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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2301223

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2301223

vendredi 15 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2301223
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantNORMAND & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 24 mars 2023, le 14 juin 2023 et le 31 juillet 2023, ce dernier non communiqué, M. C B , représenté par Me Matrand, demande au juge des référés :

1°) de condamner le D F de G (H) à lui verser en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à venir, sous astreinte:

- Une provision de 5 000 euros au titre de l'incidence professionnelle et de la perte de gains professionnels futurs ;

- Une provision de 38 939 euros au titre de l'incapacité temporaire de travail ;

- Une provision de 8 630 euros au titre de déficit fonctionnel temporaire ;

- Une provision de 500 euros au titre des souffrances endurées avant la consolidation ;

- Une provision de 24 300 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

- Une provision de 17 500 euros au titre des souffrances endurées après la consolidation ;

- Une provision de 5 000 euros au titre du préjudice sexuel ;

- Une provision de 11 889 euros au titre de l'indemnisation pour remise tardive de l'attestation employeur à destination de pôle Emploi ;

2°) de mettre à la charge du H, outre les entiers dépens, la somme de 3 500 euros en application de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- La responsabilité sans faute du H est engagée à raison de l'accident de service qu'il a subi le 21 décembre 2016 ;

- La responsabilité pour faute du H est également engagée dès lors, d'une part, qu'aucun système d'alarme n'était à la disposition du personnel soignant lors de l'accident de service du 21 décembre 2016, d'autre part, que le H ne lui a délivré son certificat de travail et les documents à destination de Pôle emploi que dix mois après sa radiation des cadres de la fonction publique, ce qui l'a empêché de prétendre à des allocations pour perte d'emploi ;

- Il sollicite une provision de 5 000 euros au titre de l'incidence professionnelle et de la perte de gains professionnels futurs ;

- Il sollicite une provision de 38 939 euros au titre de l'incapacité temporaire de travail ;

- Il sollicite une provision de 8 630 euros au titre de déficit fonctionnel temporaire ;

- Il sollicite une provision de 500 euros au titre des souffrances endurées avant la consolidation ;

- Il sollicite une provision de 24 300 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

- Il sollicite une provision de 17 500 euros au titre des souffrances endurées après la consolidation ;

- Il sollicite une provision de 5 000 euros au titre du préjudice sexuel ;

- Il sollicite une provision de 11 889 euros au titre de l'indemnisation pour remise tardive de l'attestation employeur à destination de pôle Emploi ;

- La demande reconventionnelle de 33 903,34 euros n'est pas justifiée et n'a été portée devant aucune juridiction ; le H avait l'obligation statutaire de lui verser son traitement car l'accident du 21 décembre 2016 a le caractère d'un accident de service ;

Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 mai 2023, le 27 juin 2023, le 30 août 2023 et le 7 septembre 2023, le Centre hospitalier spécialisé de G dit D F de G (H), représenté par Me Abecassis, conclut, dans le dernier état de ses écritures :

- A titre principal, au rejet de la requête ;

- A titre subsidiaire, au rejet des demandes fondées sur la responsabilité pour faute et, s'agissant de celles fondées sur la responsabilité sans faute, à la limitation de la provision qui pourrait être théoriquement versée à 50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire total, 6 020 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire partiel, 500 euros au titre des souffrances endurées et au rejet des autres demandes ;

- A ce qu'il soit jugé qu'il est recevable et bien fondé à demander la compensation de la somme de 33 903,34 euros perçue dans le cadre d'un cumul d'emploi illégal avec celles à devoir à M. B ;

- A lui donner acte de son accord pour la prise en charge des frais d'expertise, à compenser également avec la dette de M. B.

Il soutient que :

- A la suite de l'accident du 21 décembre 2016, M B a été placé en arrêt de travail du 11 février 2017 au 31 décembre 2021 et maintenu à plein traitement. Il a toutefois travaillé pour un EHPAD public pendant cette période, ce qui a conduit à la suspension de son traitement puis à sa révocation par décision du 21 décembre 2021 ;

- Il conteste certaines évaluations de l'expert et estime notamment que l'intéressé était en capacité de travailler dès le 27 avril 2020 ;

- Il n'a commis aucune faute en lien avec les conséquences de l'accident de service et la demande de provision de 11 889 euros au titre de l'indemnisation pour remise tardive de l'attestation employeur à destination de pôle Emploi n'est justifiée ni dans son principe ni dans son quantum ; aucune provision ne pourra donc être versée au titre des préjudices patrimoniaux ;

- Il n'est tenu en principe qu'au dédommagement découlant du régime de responsabilité sans faute, soit les préjudices extra-patrimoniaux ; le montant de la provision devrait être fixé à 6 020 euros s'agissant du déficit fonctionnel temporaire, à 500 euros s'agissant des souffrances endurées et les autres demandes devraient être rejetées en l'état de l'incertitude sur le quantum voire l' existence des préjudices ;

- Il est bien fondé à solliciter la condamnation de son ancien agent au versement de la somme de 33 903 euros illégalement perçue du 27 avril 2020 au 31 octobre 2021 ou à tout le moins à en demander la compensation avec les sommes qu'il serait reconnu devoir à M B ;

- Il a émis un titre exécutoire de 33 903,34 euros à l'encontre de M. B.

