vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2203227 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 août 2022, M. C A, ayant pour mandataire la SASU V.E.C, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, ou à titre subsidiaire la réduction, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) auxquels il a été assujetti au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 juillet 2017 et des pénalités afférentes ;
2°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017 ;
3°) de prononcer le sursis de paiement des impositions contestées.
M. A soutient que :
- la durée de la vérification de comptabilité dont il a fait l'objet a excédé la durée de trois mois prévue par les dispositions de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales et alors qu'il n'avait pas à remettre de fichiers des écritures comptables ;
- il a été privé de débat oral et contradictoire en méconnaissance de la charte des droits et obligations du contribuable vérifié ;
- la procédure d'imposition est viciée dès lors que l'administration a ignoré son élection de domicile chez son mandataire fiscal ;
- l'envoi de la proposition de rectification du 14 décembre 2018 concernant l'année 2015 méconnaît les stipulations de l'article 6 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et constitue un abus de droit ;
- il a été privé de la possibilité de bénéficier des dispositions de l'article L. 62 du livre des procédures fiscales ;
- il exerce une activité artistique lui ouvrant droit à l'application du régime de franchise en base en matière de TVA ;
- les rappels de TVA ne sont pas fondés ;
- les amendes ne sont pas fondées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2022, le directeur régional des finances publiques de Normandie conclut au rejet de la requête.
Le directeur soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jeanmougin, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, qui exerce une activité de web designer, demande au tribunal de prononcer la décharge, ou à titre subsidiaire la réduction, des rappels de TVA et des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquels il a été assujetti au titre de la période couvrant les années 2016 et 2017, et des pénalités afférentes.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales dans sa rédaction applicable en l'espèce : " I. - Sous peine de nullité de l'imposition, la vérification sur place des livres ou documents comptables ne peut s'étendre sur une durée supérieure à trois mois en ce qui concerne : 1° Les entreprises industrielles et commerciales ou les contribuables se livrant à une activité non commerciale dont le chiffre d'affaires ou le montant annuel des recettes brutes n'excède pas les limites prévues au I de l'article 302 septies A du code général des impôts () II. - Par dérogation au I, l'expiration du délai de trois mois n'est pas opposable à l'administration : () 4° En cas de graves irrégularités privant de valeur probante la comptabilité. Dans ce cas, la vérification sur place ne peut s'étendre sur une durée supérieure à six mois. () III. - En cas de mise en œuvre du I de l'article L. 47 A, les délais de trois ou six mois prévus, respectivement, au I et au 4° du II du présent article sont suspendus jusqu'à la remise de la copie des fichiers des écritures comptables à l'administration. / En cas de mise en œuvre du II de l'article L. 47 A, la limitation à trois mois ou à six mois de la durée de la vérification sur place est prorogée de la durée comprise entre la date du choix du contribuable pour l'une des options prévues à cet article pour la réalisation du traitement et, respectivement selon l'option choisie, soit celle de la mise à disposition du matériel et des fichiers nécessaires par l'entreprise, soit celle de la remise des résultats des traitements réalisés par l'entreprise à l'administration, soit celle de la remise des copies de fichiers nécessaires à la réalisation des traitements par l'administration. Cette dernière date fait l'objet d'une consignation par écrit. " Aux termes de l'article L. 47 A du même livre : " I. - Lorsque la comptabilité est tenue au moyen de systèmes informatisés, le contribuable qui fait l'objet d'une vérification de comptabilité satisfait à l'obligation de représentation des documents comptables mentionnés au premier alinéa de l'article 54 du code général des impôts en remettant au début des opérations de contrôle, sous forme dématérialisée répondant à des normes fixées par arrêté du ministre chargé du budget, une copie des fichiers des écritures comptables définies aux articles 420-1 et suivants du plan comptable général. () "
3. Il résulte de l'instruction que le chiffre d'affaires déclaré par M. A excédaient les seuils pour bénéficier du régime de franchise de base en TVA et du régime déclaratif spécial pour les bénéfices non commerciaux. Il était donc soumis, en application de l'article 99 du code général des impôts, à la tenue d'une comptabilité sous la forme d'un livre-journal servi au jour le jour présentant le détail de ses recettes et de ses dépenses professionnelles. Dès lors que M. A a présenté au service des impressions dématérialisées de documents de type tableur sous le format Portable Document Format (pdf) et qu'il n'établit, ni d'ailleurs n'allègue, tenir une comptabilité sous une autre forme, il doit être regardé comme tenant sa comptabilité au moyen de systèmes informatisés. Il résulte de l'instruction que, pendant la vérification de comptabilité de son activité professionnelle, l'administration lui a demandé, sur le fondement des dispositions de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales, la remise des fichiers de ses écritures comptables, ce qui a suspendu le délai de vérification. M. A, qui ne conteste pas non plus n'avoir jamais remis ces fichiers permettant leur traitement mais seulement des impressions en format pdf, n'est donc pas fondé à soutenir que la vérification de sa comptabilité a excédé les délais de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales dès lors que seul son refus de communiquer sa comptabilité informatisée a conduit à leur suspension jusqu'à ce que l'administration lui adresse une proposition de rectification.
