vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300640 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | CHAUVEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 février 2023, M. B C, représenté par Me Chauvel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 décembre 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Seine-Maritime a, après avis de la commission de recours amiable, rejeté son recours exercé contre la décision du 10 août 2022 lui notifiant un indu d'aide personnalisée au logement (APL) de 1 602,09 euros pour la période du 1er octobre 2021 au 31 juillet 2022 ;
2°) d'enjoindre à la CAF de la Seine-Maritime de recalculer ses droits à l'aide personnalisée au logement pour la période du 1er octobre 2021 au 31 juillet 2022.
Il soutient que l'indu n'est pas fondé dès lors que sa fille résidait à son domicile jusqu'en juin 2022 et qu'il en avait la charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2023, le directeur de la CAF de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision du 18 janvier 2023 par laquelle M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle le président de la formation a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
A l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C était bénéficiaire de prestations familiales et sociales. Suite à la régularisation de sa situation, il s'est vu réclamer, par courrier du 10 août 2022, la somme totale de 7 328,29 euros au titre d'indus de prestations familiales, dont notamment un indu d'APL d'un montant de 1 602,09 euros au titre de la période du 1er octobre 2021 au 31 juillet 2022. Le 8 septembre 2022, M. C a formé un recours administratif contre cette décision, qui a été rejeté par décision du 16 décembre 2022 du directeur de la CAF de la Seine-Maritime. M. C demande au tribunal l'annulation de cette décision et à ce qu'il soit enjoint à la CAF de la Seine-Maritime de recalculer son droit à l'APL pour la période du 1er octobre 2021 au 31 juillet 2022.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'APL, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.
3. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 823-1 du même code : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L.822-5 à L. 822-8 ; 3° Le montant du loyer payé, pris en compte dans la limite d'un plafond, ainsi que les dépenses accessoires retenues forfaitairement ; 4° La qualité du demandeur : locataire, colocataire ou sous-locataire d'un logement meublé ou non, accédant à la propriété ou résident en logement-foyer. / Pour l'application du 1°, les enfants à charge doivent respecter les conditions prévues à l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale. ". Aux termes de l'article L. 823-2 du même code : " Pour effectuer le calcul découlant du 1° de l'article L. 823-1, l'enfant à charge est rattaché à la personne qui en assume la charge effective et permanente. / En cas de résidence alternée de l'enfant au domicile de chacun des parents telle que prévue à l'article 373-2-9 du code civil, mise en œuvre de manière effective, les parents désignent le bénéficiaire de l'aide. / Cependant la charge de l'enfant pour le calcul des aides personnelles au logement est partagée entre les deux parents allocataires, soit sur demande conjointe des parents, soit si les parents sont en désaccord sur la désignation du bénéficiaire, selon des modalités définies par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article R. 823-4 de ce code : " Sont considérés comme personnes à charge, sous réserve qu'ils vivent habituellement au foyer : 1° Les enfants de moins de vingt et un ans et considérés comme à charge au sens des 1° et 2° de l'article L. 512-3 du code de la sécurité sociale et de l'article L. 823-2 du présent code ; () ".
4. Il est constant qu'à la suite des informations recueillies par les services de la CAF, celle-ci a considéré que la fille de M. C ne résidait plus en résidence alternée chez son père depuis le mois d'octobre 2021 et a notamment remis en cause le droit que l'intéressé avait de percevoir l'APL majoré à ce titre. Il résulte de l'instruction que, si la résidence habituelle de l'enfant avait été fixée au domicile du père par décision de justice à compter de l'année 2014, les parents ont cependant convenu de la mise en place effective d'une résidence alternée au domicile de chacun d'eux à compter de l'automne 2021. Par ailleurs, le 25 mai 2022, la fille du requérant a déclaré sa grossesse aux services de la CAF dans laquelle elle a indiqué l'adresse de sa mère comme celle de son domicile. En outre, le 30 mai 2022, la mère de l'enfant a informé la CAF d'un changement dans sa situation familiale en déclarant héberger sa fille à son domicile depuis le mois d'octobre 2021. Enfin, le 2 août 2022, suite à une demande de la CAF, l'enfant a confirmé cette situation en déclarant avoir quitté le domicile de son père le 23 octobre 2021 et résider depuis cette date au domicile de sa mère.
5. Si une attestation du requérant et de la mère de l'enfant datées du 27 septembre 2022 indiquent que leur fille résidait toujours au domicile de son père, qu'elle a rejoint le domicile de sa mère sans leur autorisation et qu'elle est toujours à la charge de M. C pour la période en litige, ces attestations, qui ne sont pas suffisamment circonstanciées et dont la véracité a été remise en cause par la CAF, ne sont pas de nature à justifier, à elles seules, au regard des éléments évoqués au point précédent, de la résidence de l'enfant au domicile du requérant durant la période d'octobre 2021 à juillet 2022. Par suite, M. C n'est pas fondé à contester le bien-fondé de l'indu d'APL en litige, dont il ne remet pas en cause le montant.
6. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 16 décembre 2022 par laquelle le directeur de la CAF de la Seine-Maritime a, après avis de la commission de recours amiable, rejeté son recours administratif formé contre la décision du 10 août 2022 lui notifiant notamment un indu d'APL d'un montant de 1 602,09 euros au titre de la période du 1er octobre 2021 au 31 juillet 2022. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Marina Chauvel, à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
T. A
La greffière,
Signé
C. DUPONT
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
C. DUPONT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026