lundi 30 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202347 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | INTER-BARREAUX EMO AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires enregistrés les 8 juin 2022, 3 juillet 2023, 16 avril et 15 mai 2025, la SAS Mongrenier, représentée par la SCP Emo Avocats, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 14 avril 2022 par laquelle le maire de la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs a refusé de procéder aux opérations de levée des réserves dans le cadre de l'exécution du lot n° 7 " Menuiseries extérieures aluminium - serrurerie " du marché public de travaux visant à la réhabilitation et l'extension de l'école Louis Pergaud ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs de réaliser lesdites opérations et de lui notifier un procès-verbal de levée des réserves dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de condamner la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs à lui verser une somme de 9 600 euros au titre du solde du lot n° 7, découlant du décompte général tacite et définitif, né au plus tard le 20 mai 2021, avec révisions de prix définitives, assortie des intérêts moratoires au taux égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations de refinancement les plus récentes, majoré de huit points de pourcentage, à compter du 5 juin 2021, eux-mêmes capitalisés, ainsi qu'une somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de recouvrement ;
4°) de rejeter les demandes reconventionnelles présentées par la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 14 avril 2022 refusant procéder aux opérations de levée des réserves doit être annulée dès lors qu'elle a levé l'ensemble des relèves formulées ;
- un décompte général du marché étant tacitement intervenu, en application de l'article 13 du cahier des clauses administratives générales, et devenu définitif au plus tard le 20 mai 2021, elle a droit au règlement de son solde, à hauteur de 9 600 euros TTC, à assortir des intérêts prévus en cas de retard de paiement à l'article 8.3 du cahier des clauses administratives particulières ;
- les demandes reconventionnelles de la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs doivent être rejetées, en ce qui concerne les pénalités de retard, du fait du caractère définitif du décompte général tacite, et, à défaut, en ce qui concerne le préjudice de jouissance, dans le cadre d'une compensation des créances, en l'absence de toute justification de son existence.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 19 juin 2023 et 13 mai 2025, la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs, représentée par la SCP Lenglet Malbesin et Associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de rejeter les conclusions de la requête de la société Mongrenier tendant à l'annulation du 14 avril 2022 refusant de procéder aux opérations de levée des réserves, ainsi que les conclusions tendant à ce qu'il lui soit enjoint de les réaliser ;
2°) de condamner la société Mongrenier à lui verser une somme de 15 000 euros au titre des pénalités de retard ou à défaut, à titre de dommages et intérêts ;
3°) d'ordonner la compensation avec le solde du marché ;
4°) de mettre à la charge de la société Mongrenier la somme de 7 635,56 euros TTC au titre des dépens ;
5°) de mettre à la charge de la société Mongrenier une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il appartiendra à la société Mongrenier de démontrer qu'elle a transmis l'ensemble des documents prévus à l'article 13.4.4 du cahier des clauses administratives générales ;
- en l'absence de décompte général tacite et définitif, il appartiendra au tribunal de fixer le montant des pénalités de retard dues par la société Mongrenier à hauteur de la somme 15 000 euros, qui ne paraît pas excessif ;
- si le tribunal devait considérer qu'un tel décompte est intervenu, elle aurait droit à se voir verser une telle somme à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice de jouissance subi du fait du désordre affectant l'ouvrage tenant au défaut d'isolation acoustique ;
- cette créance devra faire l'objet d'une compensation avec la somme due à la société requérante au titre du solde du marché ;
- les dépens s'élèvent à la somme de 7 635,56 euros TTC.
Par un courrier du 21 mai 2025, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la société Mongrenier tendant à l'annulation de la décision du 14 avril 2022 par laquelle le maire de la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs a refusé de procéder aux opérations de levée des réserves, et des conclusions à fin d'injonction dont elles sont assorties, dès lors qu'il n'appartient pas au juge du contrat d'annuler une telle mesure d'exécution du contrat.
