mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300123 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P |
| Avocat requérant | MOUTOUSSAMY |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés sous le n° 2205048 le 14 décembre 2022 et le 18 mars 2024, M. A B, représenté par la SELARL DBKM Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 septembre 2022 par laquelle le département de la Seine-Maritime a prononcé à son encontre une amende de 811 euros en matière de revenu de solidarité active (RSA) ;
2°) d'annuler le titre exécutoire émis le 29 septembre 2022 afin de recouvrer l'amende de 811 euros ;
3°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer ;
4°) d'enjoindre au département de la Seine-Maritime de lui restituer les sommes recouvrées ;
5°) de mettre à la charge du département la somme de 1 200 euros au titre du 2e alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser directement à son conseil.
Il soutient que :
* sa requête est recevable ;
* s'agissant de la décision du 28 septembre :
- elle a été adopté par une autorité incompétente ;
- elle a été adoptée à la suite d'une procédure irrégulière dès lors que l'équipe pluridisciplinaire ayant émis l'avis sur l'amende n'était pas composée de représentants des bénéficiaires du RSA, en contravention de l'article L. 262-39 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle n'est pas nécessaire, en contrariété avec l'article 8 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- elle n'est pas proportionnée, alors même qu'il n'avait pas connaissance de l'obligation de devoir déclarer ses séjours à l'étranger ;
* s'agissant du titre exécutoire :
- il repose sur une décision elle-même illégale ;
- le département ne justifie pas que le bordereau de titre est signé ;
- le département ne justifie pas avoir précisé les modalités de liquidation de l'amende.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2023, le département de la Seine-Maritime, représenté par le président du conseil départemental, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée sous le n° 2205049 le 14 décembre 2022, M. A B, représenté par la SELARL DBKM Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 septembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Seine-Maritime a fixé 150 euros le montant mensuel des retenues pratiquées afin de recouvrer l'indu de RSA ;
2°) d'enjoindre à la CAF de la Seine-Maritime de procéder au remboursement des montants excessivement prélevés depuis le mois d'avril 2022 ;
3°) de mettre à la charge du département la somme de 1 200 euros au titre du 2e alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser directement à son conseil.
Il soutient que :
* sa requête est recevable ;
* les retenues maximales possibles étaient de :
- 87,70 euros pour le mois d'avril 2022 ;
- 67,53 euros pour le mois d'août 2022 ;
- 84,73 euros pour le mois de septembre 2022 ;
- 67,53 euros pour le mois d'octobre 2022.
Par un mémoire, enregistré le 4 avril 2023, le département de la Seine-Maritime, représenté par le président du conseil départemental, indique qu'il n'est pas compétent pour défendre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
III. Par une requête enregistrée sous le n° 2300123 le 8 janvier 2023, M. A B, représenté par la SELARL DBKM Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 octobre 2022 par laquelle la CAF de la Seine-Maritime a rejeté son recours contestant le montant de la retenue pratiquée afin de recouvrer le solde de son indu de RSA ;
2°) d'enjoindre à la CAF de la Seine-Maritime de procéder au remboursement des montants excessivement prélevés ;
3°) de mettre à la charge du département la somme de 1 200 euros au titre du 2e alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser directement à son conseil.
Il soutient que :
* sa requête est recevable ;
* la CAF n'a pas précisé les montants de liquidation de la retenue et que la décision n'est motivée ni en droit ni en fait ;
* la CAF se devait d'appliquer le minimum mensuel de retenue dès lors qu'il ne percevait que le RSA ;
* la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire, enregistré le 4 avril 2023, le département de la Seine-Maritime, représenté par le président du conseil départemental, indique qu'il n'est pas compétent pour défendre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
* les décisions du 19 octobre 2022 et du 8 novembre 2022 admettant M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
* la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Deflinne en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
* la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
* les autres pièces du dossier.
Vu :
* la Constitution ;
* le code de l'action sociale et des familles ;
* la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
* la loi n° 98-1163 du 18 décembre 1998 ;
* l'arrêté du 16 décembre 2021 relatif aux montants des plafonds de ressources de certaines prestations familiales et aux tranches du barème applicable au recouvrement des indus et à la saisie des prestations à Saint-Pierre-et-Miquelon ;
* le code de justice administrative.
