jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301257 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 mars 2023 et un mémoire en production de pièces enregistré le 5 avril 2023, M. C A B doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 983,60 euros mise à sa charge par l'avis des sommes à payer émis le 15 novembre 2022 par le département de la Seine-Maritime au titre de l'indu de revenu de solidarité active socle afférent à la période d'avril 2020 à septembre 2020.
M. A B soutient que :
- il a informé la caisse d'allocations familiales de son changement de situation maritale dès la transcription de son mariage célébré à l'étranger dans les registres de l'état civil ;
- son épouse ne percevait aucune ressource ;
- il n'a pas fraudé ;
- il est dans une situation financière précaire.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 août 2023 et le 30 avril 2024, le président du conseil départemental de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le département soutient à titre principal que la contestation de l'indu est irrecevable dès lors que M. A B n'a pas présenté de recours préalable dans les délais impartis par l'article R. 262-88 du code de l'action sociale et des familles et à titre subsidiaire que l'indu est fondé.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Jeanmougin en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 983,60 euros mise à sa charge par l'avis des sommes à payer émis le 15 novembre 2022 par le département de la Seine-Maritime au titre de l'indu de revenu de solidarité active socle afférent à la période d'avril 2020 à septembre 2020.
2. Il résulte des articles L. 262-46 et L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles ainsi que de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales que le destinataire d'un titre exécutoire émis pour le recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active est recevable à contester, à l'occasion de son recours contre cet acte, dans un délai de deux mois suivant la notification de ce dernier, le bien-fondé de la créance correspondante, alors même que la décision de récupérer cet indu serait devenue définitive. Le débiteur ne peut toutefois, à l'occasion d'un tel recours, contester devant le juge administratif le bien-fondé de cet indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les articles précédemment mentionnés.
3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () " Aux termes de l'article L. 262-3 de ce code : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () "
4. Il résulte des articles L. 262-2, L. 262-3, L. 262-10 et L. 262-12 du code de l'action sociale et des familles que l'ensemble des ressources du foyer doit en principe être pris en compte pour le calcul de l'allocation de revenu de solidarité active. Toutefois, lorsque l'un des membres du foyer ne peut être pris en compte pour le calcul du revenu garanti du fait de sa résidence à l'étranger, il convient de prendre en considération non l'ensemble de ses ressources, mais les sommes qu'il verse au bénéficiaire du revenu de solidarité active ou les prestations en nature qu'il lui sert, au titre, notamment, de ses obligations alimentaires.
5. D'une part, M. A B, qui s'est marié à l'étranger en septembre 2019, ne précise pas quand son épouse est venue vivre en France avec lui et n'allègue pas qu'elle résidait à l'étranger entre avril et septembre 2020, période de l'indu en litige. D'autre part, si le requérant soutient que son épouse était alors sans ressources, il n'a produit auprès de la caisse d'allocations familiales, en 2023, que des déclarations de ressources incomplètes ne concernant notamment pas l'ensemble des mois concernés et il n'apporte aucune pièce, notamment bancaire, pour établir son impécuniosité.
6. Les circonstances que M. A B n'aurait pas commis de fraude ou serait dans une situation financière précaire sont sans influence sur le bien-fondé de l'indu mis à sa charge au motif de l'absence de possibilité de calculer la situation financière réelle de son foyer, et de son obligation de rembourser les sommes qu'il a, dès lors, indûment perçues.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir, que M. A B n'est en tout état de cause pas fondé à demander la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 983,60 euros mise à sa charge par avis des sommes à payer au titre de l'indu de revenu de solidarité active socle afférent à la période d'avril 2020 à septembre 2020.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime et au département de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. JEANMOUGINLe greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2301257
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