principe rappelé au point 20.

25. Il en résulte que la commune de Quillebeuf-sur-Seine n'est fondée qu'à demander une indemnisation de 50 900,43 euros TTC au titre du désordre en cause.

26. Il résulte de ce qui précède que la commune de Quillebeuf-sur-Seine est fondée à demander, au titre du désordre en cause, la condamnation solidaire de la société Sauval Couverture et de la société Ateliers 6.24 à lui verser la somme de 50 900,43 euros TTC.

En ce qui concerne le désordre lié à la fissure affectant la poutre d'entrée de l'école maternelle :

27. Il résulte de l'instruction, en particulier du devis, établi le 10 avril 2017, par la société SB Construction, que le coût des travaux de reprise du désordre en cause a été évalué à la somme de 1 998,19 euros TTC. La commune de Quillebeuf-sur-Seine est dès lors fondée à se voir indemniser à cette hauteur.

28. Il en résulte de ce qui précède que la commune de Quillebeuf-sur-Seine est fondée à demander, au titre du désordre en cause, la condamnation solidaire de la société SB Construction, de la société Ateliers 6.24 et de la société Dekra Industrial à lui verser la somme de 1 998,19 euros TTC.

Sur les appels en garantie :

29. Un constructeur dont la responsabilité est recherchée par un maître d'ouvrage est fondé à demander à être garanti par un autre constructeur si et dans la mesure où les condamnations qu'il supporte correspondent à un dommage imputable à ce constructeur.

En ce qui concerne le désordre lié aux infiltrations en provenance de la toiture :

30. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le désordre en cause et les dommages en résultant ont été causés par les malfaçons dans l'exécution des travaux de couverture dont la société Sauval Couverture avait la charge et qu'elle avait confiée à la société Couvertures artisanales, son sous-traitant, tant au niveau de la qualité des soudures, rendue aléatoire en l'absence de décapage préalable des éléments en zinc de la couverture, que de la mise en œuvre des éléments de la couverture tels que les éclisses ou les bavettes. Pour écarter toute demande d'appel en garantie de la part de la société Sauval Couverture, la société Ateliers 6.24 allègue, sans apporter aucun commencement de preuve, que les malfaçons précitées n'étaient pas identifiables lors des travaux. Dans ces conditions, eu égard aux défaillances respectives des trois sociétés précitées, dans la réalisation des travaux d'une part, et dans sa mission de surveillance de leur exécution d'autre part, la société Ateliers 6.24 est fondée à être garantie par la société Couvertures artisanales, prise en la personne du mandataire chargé de sa liquidation judiciaire, à hauteur de 90 % de la somme de 50 900,43 euros TTC. En revanche, eu égard à ce qui a été dit au point 17, toute demande d'appel en garantie dirigée contre la société Dekra Industrial doit être rejetée.

31. En second lieu, en l'absence de toute condamnation prononcée à leur encontre au titre du désordre en cause, les demandes d'appel en garantie respectivement présentées par la société Dekra Industrial et la Mutuelle des architectes à l'encontre de la société Sauval Couverture et de la société Couvertures artisanales doivent être rejetées.

En ce qui concerne le désordre lié à la fissure affectant la poutre d'entrée de l'école maternelle :

32. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le désordre en cause affecte un élément du gros œuvre dont la réalisation était confiée à la société SB Construction. En outre, ainsi que celle-ci l'oppose, ce désordre, apparu en cours de chantier et de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage, a fait l'objet d'une unique mention dans le compte-rendu de la réunion de chantier du 15 octobre 2010, sans observation du maître d'œuvre, ni de la société Dekra Industrial, non réitérée par la suite. Il n'a en outre fait l'objet d'aucune mention dans le rapport final de cette dernière, ni d'aucune réserve lors de la réception des travaux. De telles circonstances révèlent une défaillance du maître d'œuvre dans sa mission de surveillance de l'exécution des travaux et dans son devoir de conseil lors de la réception des travaux, ainsi que de la société Dekra Industrial dans sa mission de contrôle technique. La société SB Construction est dès lors fondée à demander à être garantie par la société Ateliers 6.24 à hauteur de 15 % et par la société Dekra Industrial à hauteur de 5 % de la somme de 1 998,19 euros TTC.

