vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2205231 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P |
| Avocat requérant | MOUTOUSSAMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 décembre 2022, Mme A B, représentée par la SELARL DBKM Avocats demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 novembre 2022, par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Seine-Maritime a refusé de lui accorder une remise de dette correspondant à un indu de revenu de solidarité active (RSA) ;
2°) de lui accorder la remise de sa dette.
Elle soutient que :
* la remise de dette n'est pas gracieuse mais de droit ;
* elle est de bonne foi ;
* elle vit en dessous du seuil de pauvreté et se trouve en situation de précarité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2023, le département de la Seine-Maritime, représenté par le président du conseil départemental, conclut au rejet de la requête.
Il soutient, à titre principal que la requête est irrecevable en raison de l'autorité de chose jugée s'attachant au jugement du 23 juin 2022 et à titre subsidiaire que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu :
* la décision du 23 novembre 2022 admettant Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
* la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Deflinne en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
* la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
* les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de l'action sociale et des familles ;
* le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Deflinne, magistrat désigné, ayant été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
À l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 13 septembre 2017, Mme B a été déclarée redevable d'un indu de RSA d'un montant initial de 8 352,70 euros pour la période d'avril 2015 à juillet 2017 et d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant initial de 274,41 euros au titre de décembre 2015. Le 26 octobre 2020, Mme B a formé un recours administratif auprès du département de la Seine-Maritime en contestation de l'indu de RSA tout en demandant la remise gracieuse de sa dette et le paiement de dommages et intérêts. Le même jour, elle a formé un recours gracieux auprès de la CAF de la Seine-Maritime en contestation de l'indu de prime tout en sollicitant une remise gracieuse de cet indu et en sollicitant également le paiement de dommages et intérêts. Par une décision du 29 décembre 2020, le département a rejeté son recours ainsi que sa demande de remise gracieuse. La CAF a implicitement rejeté son recours gracieux et sa demande de remise gracieuse. La requête de Mme B tendant à l'annulation de ces décisions et à la condamnation de la CAF et du département de la Seine-Maritime à l'indemniser du préjudice qu'elle estimait avoir subi a été rejetée par jugement du 23 juin 2022. Le 19 septembre 2022, l'intéressée a présenté une demande de remise de ses dettes de RSA et de prime exceptionnelle qui a été rejetée par décision du 28 novembre 2022. Mme B demande l'annulation de cette dernière décision et la remise de ses dettes.
2. Un allocataire du RSA ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu de cette allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à l'allocation en cause ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. À cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
3. Il résulte de l'instruction que, par un jugement du 23 juin 2022, devenu définitif et revêtu de l'autorité de la chose jugée, le tribunal administratif de Rouen a jugé que l'indu de RSA dont Mme B demande la remise gracieuse trouvait son origine dans de fausses déclarations délibérées de la requérante, faisant obstacle à toute remise de cette dette.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme B n'est en tout état de cause fondée ni à demander l'annulation de la décision du 28 novembre 2022, par laquelle le directeur de la CAF de la Seine-Maritime a refusé de lui accorder une remise de dette correspondant à un indu de RSA et de prime exceptionnelle, ni à ce que lui soit accordée la remise de ses dettes.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la SELARL DBKM Avocats et au président du conseil départemental de la Seine-Maritime.
Copie pour information en sera adressée à la caisse d'allocation familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe 7 juin 2024
Le magistrat désigné,
signé
T. DEFLINNE
Le greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2205231
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026