jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2205127 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en production de pièces, enregistrés le 15 décembre 2022 et le 29 mars 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 2 décembre 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Eure a rejeté sa demande de remise gracieuse de son indu d'allocation de logement sociale (ALS) et de lui accorder la remise gracieuse totale de sa dette.
Il soutient que :
- il est de bonne foi dès lors qu'il a déclaré dans les délais ses ressources dans le cadre des déclarations trimestrielles et qu'il n'est pas à l'origine de l'indu ;
- sa situation financière ne lui permet pas de s'acquitter du paiement de sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Eure, représentée par son directeur conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Deflinne en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Deflinne, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
À l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, s'est vu notifier, par courrier du 16 novembre 2022, un indu d'ALS d'un montant de 2 024 euros au titre de la période du 1er mai 2022 au 31 octobre 2022. Il a sollicité la remise de sa dette le 21 novembre 2022. Par une décision du 2 décembre 2022, le directeur de la CAF de l'Eure a rejeté sa demande. M. A doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de cette décision ainsi que la remise gracieuse totale de son indu.
2. Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, () par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'allocation de logement, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
4. Il résulte de l'instruction que suite à la régularisation de la situation de M. A, celui-ci s'est vu réclamer la somme de 2 024 euros au titre d'un indu d'ALS pour la période du 1er mai 2022 au 31 octobre 2022.
5. M. A, dont la bonne foi n'est pas remise en cause par la CAF de l'Eure, soutient qu'il se trouve dans une situation financière précaire. D'une part, au soutien de ses allégations, il justifie percevoir un salaire mensuel d'environ 1 630 euros et des charges d'un montant approximatif de 1 100 euros. D'autre part, il n'est pas contesté par M. A qu'au moment de l'examen de sa demande de remise gracieuse, son quotient familial était de 1 210 euros et qu'en janvier 2023, les ressources du foyer qu'il constitue avec Mme C s'élevaient à plus de 3 000 euros. Par suite, le requérant ne justifie pas être dans une situation de précarité telle qu'il serait dans l'incapacité de rembourser l'intégralité de l'indu restant à sa charge, le cas échéant, en sollicitant un nouvel échéancier de paiement.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à solliciter la remise gracieuse de son indu d'allocation de logement sociale.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la caisse d'allocations familiales de l'Eure.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
Le magistrat désigné,
signé
T. DEFLINNE
Le greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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