Les parties ont été informées, en application de l'article R 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'ordonnance était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions du D F de G aux fins de remboursement par M. B de la somme de 33 903,34 euros.

Des observations sur le moyen susceptible d'être relevé d'office ont été produites pour M. B le 4 septembre 2023 et communiquées aux autres parties au litige.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme E pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.

2. Il résulte de l'instruction que M. B, aide-soignant exerçant au centre hospitalier spécialisé d'Evreux dit D hôpital de G (H) a été victime, le 21 décembre 2016, pendant l'exercice de son service, d'une agression par un patient, qui l'a insulté et frappé. Les conséquences de cette agression ont consisté en une diminution de l'acuité visuelle de l'œil droit et en un syndrome anxio-dépressif réactionnel et d'origine multifactorielle. L'accident du 21 décembre 2016 a été reconnu imputable au service et M. B a été placé en congé de maladie avec maintien de son plein traitement du 21 au 25 décembre 2016, puis du 11 février 2017 au 31 décembre 2021. Toutefois, le H a découvert le 9 novembre 2021 que M. B avait travaillé à temps plein comme aide-soignant contractuel du 27 avril 2020 au 23 août 2020, puis de nouveau à partir du 3 septembre 2020 pour l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) de Pont-de-l'Arche dépendant du centre hospitalier intercommunal d'Elbeuf-Louviers-Val de Reuil. Le H a alors suspendu le versement du traitement de M. B et a mis en œuvre une procédure disciplinaire ayant abouti à la révocation de l'intéressé pour cumul illégal d'activités, tromperie sur l'aptitude physique et perception de sommes indues, par décision du 21 décembre 2021. M. B, qui avait sollicité le 30 décembre 2020 une expertise en référé, laquelle a été confiée au docteur A, demande, par la présente requête, le versement d'une provision en raison, d'une part, des conséquences dommageables de l'accident du 21 décembre 2016, d'autre part, du délai qu'il estime excessif mis par son ancien employeur à le mettre en possession, après sa révocation, d'un certificat de travail et d'une attestation destinée à Pôle Emploi.

En ce qui concerne les conséquences de l'accident de service du 21 décembre 2016 :

3.Les dispositions et principes généraux relatifs à l'obligation qui incombe aux employeurs publics de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions ne font obstacle ni à ce que l'agent public qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de son employeur, même en l'absence de faute de celui-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre l'employeur, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne.

4. M. B soutient que le H a commis une faute dès lors qu'aucun système d'alarme n'avait été mis à sa disposition le 21 décembre 2016, de sorte que d'autres membres du personnel n'ont pu intervenir pour éviter ou limiter les violences qui lui ont été infligées. Toutefois, il résulte des termes du dépôt de plainte de M. B contre son agresseur le 6 mars 2017 que l'intéressé se trouvait, au moment de son agression, en compagnie d'un collègue infirmier, lequel était porteur d'un " bip en cas d'agression " qu'il a déclenché, provoquant l'arrivée " quelques instants plus tard " de plusieurs personnes qui ont réussi à maîtriser l'agresseur. Dans ces conditions, il n'est pas établi, en l'état de l'instruction, que le H aurait manqué à l'obligation qui lui incombe de mettre en œuvre des mesures propres à préserver la sécurité de ses agents. En l'absence d'un tel manquement, M. B ne peut prétendre, en principe, qu'à la réparation par le centre hospitalier de ses préjudices personnels et des préjudices patrimoniaux non réparés forfaitairement par l'application des dispositions et principes relatifs à l'obligation qui incombe aux employeurs publics de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions.