4. En deuxième lieu, il ne résulte pas des affirmations générales de M. A, qui n'a produit pendant le contrôle ni la preuve du caractère artistique de son activité professionnelle ni les fichiers informatisés de ses écritures comptables, que le vérificateur, qui a rencontré le contribuable ou son mandataire à trois reprises, se serait refusé à tout échange de vues. Par suite, M. A n'a pas été privé de la garantie d'un débat oral et contradictoire et n'est pas fondé à soutenir que les impositions en litige ont été établis à l'issue d'une procédure irrégulière.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () " Aux termes de l'article L. 76 du même livre : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions. () " Pour l'application de ces dispositions il y a lieu de considérer que, sauf stipulation contraire, le mandat donné à un conseil ou à tout autre mandataire par un contribuable, personne physique ou morale, pour recevoir l'ensemble des actes de la procédure d'imposition et y répondre emporte élection de domicile auprès de ce mandataire. Par suite, lorsqu'un tel mandat a été porté à la connaissance du service en charge de cette procédure, celui-ci est, en principe, tenu d'adresser au mandataire l'ensemble des actes de cette procédure. En particulier, le mandataire doit en principe être destinataire des plis par lesquels le service notifie au contribuable, dans les conditions visées respectivement aux articles L. 57 et L. 76 du livre des procédures fiscales, les redressements qu'il entend affecter aux bases de l'imposition du contribuable et les réponses qu'il formule aux observations présentées, le cas échéant, par l'intéressé sur ces redressements, ainsi que les éléments servant au calcul des impositions d'office auxquelles il envisage d'assujettir le contribuable. Toutefois, l'expédition de tout ou partie des actes de la procédure d'imposition au domicile ou au siège du contribuable sera réputée régulière et faire courir les délais de réponse à ces actes s'il est établi que le pli de notification a été effectivement retiré par le contribuable ou par l'un de ses préposés. En outre, lorsque le mandat donné à un conseil ou à tout autre mandataire par un contribuable pour l'assister dans ses relations avec l'administration ne contient aucune mention expresse habilitant le mandataire à recevoir l'ensemble des actes de la procédure d'imposition, ce mandat n'emporte pas élection de domicile auprès de ce mandataire. Dans ce cas, l'administration n'entache pas la procédure d'imposition d'irrégularité en notifiant l'ensemble des actes de la procédure au contribuable, alors même que le mandat confie au mandataire le soin de répondre à toute notification de redressements, d'accepter ou de refuser tout redressement.
6. Il résulte de l'instruction que l'administration, qui avait adressé au domicile du contribuable une première proposition de rectification du 14 décembre 2018, a reçu, en février 2019, le mandat du 14 février 2019 par lequel M. A acceptait sa représentation par M. E D et sa domiciliation au cabinet de ce dernier, situé à Neuilly-sur-Seine. Le 22 mars 2019, M. E D a signé avec M. B D un " mandat fiscal et de représentation de substitution " pour, notamment, représenter M. A et recevoir toutes correspondances. Ce mandat n'est pas signé par M. A et ne comporte aucune mention claire d'élection de domicile chez M. B D, dont l'adresse est au demeurant incomplète, ni d'accord entre les parties pour un transfert de l'élection de domicile consentie par le contribuable à la seule adresse du cabinet de M. E D. C'est donc sans commettre de vice de procédure que l'administration a adressé la proposition de rectification du 24 juillet 2019 à ce cabinet de Neuilly-sur-Seine, qui y a d'ailleurs répondu par une réclamation, et auquel l'administration a adressé le 2 décembre 2020 sa décision de rejet. Le mandataire du contribuable admet que celui-ci a reçu l'avis de mise en recouvrement du 4 janvier 2021, les mises en demeure du 15 janvier 2021 et le courrier du pôle recouvrement du 16 mars 2021 et que lui-même a reçu l'ensemble des pièces postérieures au mandat du 30 août 2021 par lequel M. A a fait élection de domicile auprès de la SASU V.E.C, sise à Paris, représentée par M. B D. Par suite, M. A, qui a pu utilement se faire représenter et présenter des observations à tous les stades de la procédure administrative, n'est pas fondé à soutenir que les procédures d'imposition et de recouvrement sont entachées d'irrégularité au motif que l'administration aurait ignoré son élection de domicile chez son mandataire.
