mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2203968 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | FIDAL BOISGUILLAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 septembre 2022, M. et Mme B C, représentés par la SELAS Fidal, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme C soutiennent que :
- les factures du cabinet Fidal et les factures de Me Cattelet doivent être admises au titre des frais de gestion déductibles des revenus fonciers de la SCI Les Cyclades dès lors qu'elles correspondent à des prestations réalisées dans son intérêt ;
- les factures de matériel de travaux et celles établies par M. A doivent être admises en totalité en déduction de leurs revenus fonciers dès lors que les travaux ont été réalisés pour l'entretien et la réparation des propriétés mises en location par la SCI Les Cyclades ;
- doit pouvoir être déduite des revenus fonciers la somme de 6 337,20 euros correspondant à un contrat d'entretien des espaces verts ;
- l'ensemble des travaux de ravalement de la façade de l'immeuble sis à Varengeville-sur-Mer est déductible dès lors que l'ensemble de l'immeuble est destiné à la location et non à leur usage personnel, ainsi que l'admet l'administration dans son instruction publiée sous la référence BOI-RFPI-BASE-20-30-10 ;
- pour le même motif, la facture de 3 725 euros de M. A est déductible.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2023, le directeur régional des finances publiques de Normandie conclut au rejet de la requête.
Le directeur soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jeanmougin, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C sont, avec leur fille, associés de la SCI Les Cyclades dont le bénéfice foncier est imposable entre leurs mains. Ils demandent au tribunal de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2017 après que l'administration a refusé la déduction de plusieurs charges du bénéfice foncier arrêté au niveau de la SCI.
2. Aux termes de l'article 31 du code général des impôts dans sa rédaction applicable en l'espèce : " I. - Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : 1° Pour les propriétés urbaines : a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire ; a bis) les primes d'assurance ; () b) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement, ainsi que des dépenses au titre desquelles le propriétaire bénéficie du crédit d'impôt sur le revenu prévu à l'article 200 quater ou de celui prévu à l'article 200 quater A ; () e) Les frais de gestion, fixés à 20 € par local, majorés, lorsque ces dépenses sont effectivement supportées par le propriétaire, des frais de rémunération des gardes et concierges, des frais de procédure et des frais de rémunération, honoraire et commission versés à un tiers pour la gestion des immeubles () "
3. En premier lieu, s'il n'est pas contesté que la facture de 3 480 euros a été adressée par le cabinet d'avocats Fidal à l'adresse de la SCI Les Cyclades, cette adresse est également celle de M. et Mme C au nom desquels la facture était libellée. Il n'est pas contesté non plus que cette facture intitulée " établissement déclaration IRPP C et SCI " ne détaille pas les prestations qu'elle couvre et ne permet donc pas, par elle-même, de justifier qu'elle inclurait des prestations réalisées dans l'intérêt propre de la SCI et non de celui de ses seuls associés. Il n'est, en tout état de cause, pas établi que cette facture aurait été, en tout ou partie, acquittée par la société. Il n'est donc pas démontré que la somme de 3 480 euros serait déductible des revenus fonciers.
4. En deuxième lieu, il n'est démontré par aucune pièce que la partie non admise en déduction de la facture adressée par Me Cattelet à la SCI Les Cyclades aurait été acquittée par elle. Ces frais de gestion non effectivement supportés par cette société ne pouvaient donc pas être admis en déduction de son résultat.
5. En troisième lieu, les contribuables ne produisent pas les factures correspondant à des achats de matériel de bricolage et de travaux qu'ils affirment avoir utilisés dans l'intérêt de la SCI Les Cyclades. Ils ne démontrent donc pas, par la seule production des relevés bancaires de la société, que des dépenses de réparation et d'entretien auraient été engagées par cette personne morale dans l'intérêt des biens qu'elle met en location.
6. En quatrième lieu, la facture établie par M. A pour des " travaux à Varengeville-sur-Mer " à hauteur de 531,91 euros n'est pas suffisamment précise pour justifier, à elle-seule, qu'elle concerne des dépenses de réparation et d'entretien pour un local que la SCI Les Cyclades donne en location.
7. En cinquième lieu, il n'est pas contesté que l'administration a refusé d'admettre la déduction, au titre de 2017, des sommes de 905,31 euros et 910,12 euros au motif que ces dépenses d'entretien des espaces verts du domaine de Varengeville-sur-Mer avaient été acquittées pendant l'année 2018. En se bornant à soutenir que ces dépenses ont été engagées dans l'intérêt de la SCI Les Cyclades, ce que ne conteste pas l'administration, les requérants ne démontrent pas que les sommes en litige seraient déductibles au titre de la seule année en litige.
8. En dernier lieu, il n'est pas sérieusement contesté qu'une surface totale de 695 m2 du château de Varengeville-sur-Mer n'est pas mise en location et les requérants n'apportent aucune pièce démontrant l'intention de la SCI Les Cyclades de donner en location cette partie de sa propriété. Par suite, c'est à bon droit que l'administration n'a admis la déduction des dépenses de réfaction de la façade du château et d'intervention de M. A qu'au prorata de sa surface génératrice de revenus fonciers, tant sur le terrain de la loi que sur le terrain de l'interprétation administrative de la loi fiscale, l'instruction publiée sous la référence BOI-RFPI-BASE-20-30-10 n'ayant pas sur ce point d'interprétation formelle différente.
9. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2017. Par voie de conséquence, leurs conclusions présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme D C et au directeur régional des finances publiques de Normandie.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
Mme Ameline, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
H. JEANMOUGIN
Le président,
signé
P. MINNE
Le greffier,
signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne au directeur régional des finances publiques de Normandie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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