vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2203886 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2022, M. B A demande au tribunal de lui accorder la remise de sa dette d'aide personnelle au logement (APL).
M. A soutient qu'il n'a pas déclaré le départ de sa compagne car il pensait que la rupture était provisoire, que sa compagne allait effectuer les déclarations nécessaires et qu'il n'avait pas accès au compte de la caisse d'allocations familiales (CAF).
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2023, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
* la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Deflinne en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
* la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
* les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de la construction et de l'habitation ;
* le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Deflinne, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
À l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A bénéficiait de l'APL depuis sa demande du 8 septembre 2017. Suite à une vérification de sa situation administrative, la CAF de la Seine-Maritime a prononcé à son encontre un indu d'APL d'un montant de 3 006,96 euros dont il a sollicité la remise par courriel du 21 décembre 2021. Par courrier du 31 décembre 2022, la CAF de la Seine-Maritime informait M. A du rejet de sa demande. M. A demande au tribunal de faire droit à sa demande de remise gracieuse.
2. Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". Le premier alinéa de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale dispose : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve que l'allocataire n'en conteste pas le caractère indu, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. [] ". Selon le cinquième alinéa de ce même article L. 553-2, la créance de l'organisme peut toutefois être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations.
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une allocation versée au titre du logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
4. Il résulte de l'instruction que les services de la CAF, pour calculer le montant des indemnités d'APL auxquelles pouvait prétendre M. A entre janvier 2021 et août 2021, se sont basés sur la composition du foyer que l'intéressé avait déclaré constituer avec Mme C. D'une part, la circonstance que M. A pensait que la séparation d'avec cette dernière n'était que temporaire, si elle n'est pas de nature à remettre en cause la date de fin de la vie commune des intéressés dont il n'est pas contesté qu'elle s'établit au mois de décembre 2020, n'est, à la supposer établie, que de nature à attester de la bonne foi du requérant. D'autre part, nonobstant la diminution de son quotient familial, si M. A fait état du préjudice causé par la charge de remboursement pesant sur lui, il n'apporte aucun élément, malgré la mesure d'instruction diligentée par le tribunal le 27 février 2024, de nature à justifier qu'il se trouverait ainsi dans une situation de précarité qui ne lui permettrait pas de faire face au remboursement intégral de sa dette. Par suite, il n'y a pas lieu d'accorder à M. A une remise gracieuse de sa dette d'APL.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe 7 juin 2024
Le magistrat désigné,
signé
T. DEFLINNE
Le greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2203886
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