mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2203898 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C+ |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | MATHIOTTE |
Vu les procédures suivantes :
I./ Par une requête, enregistrée le 9 mars 2022 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise sous le n° 2203785, ainsi qu'un mémoire en réplique enregistré le 23 mars 2023 au greffe du tribunal, M. A B, représenté par Me Mathiotte, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge ou la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017, ainsi que des pénalités y afférentes ;
2°) de prononcer la décharge de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2017 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la notification du 25 janvier 2019 ne mentionne pas l'application de la majoration de 25 % prévue par le 1° du 7 de l'article 158 du code général des impôts, en méconnaissance de l'obligation de motivation prévue des dispositions de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales ;
- la vérification de comptabilité dont son activité a fait l'objet s'est étendue sur une durée supérieure à 3 mois et, en tout état de cause, à 6 mois, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales ;
- il n'a pas bénéficié d'un débat oral et contradictoire avec le vérificateur dès lors qu'il n'y a pas eu de réunion de synthèse à l'issue des opérations de contrôle ;
- la réponse à ses observations est insuffisamment motivée ;
- la décision de rejet de sa réclamation est insuffisamment motivée ;
- il convient d'admettre en déduction de son bénéfice imposable les sommes figurant sur sept factures établies par la SAS TP Bâtiment IDF ;
- la fréquence des encaissements et décaissements sur compte bancaire personnel, correspondant à des recettes et des dépenses relatives à son activité individuelle, est incompatible avec l'exercice d'une activité salarié ;
- s'il a initialement déclaré un revenu de 52 000 euros dans la catégorie des traitements et salaires, il ne s'agissait en réalité que d'une estimation de son bénéfice professionnel ;
- dès lors que la procédure d'imposition est irrégulière, il y a lieu de prononcer la décharge des pénalités y afférentes.
Par l'ordonnance n° 2203785 du 23 août 2022, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis le dossier de la requête de M. B au tribunal, qui l'a enregistré le 27 septembre 2022 sous le n° 2203898.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2023, le directeur régional des finances publiques de Normandie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
II./ Par une requête, enregistrée le 9 mars 2022 sous le n° 2201027, ainsi qu'un mémoire en réplique enregistré le 23 mars 2023, M. A B, représenté par Me Mathiotte, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge ou la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) auxquels il a été assujetti au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, ainsi que des pénalités y afférentes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la notification du 25 janvier 2019 ne mentionne pas l'application de la majoration de 25 % prévue par le 1° du 7 de l'article 158 du code général des impôts, en méconnaissance de l'obligation de motivation tirée des dispositions de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales ;
- la vérification de comptabilité dont son activité a fait l'objet s'est étendue sur une durée supérieure à 3 mois et, en tout état de cause, à 6 mois, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales ;
- il n'a pas bénéficié d'un débat oral et contradictoire avec le vérificateur dès lors qu'il n'y a pas eu de réunion de synthèse à l'issue des opérations de contrôle ;
- la réponse à ses observations est insuffisamment motivée ;
- la décision de rejet de sa réclamation est insuffisamment motivée ;
- l'avis de mise en recouvrement est erroné, dès lors que le courrier du 25 janvier 2019 mentionne un dégrèvement d'un montant de 1 214 euros dont il n'a pas été tenu compte ;
- il convient de tenir compte de la TVA déductible figurant sur sept factures établies par SAS TP Bâtiment IDF.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2022, le directeur régional des finances publiques de Normandie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Vaillant, conseiller,
- et les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique,
Une note en délibéré présentée par le directeur régional des finances publiques de Normandie, a été enregistrée le 18 avril 2023 dans l'instance n° 2203898.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a exercé, jusqu'au 31 décembre 2017, une activité individuelle non commerciale de conseil pour affaires et autres conseils de gestion, consistant à superviser des travaux de rénovation et d'installation de piscines. Cette activité a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, à l'issue de laquelle M. B s'est vu notifier, par deux courriers du 25 janvier 2019, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales ainsi que des rappels de TVA au titre des années 2016 et 2017, assortis des intérêts de retard et de la majoration de 40 % prévue par le b du 1 de l'article 1728 du code général des impôts. L'administration ayant rejeté sa dernière réclamation du 22 juillet 2021, par deux décisions du 13 janvier 2022, M. B demande au tribunal, dans l'instance n° 2203898, de prononcer la décharge, ou subsidiairement la réduction, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti ainsi que des pénalités y afférentes ainsi que la décharge de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2017 et, dans l'instance n° 2201027, de prononcer la décharge, ou subsidiairement la réduction, des rappels de TVA auxquels il a été assujetti, ainsi que des pénalités y afférentes. Ces deux affaires, qui concernent un même contribuable et portent essentiellement sur des impositions mises à sa charge au titre de la même période à l'issue d'une unique procédure de contrôle, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre afin de statuer par un seul jugement.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office () sont portées à la connaissance du contribuable () "
3. Il résulte de l'instruction que les bases imposables à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales de M. B ont été évaluées d'office en application de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales dès lors qu'il n'avait déposé aucune déclaration de résultats pour les exercices clos en 2016 et 2017, en dépit d'une mise en demeure. Le contribuable a par ailleurs été taxé d'office à la TVA en application de l'article L. 66 du même livre dès lors qu'il n'avait déposé aucune déclaration de chiffre d'affaires pour la période couvrant les deux années en cause. D'autre part, il résulte des notifications adressées au requérant le 25 janvier 2019, et n'est pas sérieusement contesté en défense, que l'administration a fait application du coefficient de majoration des bases d'imposition de 1,25 prévue par le 7 de l'article 158 du code général des impôts. En ne faisant pas apparaître, sur aucun des feuillets des notifications des éléments évalués d'office, ce coefficient prévu en cas de non-adhésion à un centre de gestion, association ou organisme mixte de gestion agréé, le vérificateur a omis de porter à la connaissance du requérant des éléments servant au calcul des impositions d'office au sens des dispositions précitées de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales.
