vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300864 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P |
| Avocat requérant | PHILIPPE MARIE-PERRINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire récapitulatif, enregistrés le 23 février 2023 et le 28 mai 2024, M. B E, représenté par Me Philippe, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 27 décembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Maritime a rejeté son recours formé contre la décision du 15 juillet 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Seine-Maritime a mis à sa charge, notamment, un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 8 420,11 euros pour la période de novembre 2019 à juin 2022 ;
2°) d'annuler la décision du 15 juillet 2022 par laquelle le directeur de la CAF de la Seine-Maritime a mis à sa charge un indu de RSA de 8 420,11 euros pour la période de novembre 2019 à juin 2022 ;
3°) à titre subsidiaire, de lui accorder la remise gracieuse partielle de son indu de RSA à hauteur de la somme de 3 785,78 euros ;
4°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Seine-Maritime de le rétablir dans ses droits au RSA, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte journalière de 100 euros ;
5°) de mettre à la charge du département de la Seine-Maritime la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision du 27 décembre 2022 a été prise par une autorité incompétente ;
- il n'a jamais eu l'intention de frauder et est de bonne foi dès lors qu'il a rempli ses déclarations trimestrielles de ressources selon les indications données par un agent de la CAF ;
- il se trouve dans une situation financière très précaire, n'ayant plus de ressources depuis le mois de mars 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime, représentée par son directeur conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Le magistrat désigné a, au cours de l'audience publique, informé les parties de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public tenant à l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 15 juillet 2022.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. D, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
* le rapport de M. D,
* et les observations de Me Philippe, représentant M. E.
A l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. E bénéficiait d'un droit au RSA depuis le 1er juin 2019. Suite à la régularisation de sa situation, il s'est vu réclamer, le 15 juillet 2022, un indu de RSA socle INK 001 d'un montant de 8 420,11 euros au titre de la période de novembre 2019 à juin 2022. Le 25 juillet 2022, M. E a formé un recours administratif contre cette décision, qui a été rejeté par décision du 27 décembre 2022 du président du conseil départemental de la Seine-Maritime. M. E demande au tribunal l'annulation de cette décision ainsi que l'annulation de la décision du 15 juillet 2022 de la CAF de la Seine-Maritime mettant à sa charge un indu de RSA. Subsidiairement, il demande au tribunal la remise gracieuse partielle de sa dette à hauteur de la somme de 3 785,78 euros.
Sur les conclusions dirigées contre la décision du 15 juillet 2022 :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable se substitue à la décision initiale. ".
3. La décision du 27 décembre 2022 s'étant substituée à la décision initiale du 15 juillet 2022 par laquelle la CAF de la Seine-Maritime a informé M. E d'un indu de RSA socle INK 001 d'un montant de 8 420,11 euros au titre de la période de novembre 2019 à juin 2022, les conclusions de la requête dirigées contre la décision initiale du 15 juillet 2022 sont irrecevables.
Sur les conclusions dirigées contre la décision du 27 décembre 2022 :
4. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de RSA, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu.
5. En premier lieu, comme cela ressort notamment des éléments non contestés apportés en défense, Mme C A disposait d'une délégation de signature établie le 15 septembre 2022 par le président du conseil départemental de la Seine-Maritime, régulièrement publiée, à l'effet notamment de signer la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; 2° Les modalités d'évaluation des ressources, y compris les avantages en nature. L'avantage en nature lié à la disposition d'un logement à titre gratuit est déterminé de manière forfaitaire ; 3° Les prestations et aides sociales qui sont évaluées de manière forfaitaire, notamment celles affectées au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation ; 4° Les prestations et aides sociales qui ne sont pas incluses dans le calcul des ressources à raison de leur finalité sociale particulière. ".
7. Il résulte de l'instruction que, suite à l'absence de déclarations trimestrielles de ses ressources, le droit au RSA de M. E a été suspendu à compter du 1er mars 2021. Ce droit a été clôturé le 31 octobre 2021. Par des courriers du 23 octobre, 9 et 11 novembre 2021, la CAF de la Seine-Maritime le sollicitait afin qu'il produise les justificatifs de sa situation professionnelle. Le 22 novembre 2021, M. E adressait à la CAF un document indiquant ses périodes d'activités. Par un courrier du 21 mars 2022, le département de la Seine-Maritime lui demandait de produire, avant le 21 avril 2022, des pièces justificatives nécessaires à l'évaluation de sa situation afin de s'assurer qu'il pouvait bénéficier de cette prestation. M. E n'a pas transmis l'ensemble des pièces demandées. Par une décision du 22 avril 2022, le président du conseil départemental de la Seine-Maritime a décidé de retenir l'intention frauduleuse à son encontre et a mis fin à son droit au bénéfice du RSA.M. E s'est vu réclamer la somme de 8 420,11 euros au titre d'un indu de RSA socle INK 001 pour la période de novembre 2019 à juin 2022.
8. M. E soutient qu'il n'a pas eu l'intention de frauder, que, de bonne foi, il a transmis son rapport d'activité aux services de la CAF, et qu'il a suivi les indications d'un agent de la CAF pour la déclaration de ses ressources trimestrielles. Ces éléments, à les supposer établis, sont sans incidence sur la légalité de l'indu. Par suite, M. E, qui ne critique ni le montant ni le principe de l'indu, n'est pas fondé à en contester le bien-fondé.
Sur la demande de remise gracieuse :
9. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".
10. À supposer même que M. E puisse, d'une part, être regardé comme ayant sollicité la remise gracieuse partielle de sa dette préalablement à l'introduction de sa requête et, d'autre part, comme invoquant ses difficultés financières, il résulte toutefois de l'instruction que l'intéressé ne justifie pas être, de façon contemporaine, dans une situation de précarité telle qu'il serait dans l'incapacité de rembourser l'intégralité de l'indu restant à sa charge. Par suite, les conclusions de M. E tendant à la remise gracieuse partielle de sa dette doivent être rejetées.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est fondé, ni à demander l'annulation de la décision du 27 décembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental a rejeté son recours administratif et confirmé le bien-fondé de l'indu de RSA mis à sa charge, ni à solliciter la remise gracieuse de son indu de RSA. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à Me Marie-Perrine Philippe, au président du conseil départemental de la Seine-Maritime et au directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2024.
Le magistrat désigné,
signé
T. D
Le greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026