Vu :
- le rapport de M. A, expert, enregistré le 8 janvier 2025 ;
- l'ordonnance du 17 janvier 2025 par laquelle le président du tribunal administratif de Rouen a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 7 635,56 euros TTC, dont 1 253,32 euros au titre de la taxe sur la valeur ajoutée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- l'arrêté du 8 septembre 2009 modifié portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cotraud, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Delacour, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gillet, représentant la société Mongrenier, et de Me Piot, représentant la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement du 27 mars 2019, la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs a confié à la SAS Mongrenier, dans le cadre du marché public de travaux visant à la réhabilitation et l'extension de l'école Louis Pergaud, le lot n° 7 " Menuiseries extérieures aluminium - serrurerie ", pour un montant de 336 572 euros HT. Les travaux ont été réceptionnés avec réserves le 2 février 2021. La société Mongrenier s'est vue notifier, le 15 mars 2021, le procès-verbal de réception des travaux, avec réserves, et a été invitée à présenter ses observations. Par trois courriers du même jour, reçus le 17 mars, ladite société a adressé au maître d'ouvrage, au maître d'ouvrage délégué et au maître d'œuvre un projet de décompte final, avec un solde créditeur de 42 086,70 euros TTC. Par trois courriers du 4 mai 2021, reçus le 5 mai, la société Mongrenier a adressé à ces mêmes personnes un projet de décompte général et les a mises en demeure de lui notifier le décompte général sous dix jours. Par un courrier du 29 juin 2021, la société Eure Aménagement Développement, maître d'ouvrage délégué, a informé la société Mongrenier du rejet de son projet de décompte général le 22 mai 2021 sur la plateforme Chorus. Après versement, par la commune, à la société Mongrenier, le 15 juin 2021, d'une somme de 32 486,70 au titre d'une partie du solde du marché, cette dernière a ramené le solde réclamé à la somme de 9 600 euros TTC et a mis en demeure le maître d'ouvrage, le maître d'ouvrage délégué et le maître d'œuvre de la lui régler par un courrier du 23 juin 2021, reçu le 24 juin. Par un courrier du 20 janvier 2022, le maître d'œuvre a sollicité de la société Mongrenier la transmission d'un projet de décompte final. Par un courrier du 2 février 2022, reçu le 4 février, cette dernière lui a opposé l'existence d'un décompte général tacite devenu définitif. Par un courrier du 7 avril 2022, reçu le 8 avril, cette même société a par ailleurs mis en demeure la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs de lui adresser un procès-verbal de levée des réserves. Par une décision du 14 avril 2022, le maire de ladite commune a rejeté cette demande. La société Mongrenier demande au tribunal l'annulation de cette décision et la condamnation de cette commune à lui régler le solde du marché, à hauteur de 9 600 euros TTC.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. Le juge du contrat, saisi par une partie d'un litige relatif à une mesure d'exécution d'un contrat, peut seulement, en principe, rechercher si cette mesure est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à indemnité. Toutefois, une partie à un contrat administratif peut, eu égard à la portée d'une telle mesure d'exécution, former devant le juge du contrat un recours de plein contentieux contestant la validité de la résiliation de ce contrat et tendant à la reprise des relations contractuelles. Elle doit exercer ce recours, y compris si le contrat en cause est relatif à des travaux publics, dans un délai de deux mois à compter de la date à laquelle elle a été informée de la mesure de résiliation.
3. En raison de l'objet même de cette demande, la société Mongrenier n'est pas recevable, en vertu du principe précité, à demander au tribunal d'annuler la décision du 14 avril 2022 par laquelle le maire de la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs a refusé de procéder aux opérations de levée des réserves dans le cadre de l'exécution du lot n° 7 " Menuiseries extérieures aluminium - serrurerie " du marché public de travaux visant à la réhabilitation et l'extension de l'école Louis Pergaud. Les conclusions en cause ne peuvent par suite qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant au paiement du solde du marché :
4. Si le cahier des clauses administratives particulières du marché en litige, qui ne mentionne pas, dans les pièces contractuelles, le cahier des clauses administratives générales approuvé par l'arrêté du 8 septembre 2009 susvisé, n'y fait référence qu'à certains de ses articles, les parties, en prévoyant, à son article 15, une liste limitative de dérogations aux stipulations de celui-ci, doivent être regardées comme n'ayant entendu y déroger que dans cette seule mesure.
