jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2204095 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 1 |
| Avocat requérant | BOYER BERGERON-DURAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2022, un mémoire en production de pièces enregistré le 28 octobre 2022, un mémoire enregistré le 20 décembre 2022 et un mémoire en production de pièces enregistré le 4 avril 2023, Mme A C, représentée par la SCP Boyer Bergeron-Durand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 août 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Eure a rejeté son recours préalable exercé contre la décision du 12 avril 2022 lui notifiant, notamment, un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 5 499,56 euros au titre de la période du 1er mai 2019 au 31 août 2020 ;
2°) d'annuler la décision du 6 octobre 2022 par laquelle la commission de recours amiable a rejeté son recours préalable exercé contre la décision du 12 avril 2022 lui notifiant, notamment, un indu de prime d'activité d'un montant de 5 232,46 euros au titre de la période du 1er mai 2019 au 31 mars 2022 ;
3°) d'annuler les décisions du 7 octobre 2022 par lesquelles le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Eure a rejeté ses recours exercés contre la décision du 12 avril 2022 lui notifiant, notamment, des indus d'aide personnelle au logement (APL) d'un montant total de 5 634,34 euros, au titre de la période du 1er avril 2019 au 31 décembre 2019 et du 1er janvier 2021 au 30 avril 2022, un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année de 228,27 euros au titre de 2019 et un indu d'aide exceptionnelle de solidarité de 150 euros au titre du mois de mai 2020 ;
4°) d'annuler les décisions implicites de rejet de sa demande de remise gracieuse de ses dettes et de lui accorder la remise de ces indus ou, à titre subsidiaire, de lui accorder un échéancier de paiement pour le remboursement de ses dettes.
Elle soutient que :
- elle ignorait qu'elle devait déclarer son héritage familial et a connu des difficultés de santé ;
- les indus ne sont pas justifiés dès lors qu'elle ne bénéficiait d'aucune ressources professionnelles et qu'elle n'a débuté son activité qu'au printemps 2020 ;
- elle se trouve dans une situation financière précaire ne lui permettant pas de rembourser le montant de ses dettes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2022, le département de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la bonne foi de la requérante ne peut être retenue compte tenu du caractère intentionnel et répétitif de ses fausses déclarations.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 16 décembre 2022 et le 23 janvier 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;
- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire aux ménages les plus précaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport.
A l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, bénéficiaire du revenu de solidarité active et de l'aide personnelle au logement (APL) depuis 2017 ainsi que de la prime d'activité depuis 2019, s'est vu notifier, par courrier du 12 avril 2022, un indu de revenu de solidarité active au titre de la période de mai 2019 à août 2020, un indu de prime d'activité au titre de la période de mai 2019 à mars 2022, des indus d'APL au titre de la période d'avril 2019 à décembre 2019 et de janvier 2021 à avril 2022 et un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année au titre du mois de décembre 2019. Par courrier du 22 avril 2022, elle s'est vu notifier un indu d'aide exceptionnelle de solidarité au titre du mois de mai 2020. Le 9 juin 2022, elle a à la fois contesté les indus mis à sa charge et demandé leur remise gracieuse. Mme C demande au tribunal d'annuler la décision du président du conseil départemental de l'Eure du 9 août 2022 de rejet de son recours concernant l'indu de revenu de solidarité active, la décision de la commission de recours amiable de la CAF de l'Eure du 6 octobre 2022 de rejet de son recours concernant l'indu de prime d'activité, les décisions du directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Eure de rejet de ses recours concernant les indus d'APL, d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'aide exceptionnelle de solidarité du 7 octobre 2022 et les décisions implicites de rejet de sa demande de remise gracieuse de ces indus.
Sur le bien-fondé des indus de RSA, de prime d'activité et d'APL :
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, d'aide personnelle au logement ou de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu.
3. D'abord, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. () " Aux termes de l'article L. 262-3 de ce code : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1 est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active. () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. "
4. Ensuite, aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre. " Aux termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. () ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels ; 3° L'avantage en nature que constitue la disposition d'un logement à titre gratuit, déterminé de manière forfaitaire ; 4° Les prestations et les aides sociales, à l'exception de certaines d'entre elles à raison de leur finalité sociale particulière ; 5° Les autres revenus soumis à l'impôt sur le revenu. "
5. Enfin, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale / b) L'allocation de logement sociale. " Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ; 3° Le montant du loyer payé, pris en compte dans la limite d'un plafond, ainsi que les dépenses accessoires retenues forfaitairement ; 4° La qualité du demandeur : locataire, colocataire ou sous-locataire d'un logement meublé ou non, accédant à la propriété ou résident en logement-foyer. () ". Aux termes de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. () " et aux termes de l'article R. 822-4 de ce code : " I.- Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale. "
6. Il résulte de l'instruction qu'à la suite d'un contrôle diligenté par les services de la caisse d'allocations familiales de l'Eure, Mme C s'est vu notifier, par courrier du 12 avril 2022, un indu de revenu de solidarité active de 5 499,56 euros au titre de la période du mois de mai 2019 au mois d'août 2020, un indu de prime d'activité de 5 232,46 euros au titre de la période du mois de mai 2019 au mois de mars 2022 et des indus d'aide personnelle au logement (APL) au titre de la période du mois d'avril 2019 au mois de décembre 2019 et du mois de janvier 2021 au mois d'avril 2022.