7. En quatrième lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir, à l'encontre des impositions supplémentaires dues au titre de 2016 et de 2017, de ce que la notification de la proposition de rectification du 14 décembre 2018, qui ne concerne que l'année 2015 et n'a donné lieu à aucune mise en recouvrement, méconnaîtrait les stipulations de l'article 6 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et constituerait un abus de droit.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 293 B du code général des impôts dans sa rédaction applicable jusqu'au 2 mars 2017 : " I. Pour leurs livraisons de biens et leurs prestations de services, les assujettis établis en France, à l'exclusion des redevables qui exercent une activité occulte au sens du troisième alinéa de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, bénéficient d'une franchise qui les dispense du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée, lorsqu'ils n'ont pas réalisé : 1° Un chiffre d'affaires supérieur à : () 2° Et un chiffre d'affaires afférent à des prestations de services, hors ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement, supérieur à : a) 32 900 euros l'année civile précédente ; b) Ou 34 900 euros l'année civile précédente, lorsque la pénultième année il n'a pas excédé le montant mentionné au a. / II. 1. Le I cesse de s'appliquer : a) Aux assujettis dont le chiffre d'affaires de l'année en cours dépasse le montant mentionné au b du 1° du I ; b) Ou à ceux dont le chiffre d'affaires de l'année en cours afférent à des prestations de services, hors ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement, dépasse le montant mentionné au b du 2° du I. / 2. Les assujettis visés au 1 deviennent redevables de la taxe sur la valeur ajoutée pour les prestations de services et les livraisons de biens effectuées à compter du premier jour du mois au cours duquel ces chiffres d'affaires sont dépassés. / III. Le chiffre d'affaires limite de la franchise prévue au I est fixé à 42 600 euros : () 2. Pour la livraison de leurs œuvres désignées aux 1° à 12° de l'article L. 112-2 du code de la propriété intellectuelle et la cession des droits patrimoniaux qui leur sont reconnus par la loi par les auteurs d'œuvres de l'esprit, à l'exception des architectes () V. Les dispositions du III et du IV cessent de s'appliquer aux assujettis dont le chiffre d'affaires de l'année en cours dépasse respectivement 52 400 euros et 21 100 euros. Ils deviennent redevables de la taxe sur la valeur ajoutée pour les prestations de services et pour les livraisons de biens effectuées à compter du premier jour du mois au cours duquel ces chiffres d'affaires sont dépassés. "
9. M. A n'établit pas, par les pièces qu'il produit, qu'il a présenté à l'administration, en cours de contrôle, les pièces justifiant de sa qualité d'artiste et ne conteste pas sérieusement que le service, qui n'était pas tenu d'user de son droit de communication en cours de contrôle, a tiré les conséquences de cette qualité sur les impositions supplémentaires dues au titre des années en litige en admettant notamment qu'il remplissait les conditions pour bénéficier de la franchise de TVA pour l'année 2016. Concernant 2017, il résulte de l'instruction que les recettes déclarées par M. A au titre de 2015, qui s'élevaient à 46 250 euros, excédaient le seuil de 42 600 euros prévu au III de l'article 293 B du code général des impôts. Ce seuil a également été franchi au titre de 2016 dès lors que les recettes de cette année ont été reconstituées à 49 779 euros. Ces chiffres d'affaires excédaient également le seuil de 34 900 euros fixé au 2° du I de cet article. En outre, les recettes reconstituées de 2017, de 75 381 euros, excédaient les seuils du III et du V du même article. Par suite, M. A, qui a bénéficié en 2015 et en 2016 d'une tolérance administrative pour l'application du régime de franchise de base, ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de ce régime au titre de 2017, dès le premier jour du mois au cours duquel son chiffre d'affaires a dépassé le seuil alors applicable de 52 800 euros. M. A ne produit aucune pièce, ce qu'il est seul en mesure de faire, de nature à justifier de la date à laquelle ce montant a été atteint et n'établit donc pas qu'il avait droit à la franchise de base sur l'ensemble de l'année 2017.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : () b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai () "
11. Le service fait valoir que M. A, qui ne remplissait plus les conditions de franchise de TVA dès le 1er janvier 2016, n'a déposé de déclaration de TVA au titre des années 2016 et 2017 ni dans les délais légaux ni dans les trente jours impartis par la mise en demeure du 14 décembre 2018 reçue le 21 décembre 2018. Il résulte en outre de l'instruction que la pénalité afférente à l'année 2016 a été réduite après que le service a admis, par tolérance, la franchise de TVA pour 2016. Par suite, le service établit le bien-fondé de la pénalité de 40 % infligée à M. A.
