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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2202089

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2202089

jeudi 3 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2202089
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantBOURDON VINCENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 mai 2022, le 17 août 2022 et le 13 septembre 2022, M. C A, représenté par Me Lerioux, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner in solidum le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Rouen et son assureur, AGRM AM TRUST, à lui verser la somme provisionnelle de 30 000 euros à valoir sur ses préjudices, majorée des intérêts de droit à compter de la date de la saisine de la Commission de Conciliation et d'Indemnisation des accidents médicaux (CCI), avec capitalisation des intérêts échus à compter de cette même date ;

2°) de condamner le CHU de Rouen et son assureur, AGRM AM TRUST, à lui verser une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'aux entiers dépens au sens des dispositions de l'article R. 761-1 du même code.

M. A soutient que :

- il ressort du rapport d'expertise que l'infection qu'il a contractée est de nature nosocomiale, ce qui n'est pas contesté par le CHU de Rouen ;

- en l'absence de consolidation de son état de santé, la réparation des conséquences dommageables de cette infection incombe au CHU de Rouen, dès lors qu'il n'est pas établi que le taux de déficit fonctionnel permanent imputable à l'infection sera supérieur à 25% et que le législateur a prévu un recours subrogatoire contre l'ONIAM ;

- il peut prétendre à l'indemnisation de ses préjudices temporaires comme suit :

* 2 280 euros au titre de frais divers ;

* 17 130,36 euros au titre de l'assistance par tierce personne à titre temporaire ;

* au moins 2 300 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire partiel ;

* au moins 10 000 euros au titre des souffrances endurées ;

* au moins 5 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;

- il peut donc prétendre à une provision totale à hauteur de 30 000 euros.

Par des mémoires, enregistrés le 9 juin 2022 et le 6 juillet 2022, la Caisse primaire d'assurance-maladie (CPAM) de l'Eure, représenté par Me Bourdon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner in solidum le CHU de Rouen et la société AMTRUST INTERNATIONAL UNDERWRITERS DAC à lui verser à titre provisionnel une somme de 44 400,81 euros au titre de ses débours provisoires, outre intérêts et capitalisation de droit à compter du jugement à intervenir ;

2°) de condamner in solidum le CHU de Rouen et la société AMTRUST INTERNATIONAL UNDERWRITERS DAC à lui verser le montant maximum de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L 454-1 du code de la sécurité sociale et la somme de 1 200 euros par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de condamner in solidum le CHU de Rouen et la société AMTRUST INTERNATIONAL UNDERWRITERS DAC aux entiers dépens.

La CPAM de l'Eure soutient que :

- il ressort du rapport d'expertise que l'infection qu'il a contractée est de nature nosocomiale et il s'en évince une responsabilité sans faute à la charge de l'établissement de soins ;

- le CHU de Rouen ne peut s'exonérer de sa responsabilité qu'au bénéfice de la démonstration d'une cause étrangère, ce qui a été écarté par les experts ;

- si à l'avenir, la charge de l'indemnisation définitive bascule vers l'ONIAM, le code de la santé publique prévoit expressément le remboursement des sommes antérieurement allouées par provision ;

- elle reprend intégralement à son compte l'argumentation développée par le requérant ;

- ses débours s'élèvent à 44 400,81 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2022, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Saidji, conclut à sa mise hors de cause et à ce que soit statué ce que de droit sur les dépens.

L'ONIAM soutient que :

- aucune demande de condamnation n'est dirigée à son encontre ;

- dès lors qu'il existe de sérieuses contestations sur le principe même d'une obligation d'indemnisation par l'ONIAM, aucune demande de provision ne pourra être dirigée contre lui ;

- en l'absence d'un déficit fonctionnel permanent supérieur à 25%, l'ONIAM n'a pas à intervenir en réparation des conséquences dommageables de l'infection et l'obligation d'indemnisation fait l'objet de contestations sérieuses.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 juillet 2022, le 6 septembre 2022, le 4 octobre 2022, le CHU de Rouen, la société AMTRUST France et la société AMTRUST INTERNATIONAL UNDERWRITERS DAC, représentés par Me Fort-Ortet, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) à titre liminaire, d'ordonner la mise hors de cause de la société AMTRUST France et d'accueillir l'intervention volontaire de la société AMTRUST INTERNATIONAL UNDERWRITERS DAC ;

2°) à titre principal, de rejeter la demande de provision formulée par M. A et la CPAM de l'Eure à leur encontre ;

3°) de rejeter les demandes formulées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

4°) à titre subsidiaire, de fixer la provision de M. A à la somme de 18 000 euros et de rejeter la demande de provision de la CPAM de l'Eure en l'absence de communication des justificatifs des frais avancés.