4. Le caractère suffisant de la motivation de la notification d'une imposition d'office doit être apprécié distinctement par chef de redressement. Lorsqu'un chef de redressement est fondé sur plusieurs éléments qui ont fait l'objet d'une justification, d'une évaluation et d'une prise en compte distinctes dans la notification adressée au contribuable, le caractère suffisant de la motivation de ce chef de redressement peut s'apprécier séparément pour chacun de ces éléments. En pareille hypothèse, l'insuffisance de motivation de l'un des éléments du redressement n'affecte pas nécessairement la régularité de la notification du chef de redressement dans son ensemble.
5. L'application du coefficient de 1,25 prévu au 7 de l'article 158 du code général des impôts ne constitue pas un chef de redressement autonome. L'omission de porter à connaissance ce coefficient multiplicateur affecte donc la régularité de la notification en ce qu'elle évalue d'office les bases d'imposition à l'impôt sur le revenu. En revanche, l'application de la majoration de 25 % est sans incidence sur la détermination de la base imposable du requérant à la TVA. L'irrégularité de procédure, contrairement à ce que soutient M. B, affecte donc seulement le redressement de ses bases imposables à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales, tel qu'il résulte des courriers du 25 janvier 2019.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Sous peine de nullité de l'imposition, la vérification sur place des livres ou documents comptables ne peut s'étendre sur une durée supérieure à trois mois en ce qui concerne : / 1° Les entreprises industrielles et commerciales ou les contribuables se livrant à une activité non commerciale dont le chiffre d'affaires ou le montant annuel des recettes brutes n'excède pas les limites prévues au I de l'article 302 septies A du code général des impôts ; () " Aux termes de l'article 302 septies A du code général des impôts, dans sa rédaction en vigueur du 1er janvier 2015 au 5 mai 2017 : " I. - Il est institué par décret en Conseil d'Etat un régime simplifié de liquidation des taxes sur le chiffre d'affaires dues par les personnes dont le chiffre d'affaires, ajusté s'il y a lieu au prorata du temps d'exploitation au titre de l'année civile précédente, n'excède pas 783 000 euros, s'il s'agit d'entreprises dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fournir le logement, ou 236 000 euros, s'il s'agit d'autres entreprises. Ces limites s'apprécient en faisant abstraction de la taxe sur la valeur ajoutée et des taxes assimilées. () " Dans sa rédaction en vigueur du 5 mai 2017 au 25 juillet 2020, les montants mentionnés au I de cet article sont respectivement de 789 000 euros et de 238 000 euros.
7. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la vérification de comptabilité de l'activité non commerciale d'un contribuable portant sur plusieurs exercices peut durer plus de trois mois dès lors que le chiffre d'affaires d'un seul d'entre eux excède les seuils visés à l'article L. 52 du livre des procédures fiscales.
8. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté par M. B que le chiffre d'affaires de son activité a dépassé, au cours de l'exercice clos le 31 décembre 2017, le seuil de 238 000 euros mentionné au I de l'article 203 septies A du code général des impôts pour les contribuables se livrant à une activité non commerciale. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la procédure de vérification de comptabilité, dont il est constant qu'elle s'est étendue du 26 juin 2018 au 24 janvier 2019, aurait été irrégulière au motif qu'elle a duré plus de trois mois.
9. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, et n'est d'ailleurs pas contesté par le requérant, que ce dernier a bénéficié de plusieurs entretiens avec le vérificateur au cours de la procédure de vérification de comptabilité. Le contribuable n'allègue pas que l'agent se serait refusé à un débat oral et contradictoire. Si M. B soutient qu'il n'aurait pas bénéficié de cette garantie en raison de l'absence de réunion de synthèse, il admet que les conséquences du contrôle lui ont été présentées, par téléphone, le 24 janvier 2019. Par suite, le moyen tiré de l'absence de débat oral et contradictoire manque en fait.
10. En quatrième lieu, d'une part, si le requérant affirme qu'il aurait présenté des observations par son courrier du 22 juillet 2021, cette correspondance constitue sans ambiguïté une réclamation contentieuse à laquelle l'administration a répondu par une décision de rejet du 13 janvier 2022. En tout état de cause, dès lors que l'administration avait à bon droit fait application des procédures d'évaluation et de taxation d'office, elle n'était pas tenue de répondre au courrier de M. B du 25 février 2022, même si elle l'a fait en indiquant qu'il ne formulait aucune observation et se bornait à contester les impositions notifiées.
11. En dernier lieu, la circonstance que la décision de l'administration rejetant la réclamation contentieuse d'un contribuable serait insuffisamment motivée est sans incidence sur la régularité de la procédure d'imposition.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne les rappels de TVA :
12. En premier lieu, en se bornant à soutenir que l'avis de mise en recouvrement serait erroné dès lors que le courrier du 25 janvier 2019 mentionne un dégrèvement d'un montant de 1 214 euros dont il n'aurait pas été tenu compte, M. B n'assortit pas ce moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
13. En second lieu, aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. / () II. () / 2. La déduction ne peut pas être opérée si les redevables ne sont pas en possession soit desdites factures, soit de la déclaration d'importation sur laquelle ils sont désignés comme destinataires réels. Pour les acquisitions intracommunautaires, la déduction ne peut être opérée que si les redevables ont fait figurer sur la déclaration mentionnée au d du 1 toutes les données nécessaires pour constater le montant de la taxe due au titre de ces acquisitions et détiennent des factures établies conformément à la réglementation communautaire. () "
14. M. B, à qui incombe la charge de la preuve dans la mesure il est en situation de taxation d'office, soutient qu'il y a lieu de tenir compte de la TVA déductible figurant sur sept factures émises par la SAS TP Bâtiment IDF. Toutefois, ces factures ne font apparaître ni la désignation de leur destinataire, ni avec suffisamment de précision leur objet, et se borne à désigner une unique prestation désignée sous l'intitulé " chantier ". Dans ces conditions, le lien avec une opération imposable réalisée par le requérant n'est pas justifié. S'il soutient encore que le règlement de ces factures peut être établi par la consultation de ses relevés de compte, cette seule circonstance ne suffit pas à faire regarder ces factures comme se rapportant à une affaire imposable dès lors notamment que M. B utilisait, sans distinction d'opérations, son compte bancaire personnel pour les besoins de son activité professionnelle.
En ce qui concerne l'impôt sur le revenu :
15. En second lieu, en se bornant à soutenir que la fréquence des mouvements sur son compte bancaire personnel au titre de son activité professionnelle au cours de l'année 2017 serait incompatible avec l'exercice d'une activité salariée, au titre de laquelle il a lui-même déclaré, dans la catégorie des traitements et salaires, un revenu de 52 000 euros, dont il allègue qu'il aurait constitué une estimation du revenu tiré de son activité individuelle, alors au demeurant que ce dernier a été évalué par l'administration à la somme de 243 822 euros, M. B n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, du caractère exagéré de l'imposition primitive qu'il conteste, établie sur la base de ses propres déclarations.
Sur les pénalités :
16. En premier lieu, il résulte des points 2 à 5 que les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles a été assujetti M. B au titre des années 2016 et 2017 ont été établies au terme d'une procédure irrégulière. Le requérant, qui est fondé à demander la décharge de ces redressements, est par suite fondé à demander la décharge des pénalités correspondantes.
17. En second lieu, les conclusions de la requête n° 2201027 tendant à la décharge des pénalités afférentes aux rappels de TVA ne sont, quant à elle, assorties d'aucun moyen portant sur la régularité et le bien-fondé de ces sanctions fiscales.
18. Il résulte de ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur les frais liés à l'instance :
19. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est déchargé des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017, ainsi que des pénalités correspondantes.
Article 2 : Le surplus de la requête n° 2203898 et la requête n° 2201027 sont rejetés.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques de Normandie.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
M. Deflinne, premier conseiller,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.
Le rapporteur,
Signé
A. LE VAILLANT
Le président,
Signé
P. MINNELe greffier,
Signé
J-L. MICHEL
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, de la relance et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°s 2203898, 2201027
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026