jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2204062 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | INTER-BARREAUX EMO AVOCATS |
Vu :
- l'ordonnance n° 2004618 du 12 janvier 2023 du président du tribunal administratif de Rouen portant taxation et liquidation des frais de l'expertise du Dr B et du Dr C ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bouvet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique ;
- les observations de Me Goddefroy-Gancel, pour Mme D ;
- et les observations de Me Noblet, pour le CHU de Rouen.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D, alors âgée de 35 ans et présentant une lésion ostéocondensante de l'aile iliaque gauche objectivée sur imagerie, a subi, le 17 septembre 2018, une biopsie osseuse sous scanner au sein du service de chirurgie orthopédique du CHU de Rouen aux fins de détermination de la nature de la lésion. Quoique réalisée sous anesthésie locale, cette intervention s'est avérée particulièrement douloureuse et s'est compliquée, en post-opératoire, d'une intense douleur à la fesse gauche ainsi que d'une douleur irradiante du membre inférieur gauche persistante et invalidante. Au terme d'une consultation tenue le 7 novembre 2018, le praticien du service de chirurgie orthopédique du CHU de Rouen a indiqué à Mme D que les résultats de la biopsie osseuse n'étaient pas concluants. La réalisation d'une biopsie chirurgicale avec curetage et comblement par ciment a été proposée à la patiente. Le 5 décembre suivant, Mme D a pris l'initiative de recueillir un second avis médical auprès du service de chirurgie orthopédique du CHU de Lille qui a écarté toute chirurgie invasive et a préconisé, dans un premier temps, un contrôle complet de l'imagerie. Le 19 décembre 2018, la patiente s'est vue proposer un contrôle régulier de la lésion par imagerie ou la réalisation d'une seconde biopsie osseuse sous scanner. Acceptée par Mme D, cette seconde option a été mise en œuvre, le 24 avril 2019, au CHU de Lille. Cette intervention s'est déroulée sans difficultés ni douleurs anormales. Les analyses pratiquées ultérieurement ont permis de conclure au caractère bénin de la lésion osseuse. Mme D présente toutefois, depuis l'intervention pratiquée au CHU de Rouen, une douleur irradiante du membre inférieur gauche nécessitant une prise en charge antalgique par le centre de la douleur du CHU de Lille.
2. Estimant ses troubles imputables aux suites de l'intervention subie au sein du CHU de Rouen, Mme D a saisi, le 20 novembre 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Rouen d'une demande d'expertise portant sur les conditions de sa prise en charge médicale. Désigné par une ordonnance du 2 septembre 2021, le Pr B, neurochirurgien, a été assistée, en cours d'expertise, d'un sapiteur, en la personne du Dr C, radiologue interventionnel, et a déposé son rapport le 7 février 2022, concluant à l'existence de manquements imputables au CHU de Rouen. Mme D a adressé, le 28 juillet 2022, une demande indemnitaire préalable au CHU de Rouen qui a été implicitement rejetée. Par la présente instance, Mme D demande la condamnation du CHU de Rouen à l'indemniser des conséquences dommageables de sa prise en charge médicale au sein de cet établissement.
Sur la responsabilité :
En ce qui concerne l'information préopératoire :
3. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " I. - Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. () ".
4. Il résulte de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui, soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence.
5. En cas de manquement à cette obligation d'information, si l'acte de diagnostic ou de soin entraîne pour le patient, y compris s'il a été réalisé conformément aux règles de l'art, un dommage en lien avec la réalisation du risque qui n'a pas été porté à sa connaissance, la faute commise en ne procédant pas à cette information engage la responsabilité de l'établissement de santé à son égard, pour sa perte de chance de se soustraire à ce risque en renonçant à l'opération.
6. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction, compte tenu de ce qu'était l'état de santé du patient et son évolution prévisible en l'absence de réalisation de l'acte, des alternatives thérapeutiques qui pouvaient lui être proposées ainsi que de tous autres éléments de nature à révéler le choix qu'il aurait fait, qu'informé de la nature et de l'importance de ce risque, il aurait consenti à l'acte en question.