En ce qui concerne l'intervention d'un décompte général tacite définitif :
5. Aux termes de l'article 13 du cahier des clauses administratives générales des marchés publics de travaux, auquel renvoie l'article 8.1 du cahier des clauses administratives particulières du marché en litige : " () / Demande de paiement finale : / 13.3.1. Après l'achèvement des travaux, le titulaire établit le projet de décompte final () / 13.3.2. Le titulaire transmet son projet de décompte final, simultanément au maître d'œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur, par tout moyen permettant de donner une date certaine, dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux telle qu'elle est prévue à l'article 41.3 ou, en l'absence d'une telle notification, à la fin de l'un des délais de trente jours fixés aux articles 41.1.3 et 41.3. () / 13.4. Décompte général - Solde : / 13.4.1. Le maître d'œuvre établit le projet de décompte général () / 13.4.2. Le projet de décompte général est signé par le représentant du pouvoir adjudicateur et devient alors le décompte général. / Le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire le décompte général à la plus tardive des deux dates ci-après : / - trente jours à compter de la réception par le maître d'œuvre de la demande de paiement finale transmise par le titulaire ; / - trente jours à compter de la réception par le représentant du pouvoir adjudicateur de la demande de paiement finale transmise par le titulaire. () / 13.4.4. Si le représentant du pouvoir adjudicateur ne notifie pas au titulaire le décompte général dans les délais stipulés à l'article 13.4.2, le titulaire notifie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, un projet de décompte général signé, composé : / - du projet de décompte final tel que transmis en application de l'article 13.3.1 ; / - du projet d'état du solde hors révision de prix définitive, établi à partir du projet de décompte final et du dernier projet de décompte mensuel, faisant ressortir les éléments définis à l'article 13.2.1 pour les acomptes mensuels ; / - du projet de récapitulation des acomptes mensuels et du solde hors révision de prix définitive. / Dans un délai de dix jours à compter de la réception de ces documents, le représentant du pouvoir adjudicateur notifie le décompte général au titulaire. Le décompte général et définitif est alors établi dans les conditions fixées à l'article 13.4.3. / Si, dans ce délai de dix jours, le représentant du pouvoir adjudicateur n'a pas notifié au titulaire le décompte général, le projet de décompte général transmis par le titulaire devient le décompte général et définitif. / Le décompte général et définitif lie définitivement les parties, sauf en ce qui concerne les montants des révisions de prix et des intérêts moratoires afférents au solde. Le cas échéant, les révisions de prix sont calculées dans les conditions prévues à l'article 13.4.2. () ".
6. Il résulte de l'instruction, et n'est d'ailleurs pas sérieusement contesté par la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs, que, par un courrier du 15 mars 2021, reçu le 17 mars par cette dernière, ainsi que par le maître d'ouvrage délégué et le maître d'œuvre, la société Mongrenier a transmis son projet de décompte final. Faute d'avoir reçu notification d'un décompte général dans un délai de trente jours et par un courrier du 4 mai 2021, reçu par ces mêmes derniers le 5 mai, ladite société leur a transmis un projet de décompte général composé des documents mentionnés à l'article 13.4.4 du cahier des clauses administratives générales et les a mis en demeure de lui adresser un décompte général dans un délai de dix jours. Faute d'une telle notification dans ce délai et en application des stipulations précitées de l'article 13.4.4, le projet de décompte général transmis par la société Mongrenier est devenu le décompte général et définitif, ainsi qu'elle le soutient.
7. Dans ces conditions, en l'absence de contestation du montant du solde du marché et compte tenu du versement, le 15 juin 2021, par la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs d'une somme de 32 486,70 euros, la société Mongrenier est fondée à demander la condamnation de ladite commune à lui verser une somme de 9 600 euros TTC correspondant au solde du marché restant dû par celle-ci.
En ce qui concerne les intérêts moratoires et l'indemnité forfaitaire de recouvrement :
8. Aux termes de l'article 8 du cahier des clauses administratives particulières : " Les sommes dues au(x) titulaire(s) seront payées dans un délai global de 30 jours à compter de la date de réception des demandes chez EAD. Les paiements ont lieu les 15 et 30 de chaque mois. () / En cas de retard de paiement, le titulaire a droit au versement d'intérêts moratoires, ainsi qu'à une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement d'un montant de 40 €. Le taux des intérêts moratoires est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage ".
9. D'une part et en premier lieu, la société Mongrenier a droit aux intérêts moratoires sur la somme de 9 600 euros, mentionnée au point 7, au taux appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, majoré de huit points de pourcentage, à compter du 4 juin 2021.
10. En second lieu, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 8 juin 2022. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 4 juin 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
11. D'autre part et en l'absence de paiement du solde du marché dans son intégralité dans le délai prévu par les stipulations précitées, la société Mongrenier a droit au versement de l'indemnité forfaitaire de 40 euros que ces dernières prévoient.
Sur les conclusions reconventionnelles de la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs :
12. L'ensemble des opérations auxquelles donne lieu l'exécution d'un marché public est compris dans un compte dont aucun élément ne peut être isolé et dont seul le solde arrêté lors de l'établissement du décompte général et définitif détermine les droits et obligations définitifs des parties. L'ensemble des conséquences financières de l'exécution du marché sont retracées dans ce décompte même lorsqu'elles ne correspondent pas aux prévisions initiales. Il revient notamment aux parties d'y mentionner les conséquences financières de retards dans l'exécution du marché ou de manquements de son titulaire à ses obligations contractuelles.
13. Il appartient au juge du contrat, en l'absence de décompte général devenu définitif, de statuer sur les réclamations pécuniaires présentées par chacune des deux parties pour déterminer le solde de leurs obligations contractuelles respectives.
14. Un décompte général tacite et définitif étant intervenu, ainsi qu'il a été dit au point 6 et que l'oppose la société Mongrenier, la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs n'est pas fondée à demander que cette dernière soit condamnée à lui verser des pénalités au titre du retard dans la levée des réserves, ni à une indemnisation au titre du préjudice de jouissance sur le fondement de la responsabilité contractuelle, qui doit être regardée comme étant celle invoquée.
Sur les dépens :
15. Par une ordonnance susvisée du 17 janvier 2025 du président du tribunal administratif, les frais d'expertise ont été taxés et liquidés à hauteur de la somme de 7 635,56 euros TTC et mis à la charge provisoire de Saint-Pierre-des-Fleurs.
16. Les dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les frais d'expertise soit mis à la charge de la société Mongrenier, qui ne peut être regardée comme perdante pour l'essentiel dans la présente instance. Il y a dès lors lieu de maintenir lesdits frais à la charge définitive de la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Mongrenier, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs et non compris dans les dépens. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de cette dernière une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Mongrenier et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Saint-Pierre-des-Fleurs est condamnée à verser à la société Mongrenier une somme globale de 9 640 euros TTC. La somme de 9 600 euros TTC portera intérêts moratoires, eux-mêmes capitalisés, dans les conditions fixées aux points 9 et 10.
Article 2 : Les frais d'expertise taxés et liquidés à la somme de 7 635,56 euros TTC sont maintenus à la charge définitive de la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs.
Article 3 : La commune de Saint-Pierre-des-Fleurs versera à la société Mongrenier une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Mongrenier et les conclusions présentées par la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Mongrenier et à la commune de Saint-Pierre-des-Fleurs.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Van Muylder, présidente,
M. Armand, premier conseiller,
M. Cotraud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 30 juin 2025.
Le rapporteur,
Signé : J. Cotraud
La présidente,
Signé : C. Van MuylderLe greffier,
Signé : J.-B. Mialon
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J.-B. MIALON
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026