12. En septième lieu, aux termes de l'article L. 62 du livre des procédures fiscales : " Si, dans un délai de trente jours à compter de la réception d'une demande mentionnée aux articles L. 10, L. 16 ou L. 23 A du présent code ou de la réception d'une proposition de rectification ou, dans le cadre d'une vérification de comptabilité ou d'un examen de situation fiscale personnelle, avant toute proposition de rectification, le contribuable demande à régulariser les erreurs, inexactitudes, omissions ou insuffisances dans les déclarations souscrites dans les délais, il est redevable d'un montant égal à 70 % de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts. / Cette procédure de régularisation ne peut être appliquée que si : 1° Elle ne concerne pas une infraction exclusive de bonne foi ; / 2° Le contribuable dépose une déclaration complémentaire dans les trente jours de la demande de régularisation mentionnée au premier alinéa du présent article et s'acquitte de l'intégralité des suppléments de droits simples dus et des intérêts de retard calculés en application du même premier alinéa soit au moment du dépôt de cette déclaration complémentaire, soit, en cas de mise en recouvrement par voie de rôle, au plus tard à la date limite de paiement portée sur l'avis d'imposition. / A défaut de paiement immédiat des droits simples ou, s'agissant des impositions recouvrées par voie de rôle, de paiement effectué au plus tard à la date limite de paiement portée sur l'avis d'imposition, le bénéfice de la réduction de l'intérêt de retard est conservé en cas d'acceptation par le comptable public d'un plan de règlement des droits simples. "
13. Il est constant que M. A n'a déposé aucune déclaration de chiffre d'affaires au titre de l'année 2016. En outre, le contribuable ne conteste pas que, dès lors qu'il avait émis en 2016 certaines factures en mentionnant à tort la TVA alors qu'il avait droit à l'application du régime de franchise en base, il aurait dû déposer une déclaration complémentaire dans les trente jours de la demande de régularisation qui lui a été adressée par mise en demeure du 14 décembre 2018. Faute d'avoir souscrit cette déclaration dans le délai, M. A s'est lui-même privé de la possibilité de bénéficier des dispositions précitées de l'article L. 62 du livre des procédures fiscales concernant la TVA due au titre de ces factures. Pour le surplus, il résulte de l'instruction qu'après que le contribuable ait justifié de sa qualité d'artiste, l'administration l'a informé par courrier du 2 décembre 2020 qu'elle le regardait comme satisfaisant aux conditions pour bénéficier du régime de franchise en base pour la TVA afférente à 2016 et a prononcé la décharge des rappels de droits et des intérêts de retard correspondants. M. A n'est donc pas fondé à soutenir qu'il a été privé de la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 62 du livre des procédures fiscales pour 2016. En outre, pour les motifs mentionnés au point 9, il résulte de l'instruction que M. A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la franchise de TVA au titre de 2017. N'ayant pas non plus déposé de déclaration de chiffre d'affaires au titre de l'année 2017 dans le délai de trente jours imparti par l'administration, M. A ne peut utilement se prévaloir de l'article L. 62 du livre des procédures fiscales.
14. En dernier lieu, il résulte des dispositions de l'article 1729 D du code général des impôts que le défaut de présentation de la comptabilité selon les modalités prévues au I de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales entraîne l'application d'une amende égale à 5 000 euros. L'administration fait valoir que M. A tenait une comptabilité informatisée et a refusé de présenter les fichiers de ses écritures, et alors que sa situation ne lui ouvrait pas droit en 2017, seule année au titre de laquelle la pénalité a été maintenue par le service, à la franchise de TVA. Alors que le contribuable se borne à soutenir que cette amende " est inapplicable présentement ", l'administration établit le bien-fondé de son application.
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la décharge ou la réduction des rappels de TVA auxquels il a été assujetti au titre de la période couvrant les années 2016 et 2017 et des pénalités afférentes, ni, à supposer qu'il ait entendu le faire, la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017. Par voie de conséquence, et en tout état de cause, il n'y a pas lieu de prononcer le sursis de paiement de ces impositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au directeur régional des finances publiques de Normandie.
Copie en sera adressée, pour information, à la société par actions simplifiée unipersonnelle V.E.C.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé :
H. JEANMOUGIN
Le président,
Signé :
P. MINNE
Le greffier,
Signé :
N. BOULAY
La République mande et ordonne au directeur régional des finances publiques de Normandie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2203227
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026