vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301337 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | NORMANDIE JURIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 mars 2023, la société Diffusion Bureautique Somme (DBS), représentée par la SELARL Normandie Juris, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Gonneville La Mallet à lui verser au titre de la résiliation des contrats portant sur le copieur multifonction référencé KYOCERA 4052 la somme de 5 700,01 euros TTC, assortie de la somme de 584,28 euros au titre des intérêts contractuels de retard et de la somme de 2 000 euros au titre des intérêts de retard ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Gonneville La Mallet la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société DBD soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la responsabilité contractuelle de la commune de Gonneville La Mallet est engagée du fait de la résiliation anticipée du contrat portant sur la location et l'entretien du matériel référencé KYOCERA 4052 ;
- les créances dont elle est titulaire à l'égard de la commune de Gonneville La Mallet ne sont pas prescrites ;
- elle est fondée à demander la condamnation de la commune de Gonneville La Mallet à :
o la somme totale de 5 700,01 TTC au titre de l'indemnité de résiliation et des pénalités de retard ;
o des intérêts de retard contractuels majorés à hauteur de 584,28 euros ;
o des intérêts de retard à hauteur de 2 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mai 2023, la commune de Gonneville La Mallet, représentée par la SELARL Afsar-Pineau, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet, à titre infiniment subsidiaire à réduire le montant des indemnités de résiliation anticipée facturées à la somme de 1 euro et à ce qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge de la société DBS en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive dès lors que la société DBS a adressé une sommation de payer le 19 novembre 2021, réceptionnée le même jour ;
- la société DBS n'a pas exécuté le contrat de bonne foi ;
- la commune n'a pas résilié de manière anticipé le contrat dès lors que la communication automatique des relevés de compteurs n'est pas prévue par les termes du contrat et que le copieur n'a pas été retiré de ses locaux ;
- la société DBS n'a pas adressé de mise en demeure respectant le délai de huit jours avant de constater la résiliation du contrat de maintenance ;
- la commune a réglé l'ensemble des loyers à leurs termes échus à la BNP ;
- les indemnités de résiliation anticipée, lesquelles constituent une cause pénale, sont excessives au regard des dispositions relatives à l'augmentation du coût des tirages au cours de l'exécution du contrat ;
- les stipulations de l'article 8 relatives à la majoration de 10% des indemnités de résiliation constituent une clause pénale excessive, susceptible de modération ;
- la majoration des intérêts contractuels et les intérêts doivent être écartés dès lors que la facturation d'indemnités anticipées de résiliation n'est pas justifiée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance no 2015-899 du 23 juillet 2015 ;
- le décret no 2016-360 du 25 mars 2016 :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Favre,
- les conclusions de Mme A.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 février 2017, la commune de Gonneville La Mallet a souscrit auprès de la société BNP Paribas lease group un contrat de location portant sur un copieur multifonction, fourni par la société DBS, pour une durée de 21 trimestres. Le même jour, elle a souscrit auprès de la société DBS un contrat de maintenance portant sur ce matériel pour une durée également de 21 trimestres. Par courrier du 23 juillet 2021, la société DBS a adressé à la commune une facture d'un montant de 5 700,01 euros TTC portant sur des indemnités de résiliation anticipée. Le 19 novembre 2021, la société DBS a adressé à la commune de Gonneville La Mallet une sommation de payer la somme totale de 5 859,21 euros. Le 29 novembre 2022, la société DBS a adressé à la commune de Gonneville La Mallet une demande indemnitaire préalable à hauteur de 5 700,01 euros TTC, restée sans réponse. Dans la présente instance, la société DBS demande la condamnation de la commune à la somme de 5 700,01 euros TTC, assortie de la somme de 584,28 euros au titre des intérêts contractuels de retard et de la somme de 2 000 euros au titre des intérêts de retard.