Le rapport de M. Deflinne, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
À l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B bénéficiait d'un droit au RSA depuis le 27 novembre 2012. Suite à un contrôle de sa situation, un indu de RSA d'un montant de 10 826,05 euros a été mis à sa charge pour la période du 1er janvier 2018 au 30 novembre 2020, le président du département de la Seine-Maritime retenant à son encontre une intention frauduleuse. Le 15 janvier 2021, le recours de M. B exercé contre l'indu de RSA mis à sa charge ainsi que sa demande de remise gracieuse de cet indu ont été rejetés. Par jugement du 31 mars 2022, la requête dirigée contre ces décisions a été rejeté. Le 12 septembre 2022, la CAF de la Seine-Maritime a fixé à 150 euros le montant mensuel des retenues pratiquées afin de recouvrer l'indu de RSA. Par courrier du 4 octobre 2022, M. B sollicitait la réduction du montant des retenues mensuelles. Le 17 octobre 2022, la CAF de la Seine-Maritime accédait à sa demande en les fixant à la somme de 120 euros. Parallèlement, le 28 septembre 2022, le département de la Seine-Maritime a prononcé à l'encontre de M. B une amende de 811 euros et un titre exécutoire en recouvrement de cette somme a été émis le 29 septembre 2022. M. B demande l'annulation des décisions du 12 septembre 2022, du 28 septembre 2022, du 29 septembre 2022 et du 17 octobre 2022 ainsi que la restitution des sommes qu'il estime avoir été indument prélevées. Les requêtes qui présentent à juger de questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune doivent être jointes.
2. En vertu de l'article 92 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles, la part contributive versée par l'État à l'avocat choisi ou désigné pour assister plusieurs personnes dans un litige reposant sur les mêmes faits et comportant des prétentions ayant un objet similaire est réduite par le juge de 30 % pour la deuxième affaire. La réduction de la part contributive de l'état à la rétribution des missions d'aide juridictionnelle assurées par l'avocat devant la juridiction administrative s'applique lorsque celui-ci assiste un même bénéficiaire de l'aide juridictionnelle et que le juge est conduit à trancher des litiges reposant sur les mêmes faits et comportant des prétentions ayant un objet similaire. Tel est le cas en l'espèce entre la requête n° 2205049 et la requête n° 2300123 présentées par M. B. Par suite, l'instance n° 2300123 donnera lieu à une réduction de 30 % appliquée à la part contributive de l'état au titre de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions dirigées contre la décision du 12 septembre 2022 :
3. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. A défaut, l'organisme payeur peut, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues soit au titre des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation, soit au titre des prestations mentionnées à l'article L. 168-8 ainsi qu'aux titres II et IV du livre VIII du présent code, soit au titre du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles. () Dans des conditions définies par décret, les retenues mentionnées au premier alinéa, ainsi que celles mentionnées aux articles L. 821-5-1 et L. 845-3 du présent code, L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, sont déterminées en fonction de la composition de la famille, de ses ressources, des charges de logement, des prestations servies par les organismes débiteurs de prestations familiales, à l'exception de celles précisées par décret. En cas de fraude, le directeur de l'organisme débiteur de prestations familiales peut majorer le montant de la retenue d'un taux fixé par décret qui ne peut excéder 50 %. Ce taux est doublé en cas de réitération de la fraude dans un délai de cinq ans à compter de la notification de l'indu ayant donné lieu à majoration de la retenue. () ".
4. Aux termes de l'article D. 553-1 du code de la sécurité sociale dans sa rédaction applicable : " () III.-Le montant mensuel du prélèvement effectué sur les prestations à échoir est calculé sur le revenu mensuel pondéré résultant du II, dans les conditions suivantes : 25 % sur la tranche de revenus comprise entre 231 euros et 345 euros ; / 35 % sur la tranche de revenus comprise entre 346 euros et 516 euros ; / 45 % sur la tranche de revenus comprise entre 517 euros et 690 euros ; / 60 % sur la tranche de revenus supérieure à 691 euros. / Il est opéré une retenue forfaitaire de 45 euros sur la tranche de revenus inférieure à 231 euros. () "
5. Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 14 décembre 2020 relatif au montant des plafonds de ressources de certaines prestations familiales et aux tranches du barème applicable au recouvrement des indus et à la saisie des prestations applicable au litige : " Pour l'application, [] des dispositions du III de l'article D. 553-1 du code de la sécurité sociale : 1° Les tranches de revenus pour lesquelles sont effectuées les retenues sont fixées à : - 25 % sur la tranche de revenus comprise entre 268 euros et 400 euros ; / - 35 % sur la tranche de revenus comprise entre 401 euros et 598 euros ; / - 45 % sur la tranche de revenus comprise entre 599 euros et 799 euros ; / - 60 % sur la tranche de revenus supérieure à 800 euros ; 2° La retenue forfaitaire opérée sur la tranche de revenus inférieure à 268 euros s'élève à 49 euros ; 3° Le revenu mensuel pondéré est réputé être égal à 1 197 euros lorsque les informations relatives aux revenus de l'allocataire, de son conjoint, de son partenaire d'un pacte civil de solidarité ou de son concubin ne sont pas en possession de l'organisme débiteur de prestations familiales. "
6. Il appartient au juge administratif, saisi d'un refus d'échelonnement d'une dette d'allocation sociale de vérifier si la CAF, en fixant le montant du remboursement mensuel, n'a pas commis d'erreur de fait, de droit ou d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
7. Il résulte de l'instruction, d'une part, que contrairement à ce qu'il soutient, M. B ne percevait pas seulement le RSA lors des périodes de référence auxquelles l'administration devait se référer pour fixer le montant des retenues possible à compter du mois d'avril 2022. D'autre part, au regard du caractère frauduleux des manquements commis par le requérant ayant conduit au prononcé d'un indu de RSA à son encontre, l'administration était en droit de majorer le montant des retenues de 50 %. Par suite, la CAF de la Seine-Maritime pouvait, pour chacun des mois en litige, prélever une somme supérieure aux 150 euros, puis à compter du mois de novembre 2022 de 120 euros, qui ont effectivement été retenues sur les prestations servies à l'intéressé, lequel n'est donc pas fondé à soutenir que la décision en litige procéderait d'une erreur de droit alors qu'il ne soutient pas, en tout état de cause, que celle-ci procéderait d'une erreur d'appréciation.