7. Si Mme C soutient qu'elle ignorait devoir procéder à la déclaration de l'héritage familial qu'elle a perçu en juillet 2020, qu'elle a rencontré des difficultés de santé l'ayant empêché de remplir ses déclarations, et qu'elle est dans une situation précaire, d'une part, il ne résulte pas de l'instruction que cet héritage aurait été pris en compte dans le calcul des indus, la requérante ne critique pas son obligation de déclaration des sommes perçues en héritage et d'autre part, cette supposée ignorance des sommes à déclarer et les difficultés de santé alléguées, au demeurant non établies, sont sans incidence directe sur l'obligation de rembourser les sommes indument perçues. La précarité alléguée est également sans incidence sur le bien-fondé des indus mis à la charge de la requérante.
8. Mme C soutient en outre qu'elle ne bénéficiait d'aucune ressource et que les modestes salaires perçus par sa fille lui ont uniquement bénéficié. Toutefois, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'enquête réalisé par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, que la requérante n'a pas déclaré les ressources perçues par sa fille, membre de son foyer, au titre des mois de juillet à décembre 2019, de janvier 2020, de juin et de juillet 2020, de septembre à décembre 2020, de janvier à mars 2021, et de juin à juillet 2021. De plus, Mme C n'a pas non plus déclaré l'ensemble des ressources perçues dans le cadre de son activité de travailleur indépendant et qui ont été reconstituées à partir de ses relevés de compte bancaire. Si la requérante soutient que ces sommes constituent son chiffre d'affaires et non ses bénéfices, elle n'apporte aucune preuve des charges réellement supportées et ne critique pas sérieusement les montants pris en compte. Par suite, Mme C n'est pas fondée à contester le bien-fondé des indus en litige, tant dans leur principe que dans leur montant.
Sur le bien-fondé des indus d'aide exceptionnelle :
9. D'une part, aux termes de l'article 3 du décret du 10 décembre 2019 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2019 ou, à défaut, du mois de décembre 2019, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code. () " et aux termes de l'article 4 du même décret : " Le montant de l'aide mentionnée à l'article 3 est égal à 152,45 € pour une personne seule, majoré de 50% lorsque le foyer se compose de deux personnes et de 30% pour chaque personne supplémentaire présente au foyer, à condition que ces personnes soient le conjoint, le partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou le concubin de l'intéressé ou soient à sa charge. () ".
10. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret du 5 mai 2020 : " I.- Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins l'une des allocations suivantes : 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ; () ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " I.- Les bénéficiaires du revenu de solidarité active mentionné au 1° de l'article 1er du présent décret ont droit, au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité, à un versement de 150 euros, sous réserve que le montant de leur allocation dû au titre du mois d'avril ou de mai ne soit pas nul. () ".
11. Il résulte de l'instruction que, compte tenu du niveau des ressources du foyer de Mme C prises en compte après le contrôle, l'intéressée n'avait pas droit au revenu de solidarité active au titre de la période du 1er mai 2019 au 31 août 2020. N'ayant pas droit au revenu de solidarité active au titre des mois de novembre et de décembre 2019, elle n'avait pas droit au versement de l'aide exceptionnelle de fin d'année au titre de 2019 et, n'ayant pas droit au revenu de solidarité active au titre des mois d'avril et de mai 2020, elle n'avait pas droit au bénéfice de l'aide exceptionnelle de solidarité au titre de mai 2020. Par suite, la CAF de l'Eure était fondée à lui demander le remboursement de l'aide exceptionnelle de fin d'année perçue en décembre 2019 et de l'aide exceptionnelle de solidarité perçue en mai 2020.
Sur les demandes de remise gracieuse :
12. Il résulte des dispositions des articles L. 262-17, L. 262-46 et R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles, des articles L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale et des articles L. 845-3 et R. 846-5 du code de la sécurité sociale ainsi que des articles 6 du décret du 10 décembre 2019 et 4 du décret du 5 mai 2020 que le bénéficiaire de ces aides et allocations ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
13. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de RSA, d'APL, de prime d'activité et de prime exceptionnelle, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active, à la prime d'activité, à l'aide personnalisée au logement ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
14. Il résulte de l'instruction que Mme C a omis, pendant près de trois années consécutives, de déclarer des ressources perçues par sa fille, ses propres ressources professionnelles et les sommes perçues en juillet 2020 suite au décès de sa grand-mère et doit donc, eu égard à la répétition de ce comportement, être regardée comme ayant délibérément manqué à ses obligations déclaratives. Ce comportement fait obstacle, en application des dispositions mentionnées au point 12 du présent jugement, à ce qu'il lui soit accordé la remise gracieuse de ses dettes alors même que Mme C, qui ne produit au demeurant aucune pièce justifiant de la précarité qu'elle allègue, serait dans une situation financière précaire.
15. Si Mme C demande au tribunal de lui accorder un échéancier de paiement pour le remboursement de ses dettes, il n'appartient toutefois pas au tribunal d'accorder un tel échéancier. Au surplus, il résulte de l'instruction que Mme C bénéficie depuis le 16 janvier 2023 d'un plan personnalisé de remboursement sur trente-sept mensualités à hauteur de 300 euros par mois.
16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est fondée à demander ni l'annulation des décisions relatives aux indus de revenu de solidarité active, de prime d'activité, d'aide personnalisée au logement, d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'aide exceptionnelle de solidarité mis à sa charge ni l'annulation des décisions rejetant ses demandes de remise gracieuse de ces dettes. Mme C n'est pas non plus fondée à demander la remise gracieuse de ses dettes.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, au département de l'Eure, à la caisse d'allocations familiales de l'Eure, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La magistrate désignée,
signé
H. BLe greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au préfet de l'Eure chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2204095
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026