Le CHU de Rouen et la société AMTRUST INTERNATIONAL UNDERWRITERS DAC soutiennent que :

- la société AMTRUST France doit être mise hors de cause dès lors qu'elle n'est qu'un intermédiaire entre les établissements et la société AMTRUST INTERNATIONAL UNDERWRITERS DAC, assureur du CHU ;

- dès lors qu'en vertu des dispositions légales l'ONIAM ne peut être tenu à indemniser la CPAM des sommes versées à un patient du fait des conséquences d'un accident médical non fautif ou d'une infection nosocomiale dont le taux de déficit fonctionnel permanent est supérieur à 25%, l'assureur de l'établissement condamné au paiement d'une provision à valoir sur la créance définitive de la CPAM ne dispose donc d'aucun recours à l'encontre de l'ONIAM pour obtenir le remboursement des sommes versées à la CPAM si le déficit fonctionnel permanent est finalement supérieur à 25% ;

- aucune disposition ne désigne de débiteur pour l'indemnisation des préjudices temporaires d'un patient qui a contracté une infection nosocomiale, en l'absence de toute faute de l'établissement, dont les conséquences permanentes ne sont pas évaluables ; en l'espèce, en l'absence de consolidation, la demande de provision est sérieusement contestable, dès lors que le débiteur de la charge indemnitaire ne peut être déterminé ;

- les demandes de provision au titre de besoin d'assistance en tierce personne par le requérant prennent en compte l'évaluation globale et non celle uniquement en lien avec la survenue d'une infection nosocomiale ; le montant alloué ne saurait être supérieur à 6 233,50 euros ;

- le montant de l'indemnisation au titre du déficit fonctionnel temporaire ne saurait être supérieur à 1 691, 60 euros ;

- le montant de l'indemnisation au titre des souffrances endurées ne saurait être supérieur à 6 000 euros ;

- le montant de l'indemnisation au titre du préjudice esthétique temporaire ne saurait être supérieur à 1 500 euros ;

- aucun élément ne permet d'établir que les frais médicaux et de transport évoqués par la CPAM de l'Eure sont exclusivement en lien avec la survenue de l'infection nosocomiale ;

- l'expertise médicale permet de déduire le caractère mal fondé du montant des indemnités journalières sollicité par la CPAM de l'Eure ; le montant en lien avec l'infection nosocomiale est de 17 197,88 euros.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".

2. Il résulte de l'instruction que M. A a été victime, le 18 novembre 2019, d'un accident du travail, occasionnant une fracture fermée complexe de l'extrémité supérieure du tibia gauche. Il a fait l'objet, le 19 novembre 2019, au centre hospitalier universitaire (CHU) de Rouen d'une opération. Le 28 novembre 2019, une ponction chirurgicale de l'articulation du genou gauche était effectuée et les résultats des analyses bactériologiques confirmaient l'existence d'une infection à staphylocoque doré. Malgré une bi-antibiothérapie, un lavage chirurgical a dû être effectué le 2 décembre 2019 avec ablation du matériel d'ostéosynthèse et du fixateur externe. Le 11 décembre 2019, M. A a subi une nouvelle opération pour un second lavage dû à une évolution locale défavorable. Une antibiothérapie a été mise en place jusqu'au 30 janvier 2020 et, le 28 mai 2020, a été constatée l'existence d'une pseudarthrose du plateau tibial et un effondrement complet du pilier interne, le genou étant subluxé en externe avec une déformation en varus très importante. A été évoquée avec M. A la possibilité d'une arthrodèse, risquée compte tenu du contexte infectieux, ou bien de la pose d'une prothèse avec risque d'une amputation. Le 21 septembre 2020, le requérant a déposé une demande d'indemnisation auprès de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI) de Normandie. Le rapport des experts désignés par la CCI a été déposé le 4 mai 2021. En septembre 2021, M. A a bénéficié de la mise en place d'une prothèse totale du genou au CHU de Caen. Par la présente requête, il demande au juge des référés de condamner le CHU de Rouen à lui verser une provision de 30 000 euros en raison de l'infection contractée au CHU de Rouen.

Sur " l'intervention " de la société AMTRUST INTERNATIONAL UNDERWRITERS DAC :

3. Le mémoire de la société AMTRUST INTERNATIONAL UNDERWRITERS DAC du 5 juillet 2022 doit être regardé, non comme un mémoire en intervention, mais comme un mémoire en défense, dès lors que cette dernière est en réalité l'assureur du CHU de Rouen.

Sur la demande de mise hors de cause de la société AMTRUST France :

4. La société AMTRUST France demande à être mise hors de cause en faisant valoir, sans être contredite, qu'elle n'est pas l'assureur du CHU de Rouen mais un intermédiaire d'assurance. Dans ces circonstances, il y a lieu de faire droit à sa mise hors de cause.