Sur les conclusions dirigées contre la décision du 17 octobre 2022 :
8. En premier lieu, la décision, qui contrairement à ce que soutient le requérant a, en les abaissant de 150 euros à 120 euros, fait droit à sa demande tendant à la minoration des retenues opérées sur ses prestations sociales, n'est pas au nombre des décisions devant être motivées.
9. En second lieu, alors qu'il résulte de l'instruction que contrairement à ce qu'il soutient les ressources de M. B n'étaient pas exclusivement constituées de la perception du RSA, il ne ressort d'aucun des textes invoqués que la CAF se devait d'appliquer un minimum mensuel de retenue pas plus, au demeurant, que le montant effectivement prélevé lui aurait été supérieur.
10. En dernier lieu, les moyens de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation ne sont assortis d'aucune précision permettant d'en apprécier le bienfondé.
Sur les conclusions dirigées contre la décision du 28 septembre 2022 et le titre de recettes du 29 septembre 2022 :
11. Il appartient au juge du fond, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer, eu égard à son office de juge de plein contentieux, sur les manquements qui sont à l'origine du prononcé de cette sanction.
12. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative (). La décision est prise par le président du conseil départemental après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 du présent code. " Aux termes de l'article L. 262-39 de ce code : " Le président du conseil départemental constitue des équipes pluridisciplinaires composées notamment de professionnels de l'insertion sociale et professionnelle, en particulier des agents de l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail dans des conditions précisées par la convention mentionnée à l'article L. 262-32 du présent code, de représentants du département et des maisons de l'emploi ou, à défaut, des personnes morales gestionnaires des plans locaux pluriannuels pour l'insertion et l'emploi et de représentants des bénéficiaires du revenu de solidarité active. () ".
13. Il ressort des dispositions de l'article L. 262-39 du code de l'action sociale et des familles que l'équipe pluridisciplinaire doit être composée notamment de représentants des bénéficiaires du revenu de solidarité active. Il résulte de l'instruction que l'équipe pluridisciplinaire appelée à donner son avis sur la proposition d'infliger une amende administrative à M. B ne comprenait aucun représentant des bénéficiaires du revenu de solidarité active et il n'est ni établi ni même allégué par le département de la Seine-Maritime que des représentants des bénéficiaires auraient été désignés et dûment convoqués. Dès lors, M. B est fondé à soutenir que la décision en litige, prise après avis d'une équipe disciplinaire irrégulièrement composée, est entachée d'un vice de procédure.
14. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. Il résulte de l'instruction qu'aucun représentant des bénéficiaires du revenu de solidarité active n'a été mis en mesure de donner son avis sur la décision envisagée par le département de la Seine-Maritime à l'encontre de M. B, ce qui l'a privé de la garantie tenant à ce que le président du département soit éclairé par l'avis de bénéficiaires de l'allocation sociale, soumis aux mêmes droits et obligations que l'intéressé. M. B est donc fondé à soutenir que la décision lui infligeant une amende administrative est entachée d'un vice de procédure et doit, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, être annulée.
15. Si l'annulation prononcée implique par voie de conséquence l'annulation du titre de recettes émis le 29 septembre 2022, elle n'implique pas nécessairement, eu égard à son motif, de prononcer la décharge de l'obligation de payer l'amende administrative dès lors qu'il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision. Les conclusions présentées à fin d'injonction doivent donc être rejetées.
16. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge du département au titre des frais d'instance.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du 28 septembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Maritime a prononcé à son encontre une amende administrative de 811 euros ainsi que l'annulation du titre de recettes émis pour le recouvrement de cette créance.
DECIDE :
Article 1er : La part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle est réduite de 30 % dans l'instance n° 2300123.
Article 2 : La décision du 28 septembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Maritime a prononcé à l'encontre de M. B une amende administrative de 811 euros ainsi que le titre de recettes émis le 29 septembre 2022 pour le recouvrement de cette créance sont annulés.
Article 3 : Le surplus des requêtes est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la SELARL DBKM Avocats, au président du conseil départemental de la Seine-Maritime et au directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe 26 mars 2024
Le magistrat désigné,
signé
T. DEFLINNE
Le greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2205048
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026