vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300290 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2023, et des pièces complémentaires produites le 28 janvier 2023, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision, portée à sa connaissance par courrier du 16 décembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Seine-Maritime a rejeté son recours formé contre la décision du 21 septembre 2022 lui notifiant un indu de 1 076,45 euros au titre de l'aide personnalisée au logement (APL) pour la période du 1er septembre au 31 décembre 2020 et de lui accorder la remise gracieuse de son indu.
Elle soutient que :
- la CAF a commis une erreur dans l'enregistrement de ses ressources de l'année 2018 pour le calcul de son droit à l'APL ;
- elle se trouve dans une situation financière précaire ne lui permettant pas de rembourser le montant de l'indu mis à sa charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime, représentée par son directeur conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Deflinne en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Deflinne, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
A l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A était bénéficiaire de l'APL depuis sa demande du mois d'octobre 2021. Suite à la régularisation de sa situation, celle-ci s'est vu réclamer, le 21 septembre 2022, la somme de 1 076,45 euros au titre d'un indu d'APL pour la période du 1er septembre au 31 décembre 2020. Mme A a contesté cet indu le 10 octobre 2022. Par une décision du 15 décembre 2022, dont elle a été informée par courrier du 16 décembre 2022, le directeur de la CAF de la Seine-Maritime a rejeté son recours. Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal l'annulation de cette décision ainsi que la remise gracieuse de son indu.
Sur l'indu d'APL :
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'APL, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui parait, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.
3. Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ; 3° Le montant du loyer payé, pris en compte dans la limite d'un plafond, ainsi que les dépenses accessoires retenues forfaitairement ; 4° La qualité du demandeur : locataire, colocataire ou sous-locataire d'un logement meublé ou non, accédant à la propriété ou résident en logement-foyer. ".
4. Si Mme A soutient que l'indu en litige provient d'une erreur de la CAF dans l'enregistrement de ses ressources pour le calcul de son droit à l'APL, cet élément est sans incidence sur la légalité de l'indu contesté. Par suite, Mme A, qui ne conteste ni le montant ni le principe de l'indu, n'est pas fondée à contester le bien-fondé de l'indu en litige.
Sur la remise gracieuse :
5. Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations sociales est récupéré, () sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. ".
6. A supposer même que Mme A puisse être regardée comme ayant sollicité la remise gracieuse de sa dette, elle ne justifie pas, par les pièces qu'elle produit, être de façon contemporaine dans une situation de précarité telle qu'elle serait dans l'incapacité de rembourser l'intégralité de l'indu restant à sa charge. Par suite, les conclusions de Mme A tendant à la remise gracieuse de sa dette doivent être rejetées.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est fondée, ni à demander l'annulation de la décision, portée à sa connaissance par courrier du 16 décembre 2022, par laquelle la CAF de la Seine-Maritime a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 21 septembre 2022 lui notifiant un indu d'APL, ni à solliciter la remise gracieuse de cette dette.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2024.
Le magistrat désigné,
signé
T. DEFLINNE
Le greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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