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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2204584

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2204584

mardi 24 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2204584
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationChambre 3P
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I./ Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2022 sous le n°2204583, et un mémoire, enregistré le 20 juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler le titre exécutoire du 5 octobre 2022 par lequel le département de la Seine-Maritime met à sa charge la somme de 1 178,93 euros au titre d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) socle ;

3°) de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;

4°) de mettre à la charge du département de la Seine-Maritime la somme de 2 000 euros au titre du 2ème alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le titre attaqué méconnait l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dès lors que le département n'apporte pas la preuve de la signature du bordereau de titres de recettes ;

- il n'est pas suffisamment motivé dès lors qu'il n'indique pas les bases de liquidation de la créance ni les modalités de son calcul ;

- il méconnaît les articles L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles et 2224 du code civil dès lors que la créance en litige est prescrite ;

- elle n'a jamais perçu les sommes indues de RSA dont le remboursement lui est réclamé, seul son ex-conjoint les percevait.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 juin 2023 et le 29 août 2023, le président du conseil départemental de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient :

- à titre principal, qu'en l'absence de recours administratif préalable, Mme B n'est pas recevable à contester le bien-fondé de l'indu de RSA dans le cadre d'un recours en contestation d'un titre exécutoire de recettes ;

- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II./ Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2022 sous le n° 2204584, et un mémoire récapitulatif enregistré le 20 juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2) d'annuler le titre exécutoire du 4 octobre 2022 par lequel le département de la Seine-Maritime met à sa charge la somme de 6 560,13 euros au titre d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) socle ;

3) de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;

4) de mettre à la charge du département de la Seine-Maritime la somme de 2 000 euros au titre du 2ème alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le titre attaqué méconnait l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dès lors que le département n'apporte pas la preuve de la signature du bordereau de titres de recettes ;

- il n'est pas suffisamment motivé dès lors qu'il n'indique pas les bases de sa liquidation et les modalités de calcul ;

- il méconnaît les articles L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles et 2224 du code civil dès lors que la créance en litige est prescrite ;

- elle n'a jamais perçu les sommes indues de RSA dont le remboursement lui est réclamé, seul son ex-conjoint les percevait.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 juin 2023 et le 29 août 2023, le président du conseil départemental de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient :

- à titre principal, qu'en l'absence de recours administratif préalable, Mme B n'est pas recevable à contester le bien-fondé de l'indu de RSA dans le cadre d'un recours en contestation d'un titre exécutoire de recettes ;

- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

III./ Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2022 sous le n° 2204585, et un mémoire enregistré le 20 juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2) d'annuler le titre exécutoire du 4 octobre 2022 par lequel le département de la Seine-Maritime met à sa charge la somme de 10 841,43 euros au titre d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) socle ;

3) de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;

4) de mettre à la charge du département de la Seine-Maritime la somme de 2 000 euros au titre du 2ème alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le titre attaqué méconnait l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dès lors que le département n'apporte pas la preuve de la signature du bordereau de titres de recettes ;

- il n'est pas suffisamment motivé dès lors qu'il n'indique pas les bases de sa liquidation et les modalités de calcul ;

- il méconnaît les articles L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles et 2224 du code civil dès lors que la créance en litige est prescrite ;

- elle n'a jamais perçu les sommes indues de RSA dont le remboursement lui est réclamé, seul son ex-conjoint les percevait.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 juin 2023 et le 29 août 2023, le président du conseil départemental de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient :

- à titre principal, qu'en l'absence de recours administratif préalable, Mme B n'est pas recevable à contester le bien-fondé de l'indu de RSA dans le cadre d'un recours en contestation d'un titre exécutoire de recettes ;

- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu :

- les décisions du 7 décembre 2022 admettant Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Jeanmougin en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

- les décisions par lesquelles la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code civil ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;

- l'arrêté du 27 juin 2007 portant application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales relatif à la dématérialisation des opérations en comptabilité publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté ses rapports.

A l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, bénéficiaire du revenu de solidarité active depuis 2013, demande, par sa requête n° 2204583, l'annulation du titre exécutoire du 5 octobre 2022 par lequel le président du conseil départemental de la Seine-Maritime a mis à sa charge la somme de 1 178,93 euros, par sa requête n° 2204584, l'annulation du titre exécutoire du 4 octobre 2022 mettant à sa charge la somme de 6 560,13 euros et, par sa requête n° 2204585, l'annulation du titre exécutoire du 4 octobre 2022 mettant à sa charge la somme de 10 841,43 euros. Elle demande également la décharge de l'obligation de payer ces sommes.

2. Les requêtes n°s 2204583, 2204584 et 2204585 sont relatives à la situation d'une même allocataire, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer sur un même jugement.

3. En vertu de l'article 92 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles, la part contributive versée par l'État à l'avocat choisi ou désigné pour assister la même personne dans des litiges reposant sur les mêmes faits et comportant des prétentions ayant un objet similaire est réduite par le juge de 30 % pour la deuxième affaire et de 40 % pour la troisième. Tel est le cas en l'espèce ainsi qu'il est dit au point précédent. L'instance n° 2204584 donnera ainsi lieu à une réduction de 30 % appliquée à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle et l'instance n° 2204585 à une réduction de 40 %.

4. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre. / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel () est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation ()vaut notification de ladite ampliation. / En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel () mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titre de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. ". Aux termes de l'article D. 1617-23 du même code : " Les ordonnateurs des organismes publics () lorsqu'ils choisissent de transmettre aux comptables publics, par voie ou sur support électronique, les pièces nécessaires à l'exécution de leurs dépenses ou de leurs recettes, recourent à une procédure de transmission de données et de documents électroniques, dans les conditions fixées par un arrêté du ministre en charge du budget () garantissant la fiabilité de l'identification de l'ordonnateur émetteur, l'intégrité des flux de données et de documents (), la sécurité et la confidentialité des échanges ainsi que la justification des transmissions opérées. / La signature manuscrite, ou électronique conformément aux modalités fixées par arrêté du ministre en charge du budget, du bordereau récapitulant les titres de recette emporte attestation du caractère exécutoire des pièces justifiant les recettes concernées et rend exécutoires les titres de recettes qui y sont joints () ".

5. Aux termes du dernier alinéa de l'article 2 de l'arrêté du 27 juin 2007 pris pour l'application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales : " La validité juridique des mandats de dépenses, des titres de recettes et des bordereaux de mandats de dépenses et de titres de recettes dématérialisés résulte de l'utilisation du protocole d'échange standard d'Hélios () ainsi que de la signature électronique de l'ordonnateur ou de son représentant (). ". Aux termes de l'article 4 de cet arrêté : " I.- En application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales, la signature électronique des fichiers de données et de documents électroniques transmis au comptable est effectuée par l'ordonnateur ou son délégataire au moyen : - soit d'un certificat garantissant notamment son identification et appartenant à l'une des catégories de certificats visées par l'arrêté du ministre de l'économie et des finances en date du 15 juin 2012 relatif à la signature électronique dans les marchés publics ; / - soit du certificat de signature " DGFIP " délivré gratuitement par la direction générale des finances publiques aux ordonnateurs des organismes publics visés à l'article 1er du présent arrêté ou à leurs délégataires qui en font la demande. "

6. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " () / Toute décision prise par l'une des autorités mentionnées à l'article 1er comporte, outre la signature de son auteur, la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".

7. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ". Il résulte des dispositions du 1° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles qu'une décision de récupération d'un indu de revenu de solidarité active prise par le président du conseil départemental, ou par délégation de celui-ci, ne peut, à peine d'irrecevabilité, faire l'objet d'un recours contentieux sans qu'ait été préalablement exercé un recours administratif auprès de cette autorité. La recevabilité d'un recours contentieux dirigé contre le titre exécutoire émis pour recouvrer un indu de revenu de solidarité active n'est pas, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, subordonnée à l'exercice d'un recours administratif préalable. Le débiteur ne peut toutefois, à l'occasion d'un tel recours, contester directement devant le juge administratif le bien-fondé de cet indu en l'absence de tout recours préalable saisissant de cette contestation le président du conseil départemental.

8. S'il ne résulte pas de l'instruction que Mme B aurait exercé ledit recours administratif préalable auprès du président du conseil départemental, et qu'elle n'est dès lors pas recevable à contester le bien-fondé des indus de RSA dans le cadre d'un recours en contestation des titres exécutoires émis pour recouvrer ces indus, comme le fait valoir le département en défense, l'absence d'exercice de ce recours préalable obligatoire n'a pas d'incidence directe sur la recevabilité des conclusions dirigées contre les titres exécutoires, mais seulement sur les moyens pouvant être invoqués à l'appui de ces conclusions. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité des requêtes dirigées contre les titres exécutoires au motif qu'elles n'ont pas été précédées d'un recours préalable ne peut qu'être écartée.

9. Il résulte des dispositions du 4° de de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allègement des procédures, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doivent mentionner les nom, prénoms et qualité de l'auteur de cette décision, de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les noms, prénoms et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.

10. Il résulte de l'instruction que si les titres de recettes en litige, qui ne sont pas signés de manière manuscrite, comportent la mention " Monsieur BELLANGER Bertrand Le Président ", président du conseil départemental de la Seine-Maritime, l'extrait du logiciel " Hélios " produit par le département montre que le bordereau de titres a en réalité été signé de manière électronique par Mme C, directrice de l'action sociale et de l'insertion au département. Mme C doit dès lors être regardée comme étant l'auteur des décisions attaquées au sens des dispositions précitées. Il en résulte les ampliations adressées à la redevable, qui mentionnent M. D et non Mme C, ne comportaient ni la mention du prénom, du nom, et de la qualité, ni la signature de l'auteur des titres en litige, au sens des dispositions précitées. Il en résulte que les titres en litige sont entachés d'un vice de forme et doivent, pour ce motif, être annulés.

11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation des titres exécutoires émis le 4 et le 5 octobre 2022 pour le recouvrement de la somme de 6 560,13 euros au titre d'un indu de revenu de solidarité active socle, de la somme de 10 841,43 euros au titre d'un indu de revenu de solidarité active socle et de la somme de 1 178,93 euros au titre d'un indu de revenu de solidarité active socle.

12. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre. En statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.

13. Il résulte de ce qui précède que, eu égard au motif retenu, l'annulation des titres exécutoires du 4 et du 5 octobre 2022 n'implique pas nécessairement la décharge des créances, ni la restitution des sommes qui auraient été prélevées, dès lors que le département de la Seine-Maritime peut, s'il entend poursuivre le recouvrement de ses créances, et si aucune règle de prescription n'y fait obstacle, émettre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, de nouveaux titres exécutoires.

14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge du département de la Seine-Maritime au titre des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : Les titres exécutoires du 4 octobre 2022 et du 5 octobre 2022 mettant à la charge de Mme B les sommes de 6 560,13 euros, 10 841,43 euros et 1 178,93 euros sont annulés.

Article 2 : Le surplus des requêtes de Mme B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Pierre-Henry Desfarges, à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime et au département de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.

La magistrate désignée,

signé

H. JEANMOUGINLe greffier,

signé

J.-L. MICHEL

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2204583,2204584,2204585

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