vendredi 5 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202793 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juin 2022, M. C B et Mme D A demandent au tribunal de leur accorder une remise totale de leur dette d'aide personnalisée au logement (APL) d'un montant restant dû de 971 euros.
Ils soutiennent qu'ils se trouvent dans une situation financière précaire ne leur permettant pas de s'acquitter de leur dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2023, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Deflinne en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Deflinne, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
A l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B et Mme A sont bénéficiaires de l'APL depuis 2020. Suite à la régularisation de leur situation par les services de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Seine-Maritime, ceux-ci se sont vu réclamer, le 3 mars 2022, la somme initiale de 1 075,01 euros au titre d'un indu d'APL pour la période du 1er février 2021 au 28 février 2022. Le 16 mars 2022, M. B a sollicité la remise gracieuse de cet indu. Par une décision du 10 juin 2022, le directeur de la CAF de la Seine-Maritime a rejeté leur demande de remise gracieuse. Par la présente requête, M. B et Mme A doivent être regardés comme demandant au tribunal l'annulation de cette décision ainsi que la remise gracieuse totale de leur dette.
2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable, en vertu des dispositions de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, aux aides personnelles au logement, dont fait partie l'aide personnalisée au logement, dans sa rédaction applicable au litige : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, () par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnalisée au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Pour solliciter la remise de leur dette, M. B et Mme A, dont le foyer se compose des intéressés et de leur enfant, font état de leurs difficultés financières. Ils soutiennent notamment qu'ils doivent faire face à des charges courantes telles que le remboursement d'un crédit voiture, les factures d'électricité, les factures d'internet et de téléphone, le paiement du loyer et le paiement d'assurances. Ils ne produisent toutefois, au soutien de leurs allégations, aucune pièce de nature à justifier la réalité de ces charges. De plus, les requérants ne contestent pas que leurs ressources mensuelles s'élevaient, pour le mois de mars 2023, à plus de 3 800 euros dont environ 950 euros de pension d'invalidité, 1 594 euros de salaires et plus de 1 300 euros de prestations sociales pour un loyer de 592,91 euros. En outre, il n'est pas contesté que si le quotient familial du couple s'élevait à 804 euros au jour de l'examen de leur demande de remise de dette, il s'élevait à 1 321 euros en mars 2023 et, à compter d'avril 2023, à 1 319 euros. Dans ces conditions, M. B et Mme A, ne justifient pas être dans une situation de précarité telle qu'ils seraient dans l'incapacité de rembourser l'intégralité de l'indu restant à leur charge, soit la somme de 971 euros.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition de bonne foi, que M. B et Mme A ne sont fondés, ni à demander l'annulation de la décision par laquelle il a été refusé de faire droit à leur demande de remise gracieuse de leur dette d'aide personnalisée au logement, ni à solliciter cette remise.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Mme D A et à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 janvier 2024.
Le magistrat désigné,
signé
T. DEFLINNE
Le greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026