5. M. B demande, en premier lieu, une provision de 5 000 euros au titre de l'incidence professionnelle et de la perte de gains professionnels futurs. Il indique, à cet égard, qu'il poursuivait le projet de devenir directeur d'EHPAD, avait réussi le concours d'entrée à la formation destinée à le lui permettre mais a dû renoncer à ce projet. Toutefois, s'il résulte de l'instruction que M. B a pris contact en février 2017, soit alors qu'il avait déjà subi l'accident de service en litige, avec un centre de formation des acteurs et cadres de l'économie sociale, puis qu'il leur a indiqué qu'il renonçait à son entrée en formation en juin 2017 car il avait été victime d'un accident mais qu'il envisageait une entrée en formation en juin 2018, il en ressort également que M. B n'a pas obtenu, en février 2018, le financement de sa formation par le H sur les crédits de la promotion professionnelle, l'établissement lui suggérant de solliciter une prise en charge auprès du fonds pour l'insertion de la personne handicapée dans la fonction publique. Dans ces conditions, il ne peut, en tout état de cause, être tenu pour suffisamment établi que le renoncement de M. B à son projet de devenir directeur d'EHPAD résulte de l'accident de service en litige et la demande de provision à ce titre ne peut être que rejetée.

6. M. B demande, en deuxième lieu, une provision de 38 939 euros au titre de l'incapacité temporaire totale de travail en faisant valoir qu'il a été dans l'incapacité de travailler entre le 3 février 2017 et le 26 septembre 2021 et qu'il n'a pas perçu d'indemnité journalière. Il résulte toutefois de l'instruction, en tout état de cause, que M. B, dont l'accident du 21 décembre 2016 a été reconnu imputable au service, a été placé en congé de maladie avec conservation de son plein traitement pendant la période précitée et qu'il a, en outre, perçu une rémunération d'un autre employeur public du 27 avril 2020 au 23 août 2020 puis du 3 septembre 2020 au 26 septembre 2021 au moins. Dans ces conditions, il n'existe aucune obligation à la charge du H au titre de " l'incapacité temporaire totale de travail ".

7. M. B demande, en troisième lieu, une provision de 8 630 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire en faisant valoir qu'il résulte du rapport d'expertise du docteur A qu'il a subi un déficit fonctionnel temporaire total le 21 décembre 2016 et le 16 mai 2017 et deux périodes de déficit fonctionnel partiel à 20 % du 22 décembre 2016 au 15 mai 2017 et du 17 mai 2017 au 26 septembre 2021, veille de sa consolidation. Le H estime pour sa part, que M. B ayant recommencé à travailler pour un autre employeur public à compter du 27 avril 2020 et ayant été reconnu apte à celà par un médecin du travail, il n'est pas établi que son déficit temporaire partiel à partir de cette date soit aussi important que celui retenu par l'expert. Eu égard à l'office du juge des référés statuant sur le fondement de l'article R 541-1 du code de justice administrative et dès lors que l'expert fixe à 12% le déficit fonctionnel permanent, soit à partir de la date de consolidation qui correspond elle-même, selon l'expert, à la date à partir de laquelle la reprise du travail est possible, il y a lieu d'évaluer le montant de la provision au titre du déficit fonctionnel temporaire sur la base d'un déficit fonctionnel de 12% à compter du 27 avril 2020. Par application d'un montant journalier de 20 euros, le montant de la provision en principe due à M. B par le H s'élève à 6 168, 80 euros.

8. M. B demande, en quatrième lieu, une provision de 500 euros au titre des souffrances endurées avant la consolidation, évaluées à 3 sur une échelle de 1 à 7 par l'expert. Il y a lieu de retenir ce montant qui n'est pas excessif et est d'ailleurs accepté par l'établissement défendeur.

9. M. B demande, en cinquième lieu, une provision de 24 300 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent, lequel inclut nécessairement les souffrances qu'il continue d'endurer, évalué à 12 % par l'expert comme dit au point 7. Si le H estime que ce taux pourrait être excessif compte tenu que le syndrome anxio-dépressif dont M. B demeure atteint pourrait avoir d'autres causes que celles directement liées à l'accident de service en litige, il résulte de la lecture de son rapport que l'expert était bien informé de l'origine multifactorielle du syndrome anxio-dépressif de M B et qu'il n'a tenu compte, pour proposer un taux de déficit fonctionnel permanent de 12 %, que des conséquences de l'agression du 21 décembre 2016. Dans ces conditions, le montant de la provision en principe due à M. B peut être fixée à 12 000 euros.

10. M. B demande, en sixième lieu, une provision de 17 500 euros au titre de son préjudice d'agrément caractérisé, selon lui, par l'impossibilité de continuer à écrire des livres sur la thérapie familiale et par la perte d'envie de pratiquer le karaté, la musculation et la course à pied. Toutefois, M. B ne justifie pas, en se contentant de l'affirmer, que sa situation financière est si dégradée qu'il ne peut supporter le coût d'une paire de lunettes, de nature à améliorer son acuité visuelle et donc sa capacité à écrire. Il n'apporte pas davantage d'éléments de nature à montrer qu'il pratiquait effectivement les sports précités avant l'agression dont il a été victime. Eu égard à l'office du juge des référés statuant sur le fondement de l'article R 541-1 du code de justice administrative, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de provision au titre du préjudice d'agrément.

11. M. B demande, en septième lieu, une provision de 5 000 euros.au titre de son préjudice sexuel. L'expert a retenu l'existence d'une altération de la libido d'origine multifactorielle mais dont 30 % serait " à titre arbitraire " " en rapport avec les conséquences de l'agression ". Eu égard à l'office du juge des référés statuant sur le fondement de l'article R 541-1 du code de justice administrative, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de provision au titre du préjudice sexuel.

12. Il résulte de tout ce qui précède que le montant de la provision en principe due à M. B par le H en conséquences de l'accident de service du 21 décembre 2016 s'élève à 18 668,80 euros.

En ce qui concerne les conséquences du retard allégué à délivrer le certificat de travail et l'attestation destinée à Pôle Emploi :

13. M. B soutient qu'il n'a obtenu du H que le 17 octobre 2022 le certificat de travail et l'attestation destinée à Pôle Emploi, alors qu'il avait été révoqué par décision du 21 décembre 2021 et que ce délai lui a fait perdre définitivement le bénéfice de l'allocation pour perte d'emploi pour la période antérieure au 17 octobre 2022, soit 11 889 euros. Il demande une provision de ce montant. Toutefois, M. B n'établit nullement que le délai mis par le H à délivrer les documents en question, en admettant qu'il soit fautif, ait eu les conséquences qu'il décrit, ce que l'établissement défendeur, qui assure l'indemnisation de ses anciens agents involontairement privés d'emploi, dément formellement. En l'état de l'instruction, il n'y a donc pas lieu de faire droit à la demande de provision à ce titre.

En ce qui concerne la demande reconventionnelle du H et sa demande de compensation :

14. Il est constant que, comme rappelé au point 2 de la présente ordonnance, M. B, alors qu'il était agent du H placé en congé de maladie à plein traitement, a travaillé à temps complet pour un autre employeur public du 27 avril 2020 au 23 août 2020 puis à partir du 3 septembre 2020. Cette situation, contraire aux dispositions de l'article 25 septies de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, devenu l'article L 123-1 du code général de la fonction publique, permet, en l'état de l'instruction, au H de poursuivre le recouvrement des sommes irrégulièrement perçues auprès de cet autre employeur public, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que M. B ait déjà été disciplinairement sanctionné. Mais une collectivité publique est irrecevable à demander au juge de prononcer une mesure qu'il lui appartient de prendre elle-même. Il appartient au H d'émettre un titre exécutoire pour le recouvrement de la créance qu'il détient sur M. B, ce qu'il vient d'ailleurs de faire, et ses conclusions aux fins que le juge statuant sur le fondement de l'article R 541-1 du code de justice administrative condamne le requérant à lui rembourser la somme de 33 903,34 euros, à les supposer maintenues, sont donc irrecevables.

15. Toutefois, en l'état de l'instruction, le H est détenteur d'une créance sur M. B, dont le montant de 33 903, 34 euros, justifié par des pièces, n'apparaît pas manifestement erroné et n'est d'ailleurs pas discuté. Ce montant est largement supérieur au montant de la provision tel que fixé au point 12 de la présente ordonnance. Dès lors, l'existence d'une obligation du H envers M. B n'est pas non sérieusement contestable, de sorte que sa demande de provision doit, en définitive, être rejetée.

En ce qui concerne les conclusions accessoires de M. B :

16. Le H n'est pas la partie perdante dans la présente instance de référé. Par conséquent, il n'y a pas lieu, en tout état de cause, de mettre à la charge de l'établissement les dépens constitués par les frais de l'expertise confiée au docteur A.

17. Le H n'étant pas condamné à verser une provision à M. B, ses conclusions aux fins que le versement de ladite provision soit ordonné sous astreinte ne peuvent en tout état de cause qu'être rejetées.

18. M. B a la qualité de partie perdante dans la présente instance de référé, de sorte que ses conclusions aux fins qu'une somme soit mise à la charge du H sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du H aux fins de condamnation de M. B à lui verser la somme de 33 903,34 euros sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Eure et au centre hospitalier spécialisé d'Evreux dit D F de G.

Fait à Rouen, le 15 septembre 2023.

La juge des référés,

signé

A. E

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme,

La greffière,

signé

S. Combes

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