LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2300880

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2300880

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2300880
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation4 ème Chambre
Avocat requérantINTER-BARREAUX EMO AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires enregistrés les 28 février, 8 novembre et 28 novembre 2023, la SAS Alubat Normandie, représentée par la SAS Griffiths Duteil Associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre exécutoire émis le 30 janvier 2023 par l'école nationale supérieure d'architecture de Normandie, d'un montant de 172 689,68 euros TTC, et de la décharger de l'obligation de payer ladite somme ;

2°) de mettre à la charge de l'école nationale supérieure d'architecture de Normandie une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que le titre exécutoire attaqué se rapporte à une créance dépourvue de caractère exigible dès lors que le décompte général, qu'elle a contesté dans les délai et forme requis, n'était pas définitif.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 17 octobre et 14 novembre 2023, l'école nationale supérieure d'architecture de Normandie, représentée par la SCP Emo Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Alubat Normandie au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le mémoire en réclamation lui a été adressé tardivement, après expiration du délai de trente jours prévu par les stipulations de l'article 55.1 du cahier des clauses administratives générales des marchés publics de travaux ;

- ce mémoire n'a pas été notifié au maître d'œuvre ;

- le décompte de résiliation était dès lors devenu définitif à la date d'émission du titre exécutoire attaqué ;

- le mémoire ne peut être regardé comme constituant une réclamation au sens des stipulations de l'article 55.1.1 du cahier des clauses administratives générales des marchés publics de travaux, dès lors qu'il n'indique pas les bases de calcul des sommes réclamées et qu'aucun justificatif les concernant n'a été produit.

Par une ordonnance du 15 avril 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.

L'école nationale supérieure d'architecture de Normandie a produit une pièce enregistrée le 19 août 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, qui n'a pas été communiquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- l'ordonnance n° 2018-1074 du 26 novembre 2018 ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- l'arrêté du 30 mars 2021 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cotraud, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Delacour, rapporteure publique,

- et les observations de Me Duteil, représentant la société Alubat Normandie, et de Me Gillet, représentant l'école nationale supérieure d'architecture de Normandie.

Considérant ce qui suit :

1. Par un acte d'engagement du 4 avril 2022, l'école nationale supérieure d'architecture (ENSA) de Normandie a confié à la SAS Alubat Normandie, dans le cadre du marché de travaux relatif à la réhabilitation et à la rénovation du bâtiment dénommé " Les ateliers du Parc ", le lot n° 5 " Menuiseries extérieures - occultations ". Après plusieurs mises en demeure adressées à ladite société, qu'elle a estimé être restées infructueuses, l'ENSA de Normandie a décidé, le 30 septembre 2022, de résilier, en ce qui concerne le lot n° 5, le marché en cause, puis a notifié, le 20 octobre 2022, à la société Alubat Normandie, le décompte de résiliation comportant, à son débit, un solde d'un montant de 172 689,68 euros TTC. Celle-ci demande l'annulation du titre exécutoire émis le 30 janvier 2023 à son encontre en vue du recouvrement de cette somme.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge :

2. D'une part, aux termes de l'article 117 du décret du 7 novembre 2012 susvisé relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Les titres de perception émis en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables : / 1° Soit d'une contestation portant sur l'existence de la créance, son montant ou son exigibilité ; () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 49 du cahier des clauses administratives générales des marchés publics de travaux, approuvé par l'arrêté du 30 mars 2021 susvisé, et auquel il n'est pas dérogé dans le marché en litige en vertu de l'article 14-1 de son cahier des clauses administratives particulières : " 49.1. Le maître d'ouvrage peut mettre fin à l'exécution des prestations faisant l'objet du marché avant l'achèvement de celles-ci, soit de son fait ou de celui de son mandataire dans les conditions prévues à l'article 50.2, soit pour faute du titulaire dans les conditions prévues à l'article 50.3, soit dans le cas des circonstances particulières mentionnées à l'article 50.1. () / La décision de résiliation du marché est notifiée au titulaire. Sous réserve des stipulations particulières mentionnées à l'article 50, la résiliation prend effet à la date fixée dans la décision de résiliation ou, à défaut, à la date de sa notification. / 49.2. Le règlement du marché est alors effectué selon les modalités prévues aux articles 12.3 et 12.4, sous réserve des stipulations de l'article 51. () ". Aux termes de l'article 51 du même cahier, auquel il n'est pas dérogé en vertu du même motif : " () / 51.2. Décompte de résiliation : / 51.2.1. En cas de résiliation du marché, une liquidation des comptes est effectuée. Le décompte de résiliation du marché, qui se substitue au décompte général prévu à l'article 12.4.2, est arrêté par décision du maître d'ouvrage et notifié au titulaire. () ".