7. Mme D fait valoir qu'elle n'a pas été informée, par le chirurgien orthopédique du CHU de Rouen, des risques associés à la biopsie osseuse sous scanner qu'elle a subi, ni des alternatives éventuelles à cette technique. Les conclusions du rapport d'expertise du Pr B relèvent l'absence de toute information sur ces points. Toutefois, alors, d'une part, que la requérante se borne à indiquer, de façon générale, que ce défaut d'information l'a privé de la possibilité " de prendre en temps utile toutes les décisions qui s'imposaient ", sans autres précisions, et, d'autre part, que le rapport d'expertise précité fait état de ce qu'il n'existe " pas vraiment " d'alternative à une biopsie osseuse telle que celle pratiquée, aucune perte de chance de se soustraire à l'intervention ne saurait être retenue. Au surplus, quoique l'instruction permette de tenir pour établi que Mme D n'a pas bénéficié, en phase préopératoire, d'une information conforme aux prescriptions de l'article L. 1111-2 précité, il n'en résulte pas qu'informée des risques associés à cette intervention, l'intéressée aurait refusé d'y consentir. La responsabilité du CHU est, en revanche, pleinement engagée à raison des risques liés à la biopsie osseuse qui se sont réalisés et auxquels la patiente n'a pu se préparer, faute d'en avoir été informée, ainsi qu'il sera exposé infra.
En ce qui concerne l'acte de soins et la prise en charge médicale :
8. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
9. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise précité, que l'indication de biopsie osseuse sous guidage par scanner ne présentait pas de caractère fautif, en l'absence d'alternative à un tel acte. Cette intervention a toutefois été réalisée dans des conditions non-conformes aux règles de l'art médical, en raison du choix, par l'équipe médicale du CHU de Rouen, d'une trajectoire bi-compartimentale inadéquate, proche du pédicule vasculo-nerveux glutéal inférieur et du tronc du nerf sciatique, en lieu et place d'une trajectoire uni-compartimentale, telle que celle retenue par les praticiens du CHU de Lille. Ce manquement fautif est de nature à engager la responsabilité de l'établissement, qui n'en conteste d'ailleurs pas le principe. Il résulte, en outre, de l'instruction, en particulier des conclusions du Pr B, que la prise en charge de la douleur et le suivi post-opératoire assurés par le CHU de Rouen ont été défaillants. Ces fautes sont également de nature à engager la responsabilité de l'établissement.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :
Quant aux frais de transport :
10. Il résulte de l'instruction, en particulier des justificatifs produits par Mme D, que l'intéressée a exposé une somme totale de 1 181,91 euros au titre de frais de transport pour honorer des rendez-vous médicaux en lien avec les manquements imputables au CHU de Rouen et pour se rendre à l'expertise judiciaire. Il s'ensuit que la requérante sera indemnisée de ce préjudice à concurrence de cette somme.
Quant à l'assistance par tierce personne :
11. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
12. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du Pr B, que les besoins en assistance par tierce personne, prodiguée par sa mère, résultant des séquelles de l'intervention subie par Mme D ont été évalués à 1h 30 par semaine du 17 septembre 2018 au 24 avril 2019, 1 heure par semaine du 25 avril 2019 au 1er juin 2021, auxquels s'ajoutent une assistance évaluée à quatre heures pour les trajets effectués les 5 décembre 2018, 19 décembre 2018 et 23 avril 2019. Ainsi, sur la base d'un taux horaire de dix-huit euros pour une aide non spécialisée et d'une année de 412 jours pour tenir compte des dimanches et jours fériés, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par Mme D en condamnant le CHU de Rouen à lui verser la somme totale de 3 434 euros.
