jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202447 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | NORMAND & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 juin 2022 et 20 juillet 2023, Mme B C née D E (ci-après Mme D E), représentée par Me Coté, demande au tribunal :
1) de condamner la Métropole Rouen Normandie à lui verser la somme de 38 194,22 euros ainsi que les intérêts au taux légal à compter du 5 avril 2022 en réparation du préjudice causé par des travaux menés par la Métropole sur le réseau d'eau ;
2) de condamner la Métropole Rouen Normandie aux dépens et de mettre à sa charge la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a la qualité de tiers à un travail public ;
- elle a subi un dommage accidentel ;
- elle justifie de son préjudice dans les conditions exposées par l'expert, sans qu'il y ait lieu d'appliquer un coefficient de vétusté.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2023, la Métropole Rouen Normandie, représentée par Me Cariou, indique ne pas contester le principe de sa responsabilité mais demande au tribunal de ramener les prétentions indemnitaires de la requérante à de plus justes proportions et conclut au rejet de la demande de frais d'instance.
Elle fait valoir que les travaux seront à l'origine d'un embellissement constitutif d'un enrichissement sans cause.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions de Mme D E tendant à mettre en jeu la responsabilité de la Métropole Rouen Normandie, la requérante ayant la qualité d'usagère du service public de distribution d'eau, qui revêt un caractère industriel et commercial.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mulot, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Dujardin, rapporteur public ;
- et les observations de Me Dagonat, avocat de la Métropole Rouen Normandie.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que M. et Mme C étaient, jusqu'au décès de M. C survenu en novembre 2021, propriétaires occupants d'une maison d'habitation située rue de Gessard sur le territoire de la commune de Rouen. La Métropole Rouen Normandie a effectué le 30 mars 2021 des travaux urgents de réparation de fuites constatées sur le réseau d'eau dans l'impasse Gessard, à l'angle adjacent de la rue du même nom. Ces travaux ayant entrainé des désordres sur la propriété des époux C et notamment l'affaissement du mur et du muret d'enceinte, la Métropole a procédé à des travaux de sécurisation. Un constat d'huissier a été établi à la demande de la requérante et de son défunt mari le 16 août 2021 et, le 8 septembre suivant, ils ont saisi la juge des référés du tribunal qui, par une ordonnance du 9 novembre 2021, a désigné M. A en qualité d'expert.
2. Sur la base des conclusions du rapport, Mme D E demande au tribunal de condamner la Métropole Rouen Normandie à l'indemniser des préjudices nés de l'intervention des services sur le réseau d'eau.
Sur les conclusions principales :
3. D'une part, il résulte des dispositions des articles L. 2224-7-1 et L. 2224-11 du code général des collectivités territoriales que le service public de distribution d'eau revêt le caractère d'un service public industriel et commercial.
4. D'autre part, si les collectivités publiques doivent, quelle que soit la nature du service public qu'elles assurent, réparer les dommages causés aux tiers par les ouvrages dont elles ont la charge et si la responsabilité qu'elles encourent ainsi, même en l'absence de toute faute relevée à leur encontre, ne peut être appréciée que par la juridiction administrative, il n'appartient pas, en revanche, à ladite juridiction de connaître des dommages imputables aux ouvrages ou travaux dont s'agit et d'apprécier la responsabilité encourue à raison de vices dans leur conception, leur exécution ou leur entretien lorsque ces dommages ont été causés à un usager d'un service public industriel et commercial par une personne collaborant à l'exécution de ce service et à l'occasion de la fourniture de la prestation due par le service audit usager. Dans ce cas, en raison de la nature juridique des liens existant entre les services publics industriels et commerciaux et leurs usagers, lesquels sont des liens de droit privé, les tribunaux judiciaires sont seuls compétents pour connaître de l'action formée par l'usager contre les personnes participant à l'exploitation du service.
5. Les travaux menés par la Métropole Rouen Normandie mentionnés au point 1 du présent jugement ont été réalisés sur le réseau de distribution d'eau, qui constitue un ouvrage public, au droit de la propriété de Mme D E. Il résulte en outre de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que les dommages dont se plaint la requérante ont été causés par ces travaux, conduits sur une canalisation située dans l'impasse ne desservant qu'un nombre réduit d'usagers et que seule la propriété de la requérante est concernée par les désordres. Par suite, les dommages doivent être regardés comme survenus à l'occasion de la fourniture de la prestation due par le service au sens de la règle rappelée ci-dessus.
6. Il n'appartient, dès lors, qu'à la juridiction judiciaire de connaitre du litige opposant Mme D E, qui a la qualité d'usagère du service industriel et commercial de distribution d'eau, à la Métropole Rouen Normandie. Les conclusions principales de la requête doivent, dès lors, être rejetées pour ce motif.
Sur les autres conclusions :
7. En premier lieu, aux termes des deux premiers alinéas de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties ".
8. Compte-tenu du rejet des conclusions principales, Mme D E ne peut qu'être regardée comme la partie perdante au sens de ces dispositions, de sorte qu'en l'absence de circonstances particulières, les dépens doivent être mis à sa charge.
9. En second lieu, Mme D E étant la partie tenue aux dépens dans la présence instance, sa demande tendant à la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de Mme D E tendant à engager la responsabilité de la Métropole Rouen Normandie sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaitre.
Article 2 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D E et à la Métropole Rouen Normandie.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
MM. Bouvet et Mulot, premiers conseillers,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le rapporteur,
Robin Mulot
La présidente,
Anne Gaillard
Le greffier,
Henry Tostivint
La République mande et ordonne au préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2202447
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026