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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2300263

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2300263

jeudi 2 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2300263
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationChambre 3P

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Cardon, demande au tribunal d'annuler la décision du 22 septembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Seine-Maritime a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 250,32 euros et la décision par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Maritime a rejeté son recours.

Il soutient que :

* la CAF ne justifie pas des éléments qui constituent la base des sommes réclamées ;

* l'indu repose sur des chiffres erronés qui ne correspondent pas aux sommes qu'il a gagnées, alors que les période de référence pour les déclarations auprès de la CAF et de l'URSAFF ne sont pas les mêmes.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2023, le département de la Seine-Maritime, représenté par le président du conseil départemental, conclut au rejet de la requête.

Il soutient, à titre principal, que la requête, qui n'est pas accompagnée de la décision contestée, est irrecevable et, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu :

* la décision du 8 mars 2023 admettant M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;

* la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Deflinne en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

* la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;

* les autres pièces du dossier.

Vu :

* le code de l'action sociale et des familles ;

* le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Deflinne, magistrat désigné, ayant été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

À l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A bénéficiait d'un droit au RSA depuis sa demande du 3 avril 2020. Suite au constat d'incohérences relevées dans le cadre d'un contrôle de ses ressources, celui-ci s'est vu réclamer la somme de 250,32 euros au titre d'un indu de RSA socle INK-002 pour la période du 1er mars 2021 au 30 juin 2022. M. A a contesté cette décision le 24 juillet 2022. Cette contestation a été réitérée par courrier du 2 septembre 2022. Son recours, réceptionné le 7 septembre 2022, a fait l'objet d'une décision implicite de rejet de la part du président du conseil départemental de la Seine-Maritime. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de l'indu mis à sa charge.

2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de RSA, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu.

3. En premier lieu, les recours juridictionnels dirigés contre les indus de RSA sont soumis à l'exercice préalable d'un recours administratif de sorte que la décision implicitement intervenue à la suite du recours exercé par M. A par courrier du 2 septembre 2022 s'est substituée à la décision mettant à sa charge l'indu de RSA d'un montant de 250,32 euros. Par suite, le moyen, à le supposer même soulevé, du défaut de motivation de la décision, dont l'intéressé n'a pas sollicité la communication des motifs, ne peut qu'être écarté.

4. En second lieu, M. A soutient que l'indu repose sur des chiffres erronés qui ne correspondent pas aux sommes qu'il a gagnées, alors que les périodes de référence pour les déclarations auprès de la CAF et de l'URSAFF ne sont pas les mêmes. Il résulte toutefois de l'instruction, d'une part, que l'administration ne s'est pas fondée sur une discordance des déclarations des revenus non-salariés communiqués par le requérant à l'URSAFF et la CAF mais sur l'absence de déclaration de l'intégralité des salaires perçus par M. A. D'autre part, M. A a bien indiqué, dans ses déclarations trimestrielles de ressources, un montant perçu au titre des salaires au cours des mois pour lesquels il a perçu un tel revenu. Toutefois, le montant indiqué par ses soins (qui correspond à celui figurant dans la colonne " base " sur la ligne " impôt sur le revenu prélevé à la source ") ne correspond pas au montant devant être déclaré (qui figure quant à lui à la ligne " net à payer avant impôt sur le revenu ") mais à une seule fraction de celui-ci. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'indu mis à sa charge repose sur des montants erronés.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, et au président du conseil départemental de la Seine-Maritime.

Copie pour information en sera adressée à la caisse d'allocation familiales de la Seine-Maritime

Rendu public par mise à disposition au greffe 2 mai 2024

Le magistrat désigné,

signé

T. DEFLINNE

Le greffier,

signé

J.-L. MICHEL

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2300263

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