Sur la demande de mise hors de cause de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) :

5. L'ONIAM peut se voir mettre d'office à sa charge, y compris par le juge des référés, l'indemnisation des dommages ayant résulté d'une infection nosocomiale si les conditions prévues par le code de la santé publique sont remplies. Dans ces conditions, eu égard à la nature des débats dans la présente instance, il n'y a pas lieu de mettre l'ONIAM hors de cause quand bien même aucune conclusion n'est formulée à son encontre.

Sur la demande de provision :

6. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. /Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire () ". Aux termes de l'article D 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. / Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. / A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ; 2° Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence. ".

7. Aux termes de l'article L. 1142-1-1 du même code : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25% déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ;/ () ". Aux termes, en outre, de l'article L. 1142-22 du même code : " l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est un établissement public à caractère administratif de l'Etat, placé sous la tutelle du ministre chargé de la santé. Il est chargé de l'indemnisation au titre de la solidarité nationale dans les conditions définies au II de l'article L. 1142-1, à l'article L. 1142-1-1 et à l'article L. 1142-17, des dommages occasionnés par la survenue d'un accident médical, d'une affection iatrogène ou d'une infection nosocomiale ainsi que des indemnisations qui lui incombent, le cas échéant, en application des articles L. 1142-15, L. 1142-18 et L. 1142-24-7 ".

8. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport des experts désignés par la CCI de Normandie que M. A a présenté une infection à staphylocoque doré au décours de l'intervention subie au CHU de Rouen le 19 novembre 2019 en vue d'une opération de son genou gauche. Il n'est pas contesté que, ainsi que l'ont estimé les experts, cette infection n'était ni présente ni en incubation au début de la prise en charge et qu'elle n'a aucune autre origine que celle-ci. Cette infection présente donc, en l'état de l'instruction, un caractère nosocomial. Aucune faute dans la prise en charge du patient n'est retenue ni alléguée. Il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas allégué, que l'infection nosocomiale subie par M. A pourrait être regardée comme une conséquence anormale au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci, au sens du II de l'article L 1142-1 du code de la santé publique. Dès lors, l'infection nosocomiale dont a été victime le requérant paraît de nature à engager la responsabilité du CHU de Rouen sur le fondement du I de l'article L 1142-1 du code de la santé publique ou celle de l'ONIAM, sur le fondement de l'article L 1142-1-1 du code de la santé publique, dans le cas où le taux de son déficit fonctionnel permanent serait supérieur à 25%. Toutefois, les experts désignés par la CCI de Normandie n'ont pas fixé le taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique en raison de l'absence de consolidation de l'état de santé de M. A et n'ont même pas fourni d'indication sur ce qu'il pourrait être. Si le requérant soutient que la pose de prothèse totale du genou réalisée en septembre 2021 au CHU de Caen n'a été suivie d'aucune amputation, cette seule circonstance ne permet pas d'établir le pourcentage du déficit fonctionnel permanent. L'état de l'instruction ne permet donc pas de déterminer avec certitude le débiteur de l'indemnité. Ainsi, en l'état de l'instruction, et eu égard à l'office du juge des référés statuant sur le fondement de l'article R 541-1 du code de justice administrative, l'obligation pour le CHU de Rouen d'indemniser M. A n'apparaît pas être non sérieusement contestable. Par suite, la demande de provision de M. A doit être rejetée, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du CHU de Rouen et de son assureur sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. De même doivent, en tout état de cause, être rejetées les conclusions tendant à ce que le CHU de Rouen et son assureur supportent la charge des dépens.

9. Il résulte de ce qui précède et pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, que la demande de provision de la CPAM de l'Eure doit être rejetée, ainsi que, par voie de conséquences, ses conclusions aux fins que la somme de 1 200 euros soit mise à la charge du CHU de Rouen et de son assureur sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que celle relatives aux dépens et celles tendant à obtenir le montant maximum de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L 454-1 du code de la sécurité sociale.

O R D O N N E :

Article 1er : La société AMTRUST France est mise hors de cause.

Article 2 : Les conclusions de l'ONIAM aux fins d'être mis hors de cause sont rejetées.

Article 3 : La requête de M. C A est rejetée.

Article 4 : Les conclusions de la CPAM de l'Eure sont rejetées.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Eure, au centre hospitalier universitaire de Rouen, à la société AMTRUST INTERNATIONAL UNDERWRITERS DAC, à la société AMTRUST France et à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

Fait à Rouen, le 3 novembre 2022.

La juge des référés,

A. B

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2202089

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