LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2202449

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2202449

jeudi 11 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2202449
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3 ème Chambre
Avocat requérantSELARL PHELIP & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 juin 2022 et le 13 février 2024, M. D C , représenté par Me Rogowski, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner solidairement le département de la Seine-Maritime et la SARL PNAS à lui verser la somme de 3 350 euros en réparation de son préjudice matériel, avec intérêts au taux légal à compter du 17 mai 2022 ;

2°) de mettre à la charge du département de la Seine-Maritime la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la responsabilité du département est engagée pour défaut d'entretien normal car il connaissait le caractère dangereux des arbres ; à titre subsidiaire, elle est engagée pour défaut de signalisation ; à titre très subsidiaire, elle est engagée pour faute du préposé ;

- le département n'apporte pas la moindre preuve de ce qu'il aurait commis une faute ;

- le montant de son préjudice est de 3 350 euros.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 4 janvier 2024 et le 5 mars 2024, ce dernier non communiqué, le département de la Seine-Maritime et la société PNAS, représentés par Me Phelip, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 300 euros soit mise à la charge de M. C sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- La requête est irrecevable en tant qu'elle est dirigée contre la société PNAS et celle-ci doit donc être mise hors de cause ;

- La responsabilité du département n'est pas engagée, aucun défaut d'entretien normal n'étant caractérisé ;

- L'accident trouve son origine dans une faute de conduite.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative et notamment son article R 222-19.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gaillard,

- les conclusions de Mme Cazcarra , rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1.Il résulte de l'instruction que M. C circulait sur la route départementale 490 le 4 janvier 2022 vers 20 heures lorsque son véhicule a heurté la branche d'un arbre qui venait de chuter sur la route. Par la présente requête, il demande que le département de la Seine-Maritime et la société Paris Nord Assurances Services (PNAS) soient condamnés à l'indemniser des dommages subis par son véhicule.

Sur les conclusions dirigées contre la société PNAS :

2. Il résulte de l'instruction que la société PNAS exerce une activité de courtier en assurance et non d'assureur. Dès lors, le requérant ne peut valablement rechercher sa condamnation au titre des obligations d'un assureur. Ces conclusions doivent, par suite, être rejetées.

Sur les conclusions dirigées contre le département de la Seine-Maritime :

3.Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et l'ouvrage. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.

4. Les circonstances de l'accident telles que rappelées au point 1 ne sont pas contestées par le département de la Seine-Maritime qui fait, en revanche, valoir qu'aucun défaut d'entretien normal ne lui est imputable dès lors que l'arbre qui s'est abattu sur la chaussée n'avait pas été identifié comme présentant un risque de chute lors du diagnostic réalisé en 2018, qu'une patrouille avait été réalisée sur la voie entre le 13 et le 19 décembre 2021 et n'avait repéré aucun signe de faiblesse de l'arbre et que, lors du débitage de celui-ci, aucun signe de pourrissement n'a été noté. M. C, qui soutient que l'arbre dont une branche a endommagé son véhicule le 4 janvier 2022 fait partie du groupe d'arbres 70 à 77 du diagnostic visuel réalisé par l'Office national des forêts (ONF) en 2018, ne conteste pas qu'il n'avait pas été répertorié comme devant être abattu. Il ressort de ce rapport que le seul risque reconnu par l'ONF s'agissant du groupe d'arbres 70 à 77 était celui de chute de branche et non de chute de l'arbre lui-même, raison pour laquelle il était préconisé de tailler le bois mort. Si l'ONF préconisait un nouveau diagnostic de ce groupe d'arbres en 2021, un rapport de patrouille, certes peu détaillé, réalisé pendant la semaine 50 de l'année 2021, soit entre le 13 et le 19 décembre 2021, n'a fait apparaître aucune anomalie. Enfin, le département soutient, sans être contesté, que le débitage de l'arbre n'a montré aucun signe de pourrissement. Il ne résulte donc pas de l'instruction que les services du département auraient été avertis d'un risque de chute de l'arbre ou que l'arbre litigieux aurait présenté des signes extérieurs de fragilité ou de dangerosité nécessitant une intervention. S'agissant de la signalisation de la présence de l'arbre et de ses branches sur la chaussée, le département de la Seine-Maritime reconnaît l'absence de balise dans le sens montant suivi par M C mais soutient, sans être contredit, que l'agent d'astreinte, arrivé sur les lieux avant M. C, s'est arrêté devant l'arbre et a allumé la signalisation lumineuse portée par son véhicule et ses feux de détresse et qu'une ambulance arrivée quelques instants plus tard s'est également arrêtée et a allumé son dispositif lumineux bleu. Au demeurant, la circonstance que les lieux de l'accident étaient très éclairés ressort de l'une des photographies produites par M C. Compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, le département de la Seine-Maritime apporte la preuve, qui lui incombe, de l'entretien normal de son domaine public dont l'arbre en cause constitue une dépendance.

5. Enfin, si M C soutient que la responsabilité du département pourrait être recherchée en raison d'une faute commise par un préposé, il n'assortit l'invocation de ce fondement de responsabilité d'aucune précision permettant d'en apprécier la portée et, par suite, la pertinence.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C aux fins de condamnation du département de la Seine-Maritime à l'indemniser des dommages subis par son véhicule le 4 janvier 2022 doivent être rejetées.

Sur les frais de procès :

7. Aux termes de l'article L 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

8. Les dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de M. C aux fins qu'une somme soit mise, sur leur fondement, à la charge du département de la Seine-Maritime et de la société PNAS qui ne sont pas parties perdantes. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du département de la Seine-Maritime et de la société PNAS présentées sur le même fondement et dirigées contre M C.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du département de la Seine-Maritime et de la société PNAS présentées sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, au département de la Seine-Maritime et à la société PNAS.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gaillard, présidente,

MM B et A, premiers conseillers,

Assistés de M. Tostivint, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.

La présidente- rapporteure,

signé

A. GAILLARD

L'assesseur le plus ancien,

signé

C. B

Le greffier,

signé

H. TOSTIVINT

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tout commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

S. Combes

Décisions similaires

TA78Plein contentieux

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076

03/08/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781

03/08/2026

← Retour aux décisions