33. En second lieu, en l'absence de toute condamnation prononcée à son encontre au titre du désordre en cause, la demande d'appel en garantie présentée par la Caisse de réassurance mutuelle agricole du Centre Manche - Groupama Centre Manche doit être rejetée.

Sur les dépens :

34. Par une ordonnance susvisée du 9 septembre 2021 du président du tribunal administratif, les frais d'expertise ont été taxés et liquidés à hauteur de la somme de 17 726,15 euros TTC et mis à la charge provisoire de la commune de Quillebeuf-sur-Seine. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre lesdits frais à la charge définitive de la société Ateliers 6.24 à hauteur de 1 772,61 euros TTC, de la société Sauval Couverture à hauteur de 7 976,77 euros TTC et de la société SB Construction à hauteur de 7 976,77 euros TTC.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

35. En premier lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Quillebeuf-sur-Seine, qui n'est pas la partie perdante, pour l'essentiel, dans la présente instance, au titre des frais exposés par les autres parties et non compris dans les dépens. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire de la société Sauval Couverture, de la société SB Construction et de la société Ateliers 6.24 une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Quillebeuf-sur-Seine et non compris dans les dépens.

36. En second lieu, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la société SB Construction et son assureur, la société Ateliers 6.24 et son assureur, la société Axa France IARD SA et la société Dekra Industrial au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La société Sauval Couverture et la société Ateliers 6.24 sont condamnées solidairement à verser à la commune de Quillebeuf-sur-Seine la somme de 50 900,43 euros TTC.

Article 2 : La société Couvertures artisanales, prise en la personne du mandataire chargé de sa liquidation judiciaire, garantira à hauteur de 90 % la société Ateliers 6.24 de la somme de 50 900,43 euros TTC. La société Ateliers 6.24 garantira à hauteur de 10 % la société Sauval Couverture de ladite somme.

Article 3 : La société SB Construction, la société Ateliers 6.24 et la société Dekra Industrial sont condamnées solidairement à verser à la commune de Quillebeuf-sur-Seine la somme de 1 998,19 euros TTC.

Article 4 : La société SB Construction garantira à hauteur de 80 % la société Ateliers 6.24 et la société Dekra Industrial de la somme de 50 900,43 euros TTC. La société Ateliers 6.24 garantira à hauteur de 15 % la société SB Construction et la société Dekra Industrial de cette même somme. La société Dekra Industrial garantira à hauteur de 5 % la société SB Construction et la société Ateliers 6.24 de cette même somme.

Article 5 : Les frais d'expertise taxés et liquidés à la somme de 17 726,15 euros sont mis à la charge définitive de la société Ateliers 6.24 à hauteur de 1 772,61 euros TTC, de la société Sauval Couverture à hauteur de 7 976,77 euros TTC et de la société SB Construction à hauteur de 7 976,77 euros TTC.

Article 6 : La société SB Construction et la société Ateliers 6.24 verseront chacune et solidairement une somme de 1 500 euros à la commune de Quillebeuf-sur-Seine au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Les conclusions dirigées contre la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics, la société Axa France IARD SA, la Mutuelle des architectes et Groupama Centre Manche sont rejetées comme étant présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 8 : Les conclusions de la commune de Quillebeuf-sur-Seine dirigées contre la société Couvertures artisanales sont rejetées.

Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 10 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Quillebeuf-sur-Seine, à la SAS Sauval Couverture, à la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics, à la SELAS MJS Partners, en sa qualité de mandataire chargé de sa liquidation judiciaire de la SARL Couvertures artisanales, à la société Axa France IARD SA, à la SELARL Ateliers 6.24, à la Mutuelle des architectes, à la SARL SB Construction, à la Caisse de réassurance mutuelle agricole du Centre Manche - Groupama Centre Manche et à la SAS Dekra Industrial.

Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Van Muylder, présidente,

M. Cotraud, premier conseiller,

Mme Favre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 juin 2024.

Le rapporteur,

Signé : J. Cotraud

La présidente,

Signé : C. Van MuylderLe greffier,

Signé : J.-B. Mialon

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

J.-B. MIALON

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