4. Lorsque le contrat prévoit l'établissement d'un décompte général et définitif, retraçant l'ensemble des opérations auxquelles donne lieu l'exécution du marché, la créance détenue par le maître de l'ouvrage sur le titulaire de celui-ci ne saurait présenter un caractère certain et exigible et, par suite, faire l'objet d'un titre exécutoire en l'absence d'un tel décompte, même dans l'hypothèse d'une résiliation du marché.

5. Enfin, aux termes de l'article 12 du cahier des clauses administratives générales des marchés publics de travaux, auquel il n'est pas dérogé dans le marché en litige en vertu de l'article 15 de son cahier des clauses administratives particulières : " () / 12.4.3. Dans un délai de trente jours à compter de la date à laquelle ce décompte général lui a été notifié, le titulaire envoie au maître d'ouvrage, avec copie au maître d'œuvre, ce décompte revêtu de sa signature, avec ou sans réserves, ou fait connaître les motifs pour lesquels il refuse de le signer. () ". Aux termes de l'article 55 du même cahier, auquel il n'est pas dérogé dans le marché en litige en vertu de l'article 14-1 de son cahier des clauses administratives particulières : " () / 55.1. Mémoire en réclamation : / 55.1.1. Tout différend entre le titulaire et le maître d'œuvre ou entre le titulaire et le maître d'ouvrage doit faire l'objet, de la part du titulaire, d'un mémoire en réclamation exposant les motifs du différend et indiquant, le cas échéant, pour chaque chef de contestation, le montant des sommes réclamées et leur justification. Ce mémoire est notifié au maître d'ouvrage et adressé en copie au maître d'œuvre. / Si la réclamation porte sur le décompte général du marché, ce mémoire est transmis dans le délai de trente jours à compter de la notification du décompte général. () ".

6. Il résulte des stipulations précitées au point précédent que, dans le cas d'un différend sur le décompte général du marché ou le cas échéant, sur le décompte de résiliation, le titulaire doit transmettre un mémoire en réclamation au représentant du pouvoir adjudicateur dans un délai de trente jours à compter de la date à laquelle ce dernier lui a notifié le décompte général et en adresser une copie au maître d'œuvre dans le même délai. Le respect de ce délai s'apprécie à la date de réception du mémoire tant par le pouvoir adjudicateur que par le maître d'œuvre.

7. Il est constant que le décompte de résiliation a été notifié à la société Alubat Normandie le 20 octobre 2022. Ainsi que l'oppose l'ENSA de Normandie, et à supposer même qu'il puisse constituer une réclamation, le mémoire adressé par la société requérante lui a été notifié le 21 novembre 2022, après l'expiration, le 18 novembre 2022 à vingt-quatre heures, du délai de trente jours, qui ne présente pas le caractère d'un délai franc, prévu par les stipulations de l'article 55 précitées. A cet égard, ladite société ne saurait sérieusement se prévaloir du caractère anormalement long du délai d'acheminement du pli comportant son mémoire, délai au demeurant conforme aux engagements de La Poste, dès lors qu'il n'a été expédié que le 18 novembre 2022, date à laquelle le délai précité expirait, et veille d'un samedi, jour de fermeture de l'ENSA de Normandie. Dans ces conditions, faute de notification, par la société requérante, de son mémoire dans le délai de trente jours requis, le décompte de résiliation établi par l'ENSA de Normandie est devenu définitif. Par suite, le moyen tiré du défaut de caractère exigible de la créance à laquelle se rapporte le titre exécutoire attaqué doit être écarté.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du titre exécutoire du 30 janvier 2023 par l'ENSA de Normandie doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, les conclusions à fin de décharge.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ENSA de Normandie, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Alubat Normandie demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de cette dernière une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'ENSA de Normandie et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Alubat Normandie est rejetée.

Article 2 : La société Alubat Normandie versera à l'ENSA de Normandie une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Alubat Normandie et à l'école nationale supérieure d'architecture de Normandie.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Van Muylder, présidente,

M. Cotraud, premier conseiller,

Mme Favre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 20 septembre 2024.

Le rapporteur,

Signé : J. Cotraud

La présidente,

Signé : C. Van MuylderLe greffier,

Signé : J.-L. Michel

La République mande et ordonne à la ministre de la culture, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. HENRY

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions