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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2301238

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2301238

lundi 17 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2301238
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge Unique 4

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 mars 2023, Mme A B demande au tribunal d'annuler la contrainte émise par Pôle emploi Normandie à son encontre le 3 mars 2023 d'un montant de 1 622,32 euros.

Elle fait valoir qu'elle n'a reçu aucune signification d'avril à juillet 2017 portant sur une activité non déclarée de sa part, qu'elle aurait alors contestée ; que la créance n'a fait l'objet d'aucune signification sur les cinq dernières années non plus, ainsi, faute de pouvoir contester à l'époque la somme demandée, elle n'a pas été mise à même de la contester régulièrement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2023, Pôle emploi conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requérante avait connaissance du trop-perçu dès lors qu'elle a reçu deux mises en demeure pour lesquelles Pôle emploi a produit des accusés réception signés ; de plus, elle a sollicité un échéancier de sa dette après s'être vu opposer un refus de remise de dette ;

- la requérante ne pouvait prétendre à l'ASS pour la période d'avril à juillet 2017, dès lors que l'attestation d'employeur traité par Pôle emploi démontre une période de travail non déclarée du 3 septembre 2016 au 30 juillet 2017.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Van Muylder, vice-présidente, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique, en présence de M. Mialon, greffier, le rapport de Mme Van Muylder.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B est régulièrement inscrite comme demandeur d'emploi depuis 2008 à Pôle emploi. Mme B a bénéficié d'une ouverture de droit à l'Allocation au Retour à l'Emploi (ARE), puis à partir du 10 avril 2017, de droit à l'Allocation de Solidarité Spécifique (ASS). En juillet 2017, Pôle emploi a reçu une attestation employeur pour la période du 3 septembre 2016 au 30 juillet 2017 pour une période de travail qui n'avait pas été déclarée par Mme B. Une révision de son droit ASS a été prononcée et un indu constaté d'un montant de 1 827,84 euros pour la période du 11 avril 2017 au 31 juillet 2017. Par lettre amiable du 1er août 2017, Pôle emploi a informé l'intéressée de ses trop perçus, puis a émis une mise en demeure en date du 9 octobre 2017. Un échéancier de sa dette a été mis place par Pôle emploi à la demande de Mme B, honoré jusqu'en décembre 2018, portant le solde de son trop perçu à 1 463,64 euros. Une nouvelle mise en demeure a été émise par Pôle emploi, notifiée le 11 mars 2019, restée infructueuse. Pôle emploi Normandie a émis une contrainte le 7 juillet 2021 pour un montant de 1 463,64 euros tout frais compris. Mme B n'ayant pas été cherché la lettre recommandée, son dossier a été confié à Huissier de justice pour signification de la contrainte et recouvrement. Mme B forme opposition devant le tribunal administratif de la contrainte signifiée par huissier le 3 mars 2023.

Sur l'opposition à la contrainte émise le 3 mars 2023 :

En ce qui concerne la régularité de la contrainte :

2. Aux termes de l'article L. 5426-8-2 du code du travail : " Pour le remboursement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées par Pôle emploi pour son propre compte, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage mentionné à l'article L. 5427-1, pour le compte de l'Etat ou des employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1, le directeur général de Pôle emploi ou la personne qu'il désigne en son sein peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, et après mise en demeure, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 5426-20 du même code : " La contrainte prévue à l'article L. 5426-8-2 est délivrée après que le débiteur a été mis en demeure de rembourser l'allocation, l'aide ou toute autre prestation indue mentionnée à l'article L. 5426-8-1 ou de s'acquitter de la pénalité administrative mentionnée à l'article L. 5426-6. / Le directeur général de Pôle emploi lui adresse, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, une mise en demeure qui comporte le motif, la nature et le montant des sommes demeurant réclamées, la date du ou des versements indus donnant lieu à recouvrement ou la date de la pénalité administrative ainsi que, le cas échéant, le motif ayant conduit à rejeter totalement ou partiellement le recours formé par le débiteur. / Si la mise en demeure reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, le directeur général de Pôle emploi peut décerner la contrainte prévue à l'article L. 5426-8-2. ". Enfin, aux termes de l'article R. 5426-21 du même code : " La contrainte est notifiée au débiteur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la lettre recommandée mentionne : 1° La référence de la contrainte ; 2° Le montant des sommes réclamées et la nature des allocations, aides et autres prestations en cause ou la date de la pénalité administrative ; 3° Le délai dans lequel l'opposition doit être formée ; 4° L'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. () ". En application de ces dispositions, Pôle emploi peut délivrer une contrainte pour le remboursement d'une prestation indûment versée, après avoir adressé au débiteur, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, une mise en demeure qui comporte, notamment, le motif, la nature et le montant des sommes demeurant réclamées et la date du ou des versements indus donnant lieu à recouvrement, et restée sans effet après un mois.

3. Il résulte de l'instruction, et notamment des accusés de réception postaux produits en défense, que Mme B s'est vu notifier deux mises en demeure en date du 9 octobre 2017 et du 11 mars 2019 de régler l'indu dont elle fait l'objet, qu'en outre elle a sollicité un échéancier de sa dette, qui lui a été accepté par Pôle emploi, à hauteur de 30 euros par mois et qui a été honoré jusqu'au mois de décembre 2018. Par suite, la requérante ne peut soutenir qu'elle ne pouvait valablement contester le trop-perçu dont il est demandé le remboursement, dès lors qu'il résulte de l'instruction qu'elle en avait connaissance dès la première mise en demeure. Le moyen tiré de l'absence de communication par Pôle emploi de sa dette ne peut qu'être écarté.

4. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la contrainte émise le 3 mars 2023.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à France Travail Normandie.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2024.

La magistrate désignée,

Signé : C. VAN MUYLDER

Le greffier,

Signé : J-B. MIALON

La République mande et ordonne au ministre du travail et de l'insertion professionnelle, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

J.-B. MIALON

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