Quant aux pertes de gains professionnels actuels :
13. Mme D a été recrutée par la Métropole Rouen Normandie en qualité de chargée de recrutement à la direction des ressources humaines, le 15 mai 2017, dans le cadre d'un contrat à durée déterminée qui a été renouvelé pour la période du 1er novembre 2017 au 31 octobre 2018, puis pour la période du 1er novembre 2018 au 31 octobre 2019. Si l'intéressée fait valoir qu'il était convenu avec son employeur qu'elle soit embauchée, à compter du 1er novembre 2019, en tant que fonctionnaire stagiaire, elle ne l'établit nullement, alors même, d'une part, que l'absence de production d'une preuve en ce sens lui est opposée par le CHU de Rouen, en défense et, d'autre part, qu'elle n'avait aucun droit à renouvellement du contrat. Dans ces conditions, il ne saurait être tenu pour établi que Mme D a subi un préjudice tenant à des pertes de gains professionnels pour la période postérieure à l'expiration de son contrat à durée déterminée. L'indemnisation de la période de chômage de sept mois qu'elle sollicite ne peut, dès lors, être accordée, ni plus au demeurant, qu'une quelconque perte de chance sérieuse de retrouver un emploi. La requérante n'est pas davantage fondée à solliciter l'indemnisation des quatre arrêts de travail en décembre 2018, janvier 2019, juillet 2019 et septembre 2019, qu'elle impute, sans l'établir, aux conséquences dommageables de son accident médical, dès lors qu'elle a, en tout état de cause, bénéficié d'indemnités journalières couvrant les pertes de gains professionnels théoriques qu'elle invoque.
S'agissant des préjudices patrimoniaux permanents :
Quant à l'incidence professionnelle :
14. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté, qu'en raison des séquelles dont elle demeure affligée, Mme D présente une fatigabilité plus importante. En outre, l'intéressée s'est vue reconnaître, le 22 juillet 2019, la qualité de travailleur handicapé et bénéficie, dans son emploi actuel, d'un poste de travail aménagé par installation de matériel ergonomique, conformément aux préconisations du médecin du travail. Toutefois, Mme D, qui occupe aujourd'hui, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, un emploi similaire à celui qu'elle occupait au sein de la Métropole Rouen Normandie, ne peut valablement se prévaloir de ce qu'elle subit une dévalorisation sur le marché du travail. Il ne peut, en outre, être tenu pour établi que les douleurs séquellaires présentée par l'intéressée constitueraient un frein à une éventuelle promotion professionnelle. Au regard de ces éléments, pris dans leur ensemble, l'incidence professionnelle subie par la requérante sera justement évaluée à la somme de 4 000 euros.
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
15. Il ressort du rapport d'expertise du Pr B que Mme D a subi un déficit fonctionnel temporaire de 25% du 17 septembre 2018 au 24 avril 2019, soit durant 220 jours, puis un déficit fonctionnel temporaire de 8% du 25 avril 2019 au 12 novembre 2021, date de consolidation, soit durant 933 jours. Par suite, sur la base d'une indemnisation journalière de 20 euros, ce préjudice donnera lieu à l'octroi d'une somme totale de 2 593 euros.
Quant aux souffrances endurées :
16. Il résulte de l'instruction que Mme D a enduré des souffrances évaluées à 4 sur une échelle de 1 à 7, par le Pr B. En outre, ainsi qu'il a été exposé au point n°9, la prise en charge de la douleur, par le CHU de Rouen, a été défaillante. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de son préjudice en condamnant le CHU de Rouen à lui verser la somme de 8 000 euros par référence au barème de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM).
Quant au préjudice esthétique temporaire :
17. Mme D a été astreinte à l'usage d'une canne pendant six mois. Son préjudice esthétique, retenu par l'expert, qui ne l'a cependant pas chiffré, fera l'objet d'une juste appréciation et donnera lieu au versement d'une somme de 1 200 euros.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux permanents :
Quant au déficit fonctionnel permanent :
18. Mme D, âgée de trente-neuf ans à la date de consolidation de son état de santé, subit un déficit fonctionnel permanent évalué par l'expert à 8%. Il en sera fait une juste appréciation en accordant une somme de 10 000 euros, par référence au barème ONIAM précité.
Quant au préjudice d'agrément :
19. Mme D fait valoir qu'elle ne peut plus pratiquer le running en raison de sa fatigabilité accrue, depuis l'accident médical. Toutefois, l'expert a fait clairement état de ce qu'il n'existe aucune contre-indication à la reprise progressive d'activités sportives qui, " au contraire, vont améliorer le ressenti douloureux ". Dès lors, le préjudice d'agrément invoqué par la requérante, non établi dans son principe, ne peut donner lieu à indemnisation.
