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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2301374

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2301374

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2301374
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationURGENCES JU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la demande de Mme B qui sollicitait la remise gracieuse du solde de sa dette d'aide personnalisée au logement (APL), d'un montant de 486 euros. La CAF de la Seine-Maritime lui avait déjà accordé une remise partielle de 243 euros. Le tribunal a estimé que, malgré sa bonne foi, Mme B ne justifiait pas d'une situation de précarité suffisante pour obtenir une remise totale, ses revenus mensuels (2 466 euros) étant nettement supérieurs à ses charges (1 270 euros). La décision est fondée sur les articles L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire en production de pièces enregistrés le 4 avril 2023 et le 21 avril 2023, Mme A B, demande au tribunal de lui accorder la remise de sa dette d'aide personnalisée au logement (APL).

Elle soutient qu'elle ne peut pas régler sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu :

* la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Deflinne en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

* la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;

* les autres pièces du dossier.

Vu :

* le code de la construction et de l'habitation ;

* le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Deflinne, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

À l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par courrier du 18 décembre 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Seine-Maritime a notifié à Mme B une décision ordonnant le reversement d'une somme de 486 euros correspondant à un indu d'APL au titre des mois de janvier 2022 à décembre 2022. La requérante a sollicité la remise de sa dette par courriers des 10 janvier 2023 et 25 janvier 2023. Par courrier du 21 mars 2023, Mme B était informée qu'une remise de sa dette lui était accordée à hauteur de 243 euros. Mme B demande au tribunal la remise gracieuse du solde de sa dette d'APL.

2. Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". Le premier alinéa de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale dispose : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve que l'allocataire n'en conteste pas le caractère indu, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. [] ". Selon le cinquième alinéa de ce même article L. 553-2, la créance de l'organisme peut toutefois être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations.

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une allocation versée au titre du logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

4. Tout d'abord, si la bonne foi de Mme B n'est pas remise en cause, cette circonstance n'est pas à elle seule de nature à lui permettre de bénéficier d'une remise de sa dette.

5. Ensuite, il résulte de l'instruction que les revenus perçus par le couple composé de Mme B et de son mari, composés d'une pension de la CNRACL, d'une pension alimentaire, d'une pension Humanis et d'une pension de la CARSAT, s'élevaient en moyenne mensuelle à 2 466 euros, alors que les charges justifiées par l'intéressée s'élevaient à moins de 1 270 euros. Par ces seuls éléments, la requérante ne justifie pas se trouver de façon contemporaine dans une situation de précarité telle qu'elle ne serait pas en mesure de s'acquitter du remboursement intégral de sa dette. Par suite, il n'y a pas lieu d'accorder à Mme B une remise gracieuse de sa dette d'APL d'un montant de 486 euros.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe 20 septembre 2024

Le magistrat désigné,

signé

T. DEFLINNE

Le greffier,

signé

J.-L. MICHEL

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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