Sur les conclusions à fin indemnitaire :
2. Aux termes de l'article 7.1 du contrat de maintenance : " Le contrat de maintenance lie les parties à compter de sa date de signature. Les services de maintenance débutent à la date mentionnée aux conditions particulières (" date de début "). 7.2 Le contrat est conclu pour une durée ferme et non révisable exprimée en nombre d'années, tel que précisé aux conditions particulières, commençant à courir à la date de calage de facturation. ". Aux termes de l'article 5 du contrat précité : " 5.1 le client devra transmettre ce relevé compteurs DBS par écrit (mail ou télécopie) entre le onzième (11ème) jour ouvré précédent et le cinquième (5ème) jour ouvré suivant la date de régularisation des pages (la " période de transmission des compteurs "). / 5.2 Les régularisations de page, telles que prévues à l'article 6.5.3 ci-après, seront fondées sur les relevés compteurs reçus dans la période de transmission des compteurs. A défaut, DBS utilisera les relevés compteurs disponibles transmis par le client ou les techniciens de maintenance DBS et de toute société qu'il se substituerait au cours de la période de transmission des compteurs. / A défaut de relevé de compteurs, DBS émettra une facture basée sur une estimation de la consommation du client que le client s'engage à payer sans contestation. ". Aux termes de l'article 8.1 du même contrat : " Si le client ne respecte pas l'une de ses obligations contractuelles, notamment son obligation de paiement, DBS a de plein droit la faculté de résilier le contrat de maintenance, à tout moment et sans indemnité, 8 (huit) jours après l'envoi d'une mise en demeure par lettre recommandée avec avis de réception, restée sans effet ".
3. Pour fonder sa demande indemnitaire, la société requérante soutient que la commune de Gonneville La Mallet a résilié le contrat et qu'elle est dès lors fondée à solliciter les indemnités de résiliation anticipée et les pénalités afférentes. Toutefois, contrairement à ce que soutient la société DBS, la commune ne peut être regardée comme ayant manifesté sa volonté non équivoque de mettre fin aux relations contractuelles de manière anticipée du fait de la seule absence de transmission des éléments du compteur de copies utiles à l'établissement des factures, en méconnaissance des stipulations de l'article 5 précitées, alors même que la société DBS avait la faculté d'émettre une facture basée sur une estimation de la consommation du client. En outre, la commune n'a cessé de régler les sommes dues au titre du contrat qu'après réception de la facture du 23 juillet 2021 portant sur les indemnités de résiliation anticipée. Par ailleurs, il ne peut être tenu compte de l'envoi par la commune le 31 août 2021 à la société DBS d'un courrier de résiliation dite " conservatoire " du contrat qui n'a pour objet que d'exprimer l'intention de son auteur de mettre fin au contrat à son échéance, courrier qui était au demeurant postérieur à la facture du 23 juillet 2021. Enfin, la société DBS n'établit, ni même n'allègue avoir résilié le contrat de maintenance dans les conditions prévues à l'article 8.1 du contrat. Par suite, en l'absence de résiliation anticipée du contrat à l'initiative d'une des parties, la société DBS n'est pas fondée à solliciter la condamnation de la commune au paiement des indemnités de résiliation anticipée et des pénalités, assorties des intérêts moratoires.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions présentées par la société DBS tendant à la condamnation de la commune de Gonneville La Mallet du fait de la résiliation anticipée du contrat litigieux doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société DBS la somme de 1 500 euros à verser la commune de Gonneville La Mallet en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Gonneville La Mallet, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée par la société à ce même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société DBS est rejetée.
Article 2 : La société DBS versera la somme de 1 500 euros à la commune de Gonneville La Mallet au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Diffusion Bureautique Somme (DBS) et à la commune de Gonneville La Mallet.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Van Muylder, présidente,
- M. Cotraud, premier conseiller,
- Mme Favre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
Le rapporteur,
L. FAVRE La présidente,
C. VAN MUYLDER
Le greffier,
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026