Quant au préjudice esthétique permanent :
20. Il résulte de l'instruction que Mme D présente, selon l'expert, " une légère boiterie à la marche prolongée " (souligné par l'expert). Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 500 euros.
Quant au préjudice d'impréparation :
21. Indépendamment de la perte d'une chance de refuser l'intervention, le manquement des médecins à leur obligation d'informer le patient des risques courus ouvre pour l'intéressé, lorsque ces risques se réalisent, le droit d'obtenir réparation des troubles qu'il a subis du fait qu'il n'a pas pu se préparer à cette éventualité. S'il appartient au patient d'établir la réalité et l'ampleur des préjudices qui résultent du fait qu'il n'a pas pu prendre certaines dispositions personnelles dans l'éventualité d'un accident, la souffrance morale qu'il a endurée lorsqu'il a découvert, sans y avoir été préparé les conséquences de l'intervention doit, quant à elle, être présumée.
22. En application de ce principe, et dès lors, ainsi qu'il a été exposé au point n°7, que l'instruction permet d'établir que Mme D n'a pas été informée des risques associés à une biopsie osseuse, en préopératoire, le préjudice d'impréparation subi par l'intéressée résultant de la réalisation de ces risques, fera l'objet d'une juste appréciation en étant évalué à la somme de 2 000 euros.
23. Il résulte de tout ce qui précède que le CHU de Rouen doit être condamné à verser à Mme D une somme de 32 908,91 euros en indemnisation de ses préjudices.
Sur les droits de la CPAM de Rouen :
En ce qui concerne les débours :
24. Par la production de son relevé des débours et de l'attestation de son médecin-conseil, la CPAM de Rouen justifie avoir exposé une somme totale de 5 313,26 euros pour le compte de son assurée. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point n°13, l'instruction ne retrouve pas de lien direct entre l'accident médical fautif et les pertes de gains professionnels alléguées de sorte que les indemnités journalières versées à Mme D ne peuvent être comprises au titre de l'indemnisation des débours de la CPAM. Par suite, le CHU de Rouen doit être condamné à indemniser la CPAM à hauteur de 3 821,72 euros.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
25. La CPAM de Rouen a droit, ainsi qu'elle en fait la demande, à l'indemnité forfaitaire régie par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, pour le montant de 1 191 euros auquel elle a été fixée par l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale.
Sur les intérêts :
26. L'indemnité accordée à la requérante portera intérêts au taux légal à compter du 1er août 2022, date de réception par le CHU de Rouen de la demande indemnitaire préalable. Ces intérêts seront capitalisés à compter du 1er août 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les dépens :
27. Les frais de l'expertise du Pr B et du Dr C, liquidés et taxés à la somme de 2 500 euros par l'ordonnance susvisée du 12 janvier 2023 seront mis à la charge du CHU de Rouen, partie perdante, dans la présente instance.
Sur les frais liés à l'instance :
28. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU de Rouen une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Le CHU de Rouen est condamné à verser une somme de 32 908,91 euros à Mme D en indemnisation de ses préjudices. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 1er août 2022. Ces intérêts seront capitalisés à compter du 1er aout 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Article 2 : Le CHU de Rouen versera une somme de 3 821,72 euros à la CPAM de Rouen en indemnisation de ses débours.
Article 3 : Le CHU de Rouen versera une somme de 1 191 euros à la CPAM de Rouen au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 4 : Les frais et honoraires de l'expertise du Pr B et du Dr C liquidés et taxés à la somme de 2 500 euros, sont mis à la charge du CHU de Rouen.
Article 5 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à la Caisse primaire d'assurance maladie de Rouen et au Centre hospitalier universitaire de Rouen.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
M. Bouvet, premier conseiller,
M. Mulot, premier conseiller.
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
C. BOUVET
La présidente,
signé
A. GAILLARD
Le greffier,
signé
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne à la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
